DES ANIMAUX PARASITES
On voit fréquemment se développer, chez les individus appartenant aux différentes classes animales, d'autres êtres jouissaiit d'une vie propre, mais qui cependant ne peuvent ni se nourrir ni se propager hors des corps vivants ou mâne hors des organes qui leur ont été assignés pour domicile. Ces nouveaux êtres forment la grande classe des animaux parasites. On peut les diviser en deux ordres : les uns habitent le parenchyme des organes les plus profonds ou certaines cavités, conune le tube intestinal, les canaux biliaires, etc. ; les autres, au contraire, sont fixés à la périphérie du corps, ou ne dépassent guère l'épaisseur de la peau. On nomme les premiers entozoairés; les seconds sont dite épizoaires {i),
' Z. — Seif entofonires o« parasites intérieurf.
. Quoiqu'on puisse observer des entozoairés à tous les âges de la vie, cepend^t nous verrons que plusieurs espèces sont plus spéciales à certains âges ; il en est qui sont particulières à certains cUmats. Les causes qui semblent avoir la plus grande influence dans la génération des entozoairés sont : l'habitation humide, la nourriture grossière, et généralement toutes les conditions fâcheuses auxquelles les classes pauvres sont exposées. Mais, indépendamment de ces causes, il faut encore une prédisposition intérieure, et celle-ci est quelquefois tellement active, qu'elle reproduit la maladie successivement ou simultanément dans plusieurs points du corps; c'est ce qui C4)nstitue la diatliese vermineuse.
La connaissance de ce qui précède indique d'abord que , dans le traitement dés maladies verminenses, il faut se hâter de soustraire les malades à l'influence des causes débilitantes auxquelles ils sont exposés; puis on administrera les substances nombreuses dites anthelminthiques ou Vermifuges; mais leur choix sera déterminé par la considération de l'espèce d'helminthe qu'on doit combattre et du liea qu'elle occupe. D'ailleurs, parmi ces substances, les unes agissent en exerçant une action toxique sur l'animal , les autres n'ont qu'une action mécanique : teb sont les purgatifs et les vomitifs , qui peuvent néanmoins agir quelquefois aussi comme toxiques.
Les entozoairés peuvent vivre dans le tube digestif de l'homme ou bien en dehors de son tube digestif.
BHTOZOAIIBS VIVANT DANS LE TDBB DIGESTIF.
Les entozoairés du tube digestif pourraient être groupés en deux séries : !• ceux dont le corps est cylindrique et strié ; tels sont Vascartde, V oxyure et le tricfuh céphale, ^ ceux dont le corps est rubané et articulé; tels sont le' tœnia etk bothriocéphale.
i<* De Pascaride lombricoîde {A»caris bimbricoides),
Valgutremcnt, lombric, lombric tucaride^ grand ascaride.
Description. — Cette espèce d'eqtozoaire, connue dès la plus haute antiquité, signalée par Hippocrate lui-même, fut longtemps considérée conune n'étant autre
(4) Une partie des faits rapporti'S dans les chapitres sur les Entozoairés et les Epizoaires t éië puisée d.iiis !e cours que vient de professer mon collègue et ami, M. Moquin-Tandoo. Il a en la bonté do revoir lui-même ces feuilles et de suppléer aiusi, avec une obligeance dont je lui sais B gré ipSiii, à mon inexpérience dans les questions d^histoire naturelle.
DE l'ascaride lombricoîde. &29
que le lombric terrestre ou ver de terre, un peu modifie par son séjour dans les iatestins ; mais cette erreur a cessé aujourd'hui d'avoir cours dans la science, et les hommes instruits reconnaissent que, quelque semblables que paraissent extérieurement les lombrics terrestres et les ascarides, il y a cependant entre eux des différences d'organisation qui en font des espèces animales tout à fait distinctes. Les ascarides lombricoîdes ont un corps cylindroîde ayant communément de 18 à 24 centimètres de longueur, sur 2 à 5 millimètres de diamètre. Ils sont lisses, luisants, d'une teinte blanche tirant sur le jaune ou sur le rouge. La demi-transpareoce de leur corps permet d'apercevoir une partie de leurs viscères, et surtout l'œsophage et les organes générateurs. Le corps est très aminci à ses deux extrémités, surtout à l'extrémité antérieure, qui se termine par trois tubercules formant h bouche; l'extrémité postérieure se termiue en pointe. L'anus est placé tout près de celle-ci sous forme d'une fente transversale! Dans la femelle, on voit, à la réunion du tiers antérieur avec les deux Xïeirs postérieurs, une partie plus rétrécie sur laquelle existe l'ouverture des organes génitaux. Elle conduit dans un vagin étroit qui aboutit à un utérus bicorne se terminant lui-même par des ovaires filiformes embrassant le tube digestif. Chez le mâle, il y a un pénis placé près de Fanas sous la forme d'un petit crochet. Les cordons spermatiques enroulent les organes digestifs.
