DE LA MÉNINGITE RAGHIDIENNB ET CÉRÉBRO-SPINALE
ni nchote ni récidive. On ne sait rien sur la forme chronique de la méningite rachidîenne.
Diagnostic. — Le diagnostic est en général facile ; nous dirons plus tard comment on pourra distinguer la méningite spinale d'avec la myélite et d'avec le tétanos, qui, de toutes les affections, sont les seules avec lesquelles on pourrait la confondre. (Voir, en outre, ce que nous avons dit plus haut du diagnostic de la méningite crftnieime. )
n n*y a nulle difficulté non plus à diagnostiquer la méningite cérébro-spinale d'avec la ûèvre typhoïde. Peut-être serait-il moins aisé de différencier l'inflammation des méninges rachidiennes d'avec un accès de fièvre pernicieuse ; mais le doute ne pourrait exister qu'au premier accès, car la répétition des mêmes accidents à des époques fixes éclairerait aisément sur la nature de l'affection.
A l'exemple de M. Âlbers , je ne rechercherai pas s'il y a des caractères distinctifs entre l'inflammation de la dure -mère rachidîenne et celle des autres enveloppes de h moelle ; car l'étude attentive des deux faits réunis par le professeur de Bonn prouve, an contraire, contre son opinion, que l'inflammation de toutes ces membranes 81 intimement unies entre elles se révèle par des symptômes semblables, et rien, comme le dit Ollivier, ne justifie le diagnostic différentiel que M. Albers a cherohé à établir.
Prcnoitic. — Le pronostic est des plus graves. Dans l'épidémie de Strasbourg, la mortalité a été, dit-on, de 60 pour 100, et même de 70 ou 80, en ne compre* ■ant que les cas graves. Un délire intense, les convulsions violentes des muscles nchidiens, les accidents typhoïdes, les pétéchies, la gangrène sont des accidents de Bchenx augure.
Etiologie. — La méningite spinale est trois ou quatre fois plus fréquente chez rhomoie que chex la femme. Plus commune depuis la puberté jusqu'à trente ans, die a, d'après M. Calmeil, son maximum de fréquence entre vingt huit et trente : me dans la classe aisée et parmi les officiers, elle atteint plus spécialement les soldas nouvellement arrivés au corps. La maladie a quelquefois été le résultat de rinpiesaion du froid ou de l'intempérance. Cependant , dans la grande majorité des cas, son développement est tout à fait spontané. Depuis 1837 surtout, on l'a vm régner épidémiquement dans plusieurs villes de garnison : dans les landes (Lamothe et Lespes), à Versailles (Faure-Villar), puis à Avignon (Chauffard), à Mets (Gasté), à Strasbourg (Tourdes, Forget), à Nantes (Mahot), etc. On n'a pu MNiver ni dans l'air, ni dans le climat, ni dans l'alimentation, ni dans le casememenl, la source du développement de ces épidémies. M. fioudin a, dans un excellent travail publié en 1869 dans les Archives, soutenu l'opinion que la méningite ctrébro-spinale était contagieuse; mais les faits invoqués par ce savant médecin ne m'ont pas encore tout à fait convaincu, et avant d'admettre une pareille doc* trineil importe de recueillir des documents plus nombreux et plus précis.
Traùement. — Le traitement consiste dans l'emploi des saignées générales, auxquelles on associera les saignées locales faites à l'aide de sangsues, et surtout de ventouses, qu'on applique en grand nombre tout le long du rachis. Cependant, aajourd'hui, la plupart des médecins s'accordent pour recoimaitre que les émissions anguines ont une utilité restreinte. Dau3 la première période on a en outre prescrit avec avantage des bains prolongés avec ou sans affusion. Lorsque Tétat du pouls ne permet plus de recourir aux émissions sanguines, on promène le long du rachis des vésicatoires volants, et l'on tâchera aussi de favoriser l'absorption des liquides épanchés, à Taide des mercuriauxadministrési comme on le fait dans la méninQltA
i!l20 DES INFLAMMATIONS.
cérébrale. La médicaiion révulsive est celle qui iuspire le plas de .conGance \ M. Rollet ; H remploie avec la plus grande énergie. Ainsi , après avoir largeineni saigné et appliqué nombre de sangsues et de ventouses de la nuque au sacrum, il fait à la période du coUapsus, avec le cautère actuel rougi à blanc, six à huit escarres de 15 millimètres de diamètre dans les gouttières vertébrales, en même temps qu'il couvre les membres de sinapismes et de larges vésicatoires ammoniacaux. Le péril imminent des malades, Tinutilité des autres moyens pourraient seuls justifier un traitement aussi violent
I^s sédatifs ont aussi trouvé plusieurs partisans ; la plupart préfèrent ropiom. Ce médicament , employé, en effet , par M. Chaufhrd à Avignon , par M. Boudin et par les professeurs Tourdes et Forget à Strasbourg, parait avoir été utile plusieurs fois. On a conseillé de le donner dès le début, associé ou non aux émissioos sanguines, et d'eu porter la dose à 30, 60 et 60 centigrammes et pins par jour. Les résultats obtenus jusqu'à présent autorisent à essayer de ce remède. D'autres ont eu recours aux inspirations d'élher ou de chloroforme , qu*on ferait dès le début nombreuses et rapprochées, jusqu'à ce qu'on obtienne du soauneil etda calme : mais les faits rapportés jusqu'à ce jour sont encore en assez petit nombre, et sont d'ailleurs peu concluants.
Quelques médecins , considérant TalTection comme une sorte de fièvre pernicieuse, ont eu recours contre elle au sulfate de quinine ; mais ce médicament ne peut rien contre la maladie elle-même.
iSature. — L'opinion générale est que la méningite cérébro-spinak est une pblegmasie légitime devant occuper dans le cadre nosologique la place que noos lui avons assignée. Cependant deux de nos médecins militaires les plus distingués ont émis récemment une opinion différente. Ainsi , pour M. Boudin , la maladie dont nous parlons ne serait rien autre qu'une variété du typhus. II se fonde sur ce que celte forme de la maladie aurait été observée pendant les typhus qui ont régné de 1805 à 1815, sur la possibilité de sa transmission, sur l'insuccès des antiphlogistiques , ainsi que sur l'absence dans quelques cas de tout désordre anatomique. On peut objecter à ces diverses raisons que la transmissibilité de la mafa^ n'est pas encore établie sur des raisons suffisantes; que les altérations révélées par l'autopsie siègent exclusivement vers les centres nerveux, à moins de complicatÎQafY et qu'elles sont constantes, excepté dans les cas rares où la mort est sunrennedm la période congestive. Si les antiphlogistiques sont presque toujours impuissants, ik le sont de même dans la plupart des phlegmasies de l'axe cérébro-spinal» que oei phlegmasies soient spontanées ou qu'elles soient traumatiques. Si le pus a été signalé dans les méningites cérébro-rachidiennes pendant quelques épidémies de l'époque impériale, cela ne prouve pas une identité de nature entre les deux aflections, mais seulement une complication des deux maladies; quelquefois anaiooi dû rapporter à la maladie prédominante des cas de méningite simple : ce sont h des erreurs qui ont été commises dans toutes les épidémies. Enfin les analyses do sang , ayant démontré une augmentation de la fibrine , sont une preuve noavefc que la méningite cérébro-spinale doit être classée plutôt dans les phlegmasies qse dans Jes pyrexies.
Pour M. Michel Lévy, la maladie ne serait pas une phlegmasie simple, tuais ele serait l'effet d'une altération indéterminée du sang qui se révélerait par une tesdancc à la suppuration de la plupart des membranes séreuses du corps. GepeoduC nous dirons que dans la majorité des cas la maladie est concentrée dans les méninges, etqu'4)n ne saurait bâtir toute une théorie sur quelques faits exceptiooiieis.
DE L*£NC£PHAUTE. /i2l
IHMir DOQBdoiic, la méningite cérébro-spinale est une phlegmasie qui emprunte sa granlé à son siège» à son état souvent épidémique» ainsi qu'aux conditions plus ou moins fâcheuses au milieu desquelles elle se développe.
De l'enoéphalît*.
