DES ANÉVRTSMES DE L* AORTE
qiic la seconde sera donnée aux cas rares où ranévr^sme succède à l'ulcéralion de l'endocarde.
Se VmnérrjtMn9 dei artèrei mlra-cràniennef.
Le docteur Albers, de Bonn, a publié en 1837, dans un journal allemand {Hom's^ Nasse's und M'agner's Archiv)^ un mémoire intéressant dans lequel il a rassemblé et analysé quatorze observations d*anévrysme des artères intra-crâoiennes; je vais en extraire les principaux résultats.
Anaiomie pcUhoiogique, — Presque toujours, c'est-à-dire treize fois sur quatorze, ranévrysme était saccifonne ; il y avait une poche latérale ; dans un seul cas, recueilli par Brescbet, toutes les tuniques étaient dilatées, Tanévrysme était fusiformc La tumeur artérielle produit ordinairement le ramollissement et Tatropliie de la portion correspondante du cen eau. Les anévrysmes de la base du crâne ne déterminent pas l'usure des os avec lesquels ils sont en contact Cette anomalie s'explique par la facilité qu'éprouve la tumeur à se développer aux dépens de la substance cérébrale. Les artères de la \oûte, au contraire, peuvent u$er celle-ci et faire saillie au dehors. C'est ainsi qu'on lit dans le tome X du Journal de Grœfe ei W'oiier l'histoire d'un anévrysine de l'artère méningée faisant tumeur sous le cuir chevelu, et qui, prise pour une loupe, fut extir|)ée, ce qui occasionna une bémorrhagie très promptement mortelle (1).
Symptômes, marche, — Il n'y a rien de fixe dans les symptômes. On a remarqué chez les malades de la céphalalgie, des vertiges, de l'obscurcissement dans la \ue, de Tamblyopie, des tintements d'oreille, de la somnolence, de la paralysie; rien, eo un mot, n'est constant, si ce n'est pourtant la terminaison ; car, quelle que hoit Vvtère malade, presque toujours la tumeur fmit par se rompre, et la mort arrive prooptcment, avec les symptômes de l'apoplexie. L'anévrysme intra-crânien est cfpoidant susceptible de guérisou par obhtératiou du kyste. Un fait de ce genre est rapporté par llodgson.
Dei anéTryfmei de l'eorte.
L*aorte est assez fréquemment affectée d'anévrysme^ mot sous lequel on doit désigner à présent une tumeur produite, soit par la dilatation partielle ou générale des tuniques artérielles, soit par du sang qui, à la suite d'une déchirure des timi- (|ues interne et moyenne, s'est infiltré ou épanché dans une poche formée par la membrane cclluleuse, et quelquefois aussi aux déi)ens des organes voisins.
Hisiorique, — Inconnu des anciens médecins, l'anévrysme de l'aorte n'a guère été mentionné que vers le milieu du xvr siècle. Ce fut Vésale (pii publia la première obsenation; mais il faut venir jusqu'à Morgagni pour trouver quelques Dotions un peu précises. Depuis ce maître illustre, l'histoire des anévrysmes de faorte a fait de grands progrès, tant sous le rapport anatomique que sous le rapport clini(|iie, et cela grûcesuilout aux travaux de Cor\isart, de Scarpa et de Laënnec. La scicoice doit aussi beaucoup à quelques-uns de nos contemporains qui ont apporté de» laits nouveaux ou tracé un tableau très fidèle de la maladie : nous mentionneitms ici comme méritant d'être consultés , les articles publiés par M. Bouillaud dans sa thèse (1823) et dans sa Mosoura/fàie, par MM, Chomel et Dalmas dans le
(1 I.et artères qu'on a trouvées dilalées sont la basiijirc (deux ToU), les cérébrales anté- Krarcs (chacune trois toU), la carotide interne ù son enliée dans le crâne (deux fois), les cornnanicantn anlérieun^s droite et gauche, un rameau de la communicante deWillis, wut^mc^w de r^rlère du corps culleu?(, une artère méningcc (toutes une fois)* Dans un casVavl^Tt \\^ei)t.
