‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 120 sur 265 · DES KYSTES SÉREUX DE L'OTAIRE · texte numérisé non relu

DES KYSTES SÉREUX DE L'OTAIRE

très ont accusé, avec moins dé raison peut-être, le célibat. On a encore prétendu que quclquefoiii lliydropisie était consécutive à une contusion, à une chute, etc. ; mais on ne sait encore rien de précis sur les causes qui produisent TafTection dont nous parlons; son développement est presque toujours spontané.

Traitement. — On a vainement employé contre cette maladie tous les moyens préconisés contre les hydropisies. Les purgatifs, les drastiques, les diurétiques, les sudorifiques, les exutoircs, leâ fondants etnployés souvent sans mesure, ont parfois altéré la constitution saAS améliorer Tétat local. D*un autre côté, presque tous les moyens chirurgicaux qu'on a proposés dans le même but entraînent des périls; aussi la majorité des praticiens conseillent-ils de recourir à un traitement purement palliatif. Ainsi on soutient le ventre avec une ceinture, et lorsque son déve* kippement est devenu trop considérable, on évacue le liquide par la ponction du kyste. Cette opération a d'ailleurs été quelquefois suivie de la gqérison radicale de la maladie. Presque toujours on pratique la ponction à travers les parois abdomi^ nales î cependant M. Vclpcau, en 1831, cl plusieurs médecins depuis, ont proposé d*évacuer le liquide par le vagin, en raison de la facilité qu*(m a de faire Touverturc dans tm point déclive, et de maintenir celle-ci béante par l'interposition d'une canule qui permet au Uquide de s'échapper au fur et à mesure qu'il est produit On a espéré pouvoir amener plus facilement de la sorte la cure radicale de la tumeur ; c'est, en effet, ce qui paraît avioir eu lieu. Ainsi,, d'après M. Cazeaux, on aurait par ce procédé au moins cinq cas de guérison complète. Cependant cette méthode entraînant beaucoup plus de dangers, et e\()osànt davantage aux épanchements péritonéaux et à une péritonite suraiguê, il ne faut y recourir que dans cer; tains cas spéciaux, c'est-à-dire lorsque la tumeur proémine fortement dans le vagin et est facilement accessible au doigt. Il faut en outre être certain que le kyste est nniloculaire et qu'il n'est le siège d'aucune dégénérescence qui puisse empêcher le retrait de la tumeur et sou oblitération.

Dans presque tous les cas où l'on emploie la ponction comme moyen palliatif ou comme moyen curatif, on a recours à la paracentèse, comme pour les casd*ascite. La multiplicité des poches exige quelquefois qu'on fasse plusieurs ponctions successives. Le liquide écoulé, on exerce une compression sur le ventre avec un bandage de corps : mais bientôt uu nouvel épanchement se forme, et au bout d'un temps plus ou moins long il faut recourir à de nouvelles ponctions : c*est amsi que quel- ({ues femmes en ont subi jusqu'à trois ou quatre cents. J'ai donné des sohis à une femme pendant un an, que j*étais obligé de ponctionner tous les quinze ou vingt jours au plus tard, (^ette opération est généralement sans danger : cependant, chez quelques femmes elle n été suivie d'hémorrhagie, de syncope, d'inflammation avet suppuration du kyste et de péritonite ; ces deux derniers accidents ont le plus souvent entraîné la mort des malades. Il est superflu de dire que la ponction est inutile si la matière contenue dans la tumeur est tmp consistante, ou si le liquide est renfermé dans un grand nombre de petites cellules isolées les unOs des autres! Quel((urs personnes ont proposé de tenter la cure radicale de la maladie par des moyens chirurgicaux : les uns ont incisé le kyste, après avoir produit son adhérence aux parois abdominales par les procédés de Récamier et de M. Bégin, que nous ferons connaître plus tard, en traitant des acéphalocystes du foie. D'autres, après avoir vidé la tumeur par la paracentèse, ont injecté dans son intérieur des \apeurs ou des liquides irritants dans le but de Tenflannuer et d'opérer l'adhésion des parois. On a surtout recommandé les injections de teinture d'iode. M. le docteur fioioet a spécialement préconisé cette méthode. Lorsque le kyste est vaste. Il Ui des injections avec 2 parties d'eau et 1 de teinture dHodé Ttsndue ^sa «Mkiife