Les ascarides lombricoîdes ne vivent guère que dans l'intestin grêle ; il paraît qu'ils sodt presque nécessairement expulsés lorsqu'ils s'introduisent dans l'estomac ou dans le gros intestin. Il en existe, en général, plusieurs à la fois; quelquefois leur nombre est considérable et s'élève à plusieurs centaines. Très communs dans l'enfance, siutout de trois à dix. ans, période où, d'après M. Guersant, on en trouve sur le vingtième des sujets, ils deviennent d'aujtant plus rares que les individus sont plus âgés. On a prétendu qu'ils étaient plus fréquents chez la femme» chez les mdividus d'une constitution molle, chez ceux qui usent d'une alimentation grossière ou qui se nourrissent presque exclusivement de légumes et surtout de ferineux ; enfin une habitation ou uh climat froid et humide semblent aussi exercer une grande influence sur le développement des lombrics; c'est ce qui explique pourquoi ces entozoaires sont plus communs dans la classe pauvre que dans la classe aisée.
Symptômes et accidents produits par les ascarides lombricoîdes. — C'est aux ascarides lombricoîdes qu'il faut rapporter la plupart des symptômes et des accidents que les auteurs disent pouvoir être produits par la présence des helminthes dans les organes digestifs. Ces symptômes sont locaux et généraux. Parmi les pre^ miers, nous citerons les coliques sourdes ou vives, les picotements, le ballonnement du ventre, la diarrhée muqueuse , la langue blanche, le ptyalisme, l'haleine acide, fétide, les vomituritions muqueuses, l'inappétence ou l'appétit nul ou irré^ gulier. Parmi les symptômes généraux et sympathiques, on trouve le visage pâle et plombé, les yeux ternes, bordés d'un cercle bleuâtre, la dilatation des pupilles, le prurit des narines, le grincement des dents, l'amaigrissement, le pouls lent ou irrégulier, le sommeil agité, interrompu ; tous les accidents résultant d'un trouble dans les fonctions des centres neneux, tels que le délire, les convulsions, le coma, h paralysie des sens, etc. Mais ces symptômes isolés ou réunis ne peuvent jamais indiquer d'une manière certaine la présence des lombrics dans les organes digestifs; l'expulsion seule d'un ou de plusieurs de ces animaux par la bouche ou l'anus est le seul signe pathc^omonique de leur existence : il est donc impossible par les senb troubles fonctionnels de diagnostiquer les ascarides lombricoîdes.
&30 DES PRODUITS IlORmOES ACCIDENTELS.
£st-il raisonnable d'admettre, avec quelques personnes graves, que les lombrics ne déterminent jamais d'accidents fâcheux, et que, loin d*Être nuisibles, ils senent, au contraire, utilement à la nutrition en débarrassant les inslestins des matières i^on assimilables? Cette opinion, vers laquelle penchent quelques modernes, nous semble aussi erronée que celle qui avait généralement cours dans la science pendant les derniers siècles, et qui consistait à regarder les vers intestinaux conmne capables dç produire tous les états morbides, depuis les plus légers jusqu*aux plus graves. La vérité ne saurait 9e trouver dans ces deux o|)inion$ extrêmes. Voici, en effet, ce que Tobsen ation a démontré.
