‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 75 sur 148 · DE LA BRONCHITE · texte numérisé non relu

DE LA BRONCHITE

dilatées contenaient la raôme matière que les bronches, mais elle 8*y montre sous forme de granulations i^lanchâtrcs ou jaunâtres, et il faudrait bien se garder de confondre celle-ci avec les granulations tuberculeuses, auxquelles elles ressemblent parleur conGguration et par leur volume. Mais le tuberculeforme une tumeur dure, tandis qu*èn piquant la granulation qui forme la vésicule, on en fait sortir un liquide puriforme, et il reste à sa place une dépression, nne vacuole communiquant avec une ramification bronchique. lorsque beaucoup de vésicules pulmo- QÛresont été envahies, le poumon est friable et offre à la coupe une teinte grisâtre qui pourrait faire croire à Texistence d*une hépatisation grise ; mais un examen phis attentif ne permet pas de faire cette confusion ; d'ailleurs en insuflDant le poumon on lui rend sa souplesse, résultat qu*on n'obtient jamais lorsqu'il y a hépatisation.

Tous les auteurs signalent comme une lésion fréquente de la bronchite capillaire des noyaux d*hépatisation rouge ou grise, disséminés à la surface et dans l'épaisseur del'un et l'autre poumon : on lui a donné le nom de pneumonie lobulatre. Cependant on a contesté dans ces derniers temps la justesse de cette expression. MM. Legendre etBailly, dans un travail intéressant inséré dans les Archives de médecine en I8/16, ont surtout cherché à prouver que cette lésion était distincte de la pneumonie; ils s'appuient sur ce que le tissu n'est ni tuméfié, ni grenu, ni friable, comme dans l'bépatisation, et parce qu'en pratiquant l'insufflation on le rend 4e nouveau crépitant et aéré. Ils comparent ou plutôt ils assimilent cet état à celui d'un poumon qui n*a pas encore respiré. Pour eux, le tissu pulmonaire aurait subi dans quel> ques unes de ses parties une sorte de retrait, parce que l'air arrêté par les mucosités qui remplissent les bronches a cessé d'y pénétrer. Les faits exposés par MM. I^endre et Bailly ont une grande valeur; nous croyons leur opinion paiiaitement fondée pour un grand nombre de cas, mais nous persistons encore à croire que, chez beaucoup de sujets, les noyaux que les poumons présentent sont con* stitués par une véritable phlegmasie, ne différant de l'hépatisation ordinaire que par son peu d'étendue et par sa dissémination. Quoi qu'il en soit, les poumons des individus qui succombent à la bronchite capillaire sont en générât rosés à la coupe, et les ganglions bronchiques, chez les enfants du moins, sont le plus souvent gonflés, rouges et ramollis.

n existe une bronchite pseudo-membraneuse anatomiquement caractérisée par la production , dans les tuyaux bronchiques , de fausses membranes analogues Ji celles que nous avons rencontrées dans le croup. Elles se présentent sous forme de petits cylindres blancs, élastiques, ordinairement alors bornés aux petites divisions bronchiques ; en les soulevant et Ai tirant sur elles avec précaution , on parvient quelquefois à en extraire un nombre assez considérable, se composant d'une tige centrale de laquelle partent une foule de divisions pénétrant chacune dans une ramification capillaire. La bronchite pseudo-membraneuse accompagne quelquefois la bronchite capillaire.

Symptômes, marche , terminaisons, durée. — Dans sa forme la plus bénigne, h bronchite ne produit d'autre accident qu'une toux peu forte, à peine douloureuse , avec expectoration de quelques crachats muqueux. Il n'y a , en général , ni malaise ni fièvre; pourtant l'appétit est un peu diminué, ou bien les aliments semblent moins sapidcs. Cette incommodité, vulgairement appelée rhume, succède souvent au coryza ; elle disparaît fréquemment au bout de quelques joui*s ; d'autres fois elle se prolonge pendant un temps plus ou moins long.

La bronchite aiguë intense est souvent précédée de prodromes , surtout 1

qu'elle survient d*une manière spontanée; ainsi il y a du malaise, des horripilalions , de la sensibilité au froid , de Finappétence , du coryza , une céphalalgie vive, etc. Dès que la bronchite est confirmée, les malades accusent un sentiment de gêne et de pesanteur dans la poitrine, parfois un chatouillement incommiode, ou bien une douleur obtuse, contnsive ou déchirante derrière le sternum; une constriclion à la base et sur les côtés du thorax. Ces souffrances s'exaspèrent par la toux ; cdle-ci s'accompagne fréquemment de douleurs vives, déchirantes, qui suivent la dii*ection de la trachée-artère et des bronches. La toux est un symptôme très pénible pour les malades. £lle est spontanée , ou bien elle est provoquée par la parole , par les mouvements du corps , par les émotions et l'impression d'un air froid, etc. Un chatouillement ayant son siège vers la partie supérieure de la trachée la précède de peu d*instants. La toux se reproduit ordinairement soos forme de quintes, c'est-à-dire qu'une seule inspiration est suivie de cinq ou six secousses successives. Ces accès, qui sont toujours plus forts et plus fréquents le soir et surtout pendant la nuit, empêchent quelquefois tout à fait le sommeil S*ik se reproduisent presque sans interruption pendant plusieurs minutes, on voit alors les jugulaires se gonfler, la face se congestionner, les yeux devenir larmoyants, et les malades accuser de la céphalalgie et un grand malaise. Les quintes fréquentes produisent en outre de rendolorisscmenl Ix l'épigastre, aux hypochondres et vers les attaches du diaphragme. Enfin, les accès de toux, s'ils sont violents ou s'ils suniennent pendant le travail de la digestion, s'accompagnent de nausées, de vomissements alimentaires, bilieux ou glaireux. I^ toux qui est tantôt rauque, tantôt plus ou moins éclatante, est d'abord sèche ; mais elle ne tarde pas, au bout d'un ou plusieurs jours, à être suivie d'une expectoration formée d'abord par des crachais muqueux, aqueux, quelquefois striés de sang et d'une saveur salée. En dehors des quintes, l'oppression est généralement peu considérable. La poitrine percutée rend partout un son naturel ; l'auscultation fait constater, au contraire, l'existence des râleS sibilant et ronflant. Si la sécrétion bronchique est assez considérable, il existe aussi un râle muqueux ou sous-crépitanl ; celui-ci, si Ton en excepte les cas de bronchite capillaire, siège presque toujours à la racine des bronches ou à la base de l'un et de l'autre |)oumon.

