DE LA DYSSENTERIE
(offlber dans la prostration : la langue se dessèche et brunit, les dents s*encroûteni de fuliginosités, le ventre est tendu, météorisé : c'est la dyssenterle adynamique, qui, comme la forme précédente, est tantôt primitive et tantôt consécutive à one réaction vive, avec un pouls fort, développé, avec turgescence de la face, c'est-à-dire avec Fensemble des symptômes qui caractérisent la fièvre inflammatoire ( dyssenierie inflammatoire ). La dyssenterie adynamique est celle qu'oh obserié le plus cemmunément dans les camps et les prisons, et qui complique très souvent le typHus. Enfin, au lieu des symptômes précédents, il |)eut exister une langue jaunâtre, avec amertume de la bouche, des envies continuelles de vomir, des vomissements verdâtres et qui soulagent: c'est la dyssenterie bilieuse de l^tolf.
n est nécessaire de prévenir le lecteur que dans les dyssenteries graves, lorsque les tuniques intestinales ont été détruites, il existe ordinairement une douleur sourde et fixe dans un point quelconque du gros intestin. Dans les Indes orlëiitales, cette douleur se trouve plus communément dans la région cœcale droite; tandis qu'en Algérie, c'est daiis la fausse iliaque gàiiche qu'elle se fait le plus ordinairement sentir, d'après M. Càmbay ; aussi, en Afrique, les lésions sont-elles plus profondes dans le rectum et dans VS iliaque que partout ailleurs. Celte doiilëuf nnrde, violente, ne se révélant que par la pression ou lorsque le malade va à là idle, peut s'exaspérer et s'étendre à tout l'abdomen ; cela dépend le plus souvent de ce que la pblegmasie s'est propagée au péritoine circon voisin, et a produit une péritonite qui peut être partielle, mais qui pak*f6is devient générale, indépendamment de toute perforation de l'intestin.
Quelle qiie soit sa forme, lorsque la dyssenterie doit se terminer d'une iiianière fimeste, la face s'altère de plus en plus ; le pouls devient petit, irrégulier, le ventre se météorisé, les selles et le ténesme redoublent; parfois, cependant ces derniers symptômes diminuent. Quelques malades sont tourmentés par un hoquet continuel ; toutes les évacuations exhalent une odeur fétide ; l'atnaigrissement fait des progrès incessants ; enfin, la mort survient, tantôt par suite de l'aggravation des symptômes et par la marche naturelle de la maladie, tantôt par un accident imprévu, conitne une hémorrhagie intestinale, ou bien par une péritonite suraigoé, consécutive à une perforation des intestins. Une amélioration progressive se remarque au contraire dans les symptômes, lorsque la maladie doit avoir une heureuse issue. Dans ces cas, on a vu plusieurs fois les malades être atteints de paralysies partielles, à la langue |)ar exemple, mais plus particulièrement aux membres supérieurs ou inférieurs. Ces accidents, d'ailleurs fort rares, et qui généralement n'ont point leur explication dans une lésion constatahle des centres nerveux, peuvent être également observés dans la période la plus aiguë de la maladie.
Parmi les complications qui peuvent sunenir, une des plus graves et des plus fréquentes est sans contredit l'hépatite. Elle a été souvent observée par Annesley dans l'Inde, et nos médecins militaires l'ont également signalée en Algérie. Ainsi, M. Cambay estime que la complication d'hépatite se rencontre dans l'Afrique française dans un vingtième des cas de dyssenterie. M. Catteloup avance même que dans cette contrée, on trouve peu de dyssenteries sans quelques phénomènes morbides du côté du foie. "M. Cambay a consacré un chapitre important de son livre à la dyssenterie avec complication hépatique. Pour ce médecin distingué, la maladie du foie surviendrait de trois manières différentes: tantôt la dyssenterie existe primitivement, et donne naissance b l'aiïeclion du foie ou en est suivie ; ou bien c'est celle-ci qui préexiste, et c'est au contraire la dysssenterie qui arrive comme ^
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plicatiou; iiarXois, eiilin, ces deux maladies naissent simullauément, eiîl n'est pas possible de reconnaître laquelle des deux a précédé Tautre. (Voir plus bas VHistoirt de l'hépatite. )
La cessation des symptômes est tantôt déQnilive, tantôt momentanée. La dyssenterie est en effet une des maladies dans lesquelles les rechutes sont le (dus fréquentes. Elles ont lieu parfois spontanément ; le plus souvent, c*€St à la suite d'écarts de régime. Quelquefois le retour de ia maladie se fait r^lièrement, suivant un des types des fièvres intermittentes, surtout sous le type tierce. La dyssenterie peut être en effet Taccident prédominant d'une des formes de la fièvre pernicieuse.