On rencontre tous les jours ds^ns la pratique des enfants ou des adultes qui rendent à différents intervalles un ou plusieurs lombrics, sans que cette expulsion ait été précédée d'aucun dos symptômes généraux et sympatliiques qu'on a généralement regardés comme indiquant la présence d'entozoaires dans les organes digestifs ; ces cas sont même, sans contredit, les plus commtins. l'outefois, on observe parfois aussi d'autres individus, des enfants surtout, qui sont pâles, étiolés, qui maigrissent, éprouvept de temps en temps du dévoiement et des coliques; puis on voit tous ces accidents disj)arattre promptement après l'expulsion d*un certain (^ombre de lombrics. D'autres fois ce sont des accidents aigus qui ^ déclarent : ainsi quekpies enfants p(>rdent rapidement connaissance ; leur corps se roidit et s*agite dans des mouvements convulsifs; puis après une ou plusieurs heures, pendant lesquelles la vie semble dans le plus grand péril* les accidents se calment après que les petits malades ont expulsé par le vomissement un ou plusieurs lombrics, presque toujours vivants. iMais, nous le répétons, ces cas sont rares e( tout à fait exceptionnels. II est difficile , je l'avoue, de contester ici l'influence fâcheuse exercée par les entozoaires ; mais ces faits ne sont pas plqs extraordinaires que ceux dans lesquels on voit une accumulation de fèces dans le gros intestin produire des accidents de congestion cérébrale, tels .que céphalalgie, veiliges, éblouissenients et ipème une paralysie incomplète. ]\lais il faut le redire enœre, on a beaucoup exagéré les effets ({ue peuvent produire les vers n^nfermés dans les organes digesUiis : en général, il n'en résulte aucun trouble appréciable ; et si, dans quelques cas rares, leur présence excite quelques désordres, ceux-ci fi'ont rien de caractéristique; pour les rattacher à la cause véritable, il faut a\oir é^ard ù l'âge des sujets, aux coiumémoratifs et aux résultats fournis par l'exploration des organes souffrants. Ainsi , lorsqu'un enfant épiX)uve quelques-uns des accidents précédemment indiqués, s'il c^t impossible de les rattacher à aucune lésion matérielle, on arrive par voie d'exclusion à soupçonner l'existence de vers intestinaux ; mais on ne peut avoir il ce sujet que des |)résomptions et jamais une certitude al)solue, lors même qu'un ou deux lombrics seraient rendus, car souvent cette expulsion n'indique qu'une simple coïncidence ou une complication. Quoi qu'il eu soit, ces doutes suffiront pour justiûer l'administration des vermifuges.
Il nous reste encore à signaler quelques autres accidents dé|)endant d*uue action toute luécanique e\ej*cée par les lombrics sur l'intestin et sur d'autres organes. 4iipai, lors((u*une masse considérable de ces vers s'engage dans une anse d'intestin hemiée, celle-ci s'engoue ; on conçoit aussi qu'il puisse survenir quelques symptômes d'étranglement On a également vu ces masses de lombrics intercepter le cours des matières fécales dans un intestin libre, et produire tous les symptômes de riléus; Requin en a rapporté un exemple dans sa pathologie. Déjà M. Bretonneau avait vu des lombrics accumulés eu quantité telle qu*ils cxmstituaient une tumeur du volume du poing et distendaient fortement l'intestin. Sur le sujet de
OE L* ASCARIDE LOMBRIGOÎDE. 631
cçtte observation on trouva eu outre la muqueuse froissée, meurtrie et détruite 4?uis les poiutsoù les ascarides s'étaient accumulés. Ce cas et quelques autres portemientdonc à croire que les ascarides lombricoïdc!^ sout susceptibles d'enflammer, de lésor la membrane muqueuse. Ou dit eucore, depuis Bréra, que ces vers peuvent perforer Tlntestîn et se frayer une issue k travers les autres viscères; mais cette f>|iiDion est contredite par fireuiser, par Rudolphi, par MM. J. Cloquet, CrffTeillûer, et par la plupart des contemi)orains. Ou croit assez géuéralenient au-jouitl'hui que les lombrics ne peuvent jamais perforer uu intestin sain ; mais on reconnaît que si cet organe est ramolli ou profondément ulcéré, une pression forte exefxée par la tête du ver doit suffire pour le percer de part eu part. Cependant dans ces derniers temps, deux médecins distingués des départements, les docteurs Uoodière (de Loudun), et Charcelay (de Tours), ont apporté quelques faits pour prouver la possibilité d'une perforation active des intestins par des lombrics. Les observations de ces deux habiles confrères ne sauraient résoudre complètement la question, qui nous paraît, en effet, être encore indécise. S il est vrai que lesascariklcs lombricoîdes puissent perforer l'intestin sain, nous ne croyons pas pourtant qpe ce soit en détruisant largement ses parois, car l'organisation de l'animal s'y oppose ; mais ou conçoit que la tête du lombric, pointue çt susceptible jusqu'à un certain point d'érection, soit assez forte pour écarter lentement les fibres des di*" verses tuniques : Mondière croit aussi qu'après avoir livré passage à l'ento^oaire, celles-ci reviennent sur elles-mêmes, de manière à rétablir la continuité du canal. Quoi Gu'il en soit, le ver, en sortant de l'intestin, peut tomber dans le péritoine ; mais si des adhérences antérieures s'y opposent, il peut arriver h l'extérieur ï travers les parois abdominales, après avoir provoqué la formation d'un abcès. Il existe dans la science un assez grand nombre d'()bser\ations de ces al)cès vermineux, par lesquels s'échai)penl en même temps des matières fécales et des ga;p. Ilondière a rassemblé {)ourtant quelques faits dans l(>s(|uels on ne vit sortir de l'abcès qu'un i)eu de pus et un ou plusieurs lombrics ; à aucime épo(|ue même la suppuration n'exhala l'odeur slercorale, et l'abcès se cicatrisa rapidement C'est principalcnieiit sur ces observations que s'appuie l'auteur que je cite pour pensef
Jue les ascarides lombricoîdes, quand ils jierforent l'intestin, écartent plutôt les bres qu'ils ne les déchirent ou ne les détruisent.
