ET DE ZINC
L'hydrochlorate d'or, le nitrate d'ai*gent, l'hydrochlorate d'étain , le sulfate de zinc, préparations qui, toutes, sont employées en médecine, peuvent donner lieu à des empoisonnements. Ces diverses substances enflamment , quelques-unes corrodent, perforent les tissus de l'estomac : tel est, en particulier, le nitrate d'argent Ces poisons déterminent tous les accidents locaux et sympathiques des poisons caustiques. L'hydrochlorate d'or provoque, en outre, une vive excitation des organes génitaux et du cerveau. Quant au sulfate de zinc, les expériences d'Orfila ont prouvé qu'il tuait moins par la phlogose, qu'il produit localement, que par la stupéfaction du cerveau, qui succède à son absorption.
l^MMISONNEMENT PAR LES PRÉPARATIONS DE CUIVRE. 13
Le médecin appelé à soigner des individus empoisonnés par une des préparations prudentes devra d'abord satisfaire à la première indication, qui est d'expulser le pnsoD par le vomissement. 5on traitement sera ensuite subordonné à la nature de b sobstance toxique : ainsi, pour le chlorure d'argent, on se borne à donner des Imnsboiis douces et à combattre l'inflammation. Mais, pour les autres préparations Ténéoeases, l'art possède des antidotes : c'est ainsi que l'azotate d'argent sera déccMnposé dans l'estomac par le chlorure de sodium (eau salée), mais il faut se hâter d'agir. Dans l'empoisonnement par le protochlorure d'étain et par le sulfate de une, on devra administrer le lait, qui, d'après les recherches d'Orfila , jouit de la propriété de se combiner avec ces sels et de former un composé insoluble à peine vénénenx.
EMPOISOimEMENT PAR LES PRÉPARATIONS DE CUIVRE.
L*emploi des vases de cuivre pour les préparations culinaires explique la fréquence des empoisonnements par les oxydes ou par les sels de ce métal. Presque toujours, en effet, l'empoisonnement est produit par les oxydes et par les carbonates qui se forment au contact de l'air sur les vases de cuivre qui , quoique malpropres on non étamés, sont employés pour les préparations des aliments. D'auti*es fois l'empoisonnement survient parce que de j'acétate et de l'oxalate de cuivre formés pendant la cuisson des aliments se sont mêlés avec eux. Il est encore différentes préparations, notamment quelques bonbons et les cornichons, que les marchands colorent en vert avec un composé cuivreux, et qui pour cela ont souvent occasionné des symptômes d'empoisonnement Enfin, les simples émanations de cuivre, ou plutôt l'introduction journalière dans l'économie de particules cuivreuses, comme cela a lieu chez les 'chaudronniers, les limeurs, les fondeurs, les tourneurs, et autres ouvriers qui manient habituellement ce métal , donne lieu à une espèce de colique connue sons le nom de colique de cuivre : nous la considérons ici comme étant le premier degré de l'empoisonnement par le métal dont nous parlons.
1° Colique de cuivi^e.
Beaucoup moins fréquente que la colique de plomb, la colique de cuivre est caractérisée par des douleurs abdominales exacerbantes , qui siègent surtout an voisinage de l'ombilic , et que la pression exaspère ; le ventre est plus ou moins tendu ; il y a de la soif et de l'inappétence, souvent des nausées, et même quelques vomissements bilieux; constamment il existe une diarrhée plus ou moins abondante, s'accompagnant parfois de ténesme ; les selles sont jaunes ou d'un vert porracé, et glaireuses. La chaleur est élevée ; le pouls est fébrile; il y a de la céphalalgie, de l'anxiété, des douleurs lombaires ; le malade est abattu et très fatigué. En un mot, on observe tous les signes d'une phlegmasie plus ou moins intense des organes digestifs, et notamment de l'intestin grêle. Cette maladie a une marche généralement courte, car sa durée dépasse rarement six à huit jours. Elle récidive fréquemment si les individus s'exposent de nouveau aux émanations cuivreuses. La colique est d'ailleurs le seul accident qu'on observe chez les ouvriers qui manient le cuivre.
On voit, par ce qui précède, que la colique dite de cuim^e n'est qu'une forme de Fentérite. On devra donc employer contre elle les boissons douces, les lavements imidonnés, les bains et les cataplasmes émollients. Si la fièvre est forte, on ouvrira ia veine ; si le ventre est tendu et si les douleurs sont trop vives, ou fera une ou pknieurs applications de sangsue.? sar le ventre. Knfin, on administrera 5 \
1/^ DBS EMPOISONNEMENTS.