Quoique le mot encéphale serve à désigner toute la masse nerveuse qui est logée dans le crâne, l'usage néanmoins a consacré l'expression à' encéphalite pour carac- (Êrîser seulement l'inflammation qui envahit le cerveau , le cervelet et la protu* hérance. La phlegmasie de la moelle allongée ne pouvant être séparée de celle qui occupe les parties inférieures de ce cordon nerveux» nous en traiterons à l'article MyélUe.
DwiêionsJ — L'histoire de l'encéphalite est difficile à tracer», puisque» sous ce Bom, on a confondu les maladies les plus diverses, depuis l'injection et l'apoplexie capilUire jusqu'aux transformations et dégénérescences organiques. Cependant , dqniis quelques années, on a fait de louables eiïorts pour mettre fin à une confusion très déplorable : aussi la science doit-elle beaucoup sous ce rapport à MM. Abercrombîe (1), Lallemand (2), Andral (3), Calmeil (6), Cruveilhier (5), Rostan (6), Duraod-Fardel (7).
L'encéphalite est distinguée »• d'après sa marche , en aiguë et en chronique ; d'après son siège, en diffuse et en partielle ou locale, suivant qu'elle s'étend snperfldellement sur une grande surface ou qu'elle occupe 'un point circonscrif. Il a déjà été question de la première espèce à l'occasion de la méningite, avec laquelle eHe coexiste prévue toujours, et dont on ne peut la distinguer pendant la vie. Enfin, suivant que Finflammation occupe le cerveau, le cervelet ou le méso* céphale, la maladie est désignée sous les noms de cérébrite, de cérébellite et de méêoeépkalite.
Anaiomie pathologique. — Dans un premier degré de l'inflammation, la pulpe eérâirde présente dans une étendue plus ou moins considérable un piqueté rouge tiès fin ; il semble alors que le sang pénètre un plus grand nombre de vaisseaux opUaires. Quelquefois , au lieu de ce piqueté fin , ou bien à une période un peu plus avancée de la maladie, on constate une coloration plus ou moins uniforme, s'éteodant même parfois jusque dans les parties saines circonvoisines. La teinte, géoéralenient plus foncée dans la substance grise que dans la substance médullaire, varie depuis le rose tendre jusqu'au rouge livide ou cramoisi. Il est rare alors que la portion du cerveau malade n'ait pas subi quelque changement dans sa nutrition. Ainsi la partie semble généralement être gonflée et augmentée de volume ; c'est ce qoi est prouvé d'ailleurs par l'aplatissement des circonvolutions correspondantes. En même temps la pulpe nerveuse parait plus consistante et plus friable, ou bien die est manifestement ramollie. Souvent à cette même période le sang, s'étant échappé des vaisseaux, a produit de petites ecchymoses, ou bien, infiltré seulement dans la palpe nerveuse, il se combme intimement avec elle; parfois, enfin, il forme de très petits caillots apoplectiques disséminés çà et là : dans œ^demier cas, M. Cruveiliier dit qu'il existe une apoplexie capillaire. Cette expression dépeint très bien
(t) Mèladiu dâ Cencêpkale^ tradait de Tanglais. Paris, 1835. — (3) Lettres sur Veneépkoie, vojei sartoiit les six premières. — (3) Clinique médicale, t. V. — (&) Dans le Dictionnaire de wtédeeiMf U Xh — (5) Ànatomie pathologique, liv. XXXIII. — (6) Recherches sar le ramoU HsMtmimf du cerveau. Paris, 1823, 3* édition. — (7) Thèse inaugurale, année i8&9, n* 261» ** Traiîd dm ramollissement, in-8. Paris, 18/i3, '
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l'état anatomique dont nous parlons; cependant elle a rinconvénîent d*aniiDilei une certaine période de Teocéphalite avec Thémorrhagie cérébrale, qui, comme nous le verrons plus tard, est une maladie essentiellement distincte de odie que nous décrivons actuellement. Mais est-ce à dire pourtant qu'on ne doive pas admettre une apoplexie capillaire indépendante de tout travail inflammatoire, et qui serait pour les capillaires ce qu'est Tapoplexie proprement dite pour les vaisseaux plus volumineux? Cette question me paraît insoluble dans Tétat actuel de h science.
En résumé, la première période de Tencéphalite est caractérisée par rinjectioQ. par la coloration rouge, Tinduration, la friabilité, ou bien par un raax>lli»eoieiit plus ou moins considérable de la pulpe nerveuse. Cette dernière léaioQ est la plw fi'équente.
Le degré du ramollissement varie depuis une simple diminution de consittinoe jusqu'à cet état où la pulpe cérébrale est convertie en une bouillie peu épaitte, homogène, qu'on entraine facilement sous un fdet d'eau. Sa coloration est non moins variable; l'intensité de la couleur rouge ou noire est en rapport avec b quantité de sang qui infiltre le tissu, et avec son degré de combinaisan plut on moins intime avec lui. La plupart des médecins regardent la coloration ronge oomiae nécessaire pour caractériser le ramollissement inflammatoire du cenr eao. Ik contestent, en efl'et, la même origine à tous ceux qui ont lieu sans modification dam la coloration normale, et à plus forte raison à tous ceux qui s'accompagnent d*niie décoloration du tissu altéré, à moins pourtant qu'il ne soit prouvé que la blaiH oheur du ramollissement est produite par la présence du pus. Cette question, qai a été agitée et résolue différemment par les hommes les plus émioents de ceiîècle, est un des points les plus obscurs de l'anatomie pathologique, et qui ne nous parait pas encore susceptible d'une solution satisfaisante. Il est incontestable que pretqie tous les ramollissements inflammatoires du ceneau offrent une coloration ronge ou violacée, parfois jaunâtre ; cependant ne peut-il pas se faire qu'un ramollîMment alonique soit ensuite coloré par un afflux de sang qui a lieu consécotivemeot? D'autre part, ou rencontre assez fréquemment, dans la pratique, des individus qni succombent rapidement avec des accidents cérébraux et avec les sj'mptômes d'nae vive réaction inflammatoire, et à l'autopsie desquels on ne trouve d'autre altAratipa pour expliquer les uns et les autres qu'un ramollissement blanc, pulpeni, di cerveau, sans qu'on puisse rapporter cette coloration à la présence du pua. H l'état anatomique est en désaccord avec l'expression symptomatique. Mais de oe qu'il y a eu de la fièvre et l'appareil des maladies pblogistiques, on ne sannit es conclure rigoureusement que le ramollissement est de nature inflammatoire» puisqu'il est prouvé aujourd'hui qu'il existe une foule de lésions et de troubles fono> tionnels indépendants de tout travail inflammatoire, qui excitent néanpioins b fièvre au même degré que ceux qui ne reconnaissent pas d'autre origine. Noos n* viendrons encore sur ce même sujet lorsque nous traiterons du ramollisseaMOt simple du cerveau.
La troisième période de l'encéphalite est marquée par la formation du pus, qui tantôt est infiltré dans la pulpe cérébrale et tantôt réuni en collections plus ou moioi grandes. Lorsque du pus se forme dans le tissu cérébral ramolli, on voit la coloration rouge s'affaiblir et être remplacée peu à peu par une teinte d'un blaac opaque, sale, jaune ou vcrdàtre, suivant la couleur du pus. Comme l'obser^ M. Lallemand, la décoloration est surtout remarquable dans la substance grise, qoii dans la péÉl^de précédente, présentait communément une teinte plus foncée qoe celle déjà substance médullaire; cette teinte finit par se confondre, ainsi que cdk
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de la sabftance blanche, eu une couleur tantôt uniforme et tantôt présentant des Munces Tariant du blanc sale jusqu*au vert. Cependant doit-on attribuer à une infiltration pamlente tous les ramollissements blancs, crémeux, et même ceux dans Iciqaeb la substance blanche est plus pâle qu'à Tétat normal? M. Lallemanda soutena cette opinion avec un admirable talent ; cependant il a été forcé de convenir qae souvent l'inspection des parties ne révélait point manifestement la présence du pus» et que l'existence de ce produit ne pouvait alors être admise que par ana-* logie. Nous croyons pourtant que rien ici ne saurait remplacer la démonstration, et dn moment que la suppuration ne se révèle pas à nous d'une manière manifeste, 3 bot, sinon contester absolument la nature inflammatoire du ramollissement, du ■ûîns n*émettre à ce sujet qu'une opinion très dubitative, lors même que les accidents ohiervés pendant la vie sembleraient confirmer cette supposition. D'ailleurs il n'est pas naturel de croire que du pus infiltre uu ramollissement parfaitement Uane, I noÎDS de supposer qu'une matière plus ou moins colorée comme l'est ce liquide, puisse se mêler à un corps blanc sans eu modifier la teinte.
