DU GROUP
IQ et de Double. Eîisuite, à une époque plus rapprochée de nous, parurent âges de Louis Valcntin et de Blaud, ceux de MM. Desruelleset Bricheteau ; «recherches importantes de MM. Guersant, Trousseau, et avant tout celles iretonneau, qui, dans son remarquable Traité de la dtpkthériie^ a éclaircl \ points obscurs, et montré d'une manière positive la liaison du croup avec cooenneuse.
?tères anaiomiques. — Nous avons dit que le croup était anatomiquement île par la présence de fausses membranes dans les voies aériennes. Ces ons morbides ne dépassent pas, dans les trois quarts des cas, le larynx ni ïe; elles peuvent même n'occuper que l'épiglotte pu le^ bords de la glotte; * le tiers des cadavres on trouve qu'elles se propagent également dans les s et dans quelques unes de leurs ramifications. Elles ne consistent parfois iielques lambeaux disséminés; mais, dans le plus grand nombre des cas, it répandues unifoNnément sur une surface plus ou moins grande. La pluit d'un gris blanchâtre ou complètement blanches, parfois rougeâtres ou I, à cause de leur combinaison avec une certaine quantité de sang. Elles tôt molles et presque diffluentes : d'autres ont de la consistance. Les unes guère plus épaisses que la pellicule extérieure de l'œuf ou qu'une toile ée, tandis que d'autres ont jusqu'à 5 millimètres d'épaisseur. On peut dire, irai, que l'épaisseur et la consistance des fausses membranes sont en rapfic leur ancienneté. De nature albumino-fibrineuse, elles durcissent et se par l'action des acides sulfuriquc, azotique, chlorhydrique, et se dissolvent
0 les traite par l'ammoniaque et les solutions alcalines. Eiaminéés à une peu éloignée de celle de leur formation, ces concrétions ne ptésentent au« ice d'organisation ; mais il est certain qu'au bout d'un temps plus ou moins :rès variable d'ailleurs, de petits vaisseaux s'y développent, de la périphérie -e. Elles adhèrent plus ou moins intimement à la membrane muqueuse ; dies en sont séparées dans plusieurs points par une couche liquide ; enfin, [Ms rare de voir une portion plus ou moins considérable de la concrétion bre et flottante. Il n'existe pas toujours de rapport direct entre le degré snce et l'ancienneté de la fausse membrane, puisque quelquefois on trouve
anie intimement à la muqueuse, quoique sa formation date à peine de >u vingt-quatre heures. C'est d'ailleurs une circonstance fort remarquable rapidité avec laquelle se forment ces concrétions morbides, puisqu'il suflBt de six ou huit heures pour les voir occuper la plus grande partie du larynx Crachée. Au-dessous d'elles, la membrane muqueuse est d*un rouge foncé, elle est parfois ecchymosée ; il n'est pas rare pourtant qu'elle ne présente espèce d'altération dans sa couleur, dans son épaisseur et dans sa cousis- ^hez les sujets emportés par le croup, on trouve encore, dans l'intérieur iz, une quantité plus ou moins considérable d'un liquide muqueux, séreux brme ; le calibre de ce conduit, celui de la trachée et des bronches, sont moins rétrécis, suivant ré|)aisseur de la fausse membrane. Cette obstrueilique ordinairement la mort et les symptômes d'asphyxie qu'on a observés: ibt on a vu tous ces accidents avoir lieu, quoique la concrétion fût très peu raUe, et quoiqu'elle ne parût pas avoir apporté beaucoup d'obstacle à l'eni'air dans les poumons : aussi les auteurs ont-ils supposé que, dans ce cas, il
1 le joindre à la maladie principale un spasme de la glotte. Mais tout en int cette cause, il importe aussi de remarquer que la congestion des tissus Bta, qui disparaît parfois et s'amoindrit probablement toujours a(i taqp
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de la niori, doit être signalée comiue ayant mis obstade k rentrée de Pair ea w%» inentant plus ou moins T.épaissenr des tissus.