10 eentigraouiies d'opium, dans le but de modérer ies douleurs et de diminuer le nombre des selles.
Quelques auteurs ont prétendu qu'on pouvait appliquer à la colique de cuivre le traitement de la colique de plomb ; mais une pareille conduite est au moins irrationnelle t et elle n'a pu être conseillée que par suite de quelque erreur de diagnostic Il est, en effet, des médecins qui, chose presque incroyable, diagnostiquent la nature de certaines coliques bien moins par les symptômes qu'ils observent que par la nature des professions que les malades exercent Cependant il est aujourd'hui démontré qu'un grand nombre d'ouvriers qui, comme les fondeurs, manient habî» ttiellemeut le cuivre, peuvent être affectés de colique de plomb, parce que ce métal est souvent allié «lu premier, aGn d'en empêcher l'oxydation. Cette remai^ue, que nous devons à Christlson et à M. Cbomel, explique pourquoi les ouvriers qui travaillent le cuivre peuvent êtrç affectés de colique saturnine , 5 la production de laquelle le cuivre n'a aucune part, et qui guérit par des moyens opposés à ceux que nous avons éuumérés précédemment. (Voir plus bas Colique de plomb,)
2" Empoisonnement pr/)prement dit.
La plupart des empoisonnements par les préparations cuivreuses sont dus k l'acétate , à l'oxalate de cuivre , et au carbonate ou vert-de-gris naturel Ces sub* stances enflamment le tube digestif, et peuvent même le corroder et le perforer. Elles sont, en outre, absorbées et portées dans tous les organes de l'économie , où l'analyse chimique les fait découvrir. Il résulte aussi d'un travail de M. Millonqne les individus qui travaillent le cuivre excrètent eu grande partie par la sécrétion rénale le cuivre qu'ils absorbent,
Symptômei, — Dans l'empoisonnement par le vert*de-gris, les malades accusent une saveur acre, styptique, cl un sentiment de constriclion à la gorge; ils ont des rapports cuivreux , des nausées , des vomissements abondants , des tiraillements douloureux à l'estomac , des coliques atroces,, des déjections alvines nombreuses, noirâtres, quelquefois sanguinolentes. Leur ventre est tendu; la soif est vive, le pouls est petit, serré, la peau froide; la respiration est pénible, anxieuse; enfm les malades sont abattus, faibles; ils ont des crampes dans les membres» et suceombent en quelques heures dans des souffrances horribles. La mort est souvent précédée de convulsions et de syncopes. L'empoisonnement qui est produit par des aliments préparés dans des casseroles mal étamées commence de six à quinze heures après le repas, par de la céphalalgie, par du malaise, par de la faiblesse et par des crampes dans les membres ; ï ces accidents succèdent des nausées , des vomâsseinenis, des selles diarrbéiques, un pouls petit et fréquent Les malades qui sont promptement secourus ou qui ont avalé peu de poison guérissent; mais leur convalescence est souvent très longue, à cause des coliques, des douleurs épigas« triques et de la diarrhée, qui , chez un grand nombre, persistent pendant longtemps. En résumé, il nous parait résulter des ouvertures cadavériques et de l'étude des symptômes que les préparations cuivreuses tuent, et par linflammatioli qu'elles déterminent dans les oi^anes digestifs , et par l'action qu'elles exercent sur le système nerveux et sur le cœur, consécutivement à leur absorption.
Traitement, — Dans l'empoisonnement, après avoir satisfait à la première indication, qui consiste à expulser par le vomissement le plus de poison possible , on se hâtera d'administrer de Talbumine, substance qui, d'après Orûla, serait à peu près le seul antidote que nous posséderions contre les préparations cuivreuses. Ce savant professeur a, en outre, établi expérimentalement que les sulfures, que
EMPOISONNEMENT PAR LES PRBI'ARATIONS DE PLOMB. i^
rJÊânkm de ihhz de gaUe et le sucre, qu*on a employés loDgleraps comiue contrea^RTaieot aocune efficacité. M. Boucbardat a proposé plus récemment^ aotidote, k ier réduit par i*hydrogèoe. Il veut qu*oa le donoe dans du miel oa daa» da l'eaa à une dose qui doit âtre au moins trois ou quatre fois plus coosiéÉnblt €i«e la qvaiitîlé de poison ingérée. Le même professeur conseille uo mélange de poodre de zinc et de fer, ou la limaille de zinc. On a dit aussi de recourir à l'emploi dn persaifare de fer hydraté. Tous ces médicamenls méritent d*être expériflttntéft. Svifant M. Boucbardat, 70 grammes de poudre de fer et de zinc peuvent vréter l'action fénénense de 1 gramme d'acétate de cuivre.
