DE LA FIÈVRE £N GÉNÉRAL
i^ide des caractères tellement distinclifs, suivant que la fièvre est liée à une
pUegmasie ou qu'elle en est indépendaute, qu'ils consacrent désormais d'une
naiiière définitive la distinction vainement combattue des pyrexies et des inflam-
■aiioii& Enfin, dans la recherche que nous ferons du point de départ d'un mou-
leoient fébrile continu, nous prendrons bien garde de nous laisser tromper par
MB ks autres troubles sympathiques, qui, par leur prédominance, peuvent quel-
^■efois absorber l'attention de l'observateur et lui faire croire que les désordres
qu'il Toit tiennent à une lésion matérielle des organes, lésion à laquelle il rattache-
Elit sooTeut aussi la fièvre elle-même ; double erreur qu'on évitera en ayant égard
mtoot à b nature des accidents qu'on observe, à leur intensité, à l'époque de
kar apparition , à leur marche et à l'état organique , si toutefois nos moyens
«Texploratioo nous permettent de déterminer celui-ci.
Ce n'est guère à son début que l'appareil fébrile peut fournir des données utiles pour le di^nostic En effet, quand la fièvre s'allume, qu'elle soit ou non précédée de frissons, si elle ne coexiste déjà avec une lésion locale qui l'explique, il est à peu près impossible de dire ce qu'il adviendra. Cette incertitude est surtout grande che^ la enfante et les jeunes gens ; elle est un peu moindre chez l'adulte et diminue encore chez le vieillard, parce que par le seul fait du progrès de l'âge on voit di- BÎDoer de fréquence, puisdisparaître même des maladies fébriles qui prédominaient cbex les jeunes sujets : telles sont les fièvres éruptives et l'affection typhoîdequ'il faut à peu près exclure du diagnostic lorsqu'on est appelé près d'un vieiÙard chez lequel la fièvre débute. J'en dirai presque de même de la fièvre éphémère , qui s'allume irec une facilité excessive chez l'enfant et les jeunes gens, tandis que cette dispo- ■don à contracter la maladie dont nous parlons diminue avec les années et est presque inconnue dans la dernière période de l'âge adulte , et surtout chez les lieiOards.
Cependant la fièvre sunenant dans quelques conditions spéciales peut sufiBre mie, et dés les premiers moments de son invasion, à établir un diagnostic sinon abaolument certain, du moins très probable. Ainsi une fièvre précédée ou non de friason, qoi se déclare chez une femme peu d'heures après l'accouchement ou apr^n b cessation de la fièvre de lait, annoncera presque toujours une phicgmasie abd^^ aioale. Clette proposition est surtout universellement vraie en temps d'épidémie , cl f 'applique non seulement à la fièvre puerpérale, mais encore, à une foule d'autres ■aiadies, spécialement aux fièvres éruptives et aux fièvres intermittentes. Notons épletnenC, comme un fait pratique d'un haut intérêt, que l'appareil fébrile, en aip^arence spontané , qui se déclare chez les sujets affaiblis atteints de maladies tronques apyrétiques , surtout s'ils gardent habituellement leur lit dans une po« sicion borizootale, est le signe presque certain d'une phlegmasie intercurrente. Il iiodra, en pareil cas, examiner tous les organes, mais soupçonner avant tout les poomotts et commencer l'exploration par eux ; car il est établi actuellement, que,^ dMis ks conditions que je viens de supposer, la pneumonie est de toutes les maladies incidentes celle qui se déclare le plus communément. (Voir mon Traité pra^ tique de ia pneumonie.)