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par Taddition de l'iodorc de potassium daus la proportion de 1 giainme pour 25 de teinture. Quand \e kyste est primitivement moins vaste ou lorsqu'il se rétrécit après une première, ponction on augmente la proportion de teinture d*iode, on finit mémo par l'injecter pure.

Quelle est la valeur de cette méthode? Je ne conteste pas qu'on ait réussi quelquefois par elle, mais combien compte-t-on de succès et combien dé revers ? C'est ce qu'on ignore. Ccî opérations m'ont toujours pani si dangereuses, que je n'ai jamais osé les conseiller. Comment, en eiïet, ne pas trembler à l'idée de provoquer l'indammation d'une poche aussi vaste, inflammation qui peut en outre se propager au péritoine? Pour montrer jusqu'à quel point on doit être circonspect, je citerai le fait de cette dame dont Marjolin père n^'a raconté l'histoire, et chez laquelle la ponction, puis l'injection dans le kyste d'une petite quantité d'eau d'orge miellée et tiède, ont suffi pour enflammer la tumeur et le péritoine, et ont amené la mort en trente -six heures. Quant au moyen proposé par Auguste Bérard, et consistant à enfoncer dans le kyste une longue aiguille à acupuncture pour piquer, larder, exciter sa face interne, et favoriser ainsi le mouvement d'absorption, on ne saurait ni l'approiiver, ni le rejeter. J'ai su, d'ailleurs, depuis la publication de la deuxième édition de ce livre, que l'amélioration que Bérard avait obtenue dans les deux cas dont j'avais^ parlé avait été incomplète et passagère.

Pour opérer la cure radicale de l'hydropisie enkystée, on a eufm proposé d'extirper l'ovaire. Les uns font à l'abdomen une incision assez. grande pour enlever la tmneur tout, entière, et alors on est souvent obligé de prolonger l'incision depuis l'appendice xiphoîdc jusqu'au pubi3 ; d'autres se bornent à inciser la paroi abdominale dans Pétendue de 8 à 12 centimètres ; mais alors.ou ponctionne le sac, et, une fois vidé, on l'attire au dehoi-s, on lie son pédicule, puis enfin on l'extirpe. Cette grave opération est universellement réprouvée en France, et je ne sache pas qu'on y ait jamais eu recours ; mais elle est conseillée par un grand nombre de médecins allemands, anglais et anglo-américains. M. le docteur Chereau a, dans une série d'articles fort bien faits, publiés dans Y Union médicale (18/i7), cherché à réhabiliter l'ovariotomie parmi nous. Il a montré que, sur 83 femmes soumises à cette opération, 27 seulement ont succombé à ses suites, et que kl ont guéri complètement ou ont été considérablement soulagées. Il en résulte que l'ovariotomie serait moins souvent fatale que la plupart des grandes opérations qu'on praticpie chaque jour. Nonobstant les faits invoqués si habilement par M. Chereau, I9 question que nous soulevons en ce moment ne nous semble pas encore résH)lue. Nous croyons, et c'est aussi l'opinion do M. Chereau, qu'on n'a pas l'inventaire exact de tous les cas d'ovariotomie qui ont eu une issue funeste, tandis que chacun s'est empressé de publier les cas de réussite. Quoi qu'il en soit^ il est impossible de ne pas convenir que l'ovariotomie réussit plus souvent qu'on n'aurait pu le supposer à priori ; mais, nonobstant cela, j'avoue conserver encore des appréhensions trop vives pour oserjamais pratiquer ou conseiller l'extirpation des ovaires.

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