On a vu les lombrics pénétrer dans les canaux biliaires, et aller se loger dans la vésicule, ou labourer la face interne du foie, <{u'ils enflamment. Ainsi M. le docteur Toimelé a rapporté, dans le Journal hebdomadaire de l'année 1829, l'histoire curieuse d'un jeune enfant à l'autopsie duquel il trouva dans le foie trois foyers purulents c^Mumuniquant entre eux, et dont un contenait un gros ver lombric roulé sur lui-même. Plus souvent on a vu les ascari<les lombricoîdes, remontant le long de Tœsophage, aller se loger dans iesanfractuosités des fosses nasalas, ou, trompant la vigilance de la flotte, pénétrer dans h; lar\nx, la trachée, les bronches et déterminer des accidents de siiiToralion souvent mortels. M>l. Blandin, Arronsohn et Toimelé ont \u et rap{K)rté des faits de ce genn\ Disons pourtant que cette migration des vers est h; plus souvent consécutive à la mort, ou bien qu'elle n'a lieu que pendant l'agonie; si c'est, au contraire, pendant la vie même des individus que les lombrics |H*nètrent dans les voies biliaires ou respiratoires, on obst'ne dans les premiers cas des convulsions et l'appareil symptomatique caractérisant une colique hépati(|ue; dans le second l(*s malades succombent suffoqués. On a encore prétendu que l'arrivét; des lombrics dans l'estomac était ordinairement marquée par quelques symptômes locaux on sympathiques graves i mais
/i32 DES PRODUITS MOBBIDES ACCIDENTELS.
l'observation journalière démontre que cela n*a lien qne dans des cas fort rares; presque toujours, en effet, la pénétration du ver dans Testomac n*exdte que des nausées et des eff'orts de vomissement à la suite desquels rhelminthe est expobé.
L'expulsion des lombrics n'est fréquemment qu'un épipbénomène presque insignifiant qu'on observe dans le cours d'une foule de maladies aiguës et chroniques. I^our les auteurs du dernier siècle, cet accident constituait te phédomène prédominant et caractéristique. C'est ainsi qu'on lit dans les recueils de cette époque une foule d'épidémies de fièvres dites vermineuses, dans lesquelles on reconnaît tous les traits de la dysenterie, des fièvres bilieuses, typhoïdes, etc.
Traitement. — Lorsque des enfants rendent de temps en temps des vers lombrics, il faut prévenir par une hygiène convenable la génération de nouveaux individus : ainsi on leur donnera une nourriture plus substantielle, ils habiteront un lieu sec, ils seront couverts de flanelle et feront usage d'une boisson tonique.
Pour détruire les lombrics qui existent dans l'intestin grêle, on a conseillé d'administrer une ou plusieurs des substances dites anthelminthiques ou vermifuges. On préconise surtout, contre les ascarides lombricoidcs, le semen-contra en poudre (60 centigrammes, 1 ou 2 grammes), la mousse de Corse en gelée ou en poudre (1 ou 2 grammes), ou bien eti infusion (^ à 16 grammes dans 180 grammes d'eau : ajoutez 32 grammes sp. de miel). On a aussi conseillé l'armoise, Tabsinthe, l'anrone, la tanaisie, la térébenthine, le camphre, le calômel, l'huile de ricin, le jalap, k rhubarbe, la limaille de zinc (Bremsér). Ces médicaments sont donnés à l'intérieur, mais plusieurs ont aussi été employés à Textérjeur. C'est ainsi qu'on prépare des bains, des cataplasmes, des lotions avec les infusions de tanaisie ou d'absinthe; on emploie aussi les linimcnts camphrés et térébenthines sur l'jibdomen; mais tout cela avec peu de succès.
