DE LA COLIQUE DE PLOMB
STWOIIYIII». — CoUq«« s«lar«ine, - mélalliqiie, «• Uat plombteri, — d«t peànltet, — > det pytien, ~~ ^s barbooiUcurt; rachialgie, etc.
Nous définirons la colique de plomb, une maladie apyrétique, caractérisée par des douleurs abdominales \ ives, exacerbantes, qui se calment le plus ordinairement par la pression, s'accompagnent de nausées, de vomissements verddtrcs, d'une constipation opiniâtre, souvent de crampes dans les membres et d'autres sensations douloureuses dans diverses parties du corps.
Historique, — Peu connue des médecins grecs, romains et arabe$, la coKque de plomb n'a été complètement décrite qu'à partir du xvir siècle, vers le milieu duquel parut l'ouvrage de Stockhusen (1} ; mais c'est dans les deux siècles suivants que la maladie a été l'objet de recherclies beaucoup plus suivies : nous citerons surtout les travaux de de Haèn (2), de llsemann (3), de Stoll (^4), de Bonté (5), de Gardane (6), et paimi les modernes, ceux de MM. Méral (7), Chomel (8), Andral (9), Tanquerel (10) el Brachet (11) ; enfin, anièrieurement à ces deux derniers, en 1835, l'auteur de ce livre publia, dans sa thèse, une histoire de la colique de plomb, d'après un grand nombre de faits recueillis pendant son internat à l'hôpital Beaujon.
Anatomie pathologique, — Chez la plui)art des sujets qui succombent à la colique de plomb, on ne trouve aucune altération ap|)réciable dan^ les organes digestifs.
(1) De liihargyrii fumonomo morhifidu in«i2, 1656. — (2) Ratio medindi, 1. II. - (8) De eolica satumina. Gœttinguc. 1752. — (A) Médecine pratique, l, 11. — (5: Ancitn Journal de médecine, t. XV, XVI et XU — (6) Idem, t. XLI. -- (7) Traité de la colique métailique Paris, 1812. — (8) Dictionnaire de médecine, t* édition, article Coliquk MkTALUQti* — (f) CUnique médiceU, i, IV. -^ (iO) Mmladiet de plomb, jL I. — (H) Traité pratique de la colique de plomb. Paris 1850.
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Je n'en ai jaiiiais constaté ; M. Tanquerel, analysant dans son livre ^9 observations iTfc antofïsies empruntées à diiïérentes sources, établit que 20 fois il n'etistalt locane lésîoo qui fût en rapport avec les symptômes observés pendant la vie ; dans S cas il y avait quelques ramollissements partiels, chez 6 un peu d*épaississeroent fcla moqneiisc, et 10 fots un développement des follicules. Mais dans aucune de ces lésions il n*y a rien qui soit spédal à la colique et qu'on ne rencontre dans le cours die plnsieurs antres aHeclions aiguës ou chroniques. La seule lésion qui paraîtrait dépendre davaùtage de la colique, car on Ta obset*vée dans un tiers des cas, consiste dans un retrait, dans on ratatinement du tube digestif, dont la mu* quense est sèche et en contact avec quelques matières fécales indtii'ées. Les autrei viscères sont sains , à moins de complications. Qtte ^nser, d*après ces détails, des auteurs qui, comme Bordeu, disent avoir trouvé dans lé péritoine et dans les intestins tes plus graves désordres ? Il faut supposer, ou bien qu'on s'est mépris sur le diagnostic, ou qu'on a attribué à la maladie des lésions qui dépendaient exclusivement de complications ptrremeut accidentelles.
Synfptômes. — La colique de plomb peut débuter d'une manière assez soudaine. Cependant presque toujours elle a des prodromes : ce sont tous les phénomènes d*intoxication précédemment décrits et auxquels se joignent bientôt des douleurs dans les membres, l'inappétence avec une langue blanche, du malaise et la difficulté des évacuations ; enfln, les selles sont de plus en plus rares et les matières excrétées sont noires, ovillées.
La maladie déclarée, les individus éprouvent une douleur plus ou moins vive, siégeant à l'ombilic , moins souvent à Tépigastre ou à Thypogaslrc ; cette douleur occupe parfois plusieurs de ces régions à la fois; elle s'irradie même vers lés lombes, vers les parties génitales, etc. Elle est tantôt obtuse, conlusive; plus souvent elle est aiguë et dilacérante. Kllc est continue, mais sujette à des exacerbations irréguliéres pendant lesquelles les malades sont dans la plus grande anxiété ; leurs yeux se cavent, la figure se grippe ; ils poussent des cris lamentables, se roulent dans leur lit et prennent les positions les plus bizarres pour se soulager. Beaucoup se coDchent surtout à plat ventre, appuyant souvent leur i)oing sur l'aMomen : car on des caractères les plus remarquables de cette douleur est de se calmer ordinairement par la pression ; ihais pour que cet elTet soit produit, il faut que la compression soit faite non par secousses et avec l'extrémité des doigts, mais doncément et par degrés, avec la paume de la main étendue à plat. En procédant de la sorte no soulage les malades dans plus des deux tiers des cas.
