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DES POLYPES DU CCEUR

Dans les livres les plus récents, publiés en France et en Angleterre, sur les maladies du cœur, on ne traite, sous le titre de polypes, que des concrétipus sanguines. Cependant il est aujourd'hui démontré qu'il peut se développer dans les cavités de cet organe des productions nouvelles, analogues ou identiques par leur structure avec les polyi)es fibreux ou fougueux qui naissent dans les fosses nasales et dans l'utérus. Ces cas i)ourtant sont rares, et jusqu'à présent la science n'en |)ossède guère que huit qui soient authentiques. 1^ premier cas a été rapporté par Biu-ns au coounencement de ce siècle {Diseases of the lieart) ; deux ont été recueillis par .MM. Choisy et Depuisaye, qui ont présenté les pièces pathologiques à la Société anatoniique : le premier en 1833, le second en 18^3. Le professeur Dubreuil (de Montpellier) a inséré dans la Gazette médicale^ eu 1863, deux autres cas qui lui avaient été communiqués; la Gazette médicale de Lœidres de 183/ietla Lancette anglaise de 1865 contiennent l'histoire de deux autres observations qui ont été analysées, ainsi que les précédentes, dans les Archives de 1866 par M. le docteur Ârau. Enfin, en 1856, M. (^arou, interne des hôpitaux, a publié dans V Union médicale un fait recueilli dans le service de M. Legendre.

Dans ces huit cas, il s'agissait d'une tumeur pres(]ue toujours pédiculée qui, sept fois, naissait dans l'oreillette gauche et une fois seulement dans l'oreillette droite (observation de Burns). 1 outes les fois que le point d'insertion a été bien indiqué, ou trouve que le })é(hcule s'implantait au niveau ou dans le voisinage du trou ovale. Ajoutons que dans cinq cas, et peut-Otre dans six, la tumeur pénétrait dans le veu- Uiculc corresiH)iKlant à travers l'orifice. Celte cUsi)osition était surtout marquée dans les observations de .M. Depuisaye et dans celle de M. Caron. Le pédicule semblait souvcut être constitué par l'endocarde lui-même, qui se prolongeait sur la tumeur. (]es |H}ly))es étaient pour la plupart piriformes; leur surface était lisse DU lobée; leur volume variait depuis celui d'un œuf de i)erdrix à celui d'un œuf de poule. I/aspcct et la structure de ces tumeurs étaiqnt variables. Dans le fait de M. Choisy, la tuniour, que jVxaininai inoi-inéme, était charnue; colle dé M. Depuisaye, rougeàtre, lobi':e à rexlérieur, avait l'apparence du tissu foiv^wv^VLX« An contraire, dans les deux faiis rapportés par le savant protcssèvir de ^Vo\\V^\«c^ le po]y])€ aiiit une texture tout à fait iibreusc. Dans tous le» cas doB\. nw» i^riSwtts

TordUette sur laquelle la tumeur s^insérait et le ventricule correspoudant étaient dilatés et hypertrophiés.

Les symptômes observés pendant la vie ont été ceux d'une affection organique du cœur, avec beaucoup d'oppression et une grande irrégularité du pouls : c'est ce qu'on s'explique par la gêne extrême avec laquelle la circulation devait s'opérer; de pluSf dans le fait remarquable de M. Depuisaye, il y avait des signes d'insuffisance de la valvule mitrale, dont les lèvres étaient maintenues dans un écartement permanent par la partie du polype qui pénétrait dans le ventricule gauche. A en juger par deux des observations précédentes, les polypes du cœur paraîtraient avoir une marche lente, puisque la mort n'est survenue dans un cas qu'au bout de dixsept ans (Choisy), et au bout de onze ans dans l'autre. Peut-être aussi y a4-il eu, dans un des faits cités par M. Dubreuil, un intenalle de dix à treize ans; mais oa ne peut l'affirmer, en raison de l'insuffisance des renseignements. (Voyez, pour complément, ci-après l'histoire des concrétions sanguines. )

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