Redisons-le encore, les vers ne produisent pas autant d'accidents qu'on le croit, et l'indication des vermifuges se présente assez rarement Toutefois il y a encore ï ce sujet parmi les médecins, et surtout parmi les gens du monde, beaucoup de préjugés, que les hommes instruits doivent combattre sans doute ; mais le soin de leur réputation et l'intérêt du malade lui-même exigent souvent qu'ils fassent certaines concessions à ces croyances populaires. Ainsi, lorsque des parents s'obstineront à ne voir dans les soufl'rances d'un enfant que des troubles produits par les vers in* testinaux, il n'y a nul inconvénient' à donner un léger vermifuge; d'ailleurs, après avoir satisfait à cette indication toute de complaisance, le médecin sera plus libre pour imprimer à sa thérapeutique sa véritable direction.
Bellingham et Thomson ont fait connaître une autre espèce d'ascaride découverte à Dublin dans les intestins grêles de Thomme. Dujardin et Diesing admettent cette espèce, quoi qii'elle n'ait été observée qu'une seule fois. Cet ascaride a été nommé ascaride ailé {ascaris alata). Il ressemble un peu à celui du chat {ascaris mystax).
2*" De Toxyure venniculaire (Oxyurit vermicularis).
Noms. Ce ver il élë désigné «rnhord sous le Dom d'.iicnris vermicularis; on l*a appelé' «QssiFMitfrU vermicuiari*.
Description, — Ce ver existe ordinairement en grand nombre dans le gros intestin, surtout dans le rectum; il est ovipare et a des sexes distincts. Le mâle a 3 millimètres de longueur; son corps linéaire est blanc, élastique, obtus à sa partie antérieure, qui est demi-transparente, et laisse apercevoir à travers ses parois on tuiie étroit (oesophage), aboutissant à un corps qu'on reconnaît être l'estomac;
DU TRICHOCÊPHALE INÉGAL. /i33
i'extiémîté postérieure, légèrement renflée, est contournée en spirale. Les (cnielles iiflèrent des mâles par un corps plus allongé, car il a de 8 à 10 millimètres : il iit fusiforme, se termine postérieurement en une pointe extrêmement fine, tandis put b partie antérieure qui forme la tête ne diffère point de celle du mâle.
Les Qiyure$ sont fréquents chez les enfants, les jeunes gens et même les adultes Os euHent souvent en très grand nombre ; les matières fécales rendues chaque jour m sont parfois couvertes, sans que les individus en ressentent aucune incommo^ ilité. D'autres fois la présence de ces vers dans le rectum détermine à la maige de l^iQiis un chatouillement des plus insupportables qui se fait surtout sentir dans la oîrée btt pendant la nuit Cette excitation continuelle de la partie inférieure du «ctum, que les malades augmentent encore en se grattant, et souvent en introluisant le doigt dans Tanus pour extraire les vers, finit par déterminer la formation le tumeurs hémorrhoîdales ou le gonflement de celles qui existaient antérieure- DenL Chez la femme, on a vu plusieurs fois Tintroduction des oxyures à l'entrée le la vulve et du vagin devenir cause de leucorrhée; quelquefois les petites filles, lortant souvent leurs doigts, sur les organes génitaux, en raison du prurit qu'elles prouvait, contractent l'habitude de la masturbation. Enfin on a vu plusieurs fois :liez les femmes l'excitation habituelle des organes génitaux par des oxyures pro- Inire la nymphomanie.
Traitement. — On conseille contre les oxyures les mêmes anthelminthiques fne contre les lombrics : seulement on les prescrit en lavement, en raison du siège vdinaire de ces vers dans le rectum. Ainsi on a donné en lavements les infusions l'annoise, de tanaisie, d'absinthe, de sauge, de valériane ; on a introduit dans le rectum du camphre, de Tonguent mercuriel ou du deutochlorure de mercure [3 à 5 centigrammes pour 1 litre d'eau); une décoction de suie, sans compter toutes es substances purgatives. Mais bien rarement on voit ces remèdes réussir. Nous rayons, et cela après avoir beaucoup expérimenté, que ce qu'il y a de mieux ï lire, non pour détruire à jamais les oxyures, mais pour combattre les incommoikés qu'ils occasionnent, consiste à injecter tous les soirs dans le rectum, au Bornent où le prurit commence, une petite quantité d'eau froide. Si ce moyen est asufiisant, on prend un lavement entier qui débarrasse ii la fois l'intestin des fèces 1 des oxyures qu'il contient. Les injections d'eau froide, conseillées par Van Swié-
, sont aussi le moyen qu'employait habituellement Lallemand. Le même pratise louait beaucoup des eaux thermales hydrosulfureuses naturelles; c'est, Taprès lui, le remède le plus puissant à opposer aux oxyures. Il n'a reconnu aucune itflité aux eaux factices. On a également vanté les lavements d'huile d'olive, d'eau le chaux, de sulfure de potasse (3 à 6 centigrammes pour 250 grammes d'eau). Il at utile que le praticien connaisse tous ces moyens, car ce n'est souvent qu'après )eaucoup d'essais qu'on parvient k triompher de la maladie.