Le râle sibilant donne la sensation d'un petit sifflement prolongé, aigu ou grave; d'autres fois il ressemble davantage au gazouillement des oiseaux. Le râle sonore ou ronflant, au contraire généralement plus bruyant, consiste eu un bruit qui imite le ronfletnenl d'un homme qui dort, ou le roucoulement de la tourterelle, ou cdai que donne une corde de basse qu'on frotte avec le doigt. Le premier paraît se passer dans les petites bronches , le second dans les plus grosses. Ils s'expliquent l'un et l'autre par le rétrécissement des tuyaux aériens, produit par le boursoufl^ ment de la muqueuse ou par des mucosités très adhérentes. Ces deux râles sont souvent désignés sous le nom de râles secs : on les entend indiiïéremment |)endaDt l'inspiration et pendant l'expiration. Le râle sous -crépit ant , qu'on a comparé au bruit qu'on fait en soufflant avec un chalumeau dans l'eau do savon, est caractérisa par des bulles un peu grosses et humides, inégales entre elles , et qu'on entend surtout, mais non exclusivement, pendant l'inspiiatiun; il forme la iransîtioi entre le râle crépitant sec de la pneumonie et le râle muqueux. Celui-ci est constitué par des bulles plus grosses, plus humides et plus rares ; il donne la sensatioi d'un véritable gargouillement, lorsque les mucosités qui le produisent sont accumulées dans des grosses bronches ou dans des bronches dilatées. Les râles souscrépitant etmuqneux sont déterminés par le passage de l'air à travers un liquide,

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le premier se ^p^s^ peut-être dans les vésicules ; le second est certainement prodait dans les bronches.

Pour tenniner Tétnde des phénomènes que l'auscultation révèle , disons que dans la bronchite aiguë le murmure respiratoire est quelquefois devenu puéril ; souvent II est alTaibli ou masqué par les râles : quelquefois il est tout 5 fait nul, en nison de Tocclusion momentanée des tuyaux bronchiques par quelques mucosités; mais dès que celles-ci se sont déplacées, soit spontanément, soit après des efforts de toux, le bruit respiratoire reparaît. Cette occlusion momentanée des bronches peut également suspendre les râles sibilant et ronflant ËnGu, le râle muquetik étuit produit par le passage de Tair à travers des mucosités, on conçoit qu'il puisse \ son tour cesser d*être perçu, lorsque les liquides se déplacent et surtout aussitôt qu'ib ont été eipulsés.

Indépendamment de ces symptômes locaux, la bronchite aiguë intense s'accom^ pagne de phénomènes généraux et sympathiques : ainsi les malades accusent de la céphalalgie sus-otbitaire et du malaise ; ils ont des horripilations ; la peau est chaude, moite, le pouls accéléré, la langue blanche , la soif vive, Tappétitunl. Souvent la plupart de ces symptômes s'exaspèrent le soir et constituent un véritable paroxysme.

Cependant, après avoir persisté ainsi 5 Tétat aigu, les symptômes généraux et sympatbiques diminuent d'intensité, les quintes sont moins pénibles, moins fréquentes ; la sécrétion bronchique augmente , elle est blanche , opaque , verdâtre : le vulgaire dit alors que le rhume mûrit (l*est la période dite de coction des anciens auteurs.

La bronchilc se termine presque toujours par résolution; d'autres fois elle passe à Tètat chronique. Elle n'a jamais une issue funeste, excepté chez les sujets très abiblis par l'âge ou par quelque maladie grave. Lorsque la mort survient dans le cours d'une bronchite, elle résulte toujours de ce que la phlegmasie s'est propagée aux petites ramifications (bronchite capillaire) ou au parenchyme pulmonaire [pneumonie), ou bien encore de ce que les mucosités ayant été sécrétées en grande abondance, et les forces ne sufiBsant plus pour les expulser, s'accumulent dans l'arbre aérien, gênent l'entrée de l'air, et déterminent Tasphyxie. La durée varie entre quelques jours et plusieurs semaines ; elle est en général d'autant plus longue que la saison est plus froide et plus humide, que les individus sont plus faibles, plos délicats, et que la maladie a déjà récidivé un plus grand nombre de fois.

Variétés. — La bronchite aiguë peut présenter quelques modifications dans ses symptômes généraux et locaux. Ainsi, affecte-t-ellc des sujets pléthoriques, vigoureux, on observera le cortège ordinaire de la fièvre angioténique : les auteurs disent alors que le catarrhe est inflammatoire. D'autres fois il existe concurremment des symptômes bilieux : c'est ainsi qu'un grand nombre des affections que Stoll a observées dans le siècle dernier, et qu'il a décrites comme des pneumonies bilieuses, n'étaient, pour la plupart, que des bronchites intenses, compliquées d'un état bilieux qui, à cette époque, était le caractère prédominant de la constitution médicale de l'Europe. C'est encore à la bronchite qu'il faut rapporter les nom* breoses relations qu'on trouve sur diverses fièvres catarrhales bilieuses qui ont souvent régné épidémiquement à la même époque. Il y a encore une bronchite qu'on peut appeler latente^ car elle ne se révèle le plus ordinairement que par une toux sèche qu'on regarde souvent comme étant nerveuse et comme un résultat sympathique de la souffrance d'un autre organe : l'auscultation ne fait entendre alors aucun bruit morbide, ni aucune altération du murmure vésiculairc. Tout porte I

penser que, dans ces cas, la phlegmasie est légère et bornée aux premières di?isions des conduits aériens. Mais les variétés les plus importantes de la bronchite sont celles dans lesquelles la phlegmasie envahit les petites ramiGcations, et les obstrue par des mucosités ou par des fausses membranes : ce sont les bronchites capillaire ei pseudo-membraneuse, dont nous avons déjà fait connaître les caractères anatomiques.

