‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 86 sur 148 · DE LA PLICORÊSIE CHRONIQUE. 3TS · texte numérisé non relu

DE LA PLICORÊSIE CHRONIQUE. 3TS

elfet. Le cancer desponmons pparrait également simuler un épanchement pleurétiqae chronique ; mais nous verrons que, dans cette affection d*aiUeurs fort rare, il y a« entre autres caractères distinctifs, une expectoration noirâtre et les signes de là cachexie cancéreuse.

Pronostic. — La gravité du pronostic est proportionnée à l'abondance de l'épanchemeot, à Fancienneté de la maladie, à la résistance que celle-ci oppose aux re* mèdes employés. L'amaigrissement et la fièvre hectiquesont des symptômes du plus Ocheat augure. Le pronostic de la pleurésie chronique est toujours grave/ eu nison surtout de sa coïncidence fréquente avec les tubercules. La présence de ceux^ d est très probable si la pleurésie est double. Si la pneumonie aigué a assez rarement pour effet d'activer la production et la marche des tubercules, il n'en est plus de même de la pleurésie; car, ainsi que je l'ai constaté souvent, celle-ci, quoique guérissant fréquemment dans ces conditions fâcheuses, n'empêche pas, à mesure qoe le liquide se résorbe et que le thorax se rétrécit, la phthisie de faire ordinairement des progrès incessants et parfois assez rapides.

Étiologie. — On ne sait rien encore de précis sur les causes prédisposantes et efficientes de la pleurésie chronique prioiitive. La pleurésie aigu€ passe surtout à Félat chronique lorsque le traitement a été insuffisant ou irrationnel, lorsque les individus sont débilités, cacochymes, et surtout lorsqu'ils sont tuberculeux.

Tnâtement. — Dans la pleurésie chronique, les émissions sanguines sont rarement utiles, excepté pourtant dans les cas où le sujet est robuste. Les saignées locales^ faites surtout à l'aide des ventouses, sont généralement préférables. Le moyen le plus efficace de traitement consiste à appliquer des exutoires en plus on moins grand nombre sur la poitrine. Les vésicatoires n'ayant pas assez d'énergie, 3 faut leur préférer le cautère, le moxa on le séton. On aidera leur action par quelques diurétiques ou par des purgatifs drastiques, si l'état du tube digestif permet d'opérer sur lui une dérivation.' On soutiendra les forces par une alimentation convenable, et Ton placera les malades dans les conditions hygiéniques les plus . favorables. Cependant, lorsque, loin de voir la résorption s'opérer, l'épanchement prend au contraire de l'accroissement, lorsque la fièvre hectique mine peu à peu h constitution du malade, lorsque surtout il y a une oppression habituelle, on a proposé de pratiquer une issue artificielle au liquide à travers les parois thoraciqnes: c'est ce qui constitue V opération de Vempyème, Celle-ci n'est guère considérée aujourd'hui encore que comme un moyen palliatif. On conçoit, en effet, que le ponmon, réduit à un petit volume, bridé de toutes parts par de fausses membrûes, ayant perdu toute son élasticité et sa force expansive, ne puisse presque plus se laisser pénétrer par l'air. C'est d'ailleurs ce que nous avons précédemment établi d*après des expériences faites sur le cadavre. Cette circonstance, aussi bien qoe b persistance de l'altération de la plèvre, explique suffisamment pourquoi Topérationde l'empyème est presque toujours inutile. Cependant ces insuccès si fréquents, si ordinaires, ne tiendraient-ils pas à ce qu'en France, du moins, on am^, pour donner issue au liquide, que la maladie soit parvenue à sa dernière période? Il est certain pour nous que, si l'on opérait plus tôt, si on le faisait avant qoe la fièvro hectique eût déjà miné la constitution, avant que le poumon eût perdu tout son ressort, on obtiendrait des résultats plus favorables. Les faits nombreux recueillis par les anciens chirurgiens, ceux plus concluants encore publiés par quelques contemporains, prouvent en faveur de cette opinion. Ainsi, en i8/i/i, ko docteurs Hughes et Coek, tous les deux médecins de l'hôpital de Guy à LondreSi ont publié la relation de vingt cas de thoracentèse, sur lesquels sept guéri-

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ront et cinq aa moins forent améliorés. Dana la môme année, la Gazette médicale de Jjondt^i publia un autre travail do docteur Hamilton Roe, dans lequel on trouve que sur vingt-quatre opérations d'empyéme la guériaon a eu lieu dixhuit fois.

Parmi les procédés qu'on a conseillés i)our ouvrir le thorax, il faut préférer à Tincisiou des espaces intercostaux la simple ponction avec un trois-quarta. Ou y procède de la manière suivante : On incise la peau avec une lanccttô au niveau do bord inférieur de la huitième côte, en comptant de haut en bas, à ft ou 5 centimètres en dehors .du graiid pectoral ; puis, tirant fortement la peau en haut jusqu'à ce qu'elle corresponde au septième espace intercostal, on enfonce le Ut>is-quarts en rasant le bord supérieur de la huitième cote. On retire le plus de liquide qu'on peut; mais, pour empêcher la pénétration de l'air par la canule, on devra, d'après le conseil de M. Reybard, adapter préalablement au pavillon de rinstrumciit une peau de baudruche mouillée. Celle-ci a pour fonction de boucher l'ouverture de l'instrument lorsque, pendant l'inspiration, le liquide cesaaot de couler, l'air fait effort pour se précipiter dans la poitrine. Pour faciliter l'écoulement, on conseille au malade de tonner et de faire des efforts; en même temps on exercera une compfession sur la poitrine et sur l'abdomen. Lorsque tout le liquide est écoulé, il faut, au moment où ou retire la canule, que le malade reste immobile et suspende tout à fait les mouvements respiratoires ; puis on exprimera exactement le liquide de la plaie, car, sans cette précaution, on |)ourrait voir les bords s'enilammer, puis s'ulcérer et une fistule pleurale s'étabhr. llim|K)rte d'ôtra prévenu que quelques malades éprouvent, pendant l'opération, une toux quinleme de^ plus pénibles, que d'autres ont des douleurs déchirantes dans la poitrine, ce qu'on attribue à la distension et à la rupture des fausses membranes au moment où le poumon commence ù se dilater.

Les anciens chirurgiens, après ro|)ération de l'empyème, pratiquaient souvent dans la plèvre des injections délersives, mais elles forent à peu près délaisséei. Depuis quelques anpées , pourtant , on a cherché à les réhabiliter. Plusieurs médecins, particuhèrcmcnt MM. Boinet et Aran , après avoir vidé la plèvre du pus qu'elle renfermait, ont injecté dans son intérieur un mélange de 100 parties d'eau, 10 à 50 de teinture d'iode , et 1 à /id'iodure de potassium. Ces injectkm détruiraient, dit-on, immédiatement la fétidité du pus, et, changeant le mode die vitalité des surfaces malades, elles amèneraient la guérison dans des cas répntèl mortels (1). Cependant, si les faits produits jusqu'à ce jour permettent d'espérer d'heureux effets de l'emploi de ce moyen , ils sont cependant encore insaflbanU pour apprécier tout à fait la valeur de cette méthode.

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