8* Du tricbooéphale inégal {Triehocepkalus dispar).
Rom. 0« T«r • é\é décrit pour U première fuit parBûUner sooi le nom de trlchimris. On Ta appeU Mr à Unu* ascaris trickiura, trichocephalos hominis et mastigodcs kominis,
RcBderer et 'NVaglcr l'ont décrit assez bion. Ils l'observèrent sur la plupart des adavres qu'ils ouvrirent pc>ndant l'épidémie de Gœttingue. Ce ver est linéaire ; il st long de 3 à 6 centimètres; les deux tiers de son corps sont capillaires, l'autre si renflé. La têto si* trouve à rextrèmité amincie (Gœze et Mûller); les sexes sont listiocts : le mâle est plus petit que la femelle ; en outre, la portion renflée est
T. II. — s» *MT. ^
hih DES PRODÙitS MOrttitOCS Aa:iDfeMTELS.
lipirifomip et ptiis déVëto|456l^ bhez lé prëltiiet*, tandis ^d'elle (Ust ptfBàfâé itàlte et plus petite chez là feihëlle.
Ce ver existe presque toujours dans le gh)ë ihiesdtt, sitftbdt daite le cÀetUil ; il y est tantôt en petit iibttibrè, quelquefois on en trouîe Iiéatictitip : t'ësi ëlnâl 4» Rudt)lt)hi en a compté dit rnillier cliM tan sétd indîvidd. OH rencoiitre àséek rarement le tiichôçéphàl^ thét l*liomtne. tl ne pàhalt détendiher âncutt âcddedt; dn moins ort ngnorc.
A* Du tsoia foUtaire {Tania êotmm)*
piat^ t^r à larges annêaux% lombric rubané.
Le tœnîa, ainsi liômniç à cause de la resseinblance qu*il â avec iiiie bande de toile, est un ver plat, loiig, articulé, qui habite Tiniestin gr^e de Thomnie et de plusieurs aiiiihaux.
te vër â été signalé dus la plus haute antiquité et a été décrit par Hippocrate )ui-métnc. On à longtemps confondu, sous le titre de véi* sotiiaire deux sortes de vers rùbaiiaîres qu*on dislihgiic aiijourdliui sôiis le nom de iœhia prbpremeiit dit où solitaire {tœnia soliùm) , et de îdBnia large {boihriocephalus lahùl).
Description. — Le tœnia soUum, ou le vrai taenia, a un corps déprimé, àllongi^, àrticidé, dé couleur blanche; il offre communément de 6 à '7 mètres de long; on dit mëiiie aVoir rencontré dés individus qui en avaient plus de 6t). il se tërmiîlê MipéHpùrcment par une partie plus rétrécie qu*on nomihe le cou, et qui siit)t)brte là tëtè. Laquelle constitue la |)ârtie la pitas importante dé Tanimal. Si Toit cxaininè celle-ci au microscope oiî à Taide d*uhé forte loupe, on trouve qu'elle est iin péii ^buleiise ; elle olTre quatre mamelons arrondis, au centré desquels sont téd oiiveftti)^ buccales. Au sommet se trouve utie éminencè entoûrëe d*imé rangée circulaire de très i)ctits crochets, à Taidc desquels Tanimal petit se cramponner avec force â la muquetisè intestinale. Cette disposition a lait donner à cette èstiètê dé tenia le nom de tœnîa anÀe. Le cou se composé de petites articulations éthntèâ Ct allongées qui s*éiai^is§eiit dé plus éh pliis en se rapprochant du corps, oA elles ottt de 6 à 7 milliniMreâ do large et un peu plus en nâuteur. tlhaciihe de ces pàiVB isdiées â la fohuô dMii grain de cbui-ge; dé là të liom de Vers ciicurbit'aihs qii*6h leu^ a donné lorsqu'ils se séparent. Sur îcMirs bords sbht lès orifices des organes sexuels. I^ pcinie inférieure qui foriiie la queue est tronqiiée et se terminé éx abrvpto, ce qui vient de ce qde le plus souvent iin certain nombre d*anneaù![ st! sont détachés du corps. Deux câUt^aùx gl'^les traversent le laeiiiâ dans toUle sa longuem*. Ces animaux soiit hermaphrodites et ovî'pmrs.