îjt tiers des malades atteints de colique satuniiue a le ventre plus oii moins rHracté ; chez les autres, l'abdomen a sa forme ordinaire. La rétraction du ventre se remarque surtout dans les coliques violentes. Ce phénomène remarquable nous paraît tenir 4 une contraction s|)asmodique des muscles abdotninaux qui s'appli- ^ent instinctivement sur les viscères comme \youT en atténuer les souffrances.
^resque tous les malades dont nous parlons sont constipés, et cette constipation (st le plus ordinairement très opiniâtre. Plus des trois quarts d'entre eux ont des naosées ; celles-ci sont chez la plupart suivies de vomissements, qui tantôt sont tqueni, mais qui presque toujours sont bilieux, amers et d'un vert porracé. Quelipes-uns sont en même tem|)s tourmentés par des éructations et par des hoquets. Chef ces individus, la langue est nette et le phis souvent blanchâtre, la soif est tariable, Tappétit complètement nul ; l'haleine exhale ordinairement une odeur uburrale. La sécrétion urinaire est presque toujours diminuée, et chet q;ue)qnea Biiades b miction est doiûoareiise et s'accompagne de ténesme.
20 DES EMPOlSONNtMENJS.
Le plus souvent il existe des douleurs dans différentes parties du corps» telles que de la céphalalgie (chez uu quart) ; des tirailieuienLs, des douleiu^s contusives vers les cordons testiculaires ( chez un quart ) ; des crampes, un sentiment d*engourdissement, ou bi^ des douleurs lancinantes et dilacéraates dans les muscles des membres inférieurs (chez les trois quarts), ou des supérieurs ( chez la moitié ) , plus ou moins fréquemment dans les OMiscles lombaires (chez uu tiers) ; enfin, quelques-uns (un septième) éprouvent un sentiment de constriction pénible vers te thorax. Au milieu de ces souffrances si vives, la peau conserve sa température et te pouls sa fréquence normale, souvent même il est plus lent que de coutume ; en un mot, la colique de plomb est une affection tout à fait apyrétique; mais les malades sont fatigués, leurs forces sont anéanties, ils sont privés de tout sommeil^ ce qui dépend surtout de la vivacité et de la continuité des douleurs.
La colique peut se compliquer d'autres affections saturnines, notamment de divers accidents cérébraux, et des différentes formes de paralysies dont nous parlerons plus loin. Elle peut aussi s*accompaguer de toute autre maladie survenant indépendamment de Faction du plomb: la chose pourtant est rare ;nousen exceptons néanmoins l'ictère, qui se déclare dans un huitième des cas environ, mais il a ra^remeot une grande intensité.
Marche^ durée^ terminaisons, — La colique saturnine a une marche assez irrégoljère. Lorsqu'elle est abandonnée à elle-même, elle peut durer indéfiniment, c*est-à-dire pendant plusieurs semaines, n'ayant presque aucune tendance à se terminer spontanément. Si ou.la traite méthodiquement, on voit Tamélioratlon survenir le plus souvent très promptement, et les fonctions digestives se rétablir rapidement Cependant il n'est pas très rare de voir, après une guérison complète, les malades être pris de nouveau des mêmes accidents. Quelques-uns, après une ou plusieurs de ces attaques, restent paralysés.
La colique ne se termine presque jamais par la mort lorsqu'elle est simple ; mais, de temps en temps , on voit des malades succomber par suite des complications cérébrales que nous étudierons bientôt.
Diagnostic. — Aucun des symptômes pris en particulier n'est pathognomonique de la colique de plomb; mais leur ensemble caractérise suffisamment cette affection et permet de la distinguer de toutes les autres maladies connues. Il n'y en a aucune» en effet, qui offre la réunion des symptômes suivants: douleurs vives, exa • cerbantes, dans te ventre, et que la pression n'exaspère |X)int ; constipation opiniâtre, ifomissements porracés, apyrexte complète. La colique saturnine ne ressemble donc en rien ni à la dyssenterie ni à la colique de cuivre, maladies dans lesquelles on observe de la fièvre, de la diarrhée, du ténesme^ parfois du météorisme et des douleurs de ventre qui augmentent par la pression. L'entérite simple s'en distingue également et par des coliques moins vives que la pression exaspère, et par de la diarrhée ; quelquefois aussi il y a un mouvement fébrile.
La fièvre, te météorisme, l'altération des traits, les dooleurs abdominales que la moindre pression exaspère, feront aisément distinguer ufie péritonite.
Un étranglement interne, par la violence des douleurs, par la constipation et les vomissements, pourrait simuler une colique saturnine ; mais le début en général brusque de l'iléus, le météorisme qui l'accompagne, le relief que les anses intestinales distendues font à travers les parois abdominales, l'interruption complète de l'excrétion gazeuse, et à une période plus avancée, les vomissements stercoraux, altération profonde des tiaits et la fièvre, ne permettront aucun doute sur la nature de l'affection.