‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2 (volume 2)Chapitre 93 sur 148 · DE LA MÉNINGITE CHRONIQUE. &1S · texte numérisé non relu

DE LA MÉNINGITE CHRONIQUE. &1S

rine, préahblement rasé. L'expérience n'a pas encore prouyé qo*il soit bien pré- InMe d'appliquer les sangsues tout le long des sutures, comme le teulent queines médecins. Concurremment avec les émissions sanguines, on- emploiera les !f ubifs sur les extrémités inférieures (sinapûmes, pédiluves, irritants, ventouses inod) et sur le tube digestif, lorsqu'aucune complication n'en contre - indique mploL On donnera la préférence aux. huileux, aux purgatifs salins, et surtout au domel. En même temps, on tâchera de diminuer l'aiDux du sang ^ers le cerveau 1 tenant la tête très élevée , en la plaçant sur un oreiller dé crin ou de balle aToine» en entretenant autour du malade une température fraîche ; on a aussi Niseillé la compression des carotides ; enfin, on fait des applications froides sur la te Les uns, après avoir coupé les cheveux très près de la peau, appliquent des HDpresscs froides que Ton renouvelle fréquemment , Ou bien ib placent sur le ont une lessie contenant une certaine quantité de glace pilée. Enfln, il en est qui mseinent les affusions ou l'irrigation continue; M. Rilliet donne là préférence & i dernier moyen. Quelle que soit la méthode qu'en suive , il importe de satbir le les applications froides ne conviennent qu'au début, pendant la période d'exlation et qu'elles sont nuisibles lorsque le coma et la résolution suniennent. nelqoes médecins, au nombre desquels on peut compter Romberg de Berlin, upoMut de remplacer les lotions froides par des applications chaudes. C'est ainsi l'on entoure alors la tète de compresses trempées dans de l'eau ou dans une in- ■on de camomille chaude; on en renouvelle l'application avant leur refroidisseeoL L'expérience n'a pas encore sanctionné chez nous cette méthode, qui mêle pourtant d'être expérimentée. Lors(]ue les accidents ataxiques continuent de Kcroltre, on leur oppose les antispasmodiques, mais leur utilité est très conteUe. Le moyen qui nous paraît être alors le moins souvent ineflScace consiste us les affusions froides données à la température de 15 à 20 degrés, pendant lelqacs secondes ou quelques minutes au plus. Enfin, lorsque la période d'excilîM est remplacée par l'état comateux ; lorsque tout indique une forte compresm du cerreau, les émissions sauguines peuvent être encore employées, surtout si 1 iet a négligées au début; mais c'est alors qu'il faut recourir aux révulsifs puislit, teb sont les vésicatoires aux extrémités et à la nuque; on peut même, dana I en où le péril est imminent , mettre un séton au cou ou bien raser le crâne , indre avec la pommade émétiséc ou le recouvrir d'un emplâtre épispastique. Deiarroque a publié, dans le Bulletin de thérapeutique de IS/ÎA, un petit ifail pour prouver les bienfaits de cette méthode; le vésicatoire à la tête n'est iployé par cet habile praticien que lorsqu'il a retiré 130 à 200 grammes de sang r h section de l'artère temporale. Arrivé à la période dont nous parlons , ou liera de modifier la nutrition en donnant les mercuriaux , tels que le calomd , 'on administre à l'intérieur à doses fractionnées; on fera aussi concurremment, 9C l'onguent napolitain, des frictions aux tempes, sur le front ou derrière les eilles. Les mercuriaux sont même indiqués dès le début de la maladie. Il est ilik de dire que les boissons douces et qu'une diète absolue devront seconder ccion des moyens qui précèdent. Il faudra , pendant la convalescence , user des n grands ménagements, et surveiller avec la plus grande sollicitude l'hygiène des ilsdes.

De la méningite ehronique.