GqMDdant, si du pus existe, il finît tôt ou tard, lorsque la vie se prolonge suflB- MDDient, par se réunir en un du plusieurs foyers, qui peuvent avoir le volume fan pois, d'une noix, d'un œuf et plus; car il en est qui occupent tout un lobe, cl mitaie la plus grande partie d'un hémisphère. Le pus baigne tantôt directement Is substance du cerveau, tantôt il est enkysté. Si l'abcès est très superficiellement placé, les circonvolutions sont aplaties, et souvent le cerveau présente dans ce point coloration verdâtre, jaune ou d'un blanc opaque. En pressante ce niveau, on t manifestement de la fluctuation. Si Ton incise sur ce point, on voit s*écouler ■s pus presque toujours inodore et d'un blanc crémeux, quelquefois jaune, ver- Aire et floconneux. Si le foyer est récent, ses parois sont anfractueuses et inégales, ramoDîes, infiltrées du pus; si, au contraire, l'altération remonte déjà à ude époque éloignée, la cavité est tapissée par une fausse membrane tomenteuse ayant quelque analogie avec le tissu muqueux : on peut quelquefois la diviser en plu- ■eors feuillets supeiposés. Ce kyste se forme plus ou moins rapidement. Abersrambie l'a vu déjà bien formé dés le douzième jour; mais dans la plupart des cas, I n'est organisé qu'au bout d'un mois. Il existe d'ailleurs, à ce sujet, une foule it variétés dont il est presque toujours impossible do déterminer la cause. La Mbstance cérébrale qui entoui« l'abcès est tantôt un peu injectée, tantôt elle a une Iriule jaunâtre ou verdâtre; sa consistance est parfois diminuée, mais le plus soûlent elle est devenue plus considérable. Enfin, ces al^ès coïncident fréquemment ivec diverses lésions, dont les unes sont primitives et les autres consécutives : ce sont mnout des altérations dans les os du crâne, particulièrement une carie du rï)cher. GcHe-cî coexiste fréquemment avec un abcès du lobe moyen, lequel communique |Miqueiois avec l'oreille interne (Morgagui , Itard , Lallemand , etc.), et devient nnsi une des sources du pus dans Tolorrhée purulente.
Enfin, on a cité la gangrène comme pouvant être produite par l'encéphalite : eepcodsnt cet accident est fort rare. Quoique Jcs caractères du sphacèle du cer\'eau pa soient pas encore sufiSsamment connus, on devra néanmoins croire à l'existence l'ose gangrène, lorsque la substance nerveuse, devenue d'un brun noirâtre, se lépsrera par fragments ou sous forme de détritus, lors même qu'elle n'exhalerait encore aucune odeur putride.
Les lésions qui caractérisent l'encéphalite aiguè sont plus fréquentes dans le ocrrenQ que dans le cer\'elet, et c'est à peine si jusqu'à présent on sU a observé luelqnts exemples dans la protubérance. Depuis MM. Lallemand et f!rq|pilhiiT
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un a prélciidu que le ramoUissemeut inflammatoire éuit surtoat commun dans \a parties les plus Tasculaires, c'csl-à-dire dans la couche corticale ou dans les partîo qui renferment le plus de substance grise. Cependant quelques relevés contradictoires, mais ne s*appuyant encore que sur un nombre de faits bien insuffisant, doivent faire élever quelques doutes sur Texactitude de cette propotttkm. Quant aux collections purulentes, on les rencontre surtout au centre des hémispbères oa dans les lobes moyens , et tout porte à croire , d'après le siège , qu'elles se soot d'aborà formées dans la substance médullaire.
Lésions qu'on a regardées comme caraciérisomt tinflammùtUm chronique du cerveau. Quelles sont les altérations qui peuvent succéder à Vencéphaiitet -- Parmi les lésions que nous venons d*étudier, il en est deux qu'on rencontre ansn à l'état chronique : ce sont le ramollissement blanc par infiltration purulente et ki abcès ; ces derniers sont alors toujours enkystés. Mais il est d'autres lésions qu'oo a aussi regardées comme spéciales à Tétat chronique : ce sont les ulcérations et différentes espèces d'induration. L'ulcération de la substance cérébrale, qui peut m former d'une manière aiguë, est une altération fort rare, sur laquelle nous ne possédons encore que des renseignements fort incomplets. Elle est caractérisée pir une destruction plus ou moins étendue de la substance cérébrale et de la portion correspondante de la pie-mère et de l'arachnoïde. L'ulcération est tantôt reoonvcrte d'une exsudation albumineuse sanguine , ou baignée par une matière pulpeuse grisâtre; enfin, d'autres fois la surface est déiergée, tapissée par une membrane celluleuse, et, à une époque un peu plus avancée, par une membrane éptisR, dure, cartilagineuse ou même cornée, ce qui constitue une véritable dcatritti L'ulcération se fait toujours lentement et envahit successivement des parties qn tantôt sont saines, mais qui, le plus souvent, sont le siège ou d'une induration oi d*un ramoUissement avec injection ou infiltration purulente.
L'induration simple du cerveau , c'est-à-dire celle dans laquelle le tisra de l'organe offre partiellement, ou dans toute son étendue, la consistance qu'il acquiert lorsqu'on le fait macérer dans de l'acide nitrique affaibli, a été regarda comme 0 caractère anatomique certain de l'encéphalite chronique : cependant il est impoisible d'émettre sur la nature de cette altération aucune opinion plausible. Si même on réfléchit que cette induration a presque toujours lieu sans injection des tî«B, qu'elle occupe le plus souvent toute la masse encéphalique et qu'on ne retrouve pont ordinairement ces coloralions ardoisée, bleuâtre, qui, pour la plupart des tiam, sont des vestiges de congestions ou de phiegmasies anciennes, on devra supposer que l'inflammation est étrangère à sa production, et qu'elle se manifeste sous l'influence d'une de ces perversions de nutrition dont nous observons de si fréquenH exemples dans l'économie. Ce que nous disons ici de l'induration simple, généraki s'applique également à la plupart de ces indurations locales qui s'accompagnent en outre d'une transformation fibreuse, fibro-cartiiagineuse ou osseuse des tiasoi Nul doute que ces différents produits ne surviennent le plus souvent sans le concours d'aucun travail inflammatoire , mais quelquefois aussi une encéphalite ci^ conscrite en est le point de départ Lorscju'en effet la destruction du cervenn s'arrête dans sa marche, une partie des liquides infiltrés et des tissus altérés ert résorbée; l'autre portion se concrète , durcit, et forme une cicatrice dont l'aspect et la composition varient suivant les produits morbides aux dépens desquels ch est constit|rfe« et suivant l'époque à laquelle on l'examine : c'est ainsi que, d'abori blanchâtnnJbt albumineuse , elle durcit et peut devenir plus tard fibitxartilagineuse||||pême osseuse. Ces sortes de cicatrices sont situées dans la profondeur 4e
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pkoe oa à sa superficie ; elles peuvent produire tous les accidents primitifs et ■écotifs qui accompagnent la plupart des produits accidentels qui se forment is le cerveau : mais il n'est nullement démontré, comme le prétend Abercrombie, 'une portion du cerveau , venant à être frappée d'induration à la suite d'un rail inflammatoire, puisse plus tard s'isoler à l'aide d'un kyste, pour former une ces tumeurs si communes dans l'encéphale, et qui sont réellement constituées * quelques produits accidentels.