Si le médecin est appelé trop tard , et si le poison a déjà franchi ic pylore, on B*en devra pas moins donner de Teau albumineuse , des boisspus douces, des lavements émoUients ; euûn ou aura recours aux aotiphlogistiqucs' ou aux autispaS'- Dodiqncset aux opiacés* suivant la prédominance des accidents inflammatoires ou Qprvenx.
EMPOISONNEMET^T PAR LES PRÉPARATIONS DE PLOMR.
Les préparations de plomb {vises à hante dose« comme quelques grammes d'acé* ute ingérés dans l'estomac, enflamment ce viscère; maison ne voit jamais survenir ni la gangrène ni la perforation de ses parois.
Les tf mpcômes sont en rapport avec ces altérations: ainsi les malades accusent une savcor styptique et sucrée dans la bouche et dans la gorge, et une vive douleur éfngaslriqae; ils ont des hoquets, des nausées, des vomissements, des coliques atroces, tantôt avec diarrhée, d'autres fois avec constipation; la face est altérée; les yeux sont caves, bordés de noir; les lèvres sont livides; le pouls est d'une petitesse extrême. La mort peut survenir au milieu du délire, des convulsions et des syncopes.
Le traitement consisterait, après avoir favorisé le vomissement, à administrer du soliale de soude ou de magnésie, qui transforme l'acétate de plomb en sulfate de piocnb insolulile. Ou agirait de même dans les autres empoisonnements produits par une préparation saturnine solnble. On a conseillé encore comme antidote le persaifare de fer hydraté humide. Cette deuxième indication satisfaite, il ne rcslerail plus qu'à combattre par les antiphlogistiques les symptômes d'inflammation coofiécntive.
Ce genre d'empoisonnement est excessivement rare : on n'en trouve, en effet, qne iart peu d'exemples dans les annales de la science. Cependant le plomb est, de toos les métaux, celui qui produit le plus souvent des accidents toxiques. Ceuxci résoltent surtout, non d'une inflammation de quelque organe, mais plutôt d'ane action spéciale exercée par le métal sur la nutrition, et consécutivement siu: diverses parties du système nerveux. Ce sont, eu effet, des douleurs névralgiques dans le ventre et aux membres, ou bien du délire, du coma, souvent des convnl- Mona on des paralysies plus ou moins étendues. Mais avant d'étudier ces accidents et kar nature, nous devons recherclicr les circonstances qui les développent le plus affdioairenient.
Ces différents modes d'intoxication peuvent se rencontrer chez tous les individus qoi aoiit liabitoeUementou accidentellement en contaa avec les préprations saturaîaet. On les observe surtout chez les ouvriers des fabriques de céruse et de minium, chez les peintres en Utiments, les barbouilleurs et les broyeurs de couleurs, les fondeurs de caractères et les potiers de terre; on les rencontre aussi, mais ifréqnenunent, ciies les affinenrs, çbez les imprimeum^ les fabricants de carVes
16 DES EMPOISONNEMEKTS.
d'Allemagne et de cartes glacées, chez lesétameurs, les vitriers, les fatenciers, les lapidaires, les fondeurs en cuivre, etc. Tous ces ouvriers, en effet, manient un plus ou moins grand nombre de préparations saturnines. Les femmes sont sujettes aux mêmes accidents, mais elles y paraissent moins prédisposées que les hommes. L'âge adulte, les écarts de régime, la malpropreté, sont des circonstances qui favorisent Faction toxique du plomb.
