‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 78 sur 148 · DE LA PNEUMONIE · texte numérisé non relu

DE LA PNEUMONIE

l'anscollalkm de la poitrine fait constater l'existence de tous les signes caractéristiipMs d'une excaration pulmonaire qui communique avec les bronches, c'est-àdire le gargouillement , la respiration caverneuse et la pectoriloquie ; phénomènes que nom étudierons en détail quand nous traiterons des tubercules des poumons. Si Tabcèsest superficiel, il pourrait s'ouvrir dans le péricarde et la plèvre, et, . dans ce dernier cas , il donnerait lieu à une pleurésie suraiguê et à un hydropnenmotboni. On a encore dit que les abcès des poumons pouvaient s'ouvrir à rextè* rîeor à tFavers les parois thoraciques ; cependant aucun des faits qu'on a. rapportés ne démontre cette possibilité. Dans presque tous les cas, les signes stéthoscopiques oofocident avec des symptômes généraux graves : aussi la plupart des malades su6oombent-ils aux progrès de la pneumonie, ou aux accidents qu'entraîne la fièvre hectique , qui elle-même est l'eiïet de la suppuration abondante qui se fait dans le poumon. Qudques faits autorisent à penser que les abcès pulmonaires sont sus-* œptiUes de se terminer favorablement.

La gangrène est un accident excessivement rare dans le cours de la pneumonie, quelles que soient d'ailleurs les conditions dans lesquelles celle-ci survient Dans Ums les cas, la gangrène a paru indépendante de l'intensité de la phlegmasie. Elle K déclaré probablement par suite de quelque condition accidentelle, mais quMl est presque toujours impossible de déterminer. Quoi qu'il en soit , le développement de h gangrène est annoncé par une expectoration noirâtre , brune , grise ou verdStre, qoi exhale , ainsi que l'haleine des malades , une odeur infecte , pénétrante et tOQt 3k fait caractéristique. Enfin, on voit se déclarer concurremment des symptômes ataxiquès et adynamiques.

Le passage de la pneumonie h l'état chronique est le mode de terminaison le phis rare : je ne l'ai encore observé qu'une fois. Dans ces cas, on voit l'amaigrislement faire de continuels progrès ; la toux persiste ; la percussion donne un son complètement mat, et à l'auscultation on entend le souffle et la bronchophonie qui accompagnent les hépatisations rouge et grise. Dans quelques cas observés par IM. Monneret, Macquet, Hardy et Béhier, le souffle avait un caractère très kniyint et se rapprochait du souffle caverneux ou amphorique , ce qui dépendait peut-être de la présence dans les parties indurées d'une bronche volumineuse et aperfiddlement placée. Rarement il y a des râles, excepté des râles muqueux, et sH existe beaucoup de mucosités exhalées dans les bronches, on peut entendre un gargOQiUement qui pourrait en imposer sur la nature de la lésion , et faire croire 4 TexisteDce d'une vaste excavation tuberculeuse. Dans quelques cas pourtant l'auscultatk» ne révèle l'existence d'aucun bruit, soit normal, soit morbide; on n'observe alors que les signes physiques qui accompagnent certains épanchements chroniques des pierres, c'est-à-dire la matité et l'absence de toute espèce de bruit pendant finspiraiion et l'expiration. M. Requin et moi avons observé deux faits de ce genre. L'induration chronique peut se résoudre; mais ce travail s'opère toujours avec ■M eicessive lenteur. Dans le plus grand nombre des cas, les malades succombent avec la plupart des symptômes de la fièvre hectique.