Ordinairemetit il n*y a qu*nn seul taenia : de 1& \\^ nom dé ûëf tolimire <id*ill porté pendant longtemps; tnais 11 est prouvé aujourd'hui qu'il peut en ^xistèr plusieurs chez le même indiv idii.
Symptômes et diagnostic, — I^» tienî.1 peut exister sans pfbvocpior aucune souffrance. On voit, en eiïet, souvent des individus qui, nu milieu de la santé la phis florissante, rendent, |)end.lht iiiusieui-s aniié(^ et à dés intênàlh» plus bu moins rapprochés, des |K)rti()ns plus ou moins considérables de ce ver : cependant, dans un grand nombre de cas, le tamia, après avoir ac<|uis un certain dévelo|)pement, produit différents tn)ul)les locaux el symj)athiques qui ont été parfaitement étudiés par ^I. Louis (l). Suivant cet observateur éminent, le taenia provoque constamment
(1) CoUêttUm de mémoire» ^ p. 580.
Dr TT.N!A SOMTAIRK. M5
es coliquos, tariables quaiU h leur forme H h leur inicmsilé, ot qui, on p^i^néral, e 8*accompas;nent pas de diarrhée. Beaucoup de malades ressentent du prurit à mus; il n*en est que quelques-uns qui ont de la déinan^^eaison aux narines : ce emier signe manquerait en effet dans les trois r inquiOmes des cas. L*appétit est illlfil lUmidu^, tantôt il est augmenté; sourcnt il est variable, irrégulicr : c*csi B qu*oil observe surtout chez les femmes» qui prés(MUent en outre, plus fréoemment peut-^tre que les hommes, divers accidents ncneux, tels que céphal-^ Igie, bourdonnement, trouble de la \ue, douleurs épigastriques. Suivant L WawrUch, professeur de clinique h Vienne, H femmes atteintes du taenia fANnteraient conimuuément des troubles et des anomalies de la menstruation : est ce qui n*est pas encore ])arfaitcmeut établi ; mais il est constant qu*au bout un certain temps la plupart d(>s malades maigrissent un peu, ils éprouvent de
faiblesse, des lassitudes, et qudques-uns sont m^me obligés d'interrompre un travaux.
M. Louis pense que des coliques plus ou moins fortes et fréquentes, Bnn$ diarïéê^ se reproduisant pendant plus ou moins longtein|is, avec prurit à Tanus et au n, indiquent d*une manière presque certaine Texistence d'un ver dans le canal ktestinal. Il sera facile de s'assurer que ces accidents ne sont pas produits par des tf tires; les lombrics détenninant rarement tous ces effets, on devra, surtout si M un adulte, croire k l'existence d'un taenia. Bl. Legendre a, dans ces derniers ii|ii, insisté avec raison sur certains troubles cérébraux plus ou moins insolites le le taenia peut produire, tels que vertiges, troubles variés de la vue, lipothymies 1 tcddeiits convulsifs se rapprochant plus ou moins de l'hystérie ou de l'épilepe, ou des phénomènes d'une simple congestion (1). C'est ce que j'ai eu occasion de «stater plusiein*s fois. Ces troubles, si on les obser\'0, surtout chez un homme, défont porter le médecin à faire examiner les selles avec le plus grand soin, car l'expulm de quelques fragments de ver peut seule donner au diagnostic la certitude Mrtble.
StMogie. — M. 1^ awruch, ayant anah'sé 206 cas de tsnia, qu'il a observés Bttdant une pratique de vingt ans, a trouvé que les femmes étaient beaucoup pins atrent affectées de 'a maladie qu(> les hommes, puisque sur les 206 malades, les ttiîérps figurent pour 135, et les liommes pour 71 seulement. Le plus jeune de B malades avait trois ans et demi, et le plus âgé cinquante-qualre. C'estdc quinze quarante ans qu'il a rencontré le plus grand nombre de taenias. A Vienne, on voit ! ter naître dans les méim^s conditions qui donnent naissance au scorbut : ainsi I le rencontre souvent chez les individus de la classe pauvre habitant, sur les HPds du Danulxs des log(!ments humides, se nourrissant de viande et de farine » mauvaise qualité. A Vienne cx>mme à Paris, presque tous les taenias apparmient au genre soiiwn ; en eiï(*t, sur les 206 cas vus par M. Wawruch, il etisuit que 3 bothriocéphales.