l*" Bronchite capillaire, — La bronchite capillaire ou catarrhe suffocant parait succéder presque toujours à une bronchite ordinaire de médiocre intensité ; ce n*e8t que dans des cas fort rares que l'inflammation envahit primitivement les petites bronches, et s'annonce aussitôt par des symptômes plus ou moins graves. Quel que soit son début, dès que la bronchite capillaire existe, on observe une oppression extrême, survenant parfois presque tout à coup. L'inspiration, accompagnée souvent de sifflement, se fait péniblement et par la contraction convulsive et simultanée de tous les muscles qui peuvent y concourir; les mouvements respiratoires sont accélérés, surtout chez les enfants, chez lesquels on a quelquefois compté jusqu'à quatre-vingts ou cent respirations par minute. La toux est fréquente, quinteuse, [)énible par les douleurs déchirantes qu'elle excite derrière le sternum. Enfin, après les secousses nombreuses, les malades rejettent quelques mucosités filantes , mousseuses, et des crachats blancs, visqueux, aérés ou parfois striés de sang; pilleurs ce sont des mucosités jaunâtres, non aérées, dont l'expulsion n'amène aucun soulagement : c'est ce qui eut lieu dans l'épidémie de Nantes. La percussion donne partout un son clair ; il arrive même quelquefois que la sonorité est exagérée, surtout antérieurement, ce qui s'explique par l'emphysème concomitant L'auscultation révèle , comme dans la bronchite ordinaire , l'existence de râles ronflant, sibilant, muqueux; mais le râle sibilant est plus fin, plus ténu : il est général et mêlé presque partout à du râle sous-crépi tant ; enfin, le murmure vésiculaire cesse souvent d'être perçu tant l'obstruction des petites bronches est complète. Avec un trouble si profond dans les fonctions respiratoires , la parole est brève, saccadée ; le pouls, toujours accéléré, acquiert parfois une fréquence excessive; la peau est chaude, sèche ou couverte de sueur; toute l'habitude extérieure exprime la souffrance, l'anxiété. Les malades sont constamment assis, leurs bras arc-boutés pour fournir un point d'appui à quelques uns des muscles inspirateurs; la figure est pâle, altérée, marbrée; les lèvres et les joues sont violacées. Cependant cette lutte incessante de l'organisme et l'hématose qui se fait si incomplètement finissent par épuiser les forces. Au bout de quelques jours de réaction, les malades s'affaissent, la respiration diminue de fréquence sans devenir plus facile ; les râles persistent au même degré , excepté le râle sous-crépitant , qui ordinairement di* minue ou cesse même complètement L'expectoration est en même temps plus pénible ; des mucosités , s'accumulant dans Tarbre aérien , y déterminent par le passage alternatif de l'air, un bruit de râlemeut ou de gargouillement. La teinte violacée de la face est plus foncée ; qu observe la même coloration aux pieds et aoi mains; quelquefois même des vergetures, des plaques violacées se dessinent sur toute la surface du corps ; le pouls perd de sa force, sa fréquence augmente, et il devient irrégulier. Les malades s'affaissent de plus en plus ; ils tombent dans U somnolence, et succombent lentement en conservant jusqu'au dernier momeot l'intégrité des facultés intellectuelles. Si , au contraire, la maladie doit avoir une heureuse issue , on voit diminuer simultanément le nombre des respirations et l'anxiété. Les râles sont moins bruyants, moins étendus, moins nombreux, ce qui indique que le poumon est devenu plus perméable ; la peau perd peu à ptfl

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sa coIoratioQ violacée ; enfin, la convalescence se déclare. Cependant les malades présentent souvent pendant longtemps encore tous les symptômes d'une bronchite simple.

Les accidents propres à la bronchite capillaire cessent après une durée variable : cdk-ci est rarement moindre de cinq jours, et ne dépasse guère dix ou quinze. I/HTsqae h mort survient , elle a communément lieu dans cet inter\'alle. La conîilesoence est toujours assez longue. La bronchite capillaire est très sujette à récidive.

2" Bronchite pseudo-menibraneuse. — Les symptômes que je viens d'indiquer sont précisément ceux qu*on observe dans la bronchite pseudo^membraneuse. (>Oe-ci ne se distingue de la précédente que par les caractères de l'expectoration, qui sont extrêmement remarquables. Les malades, en effet , après des quintes de toux plus ou moins répétées , et après avoir rejeté quelques crachats blancs ou anguinolents, expulsent des fausses membranes, les unes aplaties, rubanées; les autres tabulées, canaliculées, plus ou moins ramifiées, donnant quelquefois l'image d'une racine avec son chevelu. Ces fausses membranes n'ont parfois que quelques millimètres de long ; mais il en est qui ont jusqu'à 5 ou 6 centimètres, comme on ievmt dans des faits rapportés dans les Archives de 18^9, par M. le docteur Thore. Les malades sont généralement tous soulagés après cette expulsion ; mais les signes de suffocation et d'asphyxie reparaissent aussitôt que la fausse membrane s'est reproduite. Dans deux cas observés par MM. Barth et Cazeaux, l'auscultation, indépendamment des râles sibilant et ronflant , avait fait distinguer un petit brait dtioupape, qui se produisait probablement lorsque les fausses membranes, en partie détachées, flottaient dans l'arbre aérien.