Il est presque inutile do dire que les phénomènes prodromiques sont générale- Bient de pen de valeur pour fixer le médecin sur le point de départ de la fièvre qui 4ébQte , altepdo que les prodromes sont très variables et qu'il n'en est pas qui loicDt spéciaux k telle ou telle espèce de maladie aiguë fébrile. Les 6p\dén\\Qft faai exception, jusqu'k on cert^iJa point, à la proposition précédente, car fritquefliéke MM Mooacées par ua easemble à peu près uniforn^e de pbéaoin4
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prodrbmiques. Or, on conçoit que si la maladie est fébrile, la fièvre qui surviendra après ces signes avant-coureurs aura une signification , une valeur diagnostique qu'elle n'aurait pas en toute autre circonstance. Ajoutons enfin que la fièvre eHemême, figurant souvent parmi les symptômes initiaux des maladies, annonçant l'invasion d'un état morbide, sans faire entrevoir pourtant, comme nous l'avons vu, le genre d'affection qui se développe, acquiert une grande valeur lorsqu'on la rapproche des phénomènes concomitants, qui, isolés à leur tour, n'auraient qu'une faible importance diagnostique.
Il résulte de ce qui précède que, dans bon nombre de cas, il peut exister un état général, un état fébrile plus ou moins intense, qui n'est explicable par aucune phlegmasie locale. M. Andrat, qui a observé des cas semblables, dit avec beaucoup de raison qu'il n'y a alors aucun travail inflammatoire bien dessiné, mais que partout il y a tendance à sa production ; pour peu que cet état se prolonge, on verra, en effet, naître diverses phlegmasies, suivant les prédispositions individuelles et la susceptibilité variable des organes. M. Piorry croit, et cela sans aucune espèce de raison , qu'il existe alors une inflammation primitive du sang , qui produirait ensuite consécutivement une ou plusieurs phlegmasies locales. D'autres, sans rattacher dans ces cas la fièvre à une lésion bien déterminée d'un liquide, expliquent les altérations des solides venues après coup par le mouvement fébrile même qui donne à la circulation une activité insolite. Ces faits étaient connus depuis longtemps : les médecins d'un autre âge disaient alors avec Sydenham , que la fièvre 8*était jetée sur un organe , ou avec Jos. Quarin, qu'elle avait dégénéré ou s'était transformée en une autre maladie. Quoi qu'il en soit de l'interprétation , le fait est constant et ne doit pas être oublié ; il devra porter le médecin à examiner tous les jours les principaux organes pour surprendre dès leur apparition ces phlegmasies consécutives qui constituent peut-être alors pour les malades le priociptl danger, mais qui , dans quelques cas , exceptionnels pourtant , semblent être plutôt une crise heureuse de la fièvre : c'est ainsi qu'on voit parfois un mouvement fébrile, après avoir persisté d'une manière intense, s'éteindre aussitôt après
|Mu)parition d'une phlegmasie bénigne, comme une amygdalite, une plaque érysi-
^pelateuse, etc.
La manière dont le mouvement fébrile débute doit encore fixer l'attention ; il importe surtout de connaître si la fièvre a été précédée ou non de frissons; car bien que ce symptôme soit commun à la plupart des maladies avec fièvre, cependant son plus ou moins d'intensité au début d'un état fébrile continu n'est pas chose insignifiante à savoir, puisque M. Louis a reconnu que les frissons étaient généralement plus considérables et plus fréquents dans les maladies graves que dans les affections légères. Chez le vieillard, par conséquent , à cause de la prédominance des phlegmasies pulmonaires et du nombre relativement moindre que chez l'adulte des autres maladies aiguës fébriles, on devra, à la vue d'une fièvre intense précédée d'un frisson violent, redouter plus spécialement le développement d'une pneumonie.
La fièvre, une fois bien établie, persistant d'une manière continue depuis plusieurs jours, souvent en s'aggravant, ayant dépassé la durée ordinaire de la fièvre éphémère simple ou prolongée, et de la période d'invasion des fièvres éruptives, devra, dans notre climat et dans notre état sanitaire habituel, si elle ne peut être encore localisée, faire supposer que le mouvement fébrile est symptomatique de quelque phlegmasie latente, ou qu'il existe une fièvre typhoïde, une fièvre émptive anomale, une infection purulente, ou bien enfin (et ce sera la Mipposltkm la moins