‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 142 sur 265 · ENTOZOAIBBS VIVANT HORS DU TUBE DIGESTIF · texte numérisé non relu

ENTOZOAIBBS VIVANT HORS DU TUBE DIGESTIF

Les cntozoaires qui vivent hors du tube digestif appartiennent, à sept genres différente Parmi ces genres les uns sont composés d'animaux cylindriques, tels que la flaire , le strongle, le spiroptère et la trichine ; les autres sont aplatis, tels que la douve, le monostome et le tetrastome.

Il existe d'autres entozoaires extérieurs au tube digestif, qu'on a désignés pendant longtemps sous le nom de vers vésiculeux, et qui ont été dans ces dernières années l'objet de plusieurs travaux importants. Nous leur consacrerons un article séparé.

lo De la filarre de médiiie (PUaria Medineriaii),

Gordiiu Medimenjfis. Jiluria dracunciduâ ; vulgairement, drafonnëmu^ ptUi drmgon^ ver mi «eiiMr éê Médlnê^ -ver de Guinée^ ver du Sénégal^ ver cutané.

Description. — Ce ver, connu depuis près de deux mille ans, se présente sous la forme d'un corps cylindrique , d'une longueur variant depuis quelques centimètres jusqu'à iO, 20, 30 pieds et même plus. Il a tantck la ténuité d'un fil, d'autres ibis il a 1 ou 2 millimètres de diamètre. Il est flexueux ou roulé en cerclç; i|

438 t)ES PRODUITS MOABmBS ACCIDBMTELS.

décroît un peu vers chaque extrémité, A l'une d'elles est la bouclier mirqiiée pur un point noir; Textréinité opposée se termine par une partie effilée e^cFOchuet que les uns regardent comme la queue, que d'autres considèrent comme unpénit, Ce ver est rarement solitaire; il existe sous la. peau, dam k tissu cellnlaire ou entre les muscles. Les parties où on le rencontre le plus souvent sont le» pieds, les malléoles, les jambes, les cuisses, le scrotum, les mains^ les hanches, le ooude, la tronc On ne Ta jamais vu se développer spontanén^ent en Europe; on ne Jle rencontre guère que dans l'Arabie Pétrée, au Sénégal, au Congo, spéciilemeat sur la côte d'Angola, et dans quelques parties de l'Amérique et de l'Asie.

Symptôme». — On a prétendu que le dragonneau pouvait rester plusieurs mois et même plus d'une année dans J'épaisseur des tissus sans exciter aucun trouble dans l'économie : cependant ces cas ne sont pas commmis. Quelquefois les malades ne ressentent qu'une faible démangeaison dans le point où siège le ver, qui peut se dessiner h travers la peau, comme le ferait nue veine; mais bientôt l'aninud f«isapt effort pour sortir, le tissu cellulaire et la peau s'indurent comme dans le furoncle, puis un abcès se forme, et en l'ouvrant, on f:econnaît, au centre de U matière purul^ite, le ver dragonneau, qu'on peut soulever à l'aide d'une piiice oq d'un morceau de bois divisé, autour duquel on le roule. Ppur que le ver soit complètement extrait, il faut on général attendre plusieurs jours et même une ou plusieurs semaines. I.e ver eiUevé, la plaie se cicatrise. M. Maisonneuve ayant en occasion d'observer un dragonneau à Paris, sur un si\jet arrivé depuis quatre mois du Sénégal, a remarqué plusieurs particulaiités ftirt curieuses. Ainsi il a coostAti (Archivée de 18/i^): 1** l'écoulement spontané d'une liqueur bUnche, lactescente, par l'orifice de la tumeur furonculeuse que le parasite avait déterminée, liqueur qui a été signalée déjà comme remplissant le tube intérieur de l'animal; 2* cette liqueur, vue au microscope, renfennait des myriades de petits dragoaneaux mi** croscopiques. M. Maisonneuve dit que lorsque le dragonneau ne fait que se nourrir et se développer, il peut rester inaperçu ou ne déterminer qu'une large tumeur sous la |)eau; mais, à Tépoque 4e la génération , de la ponte, le >er faisant eOorl pour perforer les téguments, il en résulte un petit furoncle; puis la tumeur se perfore, et il s'écoule un liquide blanc avec des myriades de petits dragonneaux microsco{>iques. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que le dragonneau rejette sa progéniture au dehors, circonstance heureuse; car, sans cela, ces parasites, qui se multiplient avec uuc effrayante rapidité, ne taitieraient pas à produire les accidents les plus graves.

Le dragoimeau ne parait entraîner après lui aucun péril : cxîpendant quelquefois les douleurs sont si viv(^ et Tinilamniation locale si intense, que quek|ues malades perdent l'appétit et maigrissent Au reste il existe encore beaucoup d'incertitude sur l'histoire naturelle et pathologique du ver de Alédine.

Traitement, — Lorsque l'inflammation est vive , on conseille d'appliquer des cataplasmes émollionts et d'attendre l'ouverture de l'abcès ; <rautrcs veulent qu'on incise la peau dès que l'animal la soulève. Quelle que soit celle de ces mètlMMles qu'on suive, le ver étant mis ù nu , on le saisit avec des pinces ou un morceau de bois fendu, et Ton tire sur lui jusqu'à ce qu'il résiste. On prétend qu'il f^ut prendre garde d(; le rompre, attendu que cet accident est quohpiefois suivi de douleurs vives, de phlegmons diffus et de gangrène ; mais il y a probablement ici beaucoup d'exagération. On panse la plaie , et l'on renouvelle les mentes tentatives une ou plusieurs fois {)ar jour. On favorise la sortie par quelques pressions eKtérietu*es. \j» différents moyens conseillés à l'intérieur ou on frictions duns le but de tuer le ver

Page 1