Sjfmptâmeê , marche. — L'encéphalite partielle , la seule dont nous devions iter, peut débuter brusquement par des secousses convulsives ou par une raideur inique , bornée à bn membre , ou à une moitié du corps et occupant simultament la face et les membres : cependant, dans la plupart des cas, la maladie est soédée par quelques symptômes de congestion cérébrale. Ainsi le plus grand mbre des malades accusent pendant un ou plusieurs jours une céphalalgie parle oo générale, ou bien une simple pesanteur de tête, des vertiges, des éblouisoenls, des bourdonnements d'oreilles; ils sont agités ou abattus; il y a de la nnolence chez les uns, et une insomnie opipiâtre chez d'autres. Quelques uns noaTOit des crampes, des raideurs ou des fourmillements bornés à un membre, me moitié de corps, ou occupant tous les membres; il y a aussi parfois embarras Nnentané de la parale. Cependant bientôt les facultés intellectuelles s'affectent ; y a nn délire vague, loquace ou une obtusion des idées, ou bien un état semi* tmcox, et un affaiblissement de la mémoire ; souvent il y a du strabisme ; la jore est animée, et les yeux sont injectés. Vers la môme époque , les membres ane moitié du corps, et c'est là un des premiers symptômes, deviennent le siège I raideur et de contracture ; les mâchoires sont serrées ; la sensibilité est obtuse, finis» par contre, elle est exaltée ; enfin ces parties peuvent être agitées de temps en mpt par des secousses convulsives, auxquelles succède bientôt une paralysie plus 1 UMÀns complète du sentiment et du mouvement. Au milieu de ces désordres , I pools peut rester assez calme; dans la plupart des cas, cependant, il s'accélère, cit Tif, la chaleur de la peau s'élève, et, comme nous l'avons vu pour la méninito, mais on peu moins fréquemment que dans cette dernière , on observe des onées, des vomissements et de la constipation. Tel est l'ensemble des symptômes l'on note dans cet état de la maladie qu'on peut nommer sa première période. Ci symptômes ultérieurs varient ensuite beaucoup suivant la marche que l'affecoosoit
Dans la plupart des cas, les symptômes d'excitation, tels que les contractures, s mouvements convulsifs et l'exaltation de la sensibilité, diminuent ou cessent, iNOt remplacés par la paralysie du sentiment et du mouvement. Cette dernière ïot être permanente ou bien alterner avec la roideur et les mouvements conirib. Quelquefois ces phénomènes opposés se remarquent simultanément ; c'est aai qoe la jambe peut être dans la résolution, tandis que le bras est contracture, réc^Moquement Les symptômes paralytiques coïncident ordinairement avec lirinement des facultés intellectuelles : ainsi le coma est de plus en plus profond, I popilles sont dilatées, le malade est étranger à tout ce qui l'entoure, la dégludon est difficile , les évacuations sont involontaires, ou bien l'urine est retenue m$ la vessie. Enfin , la respiration s'accélère et la mort survient lentement , ou in h vie se termine brusquemmcnt au milieu d'un accès couvulsif. Ce mode de nninaison est plus commun dans la période spasmodique de la malades, et, dans ) cas, la mort arrive avant qu'aucun symptôme de paralysie ait M obervé. afin, l'eocéphalite , ayant produit une collection de gus, peut avoir o9dM
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funeste sans que son existence ait été révélée pendant la vie par de la con^ractan ou par des convulsions ; Tintelligence s*est seulement affaiblie, et les malades, dam les vingt-quatre ou trente-six dernières heures de la vie, sont tombés dans Isoomi et dans un étal de résolution générale. On dirait, dans ce cas, que le cerreau est presque resté étranger à la formation du pus ; on dirait que ce liquide a été seslement déposé dans Torgane, et qu*à la manière d'un corps étranger ordinaire, fl n'a agi sur la pulpe nerveuse que par son volume ou par les lésions coosécotivci (ramollissement, hémorrhagie, méningite) qu'il a développées, et qnî expliquent souvent à elles seules les symptômes des deniiers moments.
Ainsi l'encéphalite n'est pas une de c€S maladies dont la marche aoit franche et régulière. Les alternatives de délire et de coma, de paralysie et de contractore, le retour à l'intelligence, ont fait dire depuis longtemps que l'encéphalite présentait des caractères pernicieux ou ataxiques. Ces rémittences peuvent se remarquer i toutes les époques de la maladie, même à la dernière période, lorsque, pir exemple, un vaste abcès remplit tout un lobe. Cette irrégularité des symptômei est difficile h expliquer ; on peut néanmoins s'en rendre compte jusqu'à nn ceilaiB point, en supposant qu'indépendamment de la lésion permanente (ramollissement* abcès), et, autour d'elle, il se forme une congestion plus ou moins forte, qui dé* termine des symptômes cérébraux proportionnés aux variations qu'elle subit La maladie suit la même marche, et les symptômes se développent à peu prt*s dans le ntême ordre de succession dans l'encéphalite spontanée que dans celle qui «I traumatique.
Des faits nombreux ont aujourd'hui mis hors de doute qu'on ne pouvait n fonder sur aucun des symptômes de la maladie ou sur la prédominance d*ancmi d'eux pour localiser l'altération dans telle ou telle partie du cerveau. Enfin, aooa accident particulier ne peut faire distinguer les cas dans lesquels le cerveil est seulement injecté et ramolli de ceux dans lesquels du pus est déjà infilUé ou bien réuni en foyer. Les abcès du cerveau ont surtout une marche des ptai insidieuses ; la phipart se forment à notre insu , ou du moins ne sotnt préoédéi que des accidents qui annoncent une simple congestion ou une phiegawie orconsente.
Quelles que soient la forme et la période de la maladie, personne en France n*i observé, ni dans l'encéphalite ni dans la méningite, ce bruit de soufile, isochrose j aux battements artériels, qui , au rapport du docteur Fischer, de Boston, serait h appréciable en appliquant l'oreille sur le crâne, surtout au-dessus de rextrimilé « antérieure de la suture sagittale, et qui dépendrait de la compression que le car** ■ veau augmenté de volume ou qu'un épanchement intra-crânien exerceraient ssr . les vaisseaux artériels. e
Durée, terminaisons. — La plupart des malades atteints d'encéphalite signe succombent dans le cours du premier ou du second septénaire. Cependant, cha . quelques uns, l'affection suit une marche beaucoup plus lente : dans ces cas. Fin- s* telligence se conserve pendant longtemps ; les phénomènes spasmodiques masquent rarement, mais ils sont souvent peu marqués; tandis que la paralysie» ^ quoique lente dans sa marche, existe presque dès le début» et finit par prédo- , miner. En général, dans la cérébritc chronique, telle que celle qui est anatooi- m quement caractérisée par un abcès eiikyslé, on observe à peu près les mêmes syn- -g ptômes que dans Tétat aigu , et ceux*ci se succèdent ))eu à peu dans le mêsN ■ çrdre : sepbmentleur intensité est moins considérable, leur marche est plus knte. j puisqlill °*^ P^ ""^^ 4SF '^ maladie ne se termine qu'au bout de quatre ou dsq i
DE l'encéphalite. 437
oit seolement, et parfois plus tard encore. Dans ces cas, la mort survient, tantôt irsaite du progrès naturel de TafTection, tantôt par l*effet des maladies consécn* res. D'ailleurs c'est surtout dans l'encéphalite chronique qu'on observe ces varia- M», ces irrégularités de marche que nous avons précédemment signalées pour ilat aigu. Gomme M. Lallemand l'a remarqué avec raison, cette irrégularité dans I symptômes s'explique par une succession non interrompue et variable de méagites, d'encéphalites et de congestions, qui se répètent à des époques plus ou oins éloignées, et sont séparées par des améliorations si prononcées, qu'on les ^end souvent pour des guérisons véritables. Ënfm , l'encéphalite chronique oe iière point » par ses symptômes et par sa marche, des autres lésions organiques I cerveau.
