‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 89 sur 148 · DE LA PHI^BITE · texte numérisé non relu

DE LA PHI^BITE

marqnée dans le tissu spoiigieai des os. G*est ce qu'on constate facilement en casfltat 1*08 avec un marteau ou en le sciant longitudinalement Tai rencontré cette lésion chez tous les sujets que j*ai tus succomber en si grand nombre à rioflamma* tkm des ?eines après Famputation des membres.

La membrane interne des veiïies sécrète du pus avec une facilité extrême; mais oous aTons peine k croire que ce produit puisse naître sans qu'il y ait des traces de phlébite. Blandin pourtant dit Favoir constaté , et M. Lebert aurait pu, d'après f Je témoignage de M. Bérard, faire sécréter du pus à des veines sans aucune traoe d'hyperémie dans leurs parois (1).

Parmi les phlébites qui sont du domaine de la pathologie médicale, l'inflammatioa des veines utérines et celle des sinus de la dure-mère sont des plus curieuses , et Béceasitent , sous les rapports anatomique et symplomatique , une description paitîcnlière.

Phlébite utérine. — La phlébite utérine, si bien élndiée par Dance, est un accident commun chez les femmes en couche ; elle occupe surtout les veines voisines de rinsertioa du placenta. L'inflammation peut envahir un plus ou moins grand nombre de veines et de sinus; il n'est pas rare de la voir limitée aux seuls vaisseaux d'une des moitiés latérales de l'organe ; souvent , au contraire , la phlegmasie se propage jusque dans les veines ovariqucs et dans toute la longueur de celles-ci. U est assez commun de voir l'inflammation gagner le tissu même de l'utérus, qui devient alors rougeâtre, ramolli, infiltré de pus au voisinage des veines malades. Dans les cas dont nous parions, les parois utérines sont molles, flasques, et l'organe a gtoératlement consené un volume considérable , eu égard surtout au temps qui l'est écoulé depuis l'accouchement

Phlébite des^ sinus. — La phlébite des sinus cérébraux, que M, Tonnelé a le pranier fait connaître dans le tome XIX des Archives de médecine, et sur laquelle M. Bruce, de Liverpool, a publié plus récemment un travail intéressant dans hGazette médicale de Londres (année 18/iO), est anatomiqucment caractérisée, oomme l'est la phlébite des veines, par des concrétions sanguines et pseudo-membraneoses, ainsi que par la production du pus. En outre, lorsque Taltération siège dans lin des sinus principaux, tels que le sinus longitudinal supérieur, on constate dans les méninges et le cerveau des altérations résultant du trouble apporté à la drcolatien cérébrale : ainsi les veines de la convexité sont saillantes comme si on les avait pénétrées avec une injection artificielle ; le tissu sous-arachnoldien est iifikré dé séit^ité ; celle-ci remplit plus ou moins les ventricules; enfin on trouve des épanchements sanguins dans les méninges et le cerveau. Cependant ces lésions secondaires manquent dans la plupart des cas d'inflammation des sinus, ce qui l'ezpUqoe aisément lorsqu'on se rappelle que les veines cérébrales, quoique dis-> tmctes à leur terminaison dans les sinus, s'anastomosent les unes avec les autres à leur origine ; et comme elles sont dépourvues de valvules, elles peuvent se suppléer aisément entre elles ; de sorte que , pour intercepter la circulation veineuse du cerveau, il faudrait que presque tous les sinus fussent oblitérés à la fois.

