I^ES CONCRÉTIONS URINAIRES
oôlncidellt assez souvent ensemble pour que l'on soit autorisé à établir entre elld une certaine relation.
Traitement. — Dans le traitement de la gravelle, il fdut obéir à plusieurs itidications : i** On devra avant tout combattre les accidents aigus qui sont produits par le d^lacement des calculs; 2° on favorisera l'issue de c^ corps étrangers, et Ton essaiera de les dissoudre; 3° enfin on prescrira un régime convenable poUI* prévenir la formation de concrétions nouvelles.
Lorsqu'on est appelé près d'un individu qui est dans les tortures de la colique néphrétique, comme il n'existe àticim moyen efficace i)our expulser le calcul ou le faire changer de |)lace, 11 faut chercher à calmer les souffrances par loplum ; on continuera l'emploi du remède jusqu'à ce que les douleurs soient engourdies. Pour produire cet effet, il est souvent nécessaire de porter la dose du médicament à 30, 40, 50 centigrammes, et même davantage ; il est inutile de dire qu'il faut procéder avec beaucoup de prudence. Lorsque les douleurs sont atroces, on peut dorincr d'emblée 10 centigrammes d'opium par la bouche ou en lavemeut; mais il faut laisser s'écouler une heure au moins avant de prescrii-e une nouvelle dose du remMe, et celle-ci, comme les suivantes, ne devra Olre en général que de 25 milligrammes; il faudra d'ailleurs les éloigner ou les ra|)proclier suivant les effets obtenus. En même temps, on devra envelopper la région des reins de cataplasmes émolUents et arrosés de laudanum ; les malades seront plongés dans un bain tiède, et ils y séjourneront le plus longtemps qu'ils pourront. Beaucoup conseillent de faire boire une grande quantité de tisanes diurétiques, i)our augmenter la sécré^ timi nrinaire^ et cela dans l'espoir de déplacer et d'entraîner le calcul, mais les vomissements s'opposent le plus souvent à ce qu'on suive celte conduite. Chez ces malades, il sera utile de vider l'intestin à l'aide d'un lavement émollient ou purgatif Cette précaution est même indispensable lors(iu'on est forcé d'administrer l'opium par le rectimi, en raiscm d(»s vomissements opiniâtres qui tounnenient certains individus. Ce dernier symptôme devra lui-même élrc calmé par l'emploi de boissons gazeuses ou glacées pris(»s par petites quantités à la fois. Si des accidents inflammatoires se développaient, on dorait se hiit<»r (remployer les émissions saiigui-* nés, générales et locales, et se conduire comme nous l'avons dit à l'article IS'éphvUe.
Lorsque k»s accidents se calment, quoique le calcul reste dans le rein, on s'efforcera de l'expulser ou de le disscmdre, ou bien on l'empêchera de grossir par un traitement approprié. Ainsi les malades feront un exercice mmléré; ils prendront fréquemment d(»s baiiis, et femnt usage des laissons gazeuses, diurétiques, ou de quelques eaiix nnnéi-ales, comme les eaux de Seltz, de Fougues, de (Umtrexéville, de Russang, etc., prises en alwndance. Les eaux de Contrexéville ont une réputation presque séculaire. A |>eine alcalines, elles Ji 'agissent j;uèreclûniiquement, mais stinmlantes, parfaitement lolérées par l'estoniar, les malad(»s peu\enl en Inûre 8 S 1 0 litres par jour ; elles ont une action diuréti(|ue. On comprend que cette niass*«î de liquid(*s en s'iiilrcMlnisant dans les \oies urinaires, bahne les concrétî(ms lithîqm»s qui s'y tiennent. Aussi ces eaux, qui sont utiles dans les gravelles, nuisent-elles quand il y a un calcul >oluinineu\ dans la \(»ssie en raison des contractions répétées que l'almiidance des urines nécessite. Les eaux de Vichy et de Carlshad Ont un autre mode d'action, car elhs pein^'ut atta(iu<T le calcul lui-même, mais il faut connaître la constitution chimique de celui-ci. S'agit-il |)ar exemple d'un calcul d'aride uriqiie, on soumettra les malades à un régime exclusi>emeMt végétal, ou du moins on ne l(>ui' accordera qui* la plus petite quantité {Kissihle d'aliments azotés ; les viandes noires ou trop substantielles seront proscrites, et ou ue leui* |RTmcltra
li2U DES PRODUITS MOBBIDES ACCIDBECrELS.
que Tusage des viandes bianches ou du poi33on ; les légumes herbacés devront surtout forÉner la base de ralimeutation, et même la constituer tout à fait si l'état de Tes- Umtfc et la santé générale ne s'y opposent pas. On proscrira l'usage des alcooliques, des vins généreux et généralement de tous les excitants diffusibles., spécialement du café et du thé, M. Donné ayant prouvé que l'urine rendue après avoir pris ces breuvages contenait beaucoup d'acide urique. Plusieurs auteurs pourtant font une exception en faveur du café, qu'on r^rde en effet comme étant utile. Les malades se borneront à boire un vin léger, qu'on coupera avec une eau alcaline naturelle, telle que l'eau de Vichy, ou en ajoutant à do l'eau pure une certaine quantité de bicarbonate de potasse ou de soude (2 à 6 gnunmes par litre). Ce régime peut être supporté plusieurs mois sans trop de fatigue et sans inconvénient pour la santé générale. Ce traitement convient également lorsque les calculs sont formés par l'urate d'ammoniaque, par du phosphate de chaux ou par du phosphate ^mmoniaco-magnésien, et peut-être aussi lorsqu'ils sont constitués par les oxydes xanthique et cystique. Les calculs de carbonate de chaux exigerai«)t, au contraire, l'usage d'un régime animal et de boissons gazeuzes acidulés, ou simplement diurétiques.
La médication que nous venons de conseiller nous a paru efficace dans quelques cas en dissolvant peut-être les calculs, ou en en diminuant le volume, ou en s'opposant à la formation de nouvelles concrétions. Quoi qu'il en soit, on parvient ainsi par ce traitement à empêcher souvent l'explosion d'accès de colique néphrétique, qui, avant l'emploi des alcalins se renouvelaient fréquemment Si nous conseillons les boissons alcalines et l'eau de Vichy eu particulier, dont M. Petit à récemment encore signalé les bienfaits (1), nous voulons pourtant qu'on ne. les emploie que dans des cas bien indiqués, et non indistinctement dans toutes les affections calculeuses. On dit de ne pas les donner longtemps, car >L Leroy d'EtioUes cite des faits qui semblent démontrer que l'usage trop prolongé des eaux de Vichy et des boissons alcalines peut, en neutralisant les acides libres de l'urine, favoriser la formation des calculs de phosphate, de carbonate de chaux et de magnésie ; le plus souvent alors les sels se précipiteraient à la surface des calculs d'acide tirique existant depuis un temps plus ou moins long dans les voies urinaires, ce qui aurait nécessairement pour résultat d'augmenter leur volume : j'ai observé un fait semblable une fois. Cependant, comme chez le malade dont il s'agit, ainsi que dans les cas analogues, il y avait un catarrhe vésical fort ancien, avec rétention d'urine, on ne saurait en tirer une accusation fondée contre les eaux de Vichy, attendu que les phlegmasies chroniques des voies urinaires favorisent par elles-mêmes la production des concrétions phosphatiques.