Après les dyssenteries graves, la convalescence est lente, pénible ; les forces se réparent d'autant plus lentement, qu'on est obligé de modérer les malades sur le régime en raison de l'imminence des rechutes.
Dyssenterie chronique. — Assez souvent, surtout dans les temps d'épidémie, la dyssenterie passe à l'état chronique ; c'est ce qui a lieu du vingt-cinquième au trentième jour. On obsene alors des douleurs et du ténesme comme dans la forme aiguë; les matières excrétées, moins souvent sanguinolentes que dans celle-ci, ont un aspect purulent, elles sont très fétides; le ventre est tantôt très tendu et météorisé, et tantôt, au contraire, il est rétracté ; l'appétit est nul ou bien il est vif, vorace, ou bien irrégulier et déréglé. Les écarts de régime que la plupart des malades commettent sont une des causes principales qui perpétuent la maladie. La dyssenterie chronique suit rarement une marche uniforme, mais elle offre des alternatives d'exacerbation et de rémission: cependant bientôt l'amaigrissement fait de continuels progrès, les sujets s'infiltrent, et la mort survient dans le marasme, sans que les facultés intellectuelles aient subi souvent la moindre atteinte. On peut observer dans la dyssenterie chronique les mêmes complications hépatiques que dans la forme aiguè de l'affection.
Durée. — La dyssenterie a une durée plus ou moins longue ; si elle est bénigne, elle se termine communément en quatre ou huit jours. Dans la forme grave, celte durée varie d'un à trois septénaires. La mort arrive rarement avant le huitième ou neuvième jour : cependant, dans quel(|ues épidémies, beaucoup de malades succombent dès le troisième. C'est ce qu'on voit surtout dans les régions intertropicaies, où la dyssenterie a communément plus d'intensité et une marche beaucoup plus rapide. La dyssenterie chronique a une durée indéterminée : elle peut être de quelques mois seulement , ou se prolonger pendant plusieurs années » si toutefois elle n'est pas très intense.
Diagnostic. — Le diagnostic de la dyssenterie est presque toujours facile : les douleurs, le ténesme, l'excrétion laborieuse d'un mucus sanguinolent» forment une réunion de symptômes qu'on ne rencontre guère que dans cette affection. On peut néanmoins les observer à un certain degré dans le cancer du rectum et dans les hémorrhoîdes internes ulcérées. Cependant nous verrons plus tard, en traitant de ces maladies y qu'entre elles et la dyssenterie il existe tant de différences qu'il sera vraiment impossible de les confondre. Nous en disons autant de la colique de cuivre et du choléra européen. Il est presque inutile de rappeler que , dans les différentes espèces d'entérites que nous avons étudiées plus haut , on n'observe pas les mêmes évacuations que dans la dyssenterie ; dans ces affections, en effet, les matières excrétées sont jaunes ou vertes, et sont rendues en grande quantité et sans ténesme, tandis que les déjections dyssentériqncs , toujours peu abondantes, sont muqueuses , séreuses, puriformes et plus ou moins mêlées de sang.