U est inutile de dire que dans cette affection on n'observe aucun trouble du côté du larynx ; point de fausses membranes dans le pharynx, c'est-à-dire rien qui puisse bire croire à Teiistence d'un croup.

La bronchite pseudo-membraneuse a la même marche que la bronchite capil* faire. Elle lue de la même manière, c'est-à-dire par asphyxie ou par complication de pneumonie. Elle peut exister à l'état chronique. (Voir plus bas Bronchite chronique.)

Diagnostic, — Le diagnostic de la bronchite est presque toujours facile ; en effet, f ie caractère de la toux et de l'expectoration, la sonorité conservée de la poitrine et I b nature des râles secs et humides, ne permettront de la confondre avec aucune Mitre maladie aiguë de poitrine. La bronchite capillaire offre des caractères non moins tranchés, et Ton verra plus tard qu'il n'est pas possible de la confondre avec h coqueluche ni avec la pneumonie. On la distinguera aisément de la laryngite ttriduleusc, maladie presque apyrétique, qui détermine une suffocation arrivant paraccès ; en outre, dans celle-ci on ne trouve pas à l'auscultation les râles bruyants, ai i la percussion la sonorité d'emphysème qu'on obsene dans la bronchite capil-» laire. La bronchite pseudo-membraneuse, malgré l'oppression qui l'accompagne et le rejet des fausses membranes, ne pourra non plus être confondue avec le croup, en raison de l'absence de la respiration sifllante, de l'enrouement, de l'aphonie, de b toux et de la voix cronpales.

Pronostic, — Le pronostic de la bronchite capillaire est très grave, puisque cette oialadie emporte à peu près le sixième des adultes et les sept huitièmes des enfants qui en sont atteints. Chez ces derniers, pourtant, il ne faut pas oublier que b bronchite capillaire se complique fréquemment de pneumonie lobulaire, qui est one cause de nouveaux dangers. î-a bronchite pseudo- membraneuse est au moin*

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aussi grave que la précédente. L'inflammation simple des grosses bronches est, ai contraire, une affection bénigne dont Tissue est constamment heureuse, eicept< chez quelques vieillards, chez les très petits enfants, et généralement chez tou le sujets débilités. Souvent alors la mort arrive par asphyxie lorsque les mncoritéssé ci^tées en grande abondance ne peuvent plus être expulsées.

Étioiogie, — La bronchite est une maladie très commune; il est rare qu'on même individu n'en soit pas atteint plusieurs foîs dans le côtirs de son existeece. Plus fréquente pourtant aux deux extrêmes de la vie, elle parait être aussi {dos commune chez Thommc que chez la femme ( Louis et Rufz ), ce qui dépend probablement des conditions hygiéniques diiïérentes auxquelles les deux sexes son inégalement exposés. La prédisi)osition à la bronchite est d'autant plus grandi qu*on en a déjà été atteint un plus grand nombre de fois. Cette maladie survient dans la grande majorité des cas, d'une manière spontanée en apparence, et san: qu'on puisse saisir l'action d'aucune cause déterminante; mais assez souvent néanmoins, elle est consécutive à l'action du froid, soit 5 un refroidissement partiel de la tête ou des pieds, ou bien à des variations brusques de température; aussi la maladie est-elle plus fréquente dans l'hiver, au printemps et en automne. C'est dans ces saisons qu'on la voit quelquefois régner épidémiquement. Il est de bronchites qui sont symptomatiques; nous n'avons pas à nous en occuper Ici: a sont celles qu'on observe dans la rougeole et dans la fièvre typhoïde. On les voit son vent devenir capillaires.

Traitement, — Le traitement doit varier suivant l'intensité de la maladie. Si k bronchite est bénigne et tout àfaitapyrélique, il suffira que les malades observen une bonne hygiène ; ils useront avec avantage des boissons et des pâtes pcictorales C'est dans cette forme de la maladie que quelques personnes ont préconisé diven moyens pour faire avorter l'inflammation : ainsi Laënnec, d'accord en cela ave< le vulgaire, conseillait l'usage des spiritueux (vin^ punch, eau-de-vie) pris chauds de manière à exciter une forte diaphorèse ; d'autres ont employé les purgatifs doui et les révulâfs cutanés ; ces derniers moyens sont toujours utiles. Quant aux excitants diffusibles, il faut en restreindre l'emploi aux malades qui ne sont point pléthoriques, qui n'ont aucune phleginasie gastro-intestinale, ni aucune tendance I contracter une pneumonie. Il est d'ailleurs généralement prudent de s'abstenir d< ces moyens. M. Forget use en pareil cas d'une méthode plus sage ; il donne l'ophiD à dose modérée, et enlève ainsi souvent la maladie en peu de jonrs.

Si la bronchite est plus intense, si elle s'accompagne de fièvre, il faut prescrire ui repos absolu, la diète, les mêmes boissons douces que précédemment ; et si le pool est laii^e, la chaleur élevée, l'oppression forte, on devra pratiquer une et txâm plusieurs émissions sanguines. Il faut ordinairement préférer l'ouverture de la veint aux sangsues ; on y joindra l'emploi de pédiluves irritants et de purgatifs doux. Si l poitrine est douloureuse, on pourra appliquer avec avantage, au-devant du sternum, un cataplasme émoUient, qu'on recouvrira d'un tafl'etas ou d'une flanelle afin de prévenir son refroidissement Les vomitifs sont d'un usage fréquent dan la bronchite; on les emploie dans deux cas ; ou bien pour combattre des syroptôoit! bilieux, ou pour favoriser l'expectoration. Lorsqu'en effet, \ax une cause quelconque, les mucosités sont incomplètement expulsées et s'accumulent dans le bronches, l'émétique et l'ipécacuanha en provoquent l'expulsion pendant les wt oousses du vomissement. Ces substances ont en outre l'avantage d'exciter la dia* phorèse. Les vomitifs peuvent et doivent même être administrés dans la plupart d« cas» bien qu'aucan accident gastrique ne semble en réclamer l'emploi. C'est u

DE I.A BRONCHITE CHRONIQUE. 32.'i

oioyeiiqueM. Girard, de Marseille, a beaucoup préconisé dans les htonckitcs aiguës ifec Gètre {Archives de IBdS). La toux est un symptôme bien incommode, et qui exige des moyens spéciaux. On emploiera contre elle les pédiluvcs irritants, et Mitodl les préparations d*opinm en pilules ou en potion; enfm, dans les cas les plus rebelles, on essayera l*emploi d*an bain tiède un peu prolongé. Ce moyeu réassit surtout chez les enfants.

