‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 131 sur 265 · T. II. — 0» A»IT · texte numérisé non relu

T. II. — 0» A»IT

&02 DBS PRODUITS MOBBIDES ACdOBIITBI^

Eniiu on a sapposé que le pus pouvait être formé par f mflanunatioii dd caillot loi-même; M. Legrouit a défendu cetie opinion avec beaaconp de talent Toutefois il nous semble que le pus doit avoir très rarement cette or%ine, puisque la pldpalt des caillots dans lesquels on le trouve infiltré ou épandié scmt libre», ou in molM ne sont pas encore cotnplétement organisés.

Les concrétions sanguines peuvent se dissoudre et finir par disparaître toot k fiil : celles qui persistent subissent plusieurs transformations; elles se décolorent peu ï peu, et deviennent tout à fait fibrineuses. Parvenues à cet état, quelques-unes, diton, s'organisent et vivent d'une vie propre, comme semble le pi'OttTer le développement de vaisseaux capillaires qu'on a pu quelquefois injecter ad mercure. Cependant il est encore sans exemple que ces concrétions, Centinuant à s'âcerottre, et prenant une organisation fongueuse ou charnue, soient devenues la cause d'un véritable polype. Ces cailiqts décolorés et fibrineux, lorsqu'ils ne disparaissent pas p^r une sorte d'usure mécanique ou par absorption, peuvent finir par subir la transfomuilion fibreuse, cartilagineuse ou crétacée, et deviennent ainsi rorigtae d|une lésion organique graye du centre circulatoire : c'est ainsi qu'il nous a paru plusieurs fois évident que les rétrécissements des orifices, que les adhérences du valvules ^t des cordons tendineux qui s'y insùretit, étaient produits pàt utte Cbflcrétioa sangtiine dégénérée, ou plutôt diversement transformée. Cepeddant m pareil effet est fort rare, et on ne l'observe guère que dans les csls où la coaguMllon du sang est produite par Tinflammation de l'endocarde, et s'accompagne en même temps d'une exsudation pseudo-membraneuse. Enfin nous croyons, avec I^êiinec, que les concrétions fibrineuses sont l'origine des excroissances, des végétâtkMis vemiqueuses et globuleuses qui se forment à la face interne du cœur ou sur les valvules,, altérations dont nous parlerons bientôt

Symptômes. — Lorsque les concrétions polypeuses ont un petit vohime, lorsqu'dles ne s'opposent ni au jeu des valvules ni à la cjrculation cardiaque, elles tte se révèlent par aucun trouble fonctionnel appréciable: dans le cas contraire, dits produisent divers symptômes, qui ont surtout été étudiés par les observateurs modernes. Ainsi M. Lcgroux a noté le premier que lorsque les concrétions salnguines gênaient le jeu des vahules ou obstruaient les orifices, les battements du cœur étaient sourds, voilés, étouffés ; qiite quelquefois même on percevait des bruits morbides, comme un bruit de souffle, de piaulement ou de siffletnent Ces résultats ont été confmnés plus tard par les recherches de >!: Bouillaud et par DOS propres obsenatlon&

Lorsque les caillots out un volume considérable et distendent les cavités dii cœur, les battements de l'oi-gane sont tumultueux, irréj];uliers, précipités, eC k matité de la région précordialc est plus complète et plus étendue ; en même tenlps il existe de l'angoisse, une dyspnée considérable, et même de Torthopuée, ainsi que des nausées et des vomissements. Le pouls est faible, inégal, intermittent : k face est violacée, les extroinités sont froides ; bientôt le malade tombe dans le coma; tout enGn indique une grande gf^*nc dans la circulation. Il est rare pourtant d'observer cette réunion dç symptômes, excepté dans les cas où les cavités du cœur sont distendues parles caiUots, et lorsque les principaux oriûces sont obstrués ptf eux. On conçoit d'ailleurs que les accidents produits par la présence des concrétions sar.p^uines doivent varier, suivant le volume que celles-ci ont, et suivant le siège qu'elles occupent C'est ainsi que celles qui distendent l'appendice auriculaire ne produiront aucun trouble, tandis que celles qui occupent un des orifices déterminerout tous les accidents des rétrécissements organiques^ Si cette ooncrè-

DES CONCHfeTlONS SANGFINES DU CCEUA. /lOS

tkm Tient â augmenter, ou si, étant très mobile, elle interceptait complètement le ooars du sang, la mort arriverait presque instantanément, dans un état de suffocatrân ou de syncoi)e.

