DE LA BRONCHITE AIGUË IT DE LA TBAGHÊITE CHRONIQUE
inent oblenu des effets avantageux des Eaux-Bonucs, d*£iighien, de Gauterets, prises en boisson, en bain, et dirigées sous forme de douches sur Torgane malade. II est on symptôme incommode et cause lui-même de divers accidents qu*il faut chercher à modérer, je veux parler de la toux qu*on calme souvent par l'emploi des narcotiques, en donnant des pilules d*opium, ou bien des fumigations de daturastramonium ; les malades pourront également fumer cette dernière substance. Enfin, on pourra encore se servir d*empl^tre et de pommades stupéfiantes.
Dans ces derniers temps, MM. Trousseau et Belloc ont beaucoup insisté pour opposer II la laryngite chronique une médication topique. Il ne parait pas que les nbstances aromatiques excitantes, administrées sous forme sèche ou humide, aient eu des résultats très avantageux ; mais il n*en est pas de même des astringents, et surtout des caustiques, comme le nitrate d'argent. M. Trousseau semble, en effet, avoir obtenu par ces moyens des succès incontestables. Le nitrate d'argent est employé en solution (2 à 4 grammes pour 4 d'eau distillée). Si Ton veut cautériser h partie supérieure du larynx, on prend une baleine recourbée et armée d*un morceau d'épongé qu'on trempe dans la solution caustique. On fait alors ouvrir largement la bouche au malade ; puis attirant la langue en avant et dépriioant sa base, on met à découvert l'épiglottc, au-dessous de laquelle on insinue l'éponge, qai pénètre ainsi dans le larynx et le cautérise. On peut encore se servir, pour la même opération, d'une seringue d'argent semblable à celle d'Anel, dont le siplion a 15 centimètres de longueur et se recourbe fortement à son extrémité. L'ouverture du siphon aura un dcmi-milIimètre de diamètre. Enfin, le même médecin a souvent employé les insufflations de sous-nitrate de bismuth, de sulfate de zinc, de cuivre, d'acétate de plomb, combinés avec une quantité de sucre variable ( de 2 à 36 fois leur poids). Ces insufflations pourront être faites par le malade t l'aide d'un tube ayant 2U à 30 centimètres de long sur 4 à 6 millimètres de diamètre ; il introduit une des extrémités de ce tube, chargé de poudre médicamenteuse, le plus profondément qu'il peut dans la gorge, puis faisant une grande inspiration, le médicament est entraîné parla colonne d'air, qui le fait pénétrer en partie dans le larynx. Quoique l'emploi de tous ces moyens semble justifié par quelques succès, ceux-ci ne sont pas encore tellement multipliés, qu'on puisse user de tous ces remèdes avec une égale confiance.
De la Irachéîia aiguë et de la iraohéîte ehroaîqoe.
.le ne veux point traiter spécialement de la trachéite, car chacun sait que l'inflammation est rarement bornée à cet organe ; mais elle y arrive presque toujours par extension, soit du côté des bronches, soit du côté du larynx. Dans les cas rares oà la trachéite existe seule, on constate un léger sentiment de gêne et de picotement i la partie inférieure du cou ; il existe un peu de toux, et les malades rejettent (jnelques crachats filants, transparents ou opaques; quelques uns se plaignent d'être oppressés : il n'y a presque jamais de fièvre. Il est, je crois, sans exemple que b trachéite ait mis jamais la vie des malades en péril.
La trachéite peut exister à l'état chronique : comme la laryngite, elle peut être simple ou avec ulcérations. On a voulu faire de cette dernière une forme spéciale de pbthisie (phthisic trachéale); M. Gayol l'a décrite dans sa thèse soutenue en 1810. Mais il est reconnu aujourd'hui que les ulcères de la trachée ne sont jamais indépendants, qne toujours ils coexistent avec la pbthisie pulmonaire ou avec des ulcératîoDS du larynx, se liant elles-mêmes prcscjuc toujours ou à la même cause ou k nne infection syphilitique ou farcincuse.