Les voies aériennes ne sont pa9 toujours les seules parties dans leaqadlM m trouve des concrétions pseudo-membraneuses : celles-ci tapissent, en effet, très son* vent lo pharynx et rarrièrc-bouche , plus rarement les fosses nasales, le oondnl auditif, et même les surfaces de la peau qui ont été accidentellement dénudées. Enfin, chez les sujets qui sont emportés par le croup, on trouve encore dîvenei autres altérations qui ne sont qu'accidentelles: telles sont surtout les pneumonies lobulaircs ou lobaires, la congestion des poumons, etc.
Symptômes. — On peut diviser le croup en trois périodes. Dans la première, les malades ont plus ou moins de malaise; ils ont des frissons, de la courbatare et de la fièvre ; ils accusent une douleur plus ou moins vive quand ils avaient L'inspection du pharynx, qu*on ne doit jamais négliger de faire en pareil cas, démontre en effet une rougeur plus ou moins vive de la muqueuse, une tuméfaction de la luette et des amygdales; et bientôt on aperçx)it sur ces parties les plaques diphthéritiques calactérisant Tangine couenneuse. Les ganglions du cou sont tuméfiés, douioareux, et cette lésion est bien plutôt Telfet de Taltération de la gorge que de l'inflammation dipbthéritique dont le larynx est le siège. D après M. Bretonneau, l'angine couenneuse précéderait toujours le développement du croup épidémîqne ; M. Goer*sant affirme qu'on Tobserve aussi dans les cinq sixièmes des cas où la maladie est sporadique. Cette particularité est conmmne au croup de Tenfance, comme à cdni quisurvientchez Tadulle : c*estdu moinsce qui résulte des obsenrationsdeM. Loois. Cette première période de la maladie peut durer quelques heures ou bien se pro* bnger pendant huit jours.
Cependant le larynx finit bientôt par être affecté; on en est averti par lo timbre de l'inspiration, qui est comme métallique, par une toux sèche qui revient puquintes , par Taphonic et par des signes de suffocation ; ces accidents marquent 11 seconde période du croup. Le malade alors est réveillé brusquement, au milieu de la nuit, dans un état d*anxiété extrême; souvent il se précipite à bas do son lit comme terrifié; il a la sensation d'un corps étranger qui remplit lelar\'nx et «'oppose à l'entrée de l'air: la toux et la voix offrent un timbre et des caractères particuliers: on les a comi^arées au cri du coq, à celui du chien, du canard, etc. ; mais ces comparaisons ne sauraient donner une idée bien exacte du phénomène. Qu'il nous suIBse de dire que, dans le croup, la toux est rauque, sourde, comme étouffée ; bienlAt elle est tout k fait insonore ; elle est suivie d'une inspiration courte, brusque, sifflante, comme si l'air traversait un tuyau sec et métallique; la voix est eorooée et bientôt éteinte; elle offre aussi un timbre un peu métallique, comme la toux. £n même temps que ces signes caractéristiques ont lieu, la res|)iration est accélérée, courte, haletante ; le munnure vèsiculaire est affaibli dans toute l'étendue du thorax, à cause du petit volume de la colonne d'air et des respirations incomplètes que les malades font ; l'expiration est prolongée, et égale souvent rinspiration en raison de la difficulté que l'air éprouve à sortir de ses conduits. Appliqué sur le larynx lui-même , le stéthoscope fait entendre des rhonchus sibilants et humides ou môme un bruit de gargouillement ou de raclemcnt, comme s'il existait un corps étranger en mouvement. Ces phénomènes cessent , ou du moins diminuent le plus souvent après l'expulsion de fragments membraneux ; ceux-ci d'ailleurs ne sont guère rejetés que dans un tiers ou dans la moitié des cas tout au plus. Tout indique chez les malades une gêne extrême dans les fonctions respiratoires : la iiacc est bouffie, bleuâtre; les yeux sont hagards, les jugulaires gonflées; le pouls est petiti
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Mie, irr^^er ; te malade, assis sur son séant , s'agite , porte parfoiti avec fureur la main à sa gorge, comme pour enlever l'obstacle qui ie suffoque. Les quintes de loux s'accompagnent souvent d'épistoxis , de vomissements aqueux , bilieux , de l'expulsiou de mucosités filantes ou de latnbeaux membraneux. Cependant les malades , épuisés , tombent bientôt dans l'abattement et dans la somnolei^:e; ils se plaignent d'une douleur dans le larynx et la trachée; la respiration est toujours gfinée, et l'air qui pénètre à chaque inspiration fait entendre un sifflement qu'on perçoit à distance , et qui est assez fort pour masquer plus ou moins complètement le murmure vésiculairc. Cependant il arrive parfois, surtout lorsque quelque fausse membrane a été expulsée , que la dyspnée cesse dans rintervalle des accès. La naladie parvenant enfin à sa troisième et dernière période , on voit alors les accès le rapprocher et s'aggraver ; à chacun d'eux l'imminence d'une asphyxie augmente; enfin les malades succombent, les uns violemment et comme suffoqués, les autres pûiibleuient et avec les symptômes d'une asphyxie lente. La fièvre du début perâste intense jusqu'à la fin; mais la température, quoique augmentée, n'est pas ea rapport avec l'accélération du pouls et de la respiration ; elle est, en moyenne. de 38*", 50, d'après M. Roger. Il est rare que, cliez les malades dont nous parlons» OB obsene du délire ou des convulsions. La mort est la terminaison presque constante de la troisième période.
Marche^ durée, terminaisons, — Le croup a une marche extrêmement aiguë : oo l'a vu emporter des malades en six ou douze heures (croup foudroyant). Dans b phipart des cas , la mort n'a lieu qu'après quatre, cinq ou six jours. U est rare que la vie se prolonge au delà d'un septénaire.
Si la maladie doit avoir une heureuse issue , c'est presque toujours dans sa seconde période; les quiutes alors s'éloignent, la toux devient humide, et les ma-^ hdes rejettent eu quantité plus ou moins considérable des mucosités opaques, des crachats visqueux et des lambeaux membraneux , irréguliers ou tubulés. Il n'est pas certain que, dans les cas qui se terminent heureusement , toute la fausse membrane soit complètement expulsée ; il est possible, en effet, qu'une partie de cette production persiste et dis|)araisse ensuite par usure ou par absorption au l)out d'un temps plus ou moins long. La convalescence est toujours rapide. On ne peut établir encore de rapports entre les gnérisons et les morts, attendu que trop souvent on a confondu les croups et les |)seudo-croups ; or on sait que ceux-ci ont presque toujours une heureuse issue. Il est douteux qu'on ait jamais vu un croup véritable récidiver.
Variétés. — Dans la description précédente , je n'ai eu en vue que le croup des enfants; mais des différences assez importantes, cependant, distinguent le croup des adultes, variété qui a été parfaitement décrite par M. Louis (1). Chez ces der- ■iers, eu effet, les syra))tômcs locaux, tels que la douleur de gorge et du larynx, la déglutition pénible, existent dès le début ; les malades ont de la dyspnée ; leur voix est altérée ; ils rejettent des |)seudo-mcnibranes ; niais on n'observe pas , ainsi que M. Charcellay l'a vérifié plus récemment (2), ces acc^s de suffocation, qui sont constants chez les enfants. Les altérations de la toux et de la voix , quoique marquées , lont aussi moins caractéristiques. Enfin, la marche est moins rapide, et, bien que les lésions soient à peu près les mômes, l'appareil symptomatique est cependant moins effrayant, ce qui tient probablement à l'ampleur plus grande du larynx , et à
(1) Bêekereku anatomo-paihologiquet êur diverses malaàieSy p. 203. Paris, 1826.
(2) iirrMÎi de ia Société de médecine du département d' Indre-et-Loire.
ce que la maladie ne survient guère que chez des individus plus ou moins aflbibtii ou épuisés.
, Le croup offrirait aussi quelques différences dans son expression symptomatique, ainsi que dans sa marche, lorsqu'au h'eu de se développer de haut en bas, il ^ débute^ au contraire, par la trachée, pour gagner ensuite le larynx. Dans ce cas, ' d'après Jurine, les syroptômesdu début sont plutôt ceux d'une affection cata^^ rhale, les accidents spasmodiques sont moins prononcés , les réroittences sont phi longues , la marche est moins rapide , la voix enfîn se conserve intacte pendant *} quelques jours, tandis que les autres caractères du croup existent à un degré plus ^ ou moins marqué.
Quoi qu'on en ait dit, il n'y a pas de croup intermittent, il est douteux aosn qu'il y ait un croup chronique. Les deux faits publiés par F. Home et par J. Frank ^ ne nous semblent pas très concluants. ^
Diagnostic. — NuHe difficulté pour distinguer le croup de l'angine pharyngée > et de l'angine tonsillaire, car pour celle-ci l'inspection seule suffit, et d'ailleurs h suffocation est continue , elle n'a pas lieu par accès, comme dans le croup ; ta voix est nasonnée et non éteinte, la déglutition est difficile et même impossible.
La laryngite aiguë intense , par la gêne extrême de la respiration , par les acc^t de suffocation qu'elle excite, par Taltération de la voix , offre assez d'analogie avec le croup ; mais on n'observe pas de plaques diphthéritiques dans le phannx ; les crachats sont muqueux, pelotonnés, et jamais il n'est expulsé de fausses membranes.
La larj'ngite striduleuse est la maladie qui offre le plus de ressemblance avec le croup. On sait, en effet, que ces deux affections ont été longtemps confondues, et le sont encore aujourd'hui par beaucoup de personnes^ Cependant il importe beaucoup, pour le pronostic et la thérapeutique, de pouvoir les distinguer Tune de l'autre. On se rappellera donc que, dans la laryngite striduleuse, la voix est enrouée^ mais rarement éteinte; la toux est éclatante , sonore, tandis qu'elle est sourde (î étouffée dans le croup. Dans la première, les mabides ne rejettent jamais les concrétions membraneuses qui sont expulsées quelquefois dans l'autre. Il y a bien dans les deux maladies que je compare des accès de suffocation ; mais, dans la laryngite striduleuse , ces accès sont suivis d'une rémission à peu près complète , puisque beaucoup d'enfants, dans l'intenalle des crises, reprennent tout à fait leurs jeux, tandis qu'il n'en est pas de même du croup , qui entretient une dyspnée permanente. Ajoutons que la laryngite striduleuse débute brusquement ou n'est précédée que par un peu d'enrouement , tandis que presque toujours le croup est consécutif à l'angine couenneuse. Enfin la première est rarement mortelle , tandis qne dans le croup la guérison n'a lieu que dans le plus petit nombre des cas.
Un corps étranger brusquement introduit par la glotte pourrait encore simuler le croup, on raison des accès de suffocation et des quintes de toux ; mais celles-d ne présentent jamais, non plus que la voix, le caractère croupal; l'auscultation dn larynx apprend en outre souvent qu'il existe un corps mobile dans cette cavité; enfîn , presque toujours on pourra connaître , par le malade lui-même on par les assistants, la véritable cause des accidents dont le début a été brusque. Nulle resBembtance non plus entre le croup et le sptisme de la glotte , qui , connue nous le verrons dans la classe des névroses, est caractérisé par une suffocation survenue subitement, s'accompagnant souvent de contracture ou de mouvements convulsiEs, et qui se termine par la guérison ou par la mort dans l'espace de quelques secondes ou de quelques minutes au plus , sans jamais laisser de trace après lui.
En traitant précédemment de la pharyngite, nous avons dit qu'il se développait