‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 83 sur 148 · DE LA PLEURÉSIE AIGUË · texte numérisé non relu

DE LA PLEURÉSIE AIGUË

)*égopbooie ; car j*ai prouvé (p. 508 de mon Traité) que ce signe se rencontrait quelquefois dans les indurations pulmonaires simples. Il faut savoir en outre qu'il est des individus, les vieilles femmes surtout, dont la voix naturellement tremblante et aigre, produit, lorsqu'on ausculte la poitrine , le phénomène de Fégophopie. Pour que ce signe ait de la valeur, il faudra qu'il coïncide avec de la matité. Nous avons dit aussi que parfois il est susceptible de se modifier et de se déplacer par les positions imprimées au cor|)s. Nous avons vu déjà que la respiration bronchique etquclabronchophonie pouvaient être aussi bien TefTet d'un épanchement que d'une bépatisation. Cependant, comme ce signe est presque constant dans la pneumonie, et qu'il manqnc dans beaucoup de pleurésies, on devra, toutes les fois qu'il existe, redoubler d'attention, et rechercher avec le plus grand soin si le ti&iu (Hilmooaîre lui-même ne serait pas induré.

Les épancbements pleurétiques dilTus ou circonscrits, qui se sont vidés au dehors à travers le parenchyme pulmonaire, sont souvent confondus avec les abcès formés dans le poumon. Pour arriver alors au diagnostic différentiel , il faudra comparer la marche des affections, et voir surtout la différence qui existe entre les symplo* mes qui sont communs à l'une et à l'autre. Ainsi la quantité de pus évacué n'est pas la même dans les deux cas ; car, dans les abcès , il est rare qu'elle s'élève à 200 grammes, tandis que dans la pleurésie elle est deux ou trois fois plus abondante. Dans les premiers aussi , le pus est communément é|)ais, pblegmoneux , homogène, tandis qu'il est séreux, floconneux dans la seconde, et exhale le plus souvent alors une odeur fétide ou alliacée. Il est inutile de dire qu'il n'existe aucuu s^e pour reconnaître la nature du liquide épanché dans la plèvre. Tout ce que Laênnec a dit, comme pouvant caractériser la pleurésie liémorrhagique , n'a pas été confirmé par l'observation.

Pronostic, — La pleurésie simple, dit M. Louis, survenant chez un sujet bien portant, se termine presque toujours par la guérison. Il faut en excepter la pleurésie double, lorsqu'elle est très étendue, et la pleurésie diaphragaiatique , que nous avons vue avoir quelquefois une issue funeste. La gravité du pronostic se mesure surtout sur l'intensité de la fièvre et de la dyspnée, et sur l'abondance et le siège de l'épanchemenL Toutes choses égales d'ailleurs, nous avons vu que la ideurésie gauche était plus grave que la droite par l'extension plus facile de la pbleginasie au péricarde, et surtout parce que, dans le cas où l'épanchement est assez vaste pour déplacer et comprimer le cœur, la mort, ainsi que nous l'avons déjà dit, i)eut arriver brusquement par syncope.

Étioiogie. — La pleurésie, rare dans la première année de l'existence, rare aussi chez les vieillards, se rencontre le plus communément dans la jeunesse et à la période moyenne de la vie. Elle nous paraît être plus fréquente chez l'homme et siéger aussi un |)eu plus souvent à droite qu'à gauche, mais cela dans une proportion beaucoup moindre que la pneumonie. L'influence des constitutions est encore inconnue. Comme la plupart des maladies aiguës , la pleurésie survient ordinairement sans le concours d'aucune cause déterminante appréciable. £llc a quelquefois succédé à une contusion; plus souvent elle est consécutive à l'impression du froid. Enfîn, l'inflammation de la plèvre se déclare souvent comme maladit; secondaire dans le cours de diverses affections : ainsi elle vient compliquer, surtout parmi les affections aiguës, la pneumonie, la péritonite puer{)érale, l'infection purulente, le rhumatisme articulaire fébrile et la pleurodynie. Pour les maladies chroniques^ on la rencontre spécialement dans la phthisie pulmonaire, dans Talbuminurie et dans les affections organiques du cœur.