Ccmplieations. — La pneumonie se complique fréquemment de diverses maladies ayant leur siège dans la poitrine, le ventre ou les centres nerveux. Du côté de b poitrine , ce sont surtout la bronchite et la pleurésie : dans le premier cas , il existe des râles sibilant et ronflant , et une expectoration muqueuse mêlée à des crachats rouilles. Nous parlerons ailleurs de la complication pleurétique (voir Pieurétie). Les complications cardiaques ne sont pas très rares : ce sont la péricardite, et quelquefois aussi l'endocardite , mais plus souvent encore , ainsi que l'ai dfeuMi^

IA2 DS9 INFLAMM^TIOliS.

tré M. Bouillaud, on voit s'organiser des caillots fibrineux dans 1» cavités , ce qni obscurcit , voile , enroue les bruits naturels du cceur , et peut aussi produire qodquefois des bruits morbides. Enfin , ou cite quelques cas où h phlegmaûe pubiMinaire s'est compliquée d'une inflammation de l'aorte, ou seulement de la fonnatioD de caillots fibrineux dans sa cavité. 11 n'est pas encore prouvé que les compUca-' lions cardiaques soient plus fréquentes dans la pneumonie gauche, et qu'elles . résultent de l'irradiation ou de la propagation de l'inflammation du poumon aux jenveloppes du cœur ou à ce viscùre lui-même et aui gros vaisseaux qui en psrtenL

Si l'on excepte la fièvre jaune et les affections des voies biliaires , il n'est aucune maladie aiguë qui s'accompagne aussi souvent d'ictère que la pneumonie. Cette complication se remarque , en effet , dans un treizième des cas environ. Cet accident est beaucoup plus commun dans les pneumonies droites ; mais il n'est pai aussi certain qu'on le dit qqc la phlcgmasic du lobe inférieur y prédispose beaucoup plus que celle du lobe supérieur. Cette question , pour nous , reste encore indécise. Il n'existe aucune explication rationnelle sur la manière dont la pneumonie agit pour produire l'ictère. Les recherches cadavériques prouvent d'ailleurs que la jaunisse ne se lie à aucune altération matérielle du tissu du foie.

Le délire est une complication très commune do la pneumonie , puisque la proportion des cas où on l'observe varie entre un huitième et un onzième. Je l'ai trouvé plus commun chez l'homme que chez la femme , et chez les sujets âgés de plus de quarante ans. Knfin, le délire est anssi fréquent dans la pneumonie des vieillards qu'il est rare dans celle des enfants. L'inflammation du lobe supérieur ne parait pas s'accompagner plus souvent du trouble des facultés intellectuelles qoe celle qui occupe les autres parties de Torganc , tandis que le délire se renconlrc sur le quart environ des sujets adultes atteints de pneumonie double. Cet accideat reconnaît difl'érentes causes : il est quelquefois Teffet d'une phlegmasie des méninges; d'autres fois, survenant dès le commencement de la maladie ou i sa période d'augment, il en suit les variations , et semble résulter alors de la violence de l'affection. Une troisième variété est celle qui survient dans la forme dite typhoïde ou ataxique de la maladie , et qui semble se lier peut-être bien moins à la phlegmasie pulmonaire qu*à un état générai grave. Enfin , une des formes les plus fréquentes du délire est celle qu'on ol)scn'e chez les ivrognes ou ebez les individus qui prennent chaque jour une grande quantité de boissons akooHquei, qu'on supprime tout à coup. Chez ces derniers , le délire se présente le plus aouvent avec les caractères propres au delirium tremens, (Voir ce mot)

Formée de la pneumonie. — Si la pneumonie se complique de cet ensemble de symptômes conims sous les noms à' état bilieux ou gastrique , on dit qu'elle est èilieuêe. Cette forme, fréquente dans le milieu du dernier siècle , pendant leqod elle régna souvent épidémiquement , est rare aujourd'hui, où on ne rohaerva guère que sporadiquement. La forme dite typhoïde^ ataxique^ maligne^ est plus commune dans ce climat; elle est caractérisée par l'ensemble desymptômei généraux graves qu'on observe dans les fièvres typhoïdes. Comme dans celles-d« on voit tantôt, pour symptômes prédominants, une prostration extrême des forces, l'état fuligineux de la langue et des dents (pneumonie adynamique) ; d'autres fois h maladie se révèle par des symptômesi ataxiques, tels que le délire, les convulsions, les soubresauts , les conir^ciures {pneumonie ataxique). La première est plus commuqe diei les vieillards ; la seconde , au contraire , affecte de préférence lei sujets jeunes et les ivrognes. U gravité des symptômes typhoïdes n'a ancun rapport constant avitc Téteiidue de la phlegmasie.