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11 importe de dire ici que, chez les enfants, la dyssentcrie est parfois simulée par un polype qai acquiert souvent le volume d'une noisette. Cette production est développée communément à 5 ou 6 centimètres au-dessus de l'anus, et provoque du ténesme et des selles sanguinolentes, comme dans la dyssenterie la plus légitime. Dans les cas dont nous parlons , les petits malades rendent également des matières dores qai sont cannelées, c'est-à-dire qui offrent une dépression latérale produite par rimpression du polype. Celui-ci sort quelquefois pendant la défécation , !le toocher rectal d'ailleurs le fera découvrir aisément. Il n'est pas rare de voir ces polypes se détacher pendant les efforts qu'on fait |)our aller à la selle : les enfants lont alors guéris à l'instant des incommodités qu'ils éprouvaient.
Pour établir le diagnostic des lésions dans la dyssenterie , et pour en déterminer le siège, il faut s'éclairer surtout de l'examen des déjections. Annesley a établi» en effet, que lorsque les ulcérations se forment, les selles, qui auparavant étaient gtoantes , gélatineuses et striées de sang , devenaient séreuses , boueuses , et contenaient des grumeaux. Le sang excrété est plus noir, souvent même ce n'est qo'one sanie ichoreuse avec des stries d'apparence puriforme. Ou sang rendu pur et distinct du reste des évacuations indique prescpie toujours qu'une large ulcénitien existe à la partie inférieure du gros intestin.
Pronostic. — La dyssenterie simple , sporadique, surtout apyrétique, a presque toujours une heureuse issue ; il n'en est plus de même de celle qui est épidémique, sortout lorsqu'elle sévit sur de grandes réunions d'hommes, ou de celle qui règne dans les climats très chauds. Ainsi , Desgeneltes a vu en Egypte la dyssenterie emporter plus de soldats que ne faisait la peste ; et M. Cambay établit que, dans une partie de l'Algérie, la dyssenterie occasionne plus souvent la mort que ne le font les amputations de jambe ou de bras , puisqu'elle emporte, d'après lui , le quart des soldats qui en sont atteints. La décomposition des traits, la prostration, la petitesse du pouls, le hoquet, les déjections fétides, noires ou puriformes, l'expulsion des membranes de l'intestin, sont des symptômes qui indiquent un grand danger. La d)'ssenterie chronique est également fort grave lorsqu'elle règne dans les camps et les prisons, puisqu'on évalue que sa mortalité est de 80 pour 100. La coïncidence du rhumatisme et de la dyssenterie serait aussi , d'après M. Thomas, une circonstance très fâcheuse.
Etiologie, — La dyssenterie est commune à tous les âges ; elle est peut-être plus fréquente chez l'adulte et chez le vieillard ; elle atteint aussi plus souvent les hommes» mais on ignore encore l'influence que les diverses constitutions exercent sur sa production. La dyssenterie sévit dans toutes les saisons et dans tous les pays du globe. Néanmoins c'est pendant l'automne on â la un de l'été, c'est dans les pays iotertropicaux, qu'elle est le plus commune; elle y est tout à fait endémique, et elle enlève plus d'habitants qu'aucune autre maladie de ces contrées. Elle règne surtout là où existent de brusques variations de température. Dans ces pays, elle sévit spécialement chez les étrangers non encore acclimatés, tandis que les indigènes y ioot moins sujets. I^ dyssenterie est encore commune dans les lieux où règne une chaleur humide, comme dans une grande partie de l'Amérique , et dans la plupart des pays marécageux pendant la saison chaude ; la fièvre intermittente et la dyssenterie sont produites alors par les mêmes miasmes. \}\\ grand nombre de dyssenteries épidémiques et sporadiques sont produites par l'usage d'alimenls de mauvaise qualité, tels que des farines avariées , des légumes indigestes; des fruits verts, acerbes, tandis que les fruits mûrs, pris même immodérément, n'ont pas cet inconvénient La chair du porc, l'ingestion d'une eau croupie, de vins de mauv
