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DE LA DILATATION PARTIELLE DU CCEUR

anévnsme vrat, et par Brescbet anévrysme faux consécutif, suivant l'idée qu*ou se forme sur le mécanisme de sa production.

Cettcfmaladie, sans être très commune, n'est pourtant pas aussi rare qu'on le dit, car on en trouve au moins 90 cas dans les annales de la science. £]lc a surtout été étudiée en France par iMIVI. Breschet, Raynaud et Chassinat, et en Angleterre par le docteur John Thurnam, qui, dans le XXrvolumedes 7 ransaction s médicochirurgicales de Londres, en a présenté une description d'après l'analyse des 84 obsenations qu'il a réunies.

Anatomic pathologique, — Je crois que jusqu'à présent on n'a connu que 2 cas de dilatation partielle du ventricule droit : l'un est rapporté dans les Bulletins de la Société anntomique pour l'année 1830; l'autre a été publié par le docteur Canella {Archives àa 1866) ; dans tous les autres faits de dilatation partielle connus jusqu'à présent, la lésion occupait le ventricule gauche, et siégeait aussi souvent au sommet, ou près du sommet, que dans tous les autres points du cœur réunis. La base a été après le sommet la partie où l'on a rencontré le plus souvent des poches anévrysmaleSi D'où il suit que cette lésion a siégé spécialement sur les parties des parois du ventricule gauche (|ui ont naturellement le moins d'épaisseur. Tantôt la poche, simplement creusée dans l'épaisseur des parois, ne faisait aucune saillie à l'extérieur; mais le plus souvent (ou 35 fois sur fih) il existait à la surface de l'organe une tumeur dont le volume variait depuis la grosseur d'une fève jusqu'à celle du cœur lui-même ; cette tumeur adhérait le plus souvent plus ou moins intimement au feuillet pariétal du |)éricarde. La dilatation, presque toujours simple (ou 5*2 fois sur 56), peut être multiple : c'est ainsi qu'on a rencontré jusqu'à deux, trois ou quatre de ces tumeurs. L'intérieur de cette poche est rempli, comme dans Vci dilatations anévrysmales des artères, de concrétions fibriueuses, qui sont d'autatplus denses qu'elles sont plus extérieures. Cette cavité, qui i)eut avoir 8 ou 10 centimètres de diamètre, communique avec l'intérieur du ventricule par une ooverture lisse, polie, plus ou moins dense, et dont la largeur est généralement proportionnée à l'ampliation de la tumeur. Si l'on dissèque celle-ci lorsqu'elle est encore peu volumineuse, on trouve que ses parois sont constituées par trois tuniques qui ne sont autres, en procédant de dehors en dedans, que : 1° le feuillet du péricarde devenu opaque et plus épais ; 2'* les fibres charnues du cœur qui se sont amincies, décolorées, et ont pris un aspect fibreux ; 3° enfin tout à fait intérieurement l'endocarde, plus dense, plus épais et plus opaque : il peut, en outre, être incrusté de concrétions calcaires. Dans quelques cas pourtant, il est impossible de trouver dans l'intérieur de la poche aucun vestige de la membrane interne du cœur, qui semble alors se terminer brusquement sur l'orifice de communication de la tumeur avec le ventricule.

M. Thurnam dit, dans son important travail que nous analysons ici, que les valvuh's du C(eur sont susceptibles d'une dilatation que Ton peut regarder comme anévrysmale. Cette altération i)eut survenir lentement , sans rupture ni ulcérations préalables, mais quelquefois il y a eu, comme lésion première, destruction complète d*une des lames de l'endocarde. Dans ce dernier cas, la dilatation peut être regardée comme un anévrysme faux. Il ne parait pas qu'on ait jamais obsené des caillots dans ces dilatations. Celles-ci agissent plutôt, dit Thurnam, comme obstacle à la sortie du sang que comme cause d'insuiiisance.