Juequ'à présent nous avons parlé de l'encéphalite comme d'une maladie dont BBse était toujours funeste; celle-ci est, en effet, la terminaison presque conmte de la maladie. Cependant quelques faits autorisent à penser que l'encépha** e peut guérir par résolution, puisqu'on a vu des malades recouvrer l'intégrité de Blet leurs fonctions. Ce sont là, à proprement parler, les mîuIs cas où l'on puisse re qu'il y a eu guérison; car lorsque l'inflammaiion, parvenue à un état de ra- DBiiocment fort avancé, se termine parla formation d'une cicatrice dure, qui tntùt même consécutivement le siège de diverses transfonnations organiques, on ^ pcat pas dire précisément que la maladie soit guérie, puisque la plupart des aiades conservent pendant toute leur vie de la contracture, de la paralysie et vers troubles intellectuels ; cette cicatrice, agissant en outre comme un corps ranger, finit presque toujours par produire autour d'elle diverses lésions conséitifei. Il n'existe encore aucun fait concluant qui prouve que des abcès céréaox aieut jamais guéri par la résorption du liquide, ou bien par suite de son ine k l'extérieur. Le pus peut bien être évacué à travers une solution de conti- ■lé récente ou ancienne des os du crâne , ou bien à travers l'ethmoïde ou le dier cariés ; mais cette évacuation , qui souvent est suivie d'une rémission mo*manée dans les accidents de compression, n'a jamais, que je sache, amené une lériWD radicale.
Diagnostic. — Nous avons vu qu'il était impossible de distinguer la méningoloépbalite de la méningite simple. Celle-ci diffère de l'encéphalite sans complica- ■• par la céplialalgie, qui est plus vive; par les troubles des sens, et par ceux s organes digestifs, qui sont plus communs; par la vivacité du délire et l'intenéde b fièvre; par la rareté et la circonscription de la paralysie. Dans Tinflamitîoa des méninges, enfin, les symptômes spasmodiques occupent presque touira les deux côtés du corps. Dans l'encéphalite simple, au contraire, la douleur tête et la fièvre ont une médiocre intensité ; il existe dès le début de la roideur de la contracture; plus tard, la paralysie se déclare : elle est toujours plus ou {ans progressive. Cette succession dans les accidents i)cnnettra de distinguer ■cépbalite de i'hémorrhagie cérébrale dont les accidents se déclarent brusquent ; mais souvent il sera presque impossible de la différencier d'avec le ramollisaeot
M. Durand-Fardel croit pourtant qu'il y a une forme d'encéphalite qui , anatoqoement caractérisée par l'injection et le ramollissement des circonvolutions BC adhérences des méninges, offrirait, comme accidents prédominants, des symtanea apoplectiques tout à fait semblables à ceux d'une hémorrbagie cérébrale. pendant les faits de M. Durand-Fardel ne nous semblent pas à l'abri de toute lection; car, malgré le soin avec lequel les observations ont été recueilliea, il ne
/i2B DES INFLAUMATfO^S.
nous est pas démontré que, pour la plupart du moins, sinon dans tous» les sym* ptômes apoplectiques u*aient pas été précédés de quelques prodromes propres à Tencéphalite et étrangers aux hémorrhagies.
Certains ramollissements inflammatoires ou atoniques des parties bUnches centrales du cerveau ressemblent beaucoup, par leur début, à la fièvre typboide. Ainsi, comme dans cette dernière, il existe de la céphalalgie, des étounUssements, des vertiges, des bourdonnements d'oreilles, de l'insomnie, du délire, quelquefoii dc^ épistaxis, de la diarriiée et toujours une fièvre assez intense. Cependant oo pourra s'éclairer sur la véritable nature de l'aiïection , en notant que, dans le en de ramollissement, il y a absence des principaux symptômes abdominaux et du rlle sibilant dans la poitrine; et puis ajoutons qu'au bout de peu de jours on voit survenir de la roideur, ou de la paralysie dans une moitié ou dans les deux côtés do corps, et souvent dès le début on constate du strabisme ou de la diplopie, acddents qui doivent toujours mettre en garde et empêcher qu'on ne porte on dii* gnostic prématuré.
Une fois fixé sur la nature de la maladie, il est impossible de localiser Faltératioo dans telle ou telle partie du cerveau ; il est même souvent difficile de déterminerii la maladie est bornée à un seul côté ou si les deux hémisphères sont atteints simultanément, puisqu'une encéphalite locale peut produire de la contracture ou des secousses convulsives dans les deux côtés. Cependant il faut convenir que ce cas est rare, et que le plus ordinairement, lorsque des symptômes spasmodiques oo de paralysie se montrent simultanément dans les deux côtés, on trouve une lésion dans les deux hémisphères à la fois, ou bien l'altération dont l'on d'eux est le stége est assez considérable pour avoir pu exercer une compression sur le côté sais. Nous avons dit aussi qu'il était impossible de préciser le genre d'altératkm qri existe : cependant si les symptômes sont impuissants pour résoudre ce problème, il y a parfois certaines circonstances qui peuvent venir en aide au diagnostic. Ainsi, lorsque chez un malade atteint d'une otorrhée ancienne, se liant à une ahé» ration des os, on voit diminuer l'écoulement, et survenir de la céphalalgie, du déli^^ de l'agitation, des convulsions, du coma et de la fièvre, on peut presque affirmer qu'un abcès se forme ou est peut-être déjà formé dans le lobe moyen. Il est im- !■ possible d'établir pendant la vie le diagnostic différentiel de l'encéphalite chrookpe ^ d'avec les affections cérébrales à marche lente. Ou ne peut avoir ici que des pr^ j* somptions d'après la connaissance des commémoratifs. ^
Pronostic. — Il est peu de maladies aiguës aussi graves que l'encéphalite; en ' effet, elle tue presque tous les individus qu'elle frappe, et ceux, en petit nomlNt, ■ qui y survivent , restent jusqu'à la fin de leurs jours infirmes, paralytiques on eo * état de démence. La variété qui débute par des mouvements convulsifs est de toota * la plus grave. ■
Etiologie. — On n'est pas encore suffisamment fixé sur la nature des causes prédisposantes et efficientes qui peuvent produire l'encéphalite. On sait pourtant que cette maladie atteint deux ou trois fois plus souvent l'homme que la femme; ' mais on n'est pas encore suffisamment fixé sur l'époque de la vie à laquelle la ma- ' ladie prédomine , les uns ayant indiqué l'enfance , d'autres l'âge viril. On ne sait * non plus rien de précis sur le rôle que jouent les affections tristes de l'âme, les travaux de l'esprit et la température : quelques faits autorisent à penser que b maladie peut survenir sous une influence héréditaire. L'encéphalite reconnaît sonvent comme cause déterminante une violence extérieure sur les os du crâne, l'îiisi^ htion ou les excès alcooliques. Nous avons dit aussi que l'inflammation de l'oreiile
DE LA yYÈLlTË. M9
MMi qa*elle dépende primitivement de la carie du rocher, soit que, bornée ï h muqueuse, elle Anisse pat altérer cet os, est une cause d*encépbalite, le termine ici presque toujours par la formation d*un abcès. Le virus vénél considéré par M. Lallemand comme pouvant aussi exercer nue influence t primitive sur le cerveau et Fenflammer ; mais cette opinion ne nous Hre nullement démontrée : il est, au contraire , incontestable pour tous ims vénérien , en altérant les os du crâne, peut devenir ainsi l'occfuioii d'une encéphalite. Enfin, celle-ci se développe fréquemment au |K)urtour lot ou d'une tumeur du cerveau : dans tous ces cas on dit qu'elle est con-
menl. — Le traitement ne diffère on rien de celui que nous avons indiqué imentpour la méningite; ce sont les autiphlogistiques combinés aux mer- !t appliqués suivant les mêmes règles. Peut-être pourrait-on essaye^ aussi de contre-stimulante qui échoue généralement dans les phlegmasiet des Ms séreuses ; quelques faits autorisent du moins à employer ce traitement Déphalite aiguë. Dans la période de collapsus, et lorsque la maladie passe li Miiqué, il faut insister sur les révulsifs puissants port^ sur le tube digestif, t sur la peau : tels sont un séton, un ou plusieurs cautères à la nuqiic, ou arge vésic^toire sur le cuir chevelu.
