PERPORATION DU POUMON ET DE LA PLÈVRE
les progrès d'one ulcération. M. Destouches a prcseuté à la Société ànatoiniquc, en 1850, un cas unique peut-être de rupture de l*aortc survenue daos les couditions suivantes : nnè tumeur cancéreuse développée sous le péricarde avait envahi de dehors en dedans les tuniques artérielles, et pour se frayer le passage jusque dans la cayitépéricardiques le sang avait dû se creuser une voie à travers la substance même du cancer. Enfin, une violence extérieure, comme la chute d'un lieu élevé, un coup porté sur le dos, etc., peuvent occasionner une rupture de Taorte, même dans les cas oà les parois du vaisseau sont souples; cependant un pareil eiïet ne se remarque guère que lorsque les tuniques; artérielles sont le siège de quelque altération chronique. Quoi qu'il en soit, ces ruptures occupent presque toujours la portion de Taorte comprise dans le péricarde; elles peuvent ne consister qu'en un pertnis on avoir plus de 10 centimètres d'étendue.
Dans la.nipture de l'aorte, la mort est^ presque toujours instantanée, ou du moins très rapide.
Ce que je viens de dire de l'aorte s'applique également à toutes les entres artères, qoi se rompent ou se perforent sans être affectées d'anévrysme.
ll« la pOTfiiratkm des pmmiOBf et dci plèvrei, oa da pnemiMithoraz
flynptoiaalatiue.
La perforation des poumons a pour effet de déterminer un épanchement plus on moins considérable de gaz dans la cavité des plèvres. Cette lésion est la cause la plus ordinaire, ou, pour mieux dire, la cause presque constante du pqeumothorax.
Historique, — Cette maladie était à peu près inconnue avant les immortels tra-^ vaux de Laênnec. Quelques anatomistes et chirurgiens , tels que Riolan , Littre et Pouteau, avaient bien coustaté plusieurs fois la présence d'un gaz inodore on fétide dans la plèvre; Itard, dans sa thèse inaugurale soutenue en 1803, avait bien paUié quelques considérations importantes sur ce sujet encore obscur; mais ce fut Laênnec qui, le premier, traça l'histoire de la maladie, qu'il apprit à reconsattre pendant la vie. Ses successeurs n'ont presque rien ajouté à ce qu'il avait dit lui-même : cependant IVI. Louis dans son Traité de laphthisie, M. Chomel dans sa Pathologie générale et dans le Dictionnaire de médecine^ M. Stokes dans son Traité deit maladies de poitrine, M. Andral dans sa Cliniqup, en publiant le fruit de leurs recherches, et en venant confirmer les travaux de Laênnec, ont encore bien mérité de la science. Nous en dirons autant de MM. Beau et de Castelnau, qui, dans les Archives de 1834, 1840 et 1841, se sont livrés à des études suivies pour expliquer un des phénomènes les plus curieux de l'auscultation (le tintement métallique) qu'on observe dans la maladie dont nous allons traiter. Enfin, M. Sanssier, en analysant dans sa thèse (1841) la plupart des faits de pneumothorax publiés jusqu'à présent, a rendu un véritable service en donnant plus de précision à l'histoire de la maladie.
Etiologie. — Noas avons prouvé , à la fin du premier volume , qu'il existait nn pneumothorax ess<mtiol. Dans la presque totalité des c^, cependant, la présence des gaz dans les plèvres est consécutive à une solution de continuité de ces membranes, ce qui fait que leur cavité communique plus ou moins directement avec les bronches, avec l'œsophage, ou avec un des organes creux de la partie supérieure du ventre, ou bien, enfin, avec l'air extérieur k iraNet» V^^t^V^ thoi'aciques.
85ft DES LÉSIONS DE NUTRfTiOIf.
V Lé$ionB dei pountoris et de la plèwe pulmonaire, "^ Dans la grande majorité des cas, c'ëst-à-dirc chez plus des deux tiers des malades , le poeumothorax est produit par une perforation pqUnonaire, ce qui permet à Tair extérieur qui arrive h chaque inspiration dans les l>ronches de pénétrer en même temps dans ia plèvre eu quantité plus ou moins considéraUe. Cette perforation elle-même est FeÔfet de causes très diverses. Dans les neuf dixièmes des 4:as, elle se produit chex des pbthislqucs, et elle résulte alors de la rupture d*une caverne, et plus souvent encore de ce qu*un tubercule plus ou moins volumineux, et superficiellement placé, 8*est ramûUi, a usé, ulcéré la plèvre, et a fini par s*épancher dansia cavité de cette séreuse. Les autres maladies du poumon qui peuvent encore produire une perforation de Torgane , et par suite un pneumothorax^ sont , dans leur ordre de fréquence : la gangrène, la rupture des vésicules emphysémateuses, les hydalides, Tapoplexie, ks ruptures ou déchirures du poumon par suite d*unc violence extérieure , enfin les abcès. Dans tous ces cas, le mode de production du pneumothorax est le même; cependant, dans la gangrène, Tépanchement de gaz petit être produit à la fois ou bien isolément par la perforation du poumon ou par la décomposition putride des tissus.
Le pneumothorax a été encore fréquemment observé dans le cours de certaines pleurésies chroniques, simples, sans tubercules. La maladie se produit alors presque toujours lorsque le liquide épanché s'est fait jour dans les bronches, c'est-à-<lire qu*il existe encore ici une perforation du poumon, qui diffère seulement de celles dont nous avons déjà parlé, en ce qu*elle s'est produite probablement de dehors en dedans.
2" Lésions des organes voisins, — Le pneumothorax peut résulter d'une communication anormale qui s'établit entre la plèvre et un des organes creux environnants, contenant de l'air ou divers fluides élastiques : c'est ainsi que MM. Billiet et Barthez ont vu un pneumothorax succéder à un abcès tuberculeux d'un ganglion bronchique qui s'était ouvert à la fois dans une bronche et dans la plèvre, fiœrhaave a vu la même affection succédera une rupture de Tcesophage; MM. Cru-» veilhier et Beau ont cité chacun un cas de pneumothorax consécutif à un ulcère carcinomateux de l'estomac qui avait perforé le diaphragme et la plèvre. On a vu^ enfin, des kystes hydatiques ou des abcès du foie, s'ouvrant successivement dans la plèvre et le poumon, donner lieu à un pneumothorax dont il est facile de saisir le mode de production.
3" Usions des parois thoraciques. — Les auteurs ont rapporté un assez grand nombre de pneumothorax produits par une plaie pénétrante de poitrine avec ou sans léiiion du poumon. Dans le premier cas, l'air provient surtout des bronches; dans le second, au contraire, il arrive dans la plèvre par la plaie extérieure.
Le pneumothorax se montre inégalement aux différentes périodes de la vie humaine; rare avant dix ans et après cinquante, il a son maximum de fréquence entre vingt et trente ans , ce qui est en rapport avec la fréquence de la phtbisie pulmonaire à cette période de la vie. Le sexe paraît également influer sur la formation du pneumothorax. M. Saussier a trouvé, en efl^et, que la maladie était plus de quatre fois plus commune chez l'homme que chez la femme ( : : 124 : 28). La cause occasionnelle de la perforation est rarement apparente. Dans quelques cas, celle-ci est survenue à la suite d'une toux violente, d'une forte inspiration ou d'une compression du thorax; mais, dans l'immense majorité des cas, elle n'arrive que par les progrès du travail ulcératif.
Caractères anatomiques. — D*après les détails dans lesquels je viens d'entrer,