7i2U DES LÉSIONS DE ^UTRITJO^ï.
nouveau Dictionnaire de médecine, par MM. Dclabei-ge et I^Iomierct dans leur Compendium. En Angleterre, oii distingue surtout le travail de Hope.
Divisions, — Les diverses divisions proposées pour les anévrysmes en général sont à peu près applicables aux anévrysmes de l'aorte. Ainsi il faut admettre : 1° un anèvrysme vrai , caractérisé par la dilatation générale de toutes les tuniques du vaisseau et dont on distingue deux variétés, suivant que la dilatation porte uniformément sur toute la périphérie de rarlère ou seulement sur une partie de c^tte circonférence ; 2" Vanévrysme faux, dans lequel une ou deux des tuniques internes s'étant rompues ou perforées, la tunique celluleuse se dilate par l'effort et l'accumulation du sang ; 3** Voncvrysme mixte, qui est celui qui résulte de la superposition d'un anévr\sme faux à un anévrysme vrai, c'est-à-dire qu'il y a d'abord dilatation partielle ou générale des trois tuniques, puis l'interne et la moyenne se déchirent, se rompent, tandis que l'externe seule se distend et forme une sorte de poche ou de sac surmontant la dilatation primitive : cette forme a reçu le nom d'anévrysme mixte externe, et l'on nomme mixte interne celui dans lequel il y a rupture des deux tuniques externes, tandis que l'interne, intacte, fait hernie entre elles. Celte espèce d'anévrysme, que les vivisections de Haller seules ont fait admettre comme possible, n'existe probablement pas; du moins on n'a recueilli encore sur l'homme aucime pièce pathologique qui en démontre l'existence d'une manière indubitable. W II y a aussi pour l'aorte un anévrysme variqueux résultant de la comnmnication du vaisseau avec quelque grosse veine. L'anévrysmc aortique doit encore être étudié séparément, suivant qu'il occupe l'aorte pectorale ou l'aorte ventrale; dans le premier cas, on dislingue les anévrysmes en ceux qui affectent la portion ascendante et la crosse du vaisseau, et en ceux qui siègent sur sa portion descendante.
Dei anévrysmes de l'aorte peelorale.
Anatomie patholoyiquc, — Les anévrysmes de l'aorte pectorale siègent presque toujoure dans la portion ascendante du vaisseau ou vers sa crosse. C'est là aussi qu'on trouve les tumeurs les plus volumineuses : ainsi loreque l'aorte est affectée de dilatation générale, elle peut, comme Corvisart Ta \u, présenter dans ce point le double de volume du cœur ou bien être aussi grosse que le côlon (Rouillaud), ou qu'une tète de fœtus à terme (Laënuec). Le plus souvent pou riant cotte dilatation ne dépasse guère le double du diamètre normal du a aisseau. Elle peut occulter une assez grande étendue de laorte ou bien être bornée à un point circonscrit; dans le premier cas, la cUlatalion est le plus souvent unifonne, mais ({uelquefois elle est alteiDative, c'est-à-dire qu'il existe de distance en distance des renllements séparés par des intenalles où l'aorte a conservé son calibre. Quand la dilatation est peu considérable, on ne trouve point ordinairement de caillots organisés dans Tinté' rieur de la |>oche; mais si celle-ci a une grande ampleur, des concrétions fibrineuses existent dans son intérieur connue si c'était un anévrysme faux.
Les cas d'anévrysme vrai latéral, c'est-à dire les cas dans lesquels la dilatation générale des tuniques ne s'opère que sur un point de la circonférence du vaisseau, sont beaucoup plus rares que les précédents ; néanmoins Laënnec en a cité un exemple, et j'en ai moi-même observé un autre, qui fut présenté il y a environ vingt-cinq ans à la Société anatomique par 3L le professeur Denonvillicrs.
L'anévrysmc /«?/x occupe plus souvent r^orte descendante; il est caractérisé par
une tumeur eu forme de poche située sur un |)oint de la circonférence du vaisseau
et conimiiniquant avec celui-ci par ur»c ovwcyVwy^ v^v\s ou moins étroite. Cette