]>• la myélite.
t de myélite sert à désigner Tinflammation du tissu de la moelle épinière« ique. — On a voulu faire remonter jusqu'à Hippocrate la connaissance de î; mais rien de précis sur cette affection n'a été dit par le père de la mêle n'est que depuis un demi-siècle que l'histoire de la myélite i été posftracée par Haefner, d'abord (i), par Heer (2), par Barbaroux (3), par qui paraît lui avoir donné son nom (U). Mais à cette époque, la my^ite distinguée de la méningite, et même d*autres affections ; on trouve cette conique dans Jos. Frank (5). Ollivier, un des premiers, a tracé une description le de la myélite (6) ; 3L Calmeil a marché sur ses traces (7), et l'on trou- Qtre dans un mémoire de M. Hutin (8), et surtout dans le beau livre de Longet, sur l'anatomie et la physiologie du système nerveux, des matériaux pour élucider divers points obscurs de la mvélite et des autres maladies elle.
wue pathologique. — Ce que nous avons dit des lésions caractérisant Ten^ s'applique également à b myélite : seulement, comme dans celle-ci les m soivent une marche beaucoup plus rapide que dans le cerveau, il s'eO'* m trouve rarement sur le cadavre une mvélite caractérisée seulement , par la rouçeur, par riodunition du tissu, flans tous les cas, eo nerveuse est ramollie, diffluente, et le ramoilûsement peut préseoler rooge, jaune, verte et blanche, que nous avons déjà reocootrto Les ooUedioos purulentes s'y observent beaucoup plus raremeol I ce éeniier, et ont toujours un très petit volume. Comme pour le cerveau.
taofKTtfJtf de WÊtiMilet rpmaU$ imfMmwuaHme, Ifjitowf, 17VSf. — 'T, DitmtéaUm tpimdiâ. Erbtaieea, Ibli. — [Zj Du^ert. àt mtémU^ gymmli* mbl^ iM6. ~ 'k) DiMêerimiioèemytIitidt, Erbnsca, IHi. — .w Prmxxi»
11122, U M, p. Ti. — '6} Traiit du malaâàeà de La «.«rlk, t. li fL aïO. — t7) DkHkmmmirf de méderinr, n \X. — 8 BiWifik^^tig meâieule^ WÊÊim «fiSK.
A 30 DES INPLAllMATIONS.
les ramoUissemeuts rouges» jaunes, verdàtres et blancs avec infiltration pamlente, devront seuls caractériser un travail inflammatoire. Quoi qu'il en soit, ces ramollissements s'accompagnent toujours d'une augmentation dans le volume de h OM>eUe an niveau des parties altérées. Il est rare que la lésion occupe plus de la moîtîé do cordon rachidien ; ordinairement môme elle est limitée à une seule région : ainsi la portion dorsale est le plus souvent atteinte; viennent ensuite, par ordre de fr^ quence, les portions cervicale et lombaire. Le ramollissement commence presqne toujours par la substance grise centrale, plus rarement par la périphérie, à moins que la myélite ne soit consécutive à Tarachnitis. Le ramollissement peut occuper toute l'épaisseur de la moelle ou bien être borné à une des moitiés latérales, <m bien enfin être inégalement marqué à la face antérieure ou à la postérieure. Dans le premier cas, le tissu nerveux peut être réduit en une sorte de détritus parolent, de sorte qu'il y a réellement interruption complète entre les parties sopérienre et inférieure de la moelle.
Lorsque la moelle est ainsi, dans une partie de son étendue, convertie ea une sorte de bouillie demi-liquide, on peut reconnaître cet état, avant même de fendre les membranes, à une mollesse, ou plutôt à une fluctuation véritable qu'on perçoit à ce niveau. On a coutume de considérer surtout comme des indices d'une inflammation chronique, l'induration de la moelle, avec ou sans hypertrophie, et avec une coloration brune ou ardoisée de son tissu. Ce cordon nerveux peut acquérir alors la consistance de l'albumine durcie. Beaucoup regardent la myélite chronique comme anatomiquement constituée par un ramollissement blanc; mais nom verrons plus tard que cette lésion ne reconnaît pas une origine inflammatoire. (Yoy. dans le tome II , l'article Ramollissement de la moelle, ) Jusqu'à présent donc fl est absolument impossible de déterminer avec précision les altérations qui penvcol eaVactériser la myélite chronique.
Symptômes et marche, — La myélite paraît débuter ordinairement sans prodromes, par des symptômes tout à fait locaux : ainsi la plupart des malades épronvent de l'engourdissement , des fourmillements , des crampes dans les membRS inférieurs, et quelquefois aussi dans les membres thoraciques, suivant la haotenri laquelle l'altération remonte. On a prétendu aussi qu'il y avait souvent des érectîoas; mais c'est un signe que nous n'avons jamais pu constater. Quoi qu'il en soitv lo mouvements sont toujours très difficiles, embarrassés, roides et incertains; quelquefois il existe en outre de temps en temps des secousses convulsives. Beaneoup de ces malades éprouvent une douleur fixe dans un point du rachis. Cette douleor peut être constante; mais le plus souvent elle n'est ressentie que par la prttiioa ou par la percussion médiate qu'on exerce sur les apophyses épineuses corre^MMdantes, ou bien encore lorsque les malades sont couchés sur le dos. QuelqaefMi, enfin, on la provoque en promenant une éponge imprégnée d'eau, ou très chaude, ou très froide, sur toute la longueur du rachis, ce qui excite vis-à-vis de la régioi. affectée une sensation de brûlure, tandis que partout ailleurs le malade ne resiett que l'impression ordinaire du chaud ou du froid. Indépendamment de cette dooleor locale, qui indique à quelle hauteur la moelle est altérée, il en existe souvent d'autres, qui tantôt semblent une irradiation de la précédente, mais qui souvent aoaû en sont indépendantes. Ces douleurs occupent les membres inférieurs; elles suivent parfois le trajet des nerfs sciatiques, ou bien elles sont disséminées dans tout k membre, et retentissent spécialement dans une de ses parties, à la plante des piôli, par exemple. Des douleurs plus fréquentes encore sont celles que beaucoup de ôiabdes accusent en travers du corps, et qui semblent siéger dans les branches d»
DE LA inrftLITE* 631
mrft intercostaux. Gepejidant bientôt la paralysie survient ; presque toujours commençant par les membres inférieurs, elle s*étend de bas en haut, et affecte presque toujours simultanément le sentiment et le mouvement, mais à des degrés fort diflférents; b perte du mouvement existe parfois sans altération dans la sensibilité : le contraire a lieu très rarement Eu même temps l'urine cesse d'être excrétée , ou bien elle sort involontairement ; les matières fécales peuvent être en général retenues lorsqu'elles sont solides, mais , pour peu qu'elles soient liquides , elles s'échappent malgré la volonté du malade, ou sans que celui-ci en ait la conscience ; il en est de même des gaz.
L'étendue de la paralysie varie suivant la hauteur à laquelle siège l'altératioû de la moelle. Ainsi , lorsque la myélite occupe la région dorsale ou lombaire, les membres inférieurs, la vessie et le rectum sont seuls affectés; mais lorsque l'alté^ ration gagne la portion cervicale, on observe du côté des membres thoraciques les mêmes symptômes que nous avons notés précédemment vers les membres abdominaux, c'est-à-dire des fourmillements, des crampes, de la raideur, des convulsions, et la paralysie du sentiment et du mouvement Bientôt aussi les ffluscles inspirateurs cessent d'agir ; la dilatation de la poitrine ne se fait plus que par le diaphragme ; la respiration est courte, accélérée, pénible, et un grand nombre de malades suc^^mbent aux symptômes d'une asphyxie lente. Ces acci-^ dents se remarquent encore lorsque l'altération réside dans la portion crânienne de la moelle. De plus, il n'est pas rare alors qu'il existe une douleur vive à la ooque, de la rigidité dans les muscles de cette région, des troubles de l'intelligence et des sens, du trismus, une déglutition difficile, une respiration pénible, diaphrag*matîqoe, et parfois de l'hydrophobie. A ces phénomènes succède une paralysie , tantôt bornée à une moitié du corps, plus souvent générale, suivant que l'altération occupe un seul faisceau ou les deux faisceaux antérieurs de la moelle. Lorsque ces accidents sont tels que je les indique, ils sont assez caractérisliques d'une altération de la portion crânienne de la moelle, et, quoi qu'on en ait dit, on ne les retrouve point, ni dans l'inflammation des parties blanches centrales, ni dans celle des deux kêmiipbères.
