‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 128 sur 265 · DES POLYPES DES VOIES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

DES POLYPES DES VOIES AÉRIENNES

La muqueuse laryngo-trachéo-broncbique est une de ceWes C(a\ i^tcAxù^tiXV^ plus rarement des tumeurs polypcuses. Il en existe pourtant uue XrenXùsA^^^x^ia-

les dans la scicucc : M. Ehrmann fils, dans sa thèse soutenue à Strasbourg en i8(i2, [. Ëhnnaun père, surtout, dans une savante monographie publiée huit années plus tard, ont tracé une histoire complète de cette reck)utahle affectiou; enfin, dans un travail fait en 1830, M. Rokitansky a su ajouter quelques considérations utiles diaprés l'analyse de onze obsenations.

Anatomie pathologique, — La structure de ces polypes varie beaucoup : c'est quelquefois une masse squirrheusC, comme daiis le fait cité par Pelletan; aillem^s c'est mi produit fibreux (Senn, Girardin), cartilagineux (Dawoski), charnu (Otto). On y trouve souvent tous les éléments réunis, mais modifiés, du tissu muqueux.

Les environs de la glotte, c'est-à-dire les cordes vocales, les replis aryléno-épigloUiques et les ventricules, sont les points sur lesquels les polypes se développent de préférence : une seule fois, d*après M. Ëhrmann fils, à qui j'emprunte ces résultats, le produit morbide s'insérait au point d'union du larynx avec la trachée. Les excroissances syphilitiques paraissent occuper préférablement répigloile. La plupart de ces polypes sont pédicules et mobiles. Celte dis|>osition et leur insertion au voisinage de la glotte expliquent le danger de leur présence. Leur forme est variable; ils sont parfois bosselés, réunis en grappe et finement granulés.

Sf/m/ttômes, terminaisons. — lorsque les polypes se développent dans une des bronches, le volume d'air qui pénètre à chaque inspiration étant moins considérable, le bruit respiratoire est plus ou moins affaibli dans tout le côté de la poitrine; cet affaiblissement n'est perçu que dans une étendue plus ou moins circonscrite, si l'oblitération n'atteint qu'une des divisions des bronches; la dyspnée, autant du moins qu'il est permis d'en juger par analogie, doit être alors nulle ou légèrement marquée.

Les polypes qui occupent la trachée ou le larynx peuvent rester pendant très longtemps à l'état latent, lorsque, peu votumhieux et placés suivant la direction du conduit, ils ne s'opposent pas à l'introduction de l'air; mais il arrive tôt ou tard que, refoulés en haut dans un effort respiratoire, et surtout dans une secousse de toux, ces corps se placent en travers et quelquefois même s'engagent entre les deux lèvres de la glotte. Les malades sont pris alors instantanément d'une dyspnée extrême, et si l'obstacle ne se déplace promptement, ces individus meurent suffoqués au bout de très [)eu d'instants, et avant même qu'on puisse songer à leur administrer aucun secours. Ces accidents néanmoins peuvent disparaître tout à fait et se reproduire ensuite à des intervalles plus ou moins rapprochés sans qu'il existe entre eux aucun trouble bien notable. Cependant cette intermittence est très jrare, et, dans la presque totalité des cas , les polypes du larynx déterminent des accidents continus : ainsi la voix est rauque ; il y a parfois de l'aphonie et de la toux ; celle-ci a parfois un timbre éclatant, et ressemble à la voix cmupale. L'expectoration, peu abondante au début, finit par être muqueuse. Deux fois on a vu (Otto, Ehrmann père) les malades rejeter une matière rougeâtre et charnue, qui n'était . autre qu'un débris du ])o1ype. Les individus dont je parle ont la sensation d'un corps étranger dans le laruix; ils ont delà dyspnée, les inspirations sont |)énlblcs, sifilantes; le murmure vésiculaire est affaibli dans les deux côtés h la fois, h cause du >olume moindre de la coloniie d'air. M. Ehrmann père pense qu'en appliquant le stéthoscope sur divers points du larynx, on entendrait une espèce de sifllemenl, et cela plutôt pendant l'expiration que pendant l'inspiration. Dans un cas, on a entendu un hnni de soupape lors(|ue le polype était poussé avec une certaine forc^ vers la flotte.

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D*«près ce qui précMe, on voit que le polype laryngé est une affection dont la marche est des plus insidieuses. Tôt ou tard, la mort survient brusquement m milieu d*un accès de suffocation. Jusqu*à présent on ne connaît, je crois, qu'un seul cas où cette terminaison n*ait pas eu Heu : c*est un fait cité par Ëhrmann père.

Traitement, — Le seul moyen efficace pour sauver le malade consiste à pratiquer la laryngotomie, puis à extirper le polype. Cette double opération a été faite avec le plus grand succès par le professeur Ehrmann , de Strasbourg. C'est jusqu'à présent le seul cas de réussite qu'on puisse encore citer.

Disons, en terminant, qu'il se dévelopixî parfois dans le larynx des tumeurs pédiculées, d'origine syphilitique, qui déterminent b peu près les mOmes accidents que les polypes : aussi dans tous les cas où, par les symptômes qu'on observe, on soupçonnera l'existence dans lé larynx d'une tumeur, si, par les antécédents ou la considération de l'état actuel, on a quelque raison de croire que raiïection est de nature syphilitique, on devra tenter l'emploi du traitement spécifique, à mbins que les accidents ne soient si graves qu'ils exigent à l'instant même l'intervention de la chirurgie.

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