Les préparations saturnines s'introduisent dans l'économie par deux voies principales, qui sont: l'absorption pulmonaire et l'absorption gastro-intestinale. Ainsi les individus qui contractent la colique de plomb pour avoir couché dans des appartements fraîchement peints, les peintres qui éprouvent les mêmes accidents toutes les fois qu'ils peignent à l'essence, surtout lorsqu'ils sont renfermés dans des appartements qu'on chauffe ; enfin les ouvriers des fabriques de céruse et de minium qui respirent constamment une atmosphère de poussière saturnine, doivent surtout introduire le |)oison par la muqueuse respiratoire, qui, comme on le sait, est douée d'une force d'absorption considérable. M. Tanquerel-Desplanches a d'ailleurs fait quelques expériences sur les animaux, prouvant que le contact des préparations saturnines sur la muqueuse des voies respiratoires «eti/emen/ suffisait pour produire des accidents d'intoxication.
L'absorption par les voies digestives est prouvée par les cas nombreux d'empoi-* sonnements saturnins produits par l'usage d'une eau ayant séjourné dans des vases de plomb avec le contact de l'air, plus souvent encore par l'usage de vins ou de cidres sophistiqués avec la litharge, ou après l'usage de bonbons colorés avec le chromate de plomb, ou bien encore après l'administration à l'intérieur d'une préparation de plomb, notamment du sous-acétate à l'état solide ou liquide. Quelques faits semblent prouver aussi que des préparations saturnines donnéesà titre de médicaments ont pu être absorbées par les muqueuses oculo-palpébrale et vaginale ; mais il n'existe encore aucune observation authentique qui démontre la possibilité de l'absorption par la suriacede la peau, à moins pourtant que celle-ci ne soit dénudée ; mais même alors l'absorption est peu active, du moins elle ne produit que rarement des symptômes d'intoxication.
Les préparations saturnines sont donc absorbées; les recherches des chimistes ont d'ailleurs mis ce fait hors de doute. Ainsi Tiedemann et Gmelin, après avoir administré de Tacétate de plomb à des animaux, ont trouvé ce sel dans les veines mésaraïques et spléuiques. Orfila, MM. Lassaigne et Ausset, d'Alfort, l'ont retrouvé, non seulement dans le sang, mais encore dans l'urine et dans les principaux organes, comme le foie, la rate et les reins. Ces chimistes habiles, et Orfila particulièrement, ayant extrait le plomb par les procédés qui ne fournissent pas le métal qui est naturellement contenu dans le corps de V homme y il s'ensuit que leurs résultats ont bien plus d'importance que ceux antérieurement obtenus par M M. Devergie et Guibourt ; car on ne sait pas si ces derniers ont simplement séparé le plomb contenu naturellement dans le corps, ou bien celui qui a été accidentellement introduit L'urine n'est pas le seul émonctoire par lequel le plomb absorbé est rejeté de l'économie; ce poison est également éliminé en grande quantité par la peau. C'est ainsi que dans le cas où le plomb ingéré avec les boissons n'a pu être absorbé que par les voies digestives, on a décelé la présence du métal à la surface de la peau en donnant un bain sulfureux qui produit une coloration noire d'une partie des téguments, par suite de la formation d'un sulfure.
Quelle que soit la voie par laquelle le plomb pénètre dans l'économie, ce poison agit parfois d'une manière rapide: tels sont, par exemple, ces cas de colique sur-
EMP01S0?1NEMENT PAR LES PRÉPARATIONS DK Pi.OMD. 17
f«oaDC après «n conrt séjour dans on appartement nom ellement pejaC, oii après ringestion dans Teslomac d'une certaine quantité de vin sophistiqué par la Htharge, etc. Le plas souvent pourtant le plomb exerce une action lente ; ce n'est même ordinairement qu'aprC^s plusieurs mois et même après plusieurs années d'une expoulioa continue à ses émanations que les individus tombent malades. Cependant, chei la plupart dVntre eux, on observe longtemps d'avance certains phénomènes qui indiquent que le plomb agit peu à peu sur l'organisme ; c'est ce qui omstitue, à proprement parler, les prodromes des maladies saturnines que nous décrirons sous peu. Ainsi j'ai prouvé dans ma Thèse inaugurole (1835) que les ouTriers qui travaillent dans une fabrique de cérusç ou de minium ne tardent pas à pâlir et à maigrir; leurs chairs deviennent flasques ; la |>eau, celle de la face surtout, prend une teinte d'un jaune pâle qui est caractéristique, et qui n'a aucun rapport avec la couleur jaiiue de l'ictère; tous Ito tissus^se