De la bronehil*.
Sykonyhib. ^ Rhume; caturrlie pulnooaire; fièvre catarrlivle.
Le mot bronchite sert à désigner rinflammatiou de la membrane muqueuse des bronches. Cette expression est préférable à celle de catarrhe pulmonaire ^ qui donne Fidée d'un flux muqueux souvent indépendant d'un travail inflammatoire, et parce qu'en outre il peut y avoir phlegmasie de la muqueuse des bronches, sans que pour cela y ait nécessairement augmentation dans la sécrétion de cette membrane. •
Historique et divisions. — La bronchite, quoique très anciennement connue, n*est pourtant bien décrite que depuis les immortels travaux de Laénnec Parmi les nombreuses divisions qu'on a admises dans l'histoire de cette affection, il en est quelques unes d'importantes, et qu'il faut maintenir: telle est d'abord la division de la bronchite en aiguë et en chronique, puis la distinction de la première en bronchite simple f capillaire et pseudo-membraneuse. La bronchite capillaire, qui correspond au catarrhe suffocant des auteurs, n'a été bien décrite que dans ces derniers temps. Elle l'a été d'abord par MM. Delaberge et Monueret dans leur Compendium, par le docteur Foucart (Thèse, année 1842) et par M. Fauvel, qui a publié ses recherches dans sa thèse d'abord (1840, et plus tard dans le tome II des Mémoires de la Société médicale d'observation de Paris ; plus récemment enbn, MM. Mabot, Bonamy, Marcé et Malherbe, médecins de l' Hôtel-Dieu de Nantes, ont donné une excellente relation d'une épidémie de bronchite capillaire qu'ils ont observée en commun, de 1840 à 1841.
Caractères anatomiques. — Les bronches enflammées contiennent une quantité plus ou moins considérable d'un mucus blanc, visqueux, aéré, ou opaque et purulent. La membrane muqueuse est rouge ; l'injection est disposée en arborisations, en plaques, en zones ou en piqueté ; il est rare qu'on puisse constater une augmentation d'épaisseur du tissu. Plus fréquemment on trouve celui-ci plus ou moins ramolli; il ne parait pas qu'on ait jamais observé ni la suppuration du tissu celhilaire sous-jacent, ni la gangrène de la muqueuse bronchique. Ces caractères anatomiques de l'inflanunation sont plus ou moins étendus; presque toujours on ks trouve dans les deux poumons à la fois, mais ils sont limités à un certain nombre de bronches. Souvent ils ne dépassent pas les gros tuyaux, d'autres fois ils n'existent que dans les ramifications les plus ténues: on dit alors que la bronchite est capil-' laire. Dans ces derniers cas, en incisant les petites bronches, on les trouve rempUes par une matière mucoso-purulente, épaisse, non aérée, qui les oblitère depuis les deuxième ou troisième divisions jusqu'aux ramifications capillaires. Ces mucosités finissent |)ar produire mécaniquement une dilatation uniforme de ces conduits^ laquelle, d'ailleurs, est un peu moins marquée chez l'adulte que chez les enfants. La membrane muqueuse a alors son épaisseur et sa consistance normales, mais elle est d'un rouge intense, et cette rougeur va en s'affajblissant des grosses ramifications vers les plus petites; d'autres fois c'est le contraire qu'on observe. L'obstruction des petites bronches, lorsqu'elle est générale , produit nécessairement la dilatation des vésicules {emphysème uésiculaire), surtout sur les bords tranchants de l'organe; plus rarement on voit un léger emphysème interlobulairc; ces lésions expliquent pourquoi les poumons, loin de s'affaisser lorsqu'on ouvre la poitrine, tendent, au contraire, à s'échapper de cette cavité. M. Fauvel, un des premiers, je crois, a fait voir en outre que, chez les enfants, un grand nombre de vésicules