S6d t>Ëâ INrLAMUATlOKS.

Traitement, — Le traitement antiphlogîstique, dont Ténergiesera proportionnée à retendue de la maladie et à Tintensité de la fièvre , est le seal qa*il convienne d*employer au début de raiïection. Des faits nombreux ont, au contraire, démontré le peu d'utilité de la médication contro - stimulante «hrec Yémétique à haute dose. Los saignées générales seront avantageusement combinées avec les saignées locales, sangsues ou ventouses. En même temps les malades observeront un repos absolu ; ils seront soumis à une diète sévère et à Tusage de boissons délayantes. On pourra , surtout chez les enfants, employer avec avantage de larges cataplasmes émoUients sur la poitrine , car ils modèrent en général la doaleur et l'oppression; enfin, on entretiendra la liberté du ventre par des lavements et des laxatifs doux. Comme pour la pneumonie, ou a vanté l'emploi du calomcl seul ou uni à l'opium. On a parfois poussé les doses jusqu'à salivation ; mais ce traitement ne convient que dans ces pleurésies graves contre lesquelles ont échoué des moyens plus rationnels et qui offrent moins d'inconvénients. A Tétat aigu, il est quelques symptômes contre lesquels il faudra diriger une médication spéciale : ainsi une douleur de côté trop vive et une toux opiniâtre indiquent l'emploi des préparations opiacées.

Lorsque la fièvre est tombée, et que, nonobstant cette amélioration, l'épanché^ ment reste stationnaire, on devra essayer d'en provoquer la résorption en excitant la plupart des sécrétions naturelles. Ca'estdans ce but qu'il convient d'administrer les diurétiques : tels sont la poudre de digitale, de 5 à 80 centigrammes; le nitre, à la dose de 1 à 10 grammes; l'acétate de potasse, dont on donné de 10 à 60 gram* mes; mais ces médicaments pris à doses élevées agissent en outre dans ces cas comme contro-stimulants. On donne encore les purgatifs salins et hydragogues et quelques sudorifiques, parmi lesquels les bains de vapeur sont les plus énergiques. Presque toujours alors on applique sur le côté du thorax, siège de l'épanchement, un ou plusieurs vésicatoires volants ou à demeure, moyen très eCBcace; mais il ne faut pas craindre de les mettre très larges. Il faut qu'ils soient en rapport avec l'étendue et l'abondance de l'épanchement. Lorsque les vésicatoires échouent et que la maladie se prolonge , on aura recours au traitement que nous exposerons bientôt en parlant de la pleurésie chronique. Il arrive enfin quelquefois que TépaDchement, par son abondance, par la gêne qu'il apporte aux fonctions de la circo* lation et de l'hématose, menace de se terminer d'une manière funeste ; il ne faut pas hésiter alors à pratiquer la thoracentèse avec les précautions que nous indiquerons plus bas. Plusieurs faits rappprtés par M. Trousseau {Journal de médecine de 18^^) sont favorables à cette opération : aussi n'hésitons-nous pas à h cOQ' seillcr dans les mêmes circonstances. M. Lacaze-Duthiers dit^ dans son excellente thèse, que l'opération a réussi 30 fois sur U2 malades. Plusieurs de ceux qui ont succombé étaient d'ailleurs dans les conditions les plus fâcheuses. Il importe de dire que la thoracentèse, quand elle est utile, ne réussit pas toujours du premier coup, et qu'il est parfois nécessaire de la répéter plusieurs fois, à quelques joon de distance (voir pour le manuel opératoire l'article Pleurésie chronique).

]>e la pleuréfie «hronique.

I^ pleurésie chronique est fréquente, soit comme maladie primitive, soit, pldS souvent encore, comme succédant à la forme aiguë. Comme cette dernière, la pleurésie chronique peut envahir toute la plèvre, ou être bornée à un point plus ou moins circonscrit de cette membrane.

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