L'inflammation de la moelle peut exister sans réveiller beaucoup de sympathies : ctpendant il y a communément un appareil fébrile assez intense, de la soif, de rioappétence, et assez souvent des vomissements.
Nous avons vu que, quelle que fût la hauteur à laquelle siégeait l'altération de la moelle, les symptômes spasmodiques et la paralysie occupaient simultanément, mais parfois inégalement, les membres de l'un et de l'autre côté. Cependant, dans qnekiaes cas rares, et nous en avons rencontré plusieurs, ces accidents sont d'abord bornés à un membre ou bien aux deux membres du même côté, il peut y avoir en on mot hémiplégie, comme si la lésion siégeait dans un des hémisphères; mais s'il en est ainsi, on ne tarde pas à voir les membres opposés être atteints de la même manière, pour peu que Taltération de la moelle fasse de nouveaux progrès. Noos signalerons également comme un fait excessivement rare la propagation de haut en bas des phénomènes spasmodiques et de la paralysie. Nous avons parlé prtcédemnmt de la paralysie comme survenant presque toujours d'tme manière pn^greuive : cependant il n'est pas rare que les malades, qui n'éprouvaient d'abord que des fourmillements dans leurs membres, soient tout à coup paralysés du sentiment et du mouvement dans ces parties, comme si le tissu de la moelle était brusquement détruit par un raplus hémorrhagiquc. Il faut admettre alors que Talté- Fttira est devenue tout d'un coup très considérable.
Dui*ée y. terminaisons. — La myélite a une durée plus ou moins tongae : elle peut entraîner la mort au bout de peu de jours lorsque la maladie occupe primitivement la région cervicale; mais si Taltération commence par les régioiis èmak ou lombaire , il peut s^écouler plusieurs semaines avant que la terminaisoQ fatak ait lieu. Celle-ci est produite tantôt par les progrès de Taltération qui gène h respiration et empêche Thématose, ou bien par suite de la gangrène qui, comme dans la plupart des maladies de la moelle , envahit rapidement les parties destinées ï supporter le poids du corps, telles que le sacrum, les coudes, les trochanlen et les talons. Dans ces cas la paralysie devient si complète que la peau des membres et do tronc peut être déchirée et brûlée sans que les malades en aient conscience ; enfin les parties s*inûltrent et perdent leur chaleur. Très rarement (car jusqu'à présent nous n*en avons rencontré qu*un seul exemple) la myélite se termine par le retour complet à la santé. Alors la sensibilité se ranime, le mouvement revient peu à pen, les évacuations involontaires cessent, et au bout d'un temps, qui est rarement moiudre de six semaines ou de deux mois , les malades ont recouvré h plâûtnde de leurs facultés; mais je le redis, ce cas est très rare. On peut en oatre établir que tous les malades qui ne succombent pohit aux accidents aigus restent ensm'le infirmes, paraplégiques, sujets à des rétentions ou à des incontinences d'orine et de matières fécales. Quelques malades pourtant peuvent encore se soutenir et marcher avec Taide d*un bâton ou de béquiUes ; chez d'autres la station est ifflpos» sible sur les pieds, tandis qu'elle peut encore se faire sur les genoux ; un grand nombre enfin ne peuvent plus exécuter aucune espèce de mouvements : leora membres sont alors tantôt contractures, tantôt ils sont en résolution. Chez ces in* dividus, les muscles qui sont ainsi paralysés s'atrophient, et l'on voit parfois qodqucs uns d'entre eux, ceux des mollets surtout, subir la dégénérescence graisseniK. Enfin, lorsque la mort arrive au bout de plusieurs années, on trouve» pour eipli* quer les accidents dont nous venons de parler, une atrophie partielle de la modle, ou bien une induration de son tissu, et quelquefois un ramollissement blanc ne différant pas de celui qu'on rencontre dans un grand nombre d'états aigus.
Diagnostic, — L'existence d'une douleur fixe et plus ou moins vive, spontanée ou provoquée par la pression et la percussion sur un point du rachis» des qrm* ptômes spasmodiques, ou une paralysie se développant simultanément ou socoosî^ vemcnt dans les deux membres opposés et coïncidant avec l'intégrité des fMohés intellectuelles, devront caractériser une maladie de la moelle. Le siège de la doukur et de la paralysie fera connaître l'étendue de l'altération. La persistance seule de b motilité ou de la sensibilité portera à croire que l'altération affecte exclusiTemeit ou spécialement les faisceaux postérieurs ou antérieurs. L'hémiplégie piXHiTcn que la moitié de la moelle seule est malade. Il est inutile de dire que h paralysie occupe toujours le côté correspondant à l'altération. On pourra encore distiiigaer la myélite de l'arachnitis spinale , en ce que dans cette dernière on observe une douleur locale plus vive, et qui manque plus rarement que dans la myéBle; Q existe en outre une raideur convulsive des muscles vertébraux, et une exi^ëralkm de la sensibilité de la peau, accidents qu'on ne voit pas dans l'inflammation qui eH bornée à la pulpe neneuse; ajoutons enfin que les symptômes spasmodiques (raideur, contractures , convulsions) sont plus marqués dans l'arachnitis, tandis que la paralysie prédomine dans la myélite. Là se borne tout le diagnostic; car je ne pense pas qu'il soit encore possible de préciser la nature de l'altération, c'est-èdire de déterminer d'une manière certaine si l'on a à traiter une myélite ou sealement un de ces ramollissements à marche aiguë dont nous parlerons ailleoiSt
DE L\ MYÉLITE. ASS
qui semblent se produire sans le concours manifeste d*aucii \ travail inflam-' aïoîre.
Les abcès traamatiques formés autour d'une vertèbre contuse ou fracturée don- »t lieu à des symptômes qui ont la plus grande analogie avec Tinflammation de mocUe et de ses enveloppes. Ainsi, quelques jours après Taccident, il se déveppe de la fièvre, une paralysie des membres, du rectum et de la vessie, accidents lî cmncident avec une douleur locale le long du rachis. Souvent alors, au bout t quelques jours, les symptômes de compression diminuent, si le ptks, fusant hors I canal rachidien, se réunit dans un point des gouttières vertébrales; M. Bigot, appelé l'attention sur cette circonstance (1). Ici, les commémoratlfs et la marche it accidents pourraient faire soupçonner la nature de la lésion. On comprend de leile importance il est, en pareil cas, d'explorer avec soin le rachis et ses envios, pour saisir dès son début la formation de l'abcès, et ouvrir au pus une issue L dehors.
U importe de prévenir le lecteur que certains accidents hystériques peuvent sinier la myélite ; il est en effet des femmes qui perdent quelquefois proroptcmerit •entiment et le mouvement des membres inférieurs ; mais ces accidents, toujours frétiques , surviennent brusquement , ils cessent de même et coexistent avec mires symptômes moins insolites de l'état hystérique. On verra plus tard e.i loi la myélite se distingue des autres formes de paraplégie essentielle et de i'héorrliagie de la moelle. (Voy. ces maladies.)
Pronostic, — - La myélite, comme on a pu s'en convaincre précédemment, est une ibdie excessivement fâcheuse; sa gravité est d'autant plus grande que la pbleg- ■ie siège plus haut. Lorsque l'altération gagne la région cervicale, les malades coombent presque toujours assez promptement; tandis que si elle est circonrilc à la région lombaire, on voit fréquemment les malades résister de longues nées; la manifestation de la gangrène est un accident des plus fâcheux; enfin, paralysie des muscles respiratoires indique à peu près sûrement une mort pro- Éttoe.
ÉtMogie. — La myélite parait être plus commune dans la jeunesse et dans His adolte; elle est le plus souvent spontanée; elle succède pourtant assez fré« (wmmrnt à des violences extérieures sur le rachis, ou à des fatigues excessives, 4ki que celles de la marche, surtout lorsque les individus portent en même temps h loards fardeaux sur leurs épaules. £nfin l'altération des vertèbres, la compresin de la moelle par une production morbide ou simplement par la déviation du •Ais, peuvent finir par provoquer une inflammation aiguë de la pulpe nerveuse ■r suite de la compression des tissus.