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quaUtés, Tabus des drastiques, Tinspiration de vapeurs putrides , telles que celles que produisent les substances animales en décomposition, ont souvent déterminé des dysscnteries fort graves. Enfin, Timpression du froid, la fatigue, les marches excessives, les émotions morales, sont autant de causes qui peuvent produire la maladie. Mais, comme Tobserve Zimmermann en parlant de Tépidémie de 1765, qu*i| a si bien décrite, pour que les causes que nous venons de signaler agissent, il faut nécessairement qu'il existe déjà dans l'individu une prédisposition particulière. L'action de ces diverses influences, s'exerçant souvent tout à la fois sur on grand nombre de personnes, explique pourquoi la dyssenterie règne si souvent épidémiquement, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer alors un principe contagieux pour se rendre compte de la propagation rapide de l'affection. Cependant les auteurs les plus éminents , tels que Zimmermann , Pringlc, Lind, Cullen, P. frank, Pinel, Desgenettes, ont soutenu la doctrine de la contagion. La plupart ne regardent pourtant pas la dyssenterie comme étant essentiellement contagieuse, mais comme le devenant dans certaines conditions : ainsi elle le serait toutes les fois qn'eile règne épidémiquemen^ et lorsqu'un grand nombre d'individus sont entassés dans des lieux insalubres. Il nous semble difficile qu'on puisse contester absolument la possibilité de la contagion de la dyssenterie en présence surtout des grandes autorités qui l'ont soutenue ; mais nous dirons que ce mode de transmission est un fait exceptionnel , car on ne l'observe presque jamais lorsque la maladie r^e sporadiquement; mais elle a probablement lieu dans certaines épidémies graves. On lit à ce sujet, dans Pringle et Zimmermann , des observations dont il est impossible de contester la valeur. Au contraire, les faits que M. Gendron a réunis dans son travail sur les épidémies des petites localités, pour prouver la contagion de la dyssenterie sporadique, sont moins concluants. Parmi les contagionistes , il en est peu qui admettent que la contagion puisse avoir lieu par les sueurs, par le simple contact, ou par l'haleine ; tandis que tous s'accordent à regarder les miasmes qui s'exhalent des matières alvines comme étant la cause principale ou unique de là transmission de la maladie. Comme beaucoup d'autres affections contagieuses, la dyssenterie peut se montrer un grand nombre de fois chez la même personne : on peut établir, avec M. Cambay, qu'un individu est d'autant plus apte à la contracter que déjh il en a subi un plus grand nombre de fois les atteintes.
Traitement. — Lorsque la dyssenterie sévit, il faut se hâter d'éloigner les causes qui ont déterminé ou favorisé son développement ; c'est ainsi qu'on détruira tons les foyers d'infection , qu'on disséminera les malades le plus |)ossible , qu^n les préservera des variations atmosphériques , et qu'on s'opposera par le lavage et la ventilation aux effets de la malpropreté , et du non-renouvellement de l'air. Le traitement médical devra ensuite varier suivant le caractère de la maladie.
Lorsque la dyssenterie est très bénigne , on peut se borner à prescrire le séjour dans une température douce, l'abstinence complète de toute alimentation , l'usage des boissons mucilagineuses , des bains , des demi-lavements et des cataplasnaes émollients sur le ventre. Le seul remède un peu actif (|uo. beaucoup de médecins emploient à Paris est l'opium ; il est utile surtout dans les cas de dyssenterie apyrétique; on l'administre en pilules, sous forme d'extrait gommeux, à la dose 4e 7 à 15 centigrammes, ou bien en lavements, et alors on préfère le laudanum de Sydenham (10 gouttes, une ou plusieurs fois dans les \ingt-quatre heures). Pringle cependant est d'un avis contraire, et il établit qu'on ne doit jamais traiter aucun cas de dyssenterie avec le laudanum avant que d'avoir parfaitement dégagé les premières voies par la méthode évacuante. C'est une pratique que je suis moi-même
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le plus conimuDémeiit. Je commence, en effet, le traitement par donner au malade UQ purgatif salin ou 15 à 20 grammes d*huile de ricin. Il arrive fréquemment que le purgatif a pour effet immédiat de changer la nature des selles, qui deviennent djarrhéiqaes et cessent d'être sanguinolentes : Topium donné aussitôt après arrête promptement le flux intestinal. Ou n'alimentera les malades que lorsque les coliques auront cessé et que les selles ne seront plus sanguinolentes; les malade9 s'astreindront à un régime sévère longtemps encore après leur guérison, à cause de la facilité avec laquelle l'affection récidive.