Lorsque tous les accidents aigus sont calmés; lorsque, les signes de congestion ayant cessé, la toux et Tcxpectoration persistent, on devra insister sur la médication réToIsiTe, c'est-à-dire sur les purgatifs, sur les sudorifiques en boissons, ou tpplîqaés à Textérieur, tels que les baitis de vapeur, les frictions sèches, aromati*^ qaes sur la peau, les emplâtres excitants, rubéfiants, vésicants, sur la poîtrîne (sparadrap, poix de Bourgogne, vésLcatoires). Les onctions avec Thuile de crotOD oo la pommade d*Autenrieth agiront de même. On associera à ces moyens Tusagc de quelques boissons légèrement excitantes, telles que le lichen, le lierre terrestre, l'bysope, le polygala, etc. Enfin, si la maladie a passé tout à fait 5 Tétat chronique, oa prescrira la série de moyens dont nous parlerons plus bas. . Dans la bronchite capillaire, on insistera sur la médication antiphlogistiqne et répulsive: cependant il faut hien éviter de trop prodiguer la saignée, dans la crainte d'épuiser les forces. D'ailleurs, si nous consultons notre propre observaliua, nous dirons que la saignée produit généralement un soulagement beaucoup iQoins prompt et moins marqué que ne le font les vomitifs, après l'emploi desquels les malades respirent presque toujours mieux. On devra donc les répéter plusieurs lois à quelques jours de distance : c'est une méthode dont M. Michel Lévy a constaté • Ici bons ciïets à l'hôpital du Val-de-Grâce, ainsi que cola résulte d'un travail pablîéen 18^5 dans h Gazette médicale^ par M. Chambert. La médication vomi« lire est aussi spécialement applicable aux cas de bronchite pseudo- membraneuse. Ls purgatifs sont beaucoup moins avantageux. Enfin, lorsque, nonobstant les moyens qui précèdent, l'oppression continue à faire des progrès, on pou ira quelqoefois conjurer le danger en appliquant un large vésicatoire sur la partie antérieure du thorax. Dans la seconde période , lorsqu'à la réation s*unit de l'accablettenC, il convient de soutenir les forces par quelques toniques , par le polygala, par les macérations de quinquina et par les boissons vineuses; en même temps on donnera les substances dont l'usage est consacré par l'expérience comme favorisant Texpectoration : tels sont , en particulier , l'oxymel scillitique et le kermès. Dans tous les cas, il faut, surtout chez les vieillards et les enfants, surveiller le déçubitos, et donner à ces malades, dans leur lit, la position la plus convenable pour f)Torîser l'expectoration; on les changera souvent de place, afin de prévenir les coogestions passives.

J>« la bfonehite ehroaîqae.

La bronchite est souvent chronique ; cette forme de la maladie est tantôt primitive et untôt elle est consécutive à l'état aigu.

Caractèret anaiomiques. — Les lésions , souvent , diffèrejit peu de celles qu'on rencontre dans la forme aiguë. Dans la bronchite chronique, pourtant, la muqueuse est conununément violacée, ardoisée : cette couleur est généralement partielle; elle existe uniformément sur une certaine surface , ou bien elle est irrégulièrement disséminée. Il est rare que la membrane soit ramollie, et elle ne l'art jamais, au point de se réduire en pulpe par la pression du doigt« comme on \a^

Z2U DES INFLAMàlATIOKS.

si fréquemment pour la muqueuse gastro-intestinale. C'est à tort que quelques auteurs ont signalé les ulcérations comme étant un caractère anatomiqne assez fréquent de la bronchite chronique. Les recherches des médecins français , celles de MM. Louis et Andral surtout, ont, en effet, démontré que les ulcérations des bronches étaient excessivement rares en dehors de l-affection tuberculea.He. On voit, au contraire, quelquefois la muqueuse chroniquement enflammée sabir uo épaississement assez considérable pour rétrécir ou même oblitérer tout à faille calibre des petites ramifications; on y a même tu des concrétions pseado-membraneuses s*y former comme à l'état aigu. Enfin , il est une autre altération qui coïncide fréquemment avec la bronchite chronique : je yeux parler de la dilatation des bronches et de l'emphysème pulmonaire. Nous eu parlerons dans le second volume.

Symptômes, — Dans la bronchite chronique , il n'existe communément aucune douleur de poitrine; quelquefois pourtant les malades éprouvent à l'éplgastre et derrière le sternum un sentiment de gône , de chaleur ou de pression qui esl permanent , ou qui ne se réveille passagèrement qu'après les quintes de toux. La respiration n'est pas ordinairement accélérée , du moins lorsque les malades sont au repos ; cependant quelques uns ont une dyspnée habituelle , qui augmente par l'exercice, et qui peut quelquefois se montrer sous forme d'accès. La bronchite chronique peut produire, en eiïet, la série d'accidents qui caractérisent les accès d'asthme : c'est ce qu'on observe spécialement dans les cas où la membrane muqueuse des bronches est épaissie dans une grande étendue. On a encore supposé que ces mêmes accidents pouvaient résulter d'une congestion subite de h muqueuse ou de l'obstruction des rameaux bronchiques par des mucosités. Quoiqu'il en soit, dans ces cas, la dyspnée , survenant presque subitement, arrive rapidement à son plus haut degré d'intensité; elle disparait ordinairement après une expulsion abondante de crachats , et ne laisse après elle d'autres troubles dans les fonctions respiratoires que ceux qui résultent de la broncliite elle-même.