T^raUement, — I^s moyens de traitement sont exactement les mêmes que pour I néoingite racbidienne dans la période aiguë. Mais les révulsifs devront être ici HBOoap plus énergiques : c'est ainsi que, dès qu'où aura suffisamment combattu Uammation par les saignées générales et par les ventouses scarifiées mises le Itgdii rachis, on appliquera un ou plusieurs cautères ou moxas sur les côtés des pephyses épineuses correspondant à l'altération ; ces moyens sont de beaucoup jinrables aux vésicatoires. On a conseillé à cette même époque' les mercuriaux, rai4-dire le calomel à doses altérantes (15 â 20 centigrammes en 1 5 ou 20 paquets. I prendre d'heure eu heure), et des onctions d'onguent napolitain sur la colonne Irtébrale; mais ces moyens n'ont le plus souvent d'autre résultat que d'exciter
(1) Thèse de Paris, année 1865.
T. I. — <*• ÉniT. ^ ^^
tillX DES INFLAMMATIONS.
une Stomatite qui est une cause de nouveaux malaises. La diète, les boissons donces, les laxatifs légers compléteront le traitrineiit de la myélite aiguë.
Lorsque la maladie passe «i i*état chroni(|uc, on mettra sur les côtés du rachîs des cautères ou des moxas au nombre de U ou G. On peut aussi faire usage, d'après le conseil d*011i\ier, de douches salées ou sulfureuses sur la colonne; Jes bains sulfureux naturels ou artificiels, et les bains de mer, pourront également être efficaces; mais dans remploi de ces moyens excitants, il faut agir prudemment et comme i tâtons , afin de ne pas réveiller les accidents aigus. La strychnine et rélectropuncture conseillées par quelques personnes ont eu rarement des eOéti avantageux.
Dans la myélite, comme dans la plupart des maladies de la moelle, il faut prendre les plus grandes précautions pour éviter les escarres, qui ont beaucoup de tendance à se produire. Les malades seront donc tenus proprement ; on les changera aoufeot de i)osiiion ; on évitera tout ce qui pourrait irriter et contondre la peau : c*ett dans ces cas que les lits mécaniques ont une grande utilité ; enûa ou g'aasortni que Texcrélion urinairc se fait régulièrement et complètement, attendu que beaacoup de ces malades souffrent d*une rétention d*uriue à laquelle on renoédiera par le cathétérisme. (Yoy. comme complément, dans le tome II, rarticie RamoHimmmt de la moelle,)
De la névrite.
C'est à tort que quelques auteurs ont autrefois contesté que les nerfs passent jamais s'enflammer. D'autres ont soutenu, avec Boerhaave et M. Martinet, que, dans la névrite, Tinflammation respectait la pulpe nerveuse, tandis que le né- Trilèmc seul était phlogosé; aussi désignaient-ils plutôt la maladie sous le nom de néorilite ou de néorilémite. Mais les recherches cadavériques et Jes expériences tentées sur les animaux, notamment celles entreprises par le docteur Dubreuil, et que ce médecin a rapportées dans sa thèse (1 ), ont prouvé que le névrilème, comme la substance nerveuse, pouvait être isolément ou simultanément atteint par TiiH flainmation. Celle-ci est caractérisée dans le premier cas parla rougeur, parl'^wsissement et la friabilité du tissu; dans le second, |Nir l'injection, le ramoUiflNnMt et rinfiltration purulente de la substance nerveuse, transformée parfois pulpe grisâtre; le volume du nerf est toujours augmenté. Nous ne savoos les caractères de la névrite chronique.
Symptômes, •— La névrite est caractérisée par une douleur ?ive, dibcénuttea contusive, siégeant sur le trajet connu d'un nerf; elle est continue et augmente pf la pression. Si le nerf est superliciellement placé, on sent à travers la peau uo toh don dur, noueux, douloureux, formé par l'organe malade, ^ont les fonctiont n trouvent plus ou moins perverties. C'est ainsi que les parties qui recouvrent kl' ramifications du nerf sont le siège d'un engourdissement pénible, et quelqucMl d'une paralysie qui porte à la fois sur le sentiment et sur le mouvement, on flir l'une de ces facultés seulement, suivant la nature du nerf malade. Cette paraljrit pourrait même devenir permanente si l'inflammation, arrivant jusqu'à suppuratioa ou gangrène, avait pour effet de détruire le nerf, ou bien encore sî celui-ci éuil consécutivement frappé d'atrophie. L'ulcération n'est peut-être jamais une suite A la névrite. Cette lésion, dans les cas rares où on l'a observée, a toujours été coast' cutive à la destruction des tissus ambiants. Cependant les faits de névrite juqa't
(I) Thèse de Moatpellier, 1845, n* Sa.
DU cobtza; 633
présent connus sont assez rares pour qu*on no poisse encore déteiininer exactement quels sont la marche et les modes de terminaison les plus fréquents de la maladie.
Diagno$iic. — La névralgie est la seule affection qui pourrait simuler une névrite, mais nonsverrons que dans la premicTe, qui est toujours apyrétique, la douleur est exacertNinte, et qu'elle a des rémissions. La première se calme parla pression ; celleci du moins ne réveille des souffrances que dans quelques points, là où le nerf, 00 bien une de ses divisions sont situés plus superficiellement Enûn la paralysie est une suite rare de la maladie, et ne survient d'ailleurs que très lentement. Dans la néf rite, au contraire, il y a souvent de la ûèvre, la douleur est continue^ elle est coDsUimment réveillée par la pression, de quelque manière qu'on l'exerce; la ptnilysie enfin est un accident fréquent et presque toujours très opiniâtre.
Une phlébile ne pourrait pas simuler la névrite, car il existe dans la première OD cordon dur, noueux, douloureux, sur le trajet connu d'une veine; il y a oedème des parties situées au-dessous et des accidents d'infection qui suniennent souvent à la seconde période de la maladie.
Pnmoilic. — ^^On peut dire d'une manière générale que le pronostic de la nérrtlc est grave, non qu'elle compromette la vie, mais parce qu'elle laisse parfois après elle une paralysie incurable. Cependant la science ne possède encore rien de précis à cet égard.
Causes^ — La névrite est une maladie excessivement rare, surtout comme affection idiopatliique ; elle succède presque toujours à quelque cause traumaiique, comme une plaie ou une contusion. On Ta encore vue survenir après la ligature ou b cautérisation du nerf, ou bien après qu'un corps étranger a pénétré dans le tissu deTorgaoe. Ce))endant, somme toute, les nerfs sont assez peu inflammables. Rien, cv eflet, de plus commun que de voir des cordons nerveux traverser des foyers supporte oo gangrenés sans qu'ils participent au désordre des parties environnantes. M. Beau regarde, par contre, certaines névrites comme très communes ; il rapporte, CB eflet, à l'inflammation aiguë des nerfs intercostaux la douleur vive de la pleurésie, SHune il attribue à la névrite chronique les points de côté si communs chez les ikthiuqoes. Mais nous avons dit précédemment que celte opinion était au moins ■igéréc, car d'une part l'anatomie pathologique les confirme rarement, et d'autre pHt il serait extraordinaire que presque toujours la doulenr se calmât ou disparût IDot à fait, ainsi que la chose a lieu dans la pleurésie, tandis que l'altération persisttrait* puisque l'ouverture des cadavres la ferait toujours découvrir; ce serait là anomalie bien extraordinaire, car rien de pareil n'a lieu dans la névrite.
Traitement. — Le traitement est essentiellement antiphlogistique ; on insistera irlont sur les émissions sanguines locales, sur les cataplasmes, les bains, les oncmercorielles et les révulsifs. Enfin si, la période inflammatoire ayant cessé, lis malades éprouvaient de l'engourdissement et un commencement de paralysie, on promènerait on ou plusieurs vésicatoires, et même on appliquerait plusieurs eauou moias sur le trajet du nerf.