DE LA LARYNGITE 8TR1DULEUSE
arà vurvcoant au aiiliea de la santé, et par des symptômes locaux extrêmement légan ; tandis que, dans la forme grave de la laryngite simple, la gêne de la respifition et la suffocation arrivent par degrés. En outre tous les symptômes locaux, di que h douleur, la toux , l'altération de la voix, ainsi que la fièvre, sont beaucoup plus considérables dans cette dernière que dans Tautre. Nous verrons pins tard que U laryngite striduleuse ne peut pas être confondue avec le spasme de h glotte; car celui-ci est caractérisé par des accès de suffocation qui surviennent tout d*un coup, qui quelquefois s'accompagnent de contracture et de convulttoos, qoî se dksipent ou bien emportent les malades après quelques secondes on quelques minutes au plus , sans laisser de traces après eux (voir celte maladie dans le tome II). Il serait puéril de faire le diagnostic différentiel de la laryngite striduleuse d'avec la coqueluche , l'angine cedémateusc , ou la bronchite capillaire. On verra, en effet, que ces affections n'ont avec la première aucune res^ Koibbnce.
FrmêGstic, — Quoique pouvant avoir dans certains cas une issue funeste, nous croyons pourtant que la laryngite striduleuse est généralement plus effrayante qoelie n'est grave. On peut se demander avec Guersaut si quelques uns de ceux qui ont succombé n'ont pas été victimes d'un traitement trop actif dirigé en foe d'uD croup que l'on redoutait.
Etiologie, — La laryngite striduleuse est une affection spéciale à la première enfonce : rare a\ant deux ans, elle ne survient presque jamais après la septième ou U huitième année. Celte fréquence s'explique par l'étroitesse relative du larynx à cet âge. C'est également à cette organisation primitive qu'il faut attribuer la fréquence de la maladie dans certaines familles. Il est aussi des enfants qui en sont plus particulièrement atteints; chez eux la maladie se reproduit trois, cinq ou six fois avant qu'ils soient arrivés à la puberté. Les garçons y semblent plus prédisposés que les filles. D'après Gucrsant, cette maladie attaquerait principalement les enfants de* la classe aisée. Elle paraît sévir surtout |)endant la saison froide. On ignore l'influence de la constitution et celle des tempéraments sur sa production. La maladie se déclare presque toujours après l'impression du froid.
Traitement. — Guersant a prouvé que, dans la laryngite striduleuse , il fallait généralement se borner à faire une médecine peu active , telle enfin que noua l'avons conseillée pour la laryngite aiguè simple et peu intense. Cependant, si l'oppression se prolongeait et devenait excessive, et si en outre il existait de la fièvre, on devrait recourir à une émission sanguine générale ou locale. Il ne faut pas oublier que, dans la larvngite striduleuse, la fièvre, si elle est intense, est presque toujours symptomatique de quelque phlegmasie intercurrente, spécialement d'une pneumonie. Dans la forme un peu aiguë de la maladie, les vomitifs ont aussi été recommandés, ils sont en effet très utiles. L'émétique doit être préféi'é i)arce que, apssant aussi comme purgatif, il opère sur tout le tube digestif une révullîon utile Les purgatifs sont par conséquent avantageux. A ces moyens énergiques, quelques personnes ont proposé de joindre un vésicatoire au devant du cou ; mais il est fort rare que la violence des accidents ordonne de recourir à un moyen aussi douloureux. Cependant, dans le traitement de la laryngite striduleuse, il faut tenir compte de l'élément nerveux, qui semble même prédominer alors: aussi prescrira-ton avec avantage, pendant les accès, des révulsifs, des rul)éfiants et des iiitiq>asmodiques. L'asa fœtida en lavements, à la dose de 8 à 10 grammes, paraît avoir été fréquemment utile dans les cas dont je parle ; les bains tièdes pourront également être avantageux.
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Il csl des circonstances pourtant où il faut employer une médication beauooiip ] plus active. Lorsque, par exemple, la laryngite striduleuse coïncide a¥cc Tangiiie ^ couennensç, comme alors il y a plus de chances qu*il existe un croup qa*ane laTyn- «j gite stiiduleuse, on doit, dans le doute, employer les moyens pn^res à combattre «j la maladie la plus grave. Si Ton s*est trompé, la médication ne pourra avoir d*antre résultat fâcheux que d'affaiblir inutilement les malades, et d'allonger la convalct- i cence. Cependant, malgré ces inconvénients, la prudence veut qu'on agisse oomoie je viens de le dire.
Nature. — Quoique les recherches nécroscopiques ne nous aient rien appris sur la nature de la laryngite striduleuse , nous croyons pourtant que , en ayant égard aux symptômes et à la marche de l'affection, il est difficile de ne pas reconnaître une phlegmasie légère du larynx, caractérisée surtout par de l'enrouement, par des picotements et de la toux ; cette phlegmasie s'accompagne en outre d'on élément nerveux, lequel produit probablement le spasme de la glotte : or c'est ce qui explique très bien la fonne des accès et leur caractère intermittent Quelques uns pensent pourtant que l'intervention d'un élément nerveux n'est pas indispensable pour se rendre compte du phénomène de l'intermittence. On pourrait, en effet , supposer, avec M. Bretonneau, qn'une congestion passagère, qu'un enchifrènement de la glotte, rétrécit momentanément son calibre, de même que nons voyons l'enchifrènement des narines cesser et augmenter plusieurs fois dans la même heure par le seul fait d'un changement de température, et sans qu'il soit t)es(Hn d'invoquer un tronble nerveux. Avouons cependant qu'on explique difficilement parle boursouflement de la muqueuse l'invasion subite, brusque, des accès: aussi croyons-nous que, pour rinteliigencc des symptômes, il convient encore de faire intervenir comme essentiel un élément nerveux.
Du croup.
SYBOinrilIE. — ^/i|tna siiffocatoria^ polyposa^ membranacea^ tracheitU infantum, cyn*nch0lm* thtéUU; angine laryngée membraneuse, diphtbe'rite trachéale, laryngite pseudu^membraneuM.
Le mot croup est une expression écossaise que F. Home a introduite dans la science, et qui, depuis lui, a été adoptée par la généralité des médecins de tous ks pays pour désigner une maladie aiguë très grave, à marche rapide, et anatomiquement caractérisée par la formation d'une fausse membrane dans le larynx et dans la trachée.
Historique, — Le croup est une maladie qui, sans être probablement nouvelle» a été néanmoins inconnue des Grecs , des Latins et des Arabes. Ce fut Baillào qui, dans la constitution de 1576, traça le premier ses symptômes principaux et peut-être son caractère anatomique. Mais celui-ci , indiqué aussi vers la mêm^ époque par Marc-Aurèle Séverin, ne fut positivement décrit que par Ghisi, dans sa relation sur une épidémie qui régna h Crémone en 17^7 et 1768. Dix-sept ans plus tard. Home publia la première monographie que nous ayons eue sur lie croup: aussi est-il regardé à juste raison comme étant le premier historien de la maladie. Depuis cette époque, le croup a été l'objet de recherches nombreuses dans tous les pays, mais surtout en France, où l'on vit, ù l'occasion d'un concours mémorable ouvert en 1807 par Napoléon, les ouvrages de Jurine (1), d'Albers, de Yiensseux,
(i) L'ouvrage do Jorlne n'a pas été publie; il ircst connu que par les cxlraîls f|u>n a donnés Royer-Goliard dans le Iriv remarquable rapport qu*il a fait sur les ouvrages envoyés au conoonrs de 1807. Ce rapport est presque le meilleur Traité que nous ayons sur le croup.