La toux et l'expectoration sont les deux symptômes dominants de la bronchite chronique. La toux est rare ou fréquente ; dans ce dernier cas , elle a lien par quintes. L'expectoration est facile ou difficile, rare ou abondante; les matières rejetées sont très variables : elles peuvent être grisâtres, jaunâtres, verdâtres, opaques , ou d'un blanc mat, ou tout à fait purulentes ; elles adhèrent au fond dn vase {cafatThe muqueux) ; ailleurs c'est un liquide incolore, transparent, filant, spumeux à la surface, et qui, lorsqu'on a enlevé cette écume, ressemble à du bhiK d'œuf délayé dans de l'eau {catarrhe pituiteux). Mais cette espèce d'cxpecloratîoB caractérise bien moins la bronchite chronique qu'un flux particulier des bronches, dont nous parlerons plus tard en détail (voir Bronchorrliée), La quantité descn* chats varie beaucoup; le plus souvent elle est de ^0 à 60 grammes; mais elle s'élève quelquefois à plus de 1 kilogramme, et, dans ce cas, il est fréquent de voir les malades rejeter les crachats en grande quantité à la fois, comme si une Tomiqae s*était ouverte dans les bronches ; enfin, d'autres fois, au contraire, il n'y a point d'expectoration, ou du moins les malades ne rejettent, dans les vingt-quatre heures, que quelques crachats globuleux, nacrés, d'un gris de perle et de consistance d'empois (c'est le catarrhe sec de Laennec),

J'ai dit précédemment que la bronchite pseudo-membraneuse pouvait exister i l'état chronique. Chez les individus atteints de ceUc forme de bronchite , on fdH les malades habitueUement toussant devenir de temps en temps plus souffrants, et rejeter au milieu d*une anxiété plus ou moins vive et apK^ des quintes répétées»

DE Là DRONGUITE CHRONIQUE. 325

et fMurfQK aussi saiis beaucoup de difficulté, des fausses metnbraues lubulées môlécs à Qoeplos où moins grande quantité de crachats ordinaires. En 1851, MM. Trousseau et Barthez ont rapporté à la Société médicale des hôpitaux deux exemples de cette affedtîon fort remarquable. Mais c'est ià de toutes les formes de bronchite cfarooiqae celle qui est I9 plus rarement observée.

Quelle que soit d'ailleurs l'espèce de bronchite, l'expectoration offre de nombreuses différences chez le même individu : c'est ainsi qu'elle devient plus abondante dans les temps humides ou après un refroidissement , après l'usage de certains aliments , et généralement après tontes les causes capables d'augmenter la congestion de la membrane muqueuse des bronches.

Dans h bronchite chronique, la sonorité du thorax est nonnale, et à l'ausculta-^ tion on constate l'existence des râles ronflant , sibilant , mnqueux et sous-crépitant de l'état aigu. Les deux premiers existent souvent dans tonte l'étendue des poumons, tandis que les deux autres, le dernier surtout, ne se retrouvent guère qu'en arrière 2i la base de ces organes. En général , la bronchite chronique simple ne l'accompagne pas de fièvre ni d'aucun trouble grave du côté des fonctions diges< tives et assîmilatrices. Cependant, si la sécrétion bronchique est considérable, et si la moqueuse est engorgée dans une grande étendue , il peut y avoir un peu' d'amaigrissement : celui-ci dépend souvent aussi du trouble concomitant des fonctions dig^tives.

Marche, durée, terminaisons. — La bronchite chronique persiste, en général, d'nne manière continue ou avec des exacerbations pendant plusieurs mois. Si elle nait au commencement de l'hiver, il est rare qu'elle cesse complètement avant les chaleunde l'été; elle reparait souvent après les premiers froids; sa durée, par conséquent, n'a rien de fixe. Cette maladie peut se terminer par résolution ; celle-ci est quelquefois hâtée par le passage de la phlegmasie à l'état aigu : cependant, chez les vi^llards, cette recrudescence annonce souvent le début d'une pneumonie. Enâo» il parait que quelquefois la mort a été produite par l'épuisement seul qu'entraîne toute sécrétion exagérée. Toutefois, lorsque la bronchite chronique tue , il ot très rare qu'il o*y ait pas quelque grave altération , qui à elle seule peut expliqoer la mort, ou qui du moins a dû en rapprocher le terme : tels sont surtout les tubercules pulmonaires et les maladies dn cœur. £nûn , il arrive fréquemment que tous les signes anatomiques de l'inflammation cessant , la muqueuse reprend alors sa couleur, sa consistance et son épaisseur; mais, nonobstant cela, l'expectoration oontinne à être tout aussi abondante que par le passé ; la maladie a alors évidemment changé de nature. On ne doit plus voir ici qu'une simple modification, qu'une perversion de la sécrétion qui a eu pour point de départ l'inflammation , mais qui continue ensuite, quoique celle-ci ait disparu. Il est à supposer que la membrane a subi alors une modification toute vitale, et par conséquent insaisissable.

Diagnoitic. — Le diagnostic différentiel de la bronchite chroniqiie sera étudie avec soin aux articles AroncAorrAee et Phthisie pulmonaire , qui sont les seules alèctions avec lesquelles on pourrait la confondre. Nous déterminerons aussi aux articles consacrés à la dilatation des bronches et à V emphysème pulmonaire, mah* dies qui se compliquent le plus souvent de bronchite , quels sont les symptômes propres à ces affections et ceux qui dépendent delà phlegmasie bronchique.

