DES CALCULS INTESTINAUX (ENTÉROLITHES
Les concrétions intestinales, rares chez Thomme, sont fréquentes au contraire cbn quelques quadrupèdes, et uotanunent chez le cheval. £u égard à leur point d'origine, on en a distingué trois espèces. Les unes se forment dans Testomac, on les aamuie goitriques : ce sont les plus rares ; les autres naissent dans un point du gros et dn petit intestin, ou les nonnue/fi/e^/Zna/es; enfin les plus communessontditesmix^ef, parce que leur noyau est formé par nu calcul biliaire qui, i)énétrant dans l'estomac on l'iotcstin, s'y accroît |)ar l'addition de certaines couches organiques ou calcaires; ces dernières concrétions sont dites hépato-yastn^jues ou hépato-intestinales.
Caractères des calculs intestinaux. — Les concrétions intestinales de l'homniQ sont ordinairement arrondies ou ovalaires ; leur grosseur varie depuis celle d'une tète d'épingle juscpi'ù cdie d'une orange; elles sont dures, spongieuses, friables; elles ont une couleur noirâtre ou jaune brun. Tout(?s n'ont pas la même composition. La |)lu|>art renfiTmeiit du phosphate de chaux, et |)lus ou moins fréquemment des urates ou oialales calcaires, du phos()l]ate anunoniaco-magnésieu, de la silice, des matières animales, des substances ligneuses provenant des aliments, divers corps étrangers qui en constituent le noyau ; ce sont des espères de bézoards. Dans les |)ayi «A l'on mange du pain d'avoine, on trouve fn'*qn(>mmenl dans l'intestin des habitants des concrétions formées par des couches successives d'une substance saline (pliosphatede chaux etpliospliate anunoniaco-inngnésien) et d'ime substance veloutée, brunâtre, résistant aux réactifs chimiques, et qui brûle avec une odeur très marquée àt paille, (ie sont des t'gagropiJt's, c'(*st-à-dire des concrétions assez analogues à celles qu'on trouve chez les herbivores et (pii sont formées par des |X)iis ou par des fibres végétales. 'J ous ces calculs se reucontn>nt plus souvent dans le gros intestin et dans le rectum que dans toute autre partie des voies digesti\es; ils sont tantôt libres et tantôt c4Hnme enchatonnés dans Ii s bosselun's (\w ciMon énormément dilatées.
Sf/m/itômen, marche^ tcrminaimms. — L(>s symptômes prodoits parla |>résence de» concrétions dans les organes digestifs sont ires obscurs; le plus souvent i^
n'existe. que quelques douleurs aiguës, fixes du «rratiques, accompagnées de oonslipation ou d'alternatives de constipation et de diarrhée. Après une durée plus ou moins longue, qui peut être de plusieurs mois, on voit souvent cet état de malaise cesser tout à coup après Texpulsiou par Tanus d'un ou de plusieurs calculs. Si ceux-ci, ayant acquis un volume considérable, viennent à obstruer tout à fait l'intestin, la constipation sera pins grande, et le ventre sera habituellement météorisé; cnfmon verra survenir tous les symptômes de l'iléus ou des étranglements internes. Dans tous ces cas, l'exploration attentive du ventre fera souvent reconnaître, suitont vers les fosses iliaques ou les flancs, une tumeur duré, qu'il est presque toujours impossible de mouvoir, mais que l'on trouve souvent déplacée dû jour au lendemain. Si le corps étranger occupe le rectum, l'introduction du doigt dans cet organe le fera aisément reconnaître ; en outre, les malades accusent de la pesanteur à l'anus et des épreintes; ils ont quelquefois un suintement muqueu^, sanguinolent et de la diarrhée. Tous ces accidents peuvent céder comme par enchantement lorsque le corps étranger est expulsé. Celui-ci s'échappa presque toujours par l'anus, très rarement par la bouche, plus rarement encore à travers les parois abdominales à l'aide d'un abcès. Dans ce dernier cas, il se forme une fistule intestinale dont la guérison est plus ou moins longue, et qui peut constituer un nouveau péril pour le malade, si elle occupe un point assez voisin de l'estomac. Si le calcul, n'étant pas expulsé, continue de s'accroître, les malades succombent. La mort peut survenir alors au milieu des symptômes de l'iléus ou par péritonite. Celle-ci est provoquée, tantôt par la distension des intestins, tantôt elle est consécutive à leur rupture ou à leur perforation ; cette rupture est presque constante lorsqu'un calcul s'engage ou se forme dans l'appendice du cœcum; enfin quelques malades, épuisés par de longues souffrances et par la diarrhée, meurent dans le marasme.
Diagnostic. — Le diagnostic des concrétions stomacales est impossible. Si ces concrétions occupent l'intestin, et si elles font saillie à travers les parois abdominales, on ne pourra les distinguer que très diflicilement des tumeurs stercorales : cependant celles-ci sont communément bosselées, disposées en chapelet et assez mobiles. Au reste, la précision du diagnostic ne peut être ici qu'une affaire d'amourpropre, et ne saurait modifier le traitement, qui est le mOmc dans l'un et l'autre cas. On verra plus tard comment on pourra distinguer une tumeur squirrheuse de celle produite par une concrétion.
Pronostic. — Un calcul assez volumineux pour gêner le cours des matières intestinales constitue toujours une affection grave.
Etiologie. — 11 paraît que les concrétions intestinales sont un peu moins rares dans la vieillesse qu'aux autres âges. Tous les corps étrangers sohdes qui i)énètreni dans les organes digestifs, comme les noyaux de fruits, les as, les calculs bî-> liaires, etc., sont une cause de concrétion, car c'est souvent sur ces corps étrangers que se déposent les substances salines. L'abus de la magnésie pourrait produire de véritables calculs intestinaux; c'est ce que MM. les professeurs Cloquet et Duméril ont constaté. Enfin une constipation habituelle, et généralement tout ce qui favorise le séjour des matières dans l'intestin, sont aussi des causes des calculs dont nous parlons.
Imitement, — On emploiera contre les concrétions intestinales les moyens conseillés contre Taccumulatiou des fèces dans le gros intestin. (Voy. à la fin du volume Tarticle Constipation^ et plus haut page 30/i.)
Si la concrétion occupe le rectum, on cherche a rentraîncr avec des pinces; on peut aussi, comme le conseille M. le professeur Cloquet, injecter dans l'intestin le