‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 7 sur 148 · L II · texte numérisé non relu

L II

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U DES FIËVRES.

chaleur et raccélération do ponis) soient permanents, c'est-à-dire qu'ils aient une certaine durée, ce qui établit une distinction entre Télat fébrile et Texcitation passagère et toute physiologique que la circulation et la calorification présentent dans certaines circonstances, comme après une course, après Fingestion dans l'estomac de substances stimulantes, etc.

Ce que je viens de dire est également vrai pour tous les âges. Cependant il importe de remarquer ici que, chez les enfants nonveau-néset à la mamelle, quel* ques uns des phénomènes dont nous avons parlé manquent ou sont plus ou moins modifiés. C*est ainsi que Tétat fébrile chez les très jeunes enfants ne paraît être ni précédé, ni accompagné de frissons, et la sueur qui termine les accès est rarement copieuse. L'agitation, l'inquiétude, la somnolence, et avant tout l'augmentation de ta chaleur cutanée, sont chez eux tes principaux symptômes de l'état fébrile. Le pouls est aussi plus accéléré que de coutume : mais ce signe a ici moins d'importance qu'aux autres âges, attendu que dans la période de la vie dont il s'agit le pouls offre des oscillations très grandes; il ne saurait donc avoir, à moins pourtant d'une fréquence excessive, la valeur séméiotique qu'il acquerra plus tard.

De la fièvre comme élément de diagnostic, — La constatation de la fièvre, abstraction faite de toute autre circonstance, ne fournit presque par elle-même aucune donnée diagnostique ; elle ne peut prouver autre chose, si ce n'est qu'il existe un état maladif chez l'individu. Pour tirer du mouvement fébrile une valeur séméiotique plus précise, il faut avoir égard à quelques circonstances accessoires, cooune l'intensité de la fièvre, sa marche, son type, sa durée et les lésions organi-*quesqui l'accompagnent ou qui la compliquent, etc.

Le mot fièvre n'est pas, comme on l'a prétendu, synonyme d'inflammation; cependant il doit toujours réveiller à l'esprit l'idée d'une maladie plus ou moins cachée, dont le mouvement fébrile ne serait pour ainsi dire que l'ombre. Partant de cette idée, il faut, dès qu'on reconnaît la fièvre, analyser avec soin lessymptômes concomitants, cx)nstater, par les méthodes d'exploration dont la science dispose, quel est l'état organique du sujet Dans cette recherche, il faut, comme le dit avec raison M. Bouillaud, se rappeler que nos organes étant composés de solides et de ^liquides, ce n'est pas l'altération isolée des uns ou des autres qui doit être l'objet exclusif de nos recherches ; mais il faut s'enquérir avec un soin égal de ce double élément des maladies. Eu procédant ainsi , on reconnaît que le plus souvent b fièvre est le reflet de la souffrance d'un organe. Dans nombre de cas pourtant, l'état fébrile semble constituer la maladie tout entière ; c'est du moins le seul élément appréciable pour nous, car, quelque recherche qu'on fasse, on ne constate aucune altération locale primitive essentiellement liée à la fièvre qui existe. On n'établira donc l'existence d'une fièvre essentielle que par voie d'exclusion et dans les cas seulement où il n'aura pas été possible de constater une lésion matérielle; s'il y en a une, il faut que, par l'époque tardive de son apparition ou par son peu d'intensité, elle ne puisse rendre compte de l'appareil fébrile qu'on observe. Plus exacts, plus sévères qu'on ne l'a été à une époque voisine de nous, nous n'admettrons la présence d'une phlegmasie locale que sur des signes certains, et, à l'exemple des médecins dont nous parlons, nous ne regarderons pas comme tels la moindre douleur, souvent mobile et passagère, le moindre changement dans la sécrétion d'un organe, le plus ou moins de rougeur de la langue, le degré de sécheresse de la peau, c'est-k-dire la plupart des troubles inséparables de la fièvre. Mettant aussi i^ profit les beaux travaux de MM. Andral et Gavarrot sur le sang, travaux que nous ferons coanaître ailleurs^ nov9 trouverons daus l'inspection et l'analyse de c%

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