Dans la plupart d(>s dilatations partielles, on constate quelques autres altérations grades du rœur, et notamment une hypertrophie avec ou ?ans d\la\a\\otv<V\\\\ç «^ de plusieurs des cavités. Ces léshns sont probablement consécuVisc». W e^ e«x te

T. n, — 0' ÉDIT. \\^

môme de Fadhércnce de la poche avec le feuillet pariétal du péricarde, adhérence qui s*expli([uc aisément par la pression que la tumeur exerce sur le péricarde, et qui doit finir par déterminer une péricardite circonscrite et adhésive. *

Symptômes, — On ne sait encore rien de précis sur les sj-mptômes propres à b dilatation |)artiellc du cœur. Il paraît que, dans quelques cas, la maladie a débuté brusquement par une douleur vive à la région précordiale, par des palpitations, de Tétouffement et de Tanxiété, accidents qui ont été aussitôt suivis des symptômes ordinaires aux maladies du cœur.

Cependant, dans la plupart des cas, la tumeur naît lentement, et nui trouble ne Tannonce. Quand son volume est peu considérable, elle peut même exister pendant longtemps k Tétat latent. Lorsque les accidents sur\iennent, ce sont communément ceux des hypertrophies avec dilatation partielle ; mais jusqu'à présent on n*a pu saisir aucun phénomène local capable de faire reconnaître une tumeur anévrysmale siégeant dans les parois du cœur.

Cette maladie a une durée longue et tout à fait indéterminée. La plupart des individus succombent avec les accidents ordinaires des maladies du cœur; quelques-uns (un sixième environ) meurent par suite de la rupture de la tumeur anévrysmale dans le péricarde.

Cette maladie doit être curable. La guérison, quand elle a heu, doit s'effectuer au moyen de caillots fibrineux, qui obstruent, puis oblitèrent complètement la tumeur. Toutefois ce n'est là qu'une idée à priori, car jusqu'à présent je ne connais aucun fait qui puisse la justifier.

Etiologie et mode de développement ; nature, — La dilatation partielle du cœur n'a jamais été obsenée avant dix-neuf ans; le plus grand nombre des malades appartiennent à l'âge adulte et au sexe masculin. L^ne contusion violente du thorax, une vive émotion, des efforts considérables, ont paru quelquefois développer la maladie; mais presque toujours celle-ci débute lentement, et il est impossible de saisir l'action d'aucune cause prédisposante et surtout efficiente. On a alors cherché à expliquer de plusieurs manières le développement de la maladie. Les uns invoquent une faiblesse des fibres musculaires, qui, ne pouvant plus résister aux efforts du sang, cèdent et se laissent distendre par degrés (Baillie) ; d'auti*es croient à une rupture des fibres internes, tandis que les plus extérieures, devenues trop faibles pour résister, cèdent par degrés (Conisart) ; mais l'auatomie pathologique ne justifie pas cette opinion. De grandes autorités, parmi lesquelles il me suffit de citer Kreysig, Laënnec et Breschct, ont prétendu que la tumeur anévrysinale se formait consécutivement à l'ulcération de l'endocarde ; mais nous avons vu que dans la plupart des cas une dissection attentive avait prouve l'existence dans la tumeur des trois tuniques du cœur, et que dans plusieurs de ceux où l'endocarde était détruit il avait dû l'être par suite de la distension de la poche. Ajoutons pourtant que l'opinion des médecins que je viens de rap|)cler n'est ]>as tout à fak hypothétique; mais elle ne s'applique qu'au plus petit nombre des cas. Enfin d'autres ont expliqué la fonnation de ces anévrysmes par une altération de la membrane interne, qui se laisserait distendre inégalement pendant les contractions ventriculaires (Oilivier), ou bien par un ramollissement inflammatoire de, l'endocarde et des fibres cliaruues (Chassinat) ; mais aucune de ces manières de voir n'est démoutï-ée et n'est même probable. (}uoi qu'il en soit, en considérant la structure de ia tumeur, on voit que les mots nnpnrt/smc vrai et mwcrt/smf* favx consécutif peuvent lui être applicables, suivant les cas : ainsi la première dénomination conw/eat seule hrsqtw les trois tuniques entrent dans la structure de la tumeur, tandis

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