Pronostic. — Le pronostic n'est grave que chez les vieillards et chez les sujets aKiiblis. Dans tous les cas , la bronchite chronique constitue une affection incommode, souvent dégoûtante, très rebelle à la thérapeutique, sujette aux récidives, et pouvant produire, ou tout au moins favoriser le développement de diverse^ d^M"

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organiques, comme les snévrbmes du coeur et la dilatation des brondMS, linai que celle des vésicules puluK)oaires. L'accumulatioo des mucosités dans les bioochet et les efforts répétés de toux expliquent pourquoi les tuyaux aéneas se dihtmit L'aggravation ou le développement des anévrismes cardiaques trouve sa raison probable dans les troubles circulatoires du poumon, par suite de rengoaementdes bronches , et par suite aussi des quintes de toux pendant lesqueHes quelques malades sont presque cyanoses. Quant aux tubercules» qu*on a regardés comme nne smte fréquente de la bronchite , nous prouverons plus tard qu'ils en sont ooroplétement indépendants.

Etiologie, — La bronchite chronique se montre à tous les âges , mais elle affecte surtout les vieillards ; elle est rare dans Fenfance. Les sujets d'une constkutiou molle , lymphatique , ceux qui habitent les lieux humides ou qui sont exposés aux variations atmosphériques , y sont davantage prédisposés. Chez les eniants, la maladie est souvent consécutive à la coqueluche.

Traitement, — Comme dans toutes les autres affections, le traitement de la bronchite chronique doit varier suivant l'état général et l'état local. Il est fort rare qoe la médication anliphlogistiquc soit indiquée ; il serait utile pourtant d'y recourir si le sujet était fort et si la dyspnée était permanente. Les révulsifesont, au contraire, toujours avantageux. On prescrira d'abord l'usage de la flanelle sur la poitrioe et même sur tout le corps; on fera des frictions sèches, aromatiquet, sur k thorax; on y appliquera des croplûtres rubéfiants et même vésicants (poix de Bourgogne, vésicatoires) ; ou des pommades irritantes avec l'émétique, etc. ; on excitera une forte diaphorèse à l'aide des bains de vapeur ; enfin, si l'état des organes digestifs le permet, on administrera quelques laxatifs, et si le sujet est Caibie od donnera la préférence aux préparations qui, comme la rhubarbe, jouissent en même temps de propriétés toniques. Laënnec a également préconisé les vomitifs, répétés autant que le permettent les forces des sujets et la manière dont on les supporte. Les Anglais préfèrent lecolchique, qui agita la fois comme drastique et compoediurétiquc.

Les praticiens sont d'accord pour rcconunander , dans la bronchite chronique, l'emploi des substances amères et aromatiques en tisanes, potions, tablettes, etc. : tels sont le lichen, le lierre terrestre , l'hysope , le polygala , le quinquina , Teande goudron, la térébenthine, le copahu, les baumes du Pérou, de la Mecque, de Toln; ajoutons-y les eaux sulfureuses naturelles d'Enghien, d'Âix, de Bonnes, de Cauterets, de Baréges, de Luchon, prises en boissons et en bains; il en est de même des eaux du Mont*Dore, dont Futilité est aussi reconnue. Pour lesindividas qui ne peuvent se déplacer, on oonseillera les eaux artificielles, et mieux eneore les bains sulfureux composés avec 100 à 150 grammes de sulfure de potasse, etqoi agissent non seulement par une sorte de révulsion sur la peau, mais aussi par ks vapeurs soufrées que l'inspiration met en contact avec les voies aériennes.

On a essayé , en effet , de modifier l'état de la mpqueuse bronchique avec des médicaments plus ou moins volatils, et capables d'agir localement sur les parties malades : telles sont les fumigations de goudron , de créosote , d'iode , de chlore, faites à l'aide de certains appareils , ou en dégageant les vapeurs dans de petiies pièces où les malades séjournent pendant plus ou moins longtemps. Il y a quelques années on a préconisé également les aspirations ammoniacales, tantôt en faisaot passer rapidement sous le nez et devant la bouche un flacon débouché contenant de l'ammoniaque liquide, tantôt en mettant, chose préférable, deux cuillerées I café de cette substance dans un verre d'eau chaude dont on respire les vapeurfe.

Mais, quoi (|u'on fosse, ces moyens restent souvent sans utilité réelle, parce qu'il

DE Là GKIPPE. W

Ml diflBcile , en effet, de modilier Télat de la muqueuse. broochiquc Ifis nioycns hjpéoiques ont une bien autre puissance. Combien de bronchites chroniques qui se modifient heureusement et de la manière la plus prompte par le passage dans on climat plus doux ! Quelquefois même il suffit , sous la même latitude » de iairc émîgrer le malade d'up lieu dans u» autre, de renvoyer ï la campagne, par exemple, on de lui faire quitter la plaine pour les montagnes , pour voir cesser promptement les accidents de la bronchite.

U est des symptômes qui réclament certains moyens spéciaux : ainsi, quand les quintes de toux sont trop fréquentes, on les calmera souvent par remploi des narcotiques, et surtout de l'opium en pilules. Si les crachats sont difficilement expect Nfés, et si, s'accumulant dans les bronches, ils menacent de produire des accidents, 03 conseillera les vomitifs, et surtout Tipécacuanba, qu'on pourra donner de mauière k provoquer des vomissements, ou bien à doses fractionnées, pour entretenir des nausées continuelles. Dans les cas dont je parle, on emploie encore avec avantage le kennès et l'oxymel scillitique. Lorsque la difficulté de l'expectoration tient k U viscosité excessive des crachats , qui sont en môme temps en petite quantité [crachais perlés) t tels enûn qu'on les observe dans la variété de bronchite que laSnnec a désignée sous le nom de catarrhe sec , on pourra , à Texempld 4e cet illustre médeciu, essayer l'usage des alcalins, tels que le savon amygdalin en pilules, les bains au carbonate de potasse , l'eau de Vichy, etc. Leç moyens précédemment indiqués , en modiGant l'état de la muqueuse , pourront diminuer aussi l'abondance de la sécrétion catarrhale. Si néanmoins celle-ci persistait toujours aussi (opiense; ai elle résistait aux divers modiGcateurs précédemment énumérés; si l'osage des astringents, comme le ralhania, le tannin, restait sans effets, on pourrait essayer un moj'en qui pourtant ne m'inspire aucune confiance, mais qui aurait plusieurs fois réussi à M. Piorry : il consiste dans la privation des boissons la plus complète possible.