Lorsqu'il existe une vive réaction fébrile, lorsque surtout le poul3 offre beaucoup de force et d'ampleur, et que le sujet est jeune, on pourra recourir préalablement à la saignée générale , et appliquer aussi sur le ventre uu plus ou moins grand nombre de sangsues. Cependant on procédera avec une extrême réserve , surtout quand la maladie est épidémique et qu'on pratique dans un climat très chaud Nos médecins militaires qui sont en Algérie saveijt combien les émissions sanguines générales et locales ont peu de prise sur la maladie. M. Haspel a tout récemment encore , clans son livre, proclamé l'insuccès et les dangers de cette médication.
Dans les dyssenteries pyrétiques offrant un certain degré d'intensité» la méthode évacuante doit être certainement préférée. Il est deux médicamepts qui, isolés ou combinés, sont, en pareil cas, extrêmement utiles , je veux parler de î'ipécacuanha et du calomel.
L*ipécacuanba , si justement nommé racine antidyssentérique , a été donné suivant diverses méthodes. Pringle le prescrivait à la dose de 25 centigrammes, et il le réitérait deux ou trois fois le même jour, jusqu'à ce qu'il eût provoqué un \omissement ou une selle, ce qui avait communément lieu après la troisième dose. D'autres ont donné l'ipéca à doses fractionnées (5 centigrammes toutes les heures ou toutes les deux heures), de manière à ne produire que des nausées. De cette manière on augmente la transpiration , on provoque la diaphorèse. M. Haspel dit que ce mode d'administration lui a surtout réussi pendant les hivers humides et froids. Ln professeur distingué des écoles navales , M. Délioux, reconnaît que tous les modes d'administration de l'ipéca sont bons dans la dyssenterie ; mais il préfère cependant la décoction ou l'infusion. L'infusion est la méthode la plus ancienne ; elle est populaire au Brésil; elle a été remise en honneur par plusieurs médecins de marine, par Segond, par MM. Souly et Délioux. L'ipéca, administré delà MM-te, a communément des effets émétiques et purgatifs; mais ils ne sont pas nécessaires, et M. Délioux a prouvé qu'il était inutile de les exciter , car sans eux ou guérit aussi \ite et aus.si sûrement (1).
Les médecins anglais qui exerçaient dans l'Inde avaient depuis longtemps reconnu et signalé les bons effets du calomel dans le traitement de la dyssenterie ; on les a longtemps en France accusés d'exagération , jusqu'à ce que nos médecins des armées de terre et de mer soient venus vérilier les résultats qu'ils annonçaient. Pas de mercure point de médecine , disait Segond en parlant de la dyssenterie de Cayenne. Et aujourd'hui les médecins qui observent dans nos |)ossessions d'Afrique
(1) On prend 2 à 8 grammes dMpéca, on y verse 200 ou 300 grammes d*eau bouillante et on laiv»e inruser dix à douze heures. Au bout de ce temps on décante et Ton jette sur le marc une nnuvfhe quantité d>au bouillante qu'on laisse encore en contact {tendant dixù douze heures: «m nit encore, suivant le même procédé, une troi&ii'^me et môme une quatrième inrusioii. On administre au malade le médicament une ou deux fois dans les vingt-quutro heures. Quand on emploie la décoction, on enlève du coup toute Téméline , on a par conséquent un médicament beaucoup plus actif.