La méningite chronique simple, soit primitive, soit consécutive à la méningite sol, est eicessif ement rare, hors le cas de démence, et il est impossible au joutd'bai

^16 DES iNFL/kMMATlONS.

d'en tracer l'histoire auatomique et surtout symptomatique. U faut bien se g;arder de prendre, comme ou le fait trop souvent, pour des indices d'ane phlegmasie chronique, certaines opacités qui existent fréquemment sur l'arachnoïde viscérale, au voisinage de la grande scissure interlobulaire. Ces plaques blanches ne sont p» produites, cx)mn)c certaines taches du péricarde^ par un dépôt de matière albnmineuse; mais elles sont le résultat d'une simple perversion de notritiou, indépendante de tout travail inflammatoire. On en trouve d'absolument semblables sur les autres séreuses viscérales. M. Léluten a rencontré chez des individus de tout âge, bien qu'ils n'eussent jamais eu de symptômes cérébraux : il a constaté notammenl cet épaississement de l'arachnoïde chez 20 à 25 suppliciés.

La méningite chronique se rencontre presque toujours , comme complication , dans les lésions organiques du cerveau; plus fréquemment encore, on Tobserre chez les sujets en démence , et elle forme un des caractères anatomiques le pins fréquents qu on rencontre dans la paralysie générale progressive des aliénés. J'en parlerai avec quelques détails lorsque je traiterai de cette dernière affection.

II9 la méningite raehidienne et cérébro-spinale. y

L'arachnoïde et la pie-mère rachidiennes peuvent s'enflammer isolément ; mas le plus souvent, c'est-à-dire dix-huit fois sur vingt, d'après M. Galmdl, ces membranes sont affectées simultanément avec celles du cerveau : voilà pourqMÎ la maladie mérite, dans b plupart des cas, le nom de méningite cérébro-spinale.

Historique, — Cette affection, signalée vaguement par les anciens, qui paraissent l'avoir vue régner plusieurs fois épidémiquement , connue de Prosper Alpin, n'i pourtant été convenablement décrite que par les modernes. Ayant acquis, damœi derniers temps, une fréquence inusitée, spécialement parmi les soldats , elle a M étudiée aVec beaucoup de soin par MM. Lainothe et Lespes (1), Faure-Villar (3), Chaufl'ard (3), Forgct (4), Rollet (5), Michel Lévy (6), etc.; mais le travail II plus complet, le plus remarquable que nous ayons, est, sans contredit, la relition qu'a publiée le professeur G. Tourdes, sur une épidémie qui a régné à Strasbourg de 18^0 à IB^ii. Le travail de ce médecin distingué, rédigé dans ni excellent esprit, est d'un grand intérêt, et peut être cité comme un modèkde ^ description.

Anatomie pathologique, — Les caractères anatomiques de la méningite ndi' dienue ne diffèrent guère de ceux de la méningite cérébrale : ainsi , on retronve It . même injection de la pie-mère et les mômes produits de sécrétion albumineoseoi j purulente. Ceux-ci ne sont presque jamais épanchés dans la cavité de l'aracfanoilei \ mais ils infiltrent le tissu cellulaire snbjacent, où ils forment une couche jaanitn ! d'aspect couenneux , existant à peu près uniformément sur une étendue plus 01 moins considérable; ils offrent toujours plus d'épaisseur à la fdce postérieure de U , moelle qu'antérieurement, où le plus souvent même ils manquent complétemeit , "La moelle épinière a ordinairement sa consistance normale; parfois elle parak même plus ferme; enfin, dans quelques cas, elle est assez ramollie à sa sor&ce pour qu'en la séparant des méninges celles-ci en entraînent de petits fragments.

La méningite spinale est plus fréquente à la région cervicale qu'aux régioV

(1) Gazette médicale, 1838. — (2) Journal de médecine, de chirurgie et de pkat-mack nàbtaire$, t. XLVIIL — (3) Revue médicale de 48^3. -- (h) Gazette médicale de i8&S. — (5) Mè- .wu^rtê de PAcaiémH nationaUde médecine, t. X. — (0) Gazette médicale de PaHê del8âf.