Abeèê consécutifs. — Chez presque tous les individus qui succombent k la phlébite, quel que soit d'ailleurs le siège de la maladie, on trouve indépendamment des lésions locales que nous avons énumérées, plusieurs autres altérations, dont les pios remarquables et les plus fréquentes sont les abcès multiples (dits métastatiques) qoi se forment dans les principaux organes de l'économie. Ils se rencontrent sur-

(i) Lêfotu et pkfHohgiei t. II, p. 7â3« \)

SM DES Iinn.àlfM4TIOII8.

toQt fréquemment dans les poumons, puis dans le foie et dans la rata Viennent ensuite, par ordre de fréquence, les abcès des reins, du cerveau, du tissa eellaUire, ceuK des muscles (les muscles du mollet surtout), des articulations et dn anir. Nou seulement les abcès métastatiques se forment dans les organes les plus Tascnlaires, mais ils se montrent encore, surtout dans la portion de ces otites qol renferme le plus grand nombre de vaisseaux : ainsi dans le cerveau et les reins Ils n'envahissent presque jamais que la substance corticale de ces organes. Sî le viscère est double (comme le poumon) , ils sont en plus grand nombre dans celui qui est le plus volumineux ; et s'il est divisé en plusieurs lobes (comme le foie et les poumons), ils existent surtout dans le lobe le plus gros. Enfin, quel que soit leur siège, ces abcès occupent surtout la superficie des viscères : c'est ce qui explique pourquoi leur présence dans les poumons coïncide si souvent avec un épanchement purulent des plèvres. Si la péritonite est un accident plus rare des abcès métastatiques du foie, il est assez rationnel de Tattribuer à la capsule de Glisson , qui empêche que la phlegmasie ne s'étende aussi facilement k la séreuse abdominale. Les abcèi des poumons, ceux du foie et des reins, ont à peu près les mêmes caractères ana*tomiques. Leur point de départ est une ecchymose, une infiltration de sang, et le plus souvent une sorte d'apoplexie. Ce liquide, intimement combiné arec les tiasps, forme des noyaux durs, pouvant acquérir le volume d'une grosse noix dans les poomous et le foie, et celui d'une aveline dans les reins. Ces noyaux présentent à fa coupe une surface uniforme, d'un noir un peu plus foncé au centre qu'à li péri' phérie. Mais à une époque plus avancée on découvre çà et là des points opaqœi et purulents qui deviennent de plus en plus manifestes ; enfin le noyau, se ramollissant du centre à la périphérie, finit par se convertir en un abcès dont le pus est généralement blanc, épais, phlegmoneux, et au fond duquel on découvre, dit-on, quelquefois une ou plusieurs petites veines enflammées et suppurées, dispositioo que je n'ai jamais pu saisir d'une manière bien évidente. Le plus souvent on trouve chex le même sujet les difTérenis degrés d'altération que je viens de décrire.

Les abcès de la rate sont au contraire larges, irréguliers, formés par un mélange de pus, de sang et de détritus de l'organe; ces diiïérences s'expliquent par li texture de ce viscère.. Les abcès du cerveau sont toujours extrêmement petits^ et oe consistent guère qu'en un plus ou moins grand nombre de gouttelettes de pus, infiltrant la substance corticale. Les abcès des muscles ont beaucoup d'analogie avec ceux des poumons et du foie. Il n'y a parfois qu'un engorgement sanguin; d'antres iois le pus est infiltré dans l'interstice des fibres : c'est ce qui a toujours lieu pour le tissu du cœur. Mais, dans les muscles des membres, il y a souvent destmctioQ de la fibre musculaire elle-même. Enfin, le pus qui remplit fréquemment les articulations est blanc, phlegmoneux, et ne s'accompagne généralement d'iocune altération appréciable dans la synoviale.

Etat du sang, — Indépendamment de ces désordres , le sang est difiluent et semblable à de la gelée de groseille ; plusieurs fois on l'a vu mêlé à des globulet de pus : ceux-ci ont été distingués non seulement avec le microscope, maïs encore à l'œil nu. Ainsi, dans des cas de phlébites traumatiques de la jambe, j'ai pu reconnaître du pus jusque dans les veines crurale et iliaque, et dans une phlébite de la mésentérique, la rate était transformée en une vaste poche pleine de pus. Les cadavres de ces individus se putréfient promptement, et, comme l'a remarqué M. le professeur Bérard, toutes les parties exhalent souvent une odeur punilenieL

Théorie de l'infection purulente, — D'après ce qui précède, il est bien cerUdn que le pus sécrété dans la veine peut se mêler au sang et l'altérer. C'est en vain

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