‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 144 sur 265 · DES ACÉPHALOCYSTES DES POUMONS · texte numérisé non relu

DES ACÉPHALOCYSTES DES POUMONS

entier {môle hydatique embryunnic de Boiviri), Dans d^autres cas, il ne reste (dus que la cavité amniotique contenant nw liquide, mais sans \estige de fœtus, qui semble avoir été dissous par le liquide dans lequel flotte encore quelquefois un petit débris du cordon ombilical (c*est la môle hydatique creuse de Boivin). Enfin la m(Me vésiculaire est constituée par une masse [lesànt plusieurs livres, pouvant remplir uiie vaste cavité, et qui est composée d'un grand nombre de vésicules disposées en grappes, et dont les filaments adhèrent à une masse rougeâtre qu*on reconnaît pour être le placenta , avec ou sans cavité amniotique (c'est la môle hydatique en masse).

ÏA description que je viens de donner est celle qui a été généralement acceptée jusqu'à ce jour. (Cependant dans ces derpiers temps on a contesté que la lésion que nous venons de décrire fût constituée par des acéphalocy^tes : on n'y a vu qu'une hydropisie simple des villosités choriales. C'est une opinion qui a été professée par M. Robin, et soutenue, dans une thèse présentée en 1849, à la Faculté de Paris, parN. Cayla.

U'après ce que nous venons dédire, il parait résulter que la môle hydatique est toujours un mode d!altération du produit de la cona'ption ; par conséquent, elle oe saujrait se développer ni chez les filles vierges, ni chez les vieilles femmes. De toutes les causes qu'on a invociuées pour en expliquer le développement, aucune n'est encore démontrée.

Symptômes Jer m inaisons, — Au début, il est impossible de distinguer la môle hydatique .d'une grossesse régulière : un peu plus tard on a prétendu trouver des caractères différentiels dans la légèreté du ventre, dans sa dilatation transversale, etc D'autres ont signalé de petites pertes sanguines alternant avec des pertes aqueuses, qui commencent dès le deuxième mois et se reproduisent k des interf ailes plus ou moins rapprochés jusqu'à l'expulsion du produit Cette expulsion, qui a lieu comnmnément entre le troisième et le cinquième mois, rarement plus tôt, souvent plus tard, se fait avec rensep)ble (les phénomènes qui accompagnent et suivent un accouchement naturel. L'utérus débarrassé, la femme peut concevoir de nouveau.

I.^ môles hydati(iuos ne font en général courir aucun danger à la mère, à moins qu'elles ne s'accornpagnent d'hémorrhagies trop abondances ou trop réj)étées. Quant au fœtus, il périt presque toujoui*s à une époque peu éloignée. Quoi qu'il eh soit, il n'y a pas, je crois, d'exemple qu'une grossesse soit arrivée à ferme, lorsque rutéms renfermait un ceilain nombre d'hydalides.

Traitement, — Si une hémorrhagie gra\e survenait pndant le travail d'expulsion de la môle hydatique, il faudrait, après avoir reconnu par le toucher la présence de aîs corps étrangers, en ojWîrer l'extraction en excitant les contractions utérines, ou bien les saisir avec les doigts ou la pince k faux germe de levriet Percy conseille aussi d'injecter dans l'utérus d(; l'eau salée à laquelle il ajoute un cinquième de vinaigre. Ces moyens n'agissent guère que comme cxcitaiit les contractions utérines.

Des acéphalocystes peuvent s(; développer dans les ovaires; elles forment alors des tumeurs qui, outre les signes qui leur sont spéciaux, offrent encore tous les caractères des autres tumeurs enkystées des ovaires. (Voy. plus haut Kystes des ovaires,)

Dos acéphalocystes des poumons.

I^ plupart des acéphalocystes qui sont rejetées par expectoration provienijent du foie. Dans quelques cas |)ourtant ces produits morbides se développent dans le

poumoD, et siègent tantôt à sa surface et immédiatement sons la plèvre, tantôt profondément au centre de Foi^anc. Dans le premier cas, elles peuvent produire de l'oppression, une matité avec absence de bruit respiratoire dans un point circonscrit, symptômes qui leur sont communs avec un épanchement pleurétique partiel ou avec une tumeur solide. Les acéphalocystes qui siègent au centre des poumons déterminent parfois des hémoptysies plus ou moins abondantes, une douleur obtuse dans le thorax et de Toppression. Mais le diagnostic ne peut êtreétabli que lorsque des hydatides sont rejetées. Celles-ci étant expulsées, on pourra constater tous les signes d*une excavation pulmonaire. Si la caverne est petite, elle se cicatrise parfois; si elle est très vaste et si le kyste s*enflainme, on observera tous les accidents de la consomption pulmonaire, ainsi que j*en ai vu. un exemple.

Des acéphalocystes des centres nerