DE LA LARYNGITE CHRONIQUE
à rhomidilé. Cepeadant on a remarqué qu*il augmentait plutôt par le passage du froid an cbaod que lorsque les individus passent brusquenrant du chaud au froid. Les ùtigues, la faim, augmentent parfois aussi l'altération de la voix. Celle-ci par contre 8*éclaircit souvent pendant le travail de la digestion, à moins pourtant que les malades n'aient pris des alcooliques en trop grande quantité. La voix n*est pas seulement enrouée, mais elle est encore inégale, raboteuse, quelquefois elle est toQt à fait éteinte. La toux est plus ou moins fréquente et quinteuse; elle est parfois mctante^ c'est-à-dire que le malade en toussant semble faire un rot étouffé. Ce phénomène n'est guère constaté que lorsque les altérations sont assez profondes. Dans la laryngite chronique il y a parfois une douleur locale qui n'indique pas toujours le siège de la lésion; c'est tantôt une cuisson, un chatouillement incommode, ou bien un sentiment de gêne, ce qui excite les malades à faire des efforts d'expiratîott comme s'ils voulaient expulser un corps étranger qui serait engagé dans la partie supérieure du tuyau vocal. Les crachats sont, en général, rares, ik not expulsés surtout au moment du réveil ; ils sont d'un blanc jaunâtre, quelque^ lois pelotonnés; ils peuvent devenir puriformes^ et striés de sang lorsqu'il existe des okératioiis. L'inspection du cou ne fait, en général, rien noter d'insolite ; le larynx a wik volume et sa conflguration normales: il arrive parfois que la pression extérieure est un peu douloureuse; l'action de parler, l'inspiration même faite un peu plus rapidement, produisent souvent une sensation pénible, la déglutition peut être éplement douloureuse par la pression que le bol alimentaire exerce sur l'épiglotte 00 sur la paroi postérieure du larynx à travers l'oesophage. M. Barth, ayant ausculté le larynx, a trouvé que le bruit produit par l'air qui traverse ce canal est plus rude, il est même comme râpeux ; mais •c'est là une circonstance peu importante à noter. La plupart des malades, dont nous parlons, ont l'haleine un peu courte, et si le calibre du larynx était très resserré, il y aurait de temps en temps des accès de suffocation; cet accident toutefois est extrêmement rare.
Dans la laryngite simple il n'y a guère que des symptômes locaux ; il n'en est plus de même lorsqu'il y a des ulcérations. Les malades alors maigrissent, dépéris* sent, ont une fièvre hectique comme dans la tuberculisation pulmonaire.
Marche t durée ^ et terminaisons. — Cette maladie a une marche lente : elle peut présenter des exacerbations et passer momentanément à l'état aigu. Sa durée est indéterminée : elle peut persister pendant un grand nombre d'années sans influencer d'aucune sorte la santé générale. On a dit qu'en se prolongeant elle pouvait dégénérer en p/tthisie, c'est-à-dire produire des ulcérations dans le larynx et des tubercules dans les poumons. Il est certam que, dans quelques cas, la laryngite chronique précède de longtemps la tuberculisation pulmonaire, mais celle-ci est-elle véritablement l'effet delà première? c'est ce qu'il est diiiicile de prouver. Expressions l'une et l'autre d'une même diathèse, nous croyons qne la lésion peut prédominer dans an point ou apparaître plutôt que de coutume sans qu'on soit autorisé pourtant à rattacher à l'altération qui débute les désordres analogues qui surviendront plus tard vers les autres organes.
Diagnostic. — Le diagnostic de la laryngite chronique ne présente aucune difliculte; mais il importe surtout de bien distinguer la laryngite simple des différentes espèces d'ulcérations qui peuvent se former dans le larynx. Ainsi, lorsqu'un malade qui a de l'enrouement maigrit, lorsqu'il a de la fièvre le soir, et dos sueurs pendant le sommeil de la nuit, il faudra soupçonner une affection tuberculeuse des poumons, et presque toujours l'auscultation et la percussion de la poitrine donneront de la réalité à ces présomptions. L'enrouement dépend-il d'une infection ■"-
3i& DES INFLAMMATIONS.
philitique, il sera plus considérable qae dans la laryngite simple ; il s*accompigaera souvent d'une expectoration purulente ; il existera en outre des signes de syphilis constitutionnelle, tels que des syphilides, desextoses, des douleurs ostéocopes, et surtout des ulcérations caractéristiques sur la langue, sur les amygdales, sur k ¥oile 4u palais et au pharynx. Si ces Siignes manquaient, on aurait recours aux commémoratifs. Ajoutons que les phénomènes de consomption n'existent jamais dans la laryngite simple : aussi, lorsqu'on ne peut rattacher ceux-ci à aucune lésion tuberculeuse des poumons, on devra considérer les accidents qu'on obsenre du côté du larynx comme étant de nature syphilitique. Ënfm le cancer du larynx se traduit par des signes tellement évidents, qu'il sera impo.ssible de le confondre avec une laryngite simple. (Voir les articles T^^/d'^ie pulmonaire et Syphilis du larynx.) Quant à l'aphonie nerveuse, accident ordinaire de l'hystérie, on la voit débuter le plus souvent brusquement, et ne s'accompagner d'aucune gêne, d'aucune douleur locale.
Pronostic. — La laryngite chronique simple est une alTection bénigne, mais qui néanmoins est incommode et plus ou moins rebelle. Le pronosUc de la laryngite ulcéreuse est toujours fâcheux. Il est en rapport avec la gravité de la diatbèsc qui a produit les ulcérations; celles-ci sont curables, si elles sont l'eiïet de la syphiUs; mais la maladie a une issue nécessairement fatale s'il y a cancer, et peut- Otre aussi lorsque les ulcérations soqt l'eiïet d'une diathèse tuberculeuse.
Etiologie, — Rare chez les enfants, plus fréquente chez l'homme que chez la femme, la laryngite chronique aiïccte spécialement les individus qui, par état, fatiguent beaucoup les organes de la voix, surtout lorsque leurs profeissionsles exposent en outre aux intempéries de l'air: tels sont les marchands et chanteurs ambulants. Les exci's alcooliques ont également une grande influence. C'est à cette triple cause surtout qu'il faut rapporter ces laryngites chroniques qui sont si communes chez les filles publiques de bas étage. Il ne [)araît |)as, comme on l'a cru pendant longtemps, que l'exposition aux vapeurs irritantes, et surtout que l'inspiration des corps pulvérulents soient des causes actives de laryngite chronique. Il n'en est plus de même de l'introduction dans le larynx de corps étrangers volumineux, comme des noyaux de fruits, des corps métalhques, des pièces de monnaie, etc. , dont le séjour prolongé peut être suivi de pneumonie ou de la production de tubercules pulmonaires ; quelquefois pourtant il n'y a qu'une laryngite, probablement avec ulcérarations, attendu qu'elle s'accompagne d'amaigrissement et de fièvre hectique. Ces accidents cèdent en général rapidement dès que le corps étranger a été extrait ou qu'il a été expulsé |)ar la nature.
Traitement — Il faut d'abord éloigner les causes qui ont paru présider au développement de la maladie. Si l'enrouement est considérable, les malades s'abstiendront de prier ; s'il existe de la douleur et des symptômes subaigus, on fera une application de sangsues au-devant du larynx, ou bien on mettra quelques ventouses à la nuque. Cependant les antiphlogistiques ne conviennent que dans le plus petit nombre des cas et d'une manière passagère: les révulsifs, an contraire, sont toujours indiqués. Parmi ceux-ci on doit mettre en première ligne le vésicatoire volant ou mieux encore un vésicatoire placé à dcinenre, au-devant du cou ou à la nuque; les frictions avec l'huile de crolon et la pommade stihiéc ; les douches ascendantes, aromatiques ou alcalines. On a encore conseillé le sétou à la nuque ou le long du larynx, ou bien encore des cautères sur les parties latérales du cou; mais nous ne croyons pas qu'on doive employer contre une aiïeciion bénigne des remèdes aussi violents et qui laissent des traces indélébiles. C'est dans ces cas qu'on a fréqueuH