On ne sait rien do jwsitif sur le temps que les concrétions sanguines mettent à sefonner, ni sur leur durée. Tout porte à penser qu'un grand nombre d'entre elles sont résorbées ou disparaissent par suite d'une véritable destruction opérée par le roonvement circulatoire, tandis que d'autri^s, continuant à s'accroître, amènent la mon. Il est aujourd'hui établi, que ces caillots peuvent quelquefois se détacher et Ht^ cntraiftés par la colonne de sang dans un vaisseau plus ou moinsi éloigné qu'ils ofartment on oblitèrent complètement et d'une manière subite. On observe alors tous lo arcidents que nous avons énumérés plas haut (page 281) en traitant de Toblitération artérielle. Quant h l'idée récemment émise en Angleterre par M. Senhouse Rirkés (î ) , que les caillots fibrineux, en se rompant, en se désagrégeant, altéreraient le sang de manière à produire des symptômes analogues k ceux du typhus et de la phlébite suppurée, c'est là une supposition que rien ne nous paraît justifier.

Diagnostic. — Nous ne croyons pas «pie, dans l'état actuel de la science, on iNtisse diagnostiquer sûrement les concrétions polypeuses ; mais nous pensons qtic Mtqile les troubles foilctionnels que nous avons précédemment énumérés se dévéioppent brusquement chez un sujet qui n'était point déjà atteint de maladie d^ emr, od devra soupçonner la rormation de concrétions polypeuses dans les cavités de cet organe. On pourra supposer également la même altération, lorsque, dans le cours d'une maladie aiguë ou chronique du coïur qui ne s'accompagne pas d'une grande oppression, on voit se manifester tout à coup de l'orthopnée et un trouble considérable dans lés battements de l'organe.

Pronostic. — D'aprc^s tout ce qui précède, il est inutile d'insister jwur prouver qdele pronostic des concrétions polypeuses est toujours très grave.

jktioiogie. — Les causes qui déterminent les concrétions sanguines du cœur ftmt mécaniques ou vitales. Parmi les premières se trouvent tous les obstacles à la circulation, tels que les rétrécissements des orifices, qui, en forçant le sang à stagner dans les cavités du cœur, favorisent ainsi sa solidification. Les causes vitales sitot de trois sortes : tantôt c'est une inflammation de la membrane interne du Ottur qnl concrète le sang à sa surface ; dans ce cas, l'adhérence du caillot a ordiaafremont heu à l'aide d'une fausse membrane; si elle se fait immédiatement, elle est plits intime, et le point correspondant de l'f^ndociirde est éi)aissi et inégal. D'autres fois, la cause des concrétions réside dans le sang lui-même, qui est devenu plus facilement coagulable par l'intrcMluction de quelque substance étrangère : teb ffltit, par exemple, l(*s acides minéraux. >lais, ainsi ([ue Burserius Ta signalé Fun des premiers, et comme M. Rouillaud l'a démontré de nouveau il y a peit d'années, le sang a surtout de la tendance à se coaguler dans le cours de cerlaîiies maladies inllammatoires, notanuuent dans la pnetunonie et le rhumatisme articulaire dgu fébrile (2) ; il est probable que, dans ces cas, lc>s concrétions fibrineuses se toîment suivant le même mécanisme (fue la couenne pleurétique.

Traitement. — On ne connaît aucun traitement efficace pour combattre les concrétions sanguines du cœur. M. Bouillaud propose les saignées générales, tandis f|lle Hope les croit dangereuses : nous pensons pourtant qu'elles sont le plus comnninément utiU^s. On a encore conseillé rusas;e des boissons al)ondantes, rendues

[1} Medie(hchlrurg. Transacîijns, vol. XXXV, et Archives de môltfeine, numéro de mars i884« f/t) Voyei mon Traité de la pnmitio/iir, p. 75.

UOU DES PBODUITS MORBIDES ACCIDENTELS.

alcalines par radditioii d'un sel de potasse ou de soude ; mais les propriétés dissolvantes qu*on attribue à ces substances smit encore contestables ; rien ue prouve non plus Tutilité de Tacétate de plomb, conseillé dans ces cas par. im habile médecin, le docteur Leroux.

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