décolorent. M. Beau a établi que la peau était le plus souvent frappée de celte forme d'anesthésie qu'il nomine analgésie y et dans -laquelle les individus sentent le contact des corps, mais sont devenus plus ou moins insensibles à la douleur. J'ai vérifié ce fait plusieurs fois, mais je ne l'ai pas trouvé aussi commun que M. Beau l'a prétendu. Chez les individus dont je parle, le sang est appauvri, il est pâle et il existe en moins grande abondance dans les vaisseaux ( Laénnec ). M. Andral a constaté, ed outre, que ce liquide avait subi une diminution aussi grande de globules que dans l'anémie spontanée, tandis que, conmieoh le voit pour celle-ci, la fibrine et les autres éléments solides consenent leur quantité normale. Les forces diminuent en proportion de cette altération du sang; il existe, eu un mot, un véritable état de caclie\ie. Beaucoup de ces individus éprouvent une saveur sucrée ou styptique; leur bouche exhale nne odeur d'une fétidité particulière, assez semblable à celle des individus atteints d'embarras gastrique. En génét^al, les gencives restent fermes : cependant, chez quelques-uns, elles sont saignantes, et il y a un peu de ptyaliame; le plus souvent on ne constate qu'un peu d'amincissement, d'usure, et parfois une véritable destruction deleur bord libre. Enfin, presque tous les ouvriers qui manient le plomb, surtout ceux qui vivent au milieu d'une poussière saturnine, oiïrent une coloration bleuâtre des gencives, bornée le plus souvent h 2 ou 3 ujillimètres de leur bord libre, envahissant quel(|uefois toute l'étendue de ces replis, et gagnant même les dents et la umqueuse des lèvres et des joues. Cette coloration est due à un sulfure de plomb qui se forme lorsque le métal, \olatilisé, se dépose sur les g^civeset les dents, et s'y combine avec l'hydrogène sulfuré qui se dégage dans toute l'étendue des voies digestives. On la produit à volonté quand on donne un collutoire contenant de l'acétate de plomb. Celte coloration ne doit donc pas être regardée, ainsi que l'a fait M. Tanquerel-Desplanches, comme un phénomène d'intoKication indiquant la présence du plomb dans l'économie, mais comme un phénomène purement chimique, qui ne |>ent révéler aucun état particulier de l'organisme ; il indicpic seulement que les individus ont été en contact avec des préparatifHisde plomb suspeutlues dans l'atmosphère ou portées directement dans les voies dige>tives. Ce renseignement d'ailleurs est précieux ; il nous a ériairé, en eiïet, pluMenrs fois, sur la véritable nature de certains accidents nerv(*n\ que nous observions, v{ lorsque l'état des malades nous démbait la connaissance des circonstances antérieures. Toutes les parties extérieures du corps peuvent d'ailleurs offrir la même coloration noire ou bleue, lorsqu'elles sont mises en contact avec du soufre : c'est ainsi qu'il suffit d'administrer un bain sulfureux aux ouvriers qui iravaiflent le plomb pour voir se former aussilAt. surtout sur les parl\e«^ Avi T. II. — s* *iMr , î
corps babîiuelleaaënt découvertes, et notamment sur les ongles, un sulfure 4e plomb.
Les accidents d^intoxication que nous venons d*énumérer ne surviennent guère que chez les individus qui sont toujours en contact avec une grande quantité de molécules saturnines : tels sont les ouvriers des fabriques de céruse et de miniam, que nous avons vus pâlir et maigrir après une, deux et au plus tard trois semaines de séjour dans les ateliers. Ces phénomènes sont incomparablement moins cpmmuns chez les peintres, et on ne les observe presque jamais chez les vernisseurs, les fondeurs, les faïenciers, les fabricants de papier peints, et généralement chez tous ceux qui ne peuvent absorber qu'une très petite quantité de molécules saturnines.
Les individus qui présentent des phénomènes d'intoxication pcm cnt encore vaquer à leurs occupations pendant des semaines, des mois et même des années en- ^(res ; puis tout i coup ils sont pns de quelques-unes des hialadies saturnines que nous allons successivement décrire sous les noms de coliques, de douleurs des membres, de paralysies^ d'accidents cérébraux^ affections dont la fréquence relative pourrait être exprimée, d'a[)rès M. Tanquerel, par les chiffres 12, 8, 2, 1. Ces maladies surviennent presque toujours chez des individus qui sont encore exposés k la cause toxique ; quelquefois aussi on les voit se déclarer plusieurs semaines et même un ou plusieurs mois après que les malades ont cessé d'être exposés aux émanations saturnines.