Traitement. — I^ taenia est de tous les vers intestinaux celui qui se montre le DS rebelle aux aiitli<>[mintliiques que nous avons précédemnient énumérés. On a meillé contrit lui un grand nombre de médicaments. Beaucoup emploient la cine de fougrre inàle en |K)ndre h la dose de 8 à 12 grammes; elle est destinée tuer le %er, qu'on expulse ensuite eu donnant un purgatif trois ou quatre heures rès. Quelques-uns préfèitiint l'extrait de fougère à la dose de 6 à 120 centiammes. Teschicr, (!<• (ienève, préconise la teinture éthérée de bourgeons do
(4) Archivée §éiiirate$ de médecine^ A'fiéne, t. XXllf, p. i6^.
/t36 DES PRODUITS MORRU)BS ACCIDENTELS.
fougère mâle ï la dose de 8 à 30 gouttes, mêlée h une quantité sufBsante.de matière extractive, pour faire autant de pilules qu*il y a de gouties. C*est, dit^OQ, une préparation qui ne fatigue pas les malades. Le professeur fiourdiêr donnait le matin, à jeun , 6. grammes d'éther sulfurique dans un verre d'une forte décoction de racine de fougère mâle, et administrait deux heures après un laxatif doux, comme Thuile de ricin; il y joignait souvent un lavement fait avec une forte décoction de fougère, à laqudle il mêlait li grammes d*éthersulfqrique; ce traitement était- continué pendant deux ou trois jours. M. Wawruch combat le taenia par des laxatifs doux, comme l'huile de ricin, qu'il alterne avec la poudre de racine de fougère, et quelques lavements d'huile et de lait, qu'il croit capables d'attirer le ver.
Depuis quelques années, la décoction de racine /)*(iicA6 de grenadier sauvage oo cultivé a joui d'une faveur méritée, surtout depuis la traduction du livre de Gomès par Mérat On la prépare avec 6U grammes de racine de grenadier concassée, qu'on fait macérer pendant vingt-<iuatre heures dans 750 grammes d'eau ; on fait ensuite bouillir le liquide jusqu'à réduction à 500 grammes ; puis on le divise en trois doses, qu'on donne de demi-heure en demi-heure. I^ conseil de donner l'écorce fraîche peut ne pas être suivi; en effet, l'écorce sèche réussit presque aussi bien, c'est ce que j'ai vérifié par des faits déjà nombreux. A Paris et dans le nord, il y a même avantage à employer l'écorce sèche provenant du midi de l'Europe |rfutôt que l'écorce fraîche recueillie sur des arbustes étiolés, élevés dans les serres. Ce remède, qui excjte parfois quelques vertiges, des vomissements, et quelques selles liquides, pourra être répété plusiecms fois. Mérat fait observer que, pour le donner avec succès, il faut que le malade ait rendu des fra^ents de taenia le jour même ou au plus tard la veille; mais cela n'est pas indispensable.
Il parait cependant que parmi les.tœnifuges connus, un surtout a une efficacité hors ligne, c'est le kousso, arbre de l'Abyssinie dont les fleurs ont des propriétés taenifuges merveilleuses. L'ayant administré moi-même huit à dix fois à la dose de 15 grammes, j'ai obtenu sans coliques et sans souffrance cinq à six selles liquides au milieu desquelles était le txuia. Le kousso est donc uii médicament précieux, mais il est encore malheureusement fort rare et d'un prix trop élevé pour 1^ bourses pauvres. L'Abyssinie fournit en outre quelques autres végétaux doués comme le kousso de propriétés t^nifuges, mais à un degré certainement inférieur ; tels sont l'écorce du naoussena , que j'ai expérimentée (à la dose de UO à 50 granunes), et deux fruits, le tatzé et le saoria, dont M. Strolh, de Strasbourg, a fait connaître les usages. Il donne le premier à la dose de 15 à 24 grammes, le second à celle de 30 à UU grammes.
Quel que soit le remède employé, lorsque les malades rendent <les portions de taenia, il faut rechercher avec soin si la tête a été rendue; car, lorsque ceUe-ci n'a pas été expulsée, les malades ne doivent pas être considérés comme guéris. Sauf ime ou deux exceptions, on n'a jamais vu le taenia être expulsé par la bouche, mais uniquement par la partie inférieure de l'intestin.
5* Du bothrfiocéphale large {Bothriocepkalui /aftur).
Hovi. Tœnia tata, Utnla vulgarité taenia grUeû^ rhytU latàs^ rhjUlmimthms Uiims, hmfytit l«M, dihQtkrimm iatum; Tolgaircaent, ttenia àiarges anneaux^ lombric iar§9.
Description. — Le bothriocephale a un corps aplati, articulé, d'une couleur grisâtre; il est large de il Wh millimètres, rarement plus. Sa longueur moyenne