M |,A FNSUMONiB. Sàl

it «dmectiv encQi^ une pneumonie iniermitiente » dam laquelle lea sympropres de la phlegmasie, snbordonués à Tétat fébrile, sukent la même que ce dernier, c'est-à-dire qu'ils naissent, s'accroissent, cessent ou du iminuent en même temps que lui. La pneumonie constitue alors une forme de fièvre intermittente pernicieuse; elle a le type quotidien on tierce. H lin que , dans Tapyrexie qui suit les premiers accès , les symptômes locaui, la douleur de côté , les crachats rouilles , et la crépitation elle-même , cesser complètement pour reparaître dans l'accès suivant Mais ï mesure ix^ci se répètent , la pneumonie finit par atteindre le deuxième degré, jon est alors permanente ; les symptômes qui l'accompagnent sont contiis ils éprouvent une exacerbation régulière. La pneumonie est alors devenue lit.

une forme de pneumonie presque spéciale à l'enfance , que nous avons \ lobulaire^ mamelonnée, et qui est anatomiqnement caractérisée par des d'hépatisation , disséminés en plus ou moins grand nombre dans l'un et lonmon. Celte pneumonie est toujours consécutive à une phlegmasie des s , surtout à la bi-oncliite capillaire. La période catarrhale dure plusieurs plusieurs semaines; puis les symptômes s'aggravent tout à coup, la fièvre î, ainsi que roppresslon ; les râles sibilants et sous-crépitants sont plus s, plus nombreux, plus mobiles ; la percussion est sonore partout, les cranoi visqueux et blanchâtres; enfin la mort sunient après une agonie , et le plus souvent avec les symptômes d'une asphyxie lente. Dans l'imnajoriié des cas, Fclément catarrhal est tellement prédominant, qu'il complètement les signes physiques qui dépendent de raltération pnlmo- ^ndant, loi-squc les râles secs sont beaucoup moins bruyants, ou lorssseiit momentanément, et que les noyaux indurés sont placés superficieU on distingue souvent un râle crépitant ou sous -crépitant nùn mobile , nit par coexister avec une respiration rude, et parfois même avec un peu le pendant rins|)iration , ou tout au moins pendant l'expiration. Cependant eaque impossible de diagnostiquer la pneumonie lobulaire; on ne peut que mner lorsque , dans le cours d'une bronchite , on voit la fièvre , l'anxiété, ûon augmenter tout d'un coup, les crachats prendre plus de viscosité et I s'altérer. Il est inutile de dire que si plusieurs noyaux venaient à se on pourrait constater les signes physiques propres aux hépaUsations ordi^ î'est-à-dire le souffle et la matité. ||

leumonie lobulaire est la seule forme de l'inflammation des poumons qui 1

B nom de latente, expression par laqueUe les anciens désignaient toutes les nies qui ne se révélaient ni par la douleur de côté, ni par les crachats. Mais 'hui, pour qu'une pneumonie soit latente, il faut en outre que l'auscultation rcnssion ne fournissent que des résultats négatifs : or les cas de ce genre «asivement rares.

ne nous le verrons à l'étiologie, la pneumonie est une des complications fréquentes des autres maladies; on dit alors qu'eUe est $econdaire, corné' a ifgmptomatique : on conçoit qu'elle doit éprouver ici dans ses symptômes la marche des modifications très importantes à connaître. Mais leurénuméevant nous entraîner trop loin , nous renvoyons le lecteur à notre Traité^ Httt important de pratique a été longuement étudié aux pages 19ft, 28&«

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