DE LA MÉNINGITE RACHIDIENNE ET CÉRÉBRO-SPINALE. /il 7

onale et lombaire ; elle peut être circonscrite à on espace très limité : c'est ce ni a lieu particiilièrement lorsque la phlegmasie est consécutive à une altération n Ténèbres ; ce n'est guère que dans ces cas qu'elle existe à l'état chronique. On vme alors une adhérence des deux feuillets de l'arachnoïde , ou bien son feuillet iscéral, opaque, semble épaissi ; cependant un examen attentif démontre que cet msissement dépend du tissa cellulaire subjacent , et que le feuillet arachnoîdien est comi^tement étranger. Enfin , on trouve quelquefois aussi des adhérences lorbides entre l'arachnoïde et la pie-mère , ou bien entre celle-ci et la surface de moelle. Quelques personnes ont encore voulu regarder comme résultant d'une U^masle chronique la présence des lamelles cartilagineuses qui hérissent queloefoîs la face interne du canal rachidien ; mais aucun fait ne justifie une pareille apporition.

Les lésions caractérisant la méningite cérébro-spinale sont tantôt plus , tantôt niiiB marquées. Il est même des cas où la mort est si prompte qu'on ne trouve roque rien dans les centres neneux ; c'est à peine s'il existe un peu d'injection es méninges et un état poisseux , ou bien un peu de sécheresse de l'arachnoïde. n n'est pas rare de trouver sur les cadavres des individus morts de méningite Srébro-spinale des traces de phlegmasie dans plusieurs autres organes , spécialelent dans les autres séreuses splanchniques, et jusque dans les articulations et dans unique vaginale; on parle aussi de diverses lésions intestinales, comme développedes follicules de Brunner, épaississement ou ramollissement de la muqueuse ; serait aussi, dans beaucoup de cas, augmentée de volume et ramollie. Je n'ai parlé, jusqu'il présent, que de l'inflammation de l'arachnoïde et de la pie- Ire; la dure-mère pourtant peut, dans quelques cas rares, participer à l'inflamidoo , mais cela n'a guère lieu que lorsque la phlegmasie est consécutive à une liratioa des os. Cependant on lit dans la Gazette médicale de 1833 un travail I docteur Albers de Bonn , qui semble établir la possibilité de l'inflammation ^imiiive de la dure-mère. Cette membrane, devenue très opaque, épaissie, avait en outre une coloration d'un rouge de cinabre et qui résista à la macération t deux jours.

Sympiùmes , marche, -« La méningite spinale peut avoir une invasion brusque, iribof ante : c'est ce que M. Tourdes a constaté plusieurs fois pendant l'épidémie B Strasbourg, où l'on vit des hommes pleins de force et de santé passer sans asition à un état des plus graves, et succomber en quelques heures, avant même m ks lésions caractéristiques aient eu le temps de se développer. Le plus souvent Mtant on note des prodromes, tels que frissons, céphalalgie, douleurs des mêmes, dysurie, rétention d'urine, nausées, vomissements. Mais en raison de la coïn- IsBce presque constante d'une méningite intra-crânienne , les symptômes de la iaiDgite q>inale sont souvent masqués au début par des troubles cérébraux : ns-d pourtant sont parfois consécutifs. Quoi qu'il en soit , dans la méningite taale* les malades éprouvent une douleur plus ou moins vive, parfois sourde , ilose, quelquefois violente, déchirante, dans le dos (rachialgie). Presque toujours rooDScrite aux régions lombaire, dorsale, et surtout cervicale, elle s'irradie parfois 9t les membres, augmentant par les mouvements musculaires et souvent par la lesrioo. Eo même temps les muscles de la partie postérieure du tronc sont pris (contraction convulsive; celle-ci varie depuis la simple rigidité jusqu'à une conactore telle, que la tête et le tronc sont fortement renversés en arrière, comme ns ropistbotonos. Cette contraction tétanique peut être permanente ; le plus imreot pourtant elle présente des rémissions plus ou moins complètes, et elle se

âiS DES INFLAMMATIONS.

