‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 132 sur 265 · DES VÉGÉTATIONS DU COBUR · texte numérisé non relu

DES VÉGÉTATIONS DU COBUR

Il se développe quelquefois à la face interne des oreillettes, et plus fréquemment sur les valvules sigmoîdes et auriculo-ventriculaires, certaines excroissances ou végétations qui ont surtout été bien étudiées par Laënuec, et dont cet illustre observateur a distingué deux espèces, savoir : les végétations verruqueuses et les végétations globuleuses. Les première^ sont ainsi désignées par Laënuec , parce qu'elles offrent un aspect fort analogue à celui des verrues, et surtout à celui de& végétations vénériennes qui se développent sur les parties génitales (choux- fleurs^ crêtes de coq^ etc.). C'est cette ressemblance qui avait faire croire à Conisart que toutes ces productions avaient une origine syphilitique. Mais cette opinion ne peut plus être admise aujourd'hui, car il est incontestable que les végétations verruqueuses du cœur ne sont que des petites concrétions ûbrineuses plus fermes que celles qu^qn rencontre habituellement, puisqu'on trouve souvent à leur intérieur une teinte violacée ou quelques petits caillots sanguins; enfin, en examinant celles ^ui sont le moins complètement organisées, on leur trouve la structure et la compiosition chimique des caillots fibrineux. Comme ces derniers elles adhèrent à l'endocarde immédiatement, ou bien c'est par l'intermédiaire d'une fausse membrane; elles sont blanches ou roses ; leur siège presque constant est sur le bord Ijbre des valvules ; elles sont plus, fréquentes et plus nombreuses dans les cavités gauches ; elles coexistent souvent avec des indurations et des rétrécissements valvulaires; d'autres fois eUes constituent toute la maladie.

La deuxième espèce de végétation du cœur se nomme globuleuse^ albumineuse. ou fibrineuse ; elle se présente sous forme d'un kyste sphéroïde ou ovoïde, dont la grosseur varie depuis celle d'un pois jusqu'à celle d'un œuf de pigeon. La surface externe de ces es|)èces de poches est lisse et d'un blanc jaunâtre ; elles ont un millimètre d'épaisseur ; elles ont pour le moins la consistance de l'albumine concrète, et sont remplies par mi sang brunâtre ou lie de vin, liquide ou en caillots ; quelquefois enfin on y trouve une véritable sanie ou du pus en nature. Ces productions existent indifféremment à droite et à gauche, mais on les trouve surtout dans les ventricules, et elles adhèrent au cœur par une sorte dç pédicule qui, quelquefois, est entortillé. dans les colonnes charnues, et qui, généralement, présente une organisation moins avancée que celle du kyste.

Il est incontestable que, dans quelques cas, les deux espèces de végétations dont je viens de parler succèdent à une inflammation de l'endocarde ; c'est ce que prouvent l'épaississement de cette tunique et l'existence de la fausse membrane sur laquelle la végétation adhère ; mais dans le plus grand nombre peut-être, il est impossible de les rattacher à une origine inflammatoire; on doit admettre alors que le sang s'est coagulé sous l'influence des causes qui déterminent les concrétions polypeuses du cœur, et dont les végétations que nous venons d'étudier ne sont qu'une variété.

Les végétations de la face interne du cœur ne se révèlent par aucun signe qui leur soit propre; le plus souvent elles n'excitent même aucun trouble appréciable, n en est de même de celles qui existent foir les valvules, excepté |Knirtant lorsque.

DES CONCRÉTIONS INORGAinQUES. Ù05

par leur nofubre ou par leur volume, elles rétrécissent Torifice artériel on ventricolaire. Les syiDptômes c[ui sur\'ienncnt alors sont ceux que déterminent tous les rétrécissements des oriûces, quelle que soit d'ailleurs la cause de ces rétrécissements; niais nul signe spécial ne saurait faire distinguer si Tobstacle dépend de la présence de végétations valvulaires,

Les végétations des valvules peuvent, en se détachant, produire des oblitérations artérielles comme le font les concrétions sanguines.

PEUXIÊ^IE GENRE DE PRODUITS ^K)RBlDES.

MS0 IPBttBVITS MOSnDES ACCIDENTELS QUI SO!VT ÉTBANOEBS

A L'ORGANUSME.

>ous avons dit qu'il pouvait se développer dans le œr|)s de Thomme, en vertu d'un travail morbide particulier, des substances étrangères à l'organisme, dont les unes, tout à fait inorganiques, constituent de véritables corps étrangers qui agissent seulement par leur volume et par leur poids : tels sont les concrétions et les calculs. D'autres ont aussi, le plus souvent, le mi^me mode d'action ; mais ils différent des' précédents en ce que, non-seulement ils sont organisés, mais qu'ils jouissent encore d'une vie propre, individuelle : ce sont les entozoaires. Enfin il est un troisième ordre de produits morbides, les plus graves de tous, qui, nés dans les interstices des tissus, non-seulement les gênent et les compriment, mais les pénètrent et peut-être même les convertissent en leur propre nature : tels sont le tubercule, le cancer et la mélanose.

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