272 nES INFLAMMATIONS.
^-antent le calomel, à Tiustar des médecins anglais. Je citerai M. CattekHip, M. Cambay, qui i*a employé sur plus de deux ceuts malades , et surtout MJ HaspeL Ce médecin distingué dit qu'à l'aide du calomel donné à la dose de 1 ou 2 grammes par jour il a YU disparaître, avec une merveilleuse facilité, les dysseoteries les plus graves. Les résultats ont été parfois si prompts qu'ils lui ont paru miraculeax. C'est dans la forme bilieuse que le calomel est spécialement utile. £m[doyé ao début , M. Haspel a souvent jugulé la maladie. Le plus ordinairement pourtant l'alTection persiste , mais elle est enrayée , c'est-à-dire que les douleurs se calment, et les selles ne sont plus que diarrhéiques.
On a parfois combiné le calomel et Tipéca ; on les a même parfois unis à Topium, mais rien ne prouve que cette combinaison ait une supériorité marquée sur les autres méthodes (1).
Dans les dyssenteries dites malignes , on devra employer le traitement indiqué plus haut; mais il faudra, en outre, obéir à certaines indications prédominantes. Rarement ici les antiphlogistiqnes seront utiles , et lorsqu'ils paraîtront comman^ dés on devra en être plus sobre encore que jamais. Plus souvent la prostration des forces réclame l'emploi des toniques (vin, quina). Zimmermann croit aussi qae l'ipéca, donné dans ces conditions à desdoses fractionnées, a l'avantage de soutenir les forces. C'est encore[dans le même but, et surtout pour avoir un puissant eflet révulsif, qu'on applique des vésicatoires. Enfin, le musc, le camphre, les bains et les affasions, serviront à combattre les accidents neneux ataxiques. Mais malheureusement les secours de l'art échouent le plus souvent contre cette forme de la dyssenterie.
On a encore préconisé , contre la dyssenterie, une foule d'autres remèdes plos ou moins actifs; mais il n'en est aucun dont l'usage puisse être justifié par dei succès assez nombreux ; aussi croyons-nous qu'il est prudent de s'en abstenir : tels sont, en particulier, la noix vomique, l'acide nitreux, le tabac, l'acétate de plomb, les chlorures, le sulfate de cpiininc. Ce dernier médicament n'est indiqué que lorsque la dyssenterie revêt les caractères de la fièvre pernicieuse ; dans ce cas, je l'ai vu aussi héroïque que dans les autres affections périodiques. Quelques médecins, notamment Segond, Mondière , MM. Saucerotte et Bradier, ont encon vanté de nos jours l'administration de l'albumine à l'intérieur, en tisane (deux blancs d'œuCs dans eau sucrée 1 litre), en potion (un ou deux blancs d'ceubdaos une eau distillée de laitue ou de tilleul), en lavement (même quantité). Ce médicament paraît avoir été parfois utile ; peut-être réussit-il à titre d'émollient
Lorsque, nonobstant le traitement, les accidents continuent, on a essayé de modifier l'état local, le mode de vitalité de la muqueuse intestinale par des agents substitutifs. Ainsi, dans ces derniers temps, MM. Boudin et Trousseau paraissent tfoir employé quelquefois avec avantage, dans la dyssenterie, les lavements au nitrate d'argent (5 centigrammes pour les enfants ; 50 centigrammes à 2 grammes pour les adultes). Donnés dans l'épidémie de Versailles de 18^2, ces lavements ont sauvé, d'après MM. Masselot et Follet, plusieurs malades qui semblaient voués à une mort certaine ; de tous les remèdes , c'est celui qu'ils ont vu guérir les cas les
(i) SegODd, MM. Monanl et Délioux ont aUnché une certaine imporlance à la compotiliM
tuifante :
Ipécacoanba en poudre àO cenligr.
Calomel 20 ^
Extrait d*opium 5 —
Sirop de nerprun q. s.
Faire ùx pilules.