renouvelle , soit spontanémeat, soit à Toccasion des moayenients qn*oii imprime aux malades. Une contracture analogue peut affecter divers autres mmcles do corps : ainsi il y a quelquefois du trismus, de la roideur dans les muscles des afantbras et des mollets; mais rarement il existe des secousses convalsives et épilepliformes, excepté pourtant dans les muscles de la face. Les membres supérieun et inférieurs peuvent souvent exécuter avec précision leurs mouvemeuts habitiids; cependant ils sont ordinairement plus faibles ; souvent aussi ces parties sont le nège de crampes, tandis que la peau présente une exaltation de sensibilité telle, qoeb moindre pression exercée sur elle ou le plus léger mouvement imprimé arrache dei cris aux malades. Cette exaltation se remarque surtout aux membrea. Eu mtee temps la respiration s*accélère et devient difficile; le pouls est fréquent, fébrik;» début pourtant il est aussi souvent ralenti qu'accéléré. La peau est chaude et btignée de sueurs; il y a de la constipation, et l'urine s'échappe involontaireoient, ou bien elle est retenue dans la vessie par suite de la paralysie de cet organe. On consUU presque toujours divers accidents qui dépendent de la coïncidence d'une méniagite cérébrale : ce sont surtout la céphalalgie, le délire ou le coma, et le straUniie. Enfin la plupart des auteurs signalent la fréquence des éruptions cutanées dans le cours de cette affection. Ainsi M. lourdes a vu un herpès labialis ches les deux tiers de ses malades. On a aussi signalé des taches rosées lenticulaires , des p^ chies, des ecthyma , de l'impétigo et de la miliaire. Quelquefois des escarres ic déclarent sur le sacrum et aux trochanters.

En résumé, la méningite spinale est essentiellement caractérisée par la douleiit rachidieime , par la roideur tétanique et par l'exaltation de la sensibilité généiaie Ces divers accidents offrent souvent des rémissions et même des interaiitteacM complètes ; mais il est rare que l'appareil fébrile suive les mômes variations ; Ai moins il ne cesse jamais complètement, comme les troubles cérébaux peufast k ûire. Cependant , au bout de quelque tem))s, les accidents ne présentent plus de rémission; ils s'aggravent sans cesse, et la mort survient au milieu de sympttaM convulsifs épileptiformes, ou bien par suite de la gêne croissante de la respiratka, et dans un état d'asphyxie lente. En général, la roideur et les contraclures pffliltent jusqu'aux derniers moments; dans quelques cas, assez rares pourtant, ai observe dans les derniers jours un état de résolution ou de paralysie. M. Tovdo ne l'a notée que 3 fois sur 99 sujets; elle est presque toujours limitée, n*0€ah pant, par exemple, qu'une jambe ou un bras.

Terminaisons, durée, — La mort est la terminaison la plus ordinaire de la né* idngite spinale; quelques jours ou même quelques heures suffisent parfais poar emporter les malades; mais la plupart atteignent un, deux ou trois septénairts il an delà ; on en a vu beaucoup qui ne succombaient môme qu'au quarantièoM oi cinquantième jour, après avoir eu des escarres au sacrum et être tombés dans le marasme (lourdes, Chauffard). L'épanchemciit intra-rachidien est-îi susoeplihk de s'ouvrir une issue au dehors? Quelques faits semblent prouver cette possibiUlé. M. Champion, de Bar-le-Duc, a vu, par exemple, un épanchement pumientfanaé dans les membranes se faire jour entre la troisième et la quatrième vertèbre knbaire dans les muscles spinaux, et y former un foyer. On conçoit qu*ea panilai la paralysie pourrait devenir moindre en raison d'une diminution dans la compicision de la moelle; cependant jusqu'à présent aucun malade n'a guéri de oetti manière. Ceux, en fort petit nombre, chez lesquels la maladie a eu une heaifOU issue sont revenus lentement à la santé, et ont présenté souvent une maigietr it un affaiblissement extrêmes. II ne paraît pas que jusqu'à présent on ail îMKilà

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