‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 133 sur 265 · DES CONCRKTIONS INORGANIQUES , OU DES CALCULS · texte numérisé non relu

DES CONCRKTIONS INORGANIQUES , OU DES CALCULS

Les calculs sont des produits nK)rbides inorganiques, variables pour la forme, la couleur, le volume, le nombre, la consistance et la composition chimique, pouvant se former au centre des parenchymes, mais se produisant ordinairement dans quelques-unes des cavités naturelles du corps.

Les calculs constituent de véritables corps étrangers au sein de Torganisme ; ils flont privés de vie, et ne contractent jamais aucune connexion organique avec les tissus au sein desquels ils se sont' formés.

Lorsque les calculs se développent dans les cavités naturelles, ils s*y forment ordinairement aux dépens des fluides excrémentitiels ou récrémentitiels, qui baignent leurs surfaces; si, au contraire, ils naissent au sein même des tissus, ils sont Teflet. d une sécrétion morbide.

On rencontn* des calculs dans une foule de |)oints du cx)rps. On trouve de ces concrétions inorganiques dans la vésicule et les conduits biliaires, dans la vessie et les reins, dans la glande pinéale, dans les poumons, les articulations, les veines, dans le canal de l'urèthre, dans les amygdales, les conduits auditifs, les glandes salivaires, les conduits excréteurs des larmes, dans la prostate, le tube digestif, le pancréas, l'utéms, dans les vésicules séminales et les mamelles. I^ description de chacune de ces concrétions ne doit pas trouver place ici : nous ne nous occuperoas point d'abord de celh^s (pii sont du domaine d'» la chirurgie ou dft c^lte*

&P6 DES PRODUITS MOBBIDES ACCIDEIITBLS.

qui, dans Tétat actuel de la science, ne se prêtent encore qu*à quelques détails d'auatoiuie patiiologique fort incomplets, ou bien encore de celles qui ne constitimt qu*un épiphénomène d'une maladie dont nous devrons parler plus tard en détail: telles sont, entre autres, les concrétions tophacées des articulations qa*on trouve chez les goutteux, et iiienie celles qui chez les phthitiques résultent de la transfor* mation de la matière tuberculeuse.

Les calculs peuvent présenter toutes les formes imaginables. Lorsque plusieun concrétions existent dans la même |)Oche, elles sont communément taillées \ facettes et ont des formes anguleuses; les unes n'ont que le volume d'une petite tête d'épingle, tandis que d'autres sont aussi grosses que le poing; les dimensions sont presque toujours en raison inverse de leur nombre. Presque tous sont formés par des couches appliquées régulièrement ou irrégulièrement les unes sur les jintres; d'autres ont une disposition stntlfiée ou une structure lameUense. Lonr composition chimique est non moins variable : on peut dire en général que la concrétion, se formant aux dépens d'un liquide cxcrémeutiliel ou récrémenlitid, |)articipe plus ou moins de la composition chimique de ce dernier. En dehors de œs cas, la plupait des calculs sont formés pai^ quelque sel calcaire uni à une matière animale.

Le mode de production des calculs et les causes qui en favorisent la formation ont depuis longtemps exercé la sagacité des médecins, sans qu'on soit arriv)^, sur ce sujet, à quelque connaissance un peu précise. On sait pourtant que le séjour trop prolongé des humeurs excrémcntitielles dans leurs réservoirs, que les obstacles apportés à leur excrétion, connue 1 etroitesse des conduits, et que la prédon^inanc^ de certains éléments de ces fluides, déterminée souvent par les conditions d*babitation, de climat, d'ahmentation, etc., sont les causes prédis|)osantes dont Tactioii est le mieux démontrée. \qus y joindrons l'inflammation ou certaine^ altéfatiops des conduits et des réservoirs des fluides excréinentitiels, qui ont souvent pour effet de modifier la comix)sition chimique de ces derniers , ou d'exhaler certains produits (albumine, nmcus, sang), (jui, en se concrétanl, j)euvent devenir le noyau du calcul; tout autre corj)s solide introduit accidentellement a le même effet. Les calculs se forment toujours lentement : c'est à tort qu'on admettait autrefois, avec Van Hehnont, une force organique àiie pétrifiante, qui était capable, disait-cni, de former rapidement, instantanément, des calculs d'un gros volume.

Les accidents détermim^s par les calculs sont très variables; ils sont locaux oo sympathiques, l^es premiers sont produits par laction irritante que le corps étranger exerce sur les parois de l'organe qui le renferme. D'autres fois les accidents graves ne suniennont ([ue lorsque le calcul se déplace, lors<]ue, par exemple, il s'engape brusqmMuent dans un canal plus étroit, qu'il irrite |)ar ses as|)érités. S'il s'oppose en même temps au libre écoulement du fluide excrémentiliel, on observe des syiv* ptOmes nouveaux indicpiaut la rétention du liquide; et si celui-ci a des |>n>priéléi irritantes et même sepliques, comme l'urine, la iésor))tion est suivie des accidents les plus graves. Indépendamment de ces symplcmies, dont riuieusité varie suivant le siège du cajcul, son volume, 1 état lisse ou inégal de sa surface, la susceptibilité organique des sujets, il en i^i encore d'autres qui pi'u vent survenir à une époque éloiguée, et qui dépendent des lésions organiques graves déteiniinées par la pression constante du calcul contre les organes ou les tissus avec lesquels il est en contact : tels sont les phlegmasics chroniques, les ulcérations, les |)erforations, les abcès; ces dernières lésions sont quelquefois un bienfait de la nature, en permet* tfiH( r.élimÎDalion du corps étranger,

DM CALCULS INTESTIllAUX. ft07

qviifaei eat, loin de produire de graves accidents , les calculs exdtent à peme nn peu de pesanteur et de gène ; ils peuvent même, quoique volumineux ou ■ombreox, ne déterminer ni douleur ni aucun trouble appréciaUe. Ce dernier cas est fort rare pour les calculs contenus dans des réservoirs ou des conduits excréteurs (h vésicole biliaire exceptée), tandis qu*il est |)lus commun pour lescalcub parenchymateux, ce qui dépend alors souvent de ce que le corps étranger est isolé im parties virantes par on kyste plus ou moins épais.

Les affections calculeuses ont une marche chronique ; les accidents qu'elles déIcnBinent sont sujets à de grandes irrégularités. Tous les symptômes peuvent céder brusquement lorsque le cor()s étranger est expulsé ou extrait; mais souvent, au bout d*uil temps plus ou moins long, la maladie récidive. Pour arriver au diagBOfltic des calculs, on aura égard à la nature des troubles fonctionnels qu'on obierve el à leur ordre de succession. On pourra aussi s*éclairer par les signes que fournissent la palpatiou, le toucher, Tauscultation et Tintroduction des sondes; mais rezpulsion d'un calcul est le seul signe pathognomonique.

Les calculs qui siègent dans un organe important, ou qui s'opposent à Taccomplis* semeot régulier d'une fonction nécessaire à réc^noinie, constituent une aiïeetion toujours grave. Pour certains calculs, le traitement doit être surtout hygiénique; il y a aussi des moyens qu'cm emploie dans le but de dissoudre la concrétion pu de Texpolaer.

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