De 1« grippe.

STMMnnai. — Catarrhe é|)iddiiii<|ii«, cocole, inOiienau, etc. Grippe Timt, dit*oo, di» polooaii ehiypàm, fui il|pi8« «nroueinaut.

La grippe est une maladie caractérisée par le coryxa et les symptômes ordinaires d*ane bronchite peu intense, avec fièvre, céphalalgie, brisement, courbature, et un albitsement remarquable qui n'est en rapport ni avec les souff^rances ni avec les kwMis locales qu'on observe.

HiMorique. — Un médecin aussi distingué par le, talent que par le caractère, M. Riige-l>ek>rme , a, dans le tome X du Dictionnaire de médecine^ inséré un Htkle extrêmement remarquable sur la grippe, et il a démontré qu'il n'y avait ancuo document prouvant l'existence de la maladie avant le xv* siècle ; les prenièret descriptions ne datent même guère que de 1580. Depuis cette époque, la grippe s'est montrée de temps en temps sur diverses parties du globe. Toutes les épidémies qu'on a décrites ont été remarquables par le grand nombre d'individus ^'ellet ont frappés et par l'étendue de pays qu'elles ont parcourue. La grippe ne l'éUiC pas montrée en France depuis 1803, lorsqu'elle apparut en 1830, revint tt 1833» 'sévit de nouveau en 1837, et plusieurs fois encore depuis cette époque.

Anaiomie pathologique. — 1^ grippe ne tuant les malades que par ses couiplieatioas, on n'a presque aucune notion sur les lésions propres à la maladie ; on ^y^. feolement qu'4 l'autopsie on trouve conununéraent les muqueuses des fosses ni.

sales» du pbarynx et du larynx, rouges, injectées, boursouflées; ((ue la tnème altération se prolonge souvent bien avant dans les bronches, où M. Nonat et d'antres ont trouvé plusieurs fois des pseudo-membranes; niais presque toujours alors il existait une pneumonie simple ou double , qui est la lésion concomitante de la grippe la plus fréquente, et celle qui fait périr le plus grand nombre de malades.

Symptômes, — Dès le début, les malades se plaignent de malaise; ils sont acca* blés, courbaturés; ils éprouvent des douleurs contusives dans les membres, dans la poitrine et à Tépigastre ; ils ont une céphalalgie violente, quelquefois atroce, tantôt générale, le plus souvent limitée au front, avec vertiges et bourdonnements d'oreilles; ils ont fréquemment des épistaxis. Leur figure exprime la souffrance; leurs forces, toujours prostrées, le sont quelquefois à un degré extrême, de sorte qu'on croirait les malades atteints de quelque affection grave commençante : beaucoup ont même des lipothymies. La fièvre, variable, tantôt violente, tantôt légère, pouvant même manquer, a généralement une intensité médiocre; elle offre souvent des redoublements le soir : aussi les nuils sont agitées et pénibles. Le sang tiré des veines n*a pas toujours le même aspect. Ainsi le caillot est parfois asseï dense et conenneux ; d'autres fois il est mou et presque diffluent : c'est ce qu'on a noté surtout dans la grippe de 1837. En même temps il existe constamment des signes de phlegtnasies du côté de quelques membranes muqueuses : ainsi il y a de Tenchifrènement ; Todorat est perdu; un fluide séreux s'éCoule en abondance des narines (coryza) ; les yeux sont rouges, lannoyants, un peu tuméfiés et supportent difficilement l'impression de la lumière. Beaucoup de malades accusent un léger mal de gorge ; presque tous ont la voix rauquc, éprouvent un chatouillement à la partie supérieure du larynx , et un scnthnent d'ardeur et de chaleur derrière le sternum; la toux est plus ou moins fréquente, quinteusc, toujours très pénible, très douloureuse, d'abord sèche, mais provoquant plus tard l'expulsion de crachats muqueux plus ou moins abondants. La poitrine est sonore à la percussion ; le plus ordinairement on constate la présence de quelques râles sibilant, ronflant, sous** crépitant ou muqueux. Il existe aussi de la dyspnée et un sentiment d'oppression, symptômes qui ne sont nullement en rapport avec les résultats fournis par Vexl'i^ration physique. Lès troubles du côté des organes digestifs sont très variables ; il n'y a souvent d'autre phénomène qu'un peu d'inappétence. Dans beaucoup d'épidémies, il existait presque toujours des nausées, des vomissements on de la diarrhée.

La plupart des symptômes précédents peuvent exister ensemble à un degré médiocre ; ailleurs, au contraire, quelques uns d'eux manquent ou sont à peine marqués, tandis que plusieurs prédominent et donnent à la maladie une physionomie spéciale : c'est ainsi que, suivant le caractère de l'épidémie ou les prédisposition individuelles, on voit prédominer dans un cas les symptômes neneux, dansd^autres ce sont les troubles abdominaux ; ailleurs ce sont les accidents thoraciques : de b la division de la grippe en encéphalique , abdominale , pectorale, qui a été proposée par quelques médecins modernes.

Marche, durée, terminaisons, — Le plus souvent la grippe suit une marche continue et rapide. Dans son état de simplicité, elle dure de quatre à dix jours, et se juge souvent |)ar des phénomènes critiques, surtout par des sueuns abondantes, quelquefois par de la diarrhée, par des urines si'îdiinenlenses, par une épistaxis oa un herpès aux lèvi-cs. La plupart di^s malades restent ))ondant quelque temps encore faibles et toussant, car la longueur de la convalescence n'est pas en rapport avec celle de la maladie. 11 n'est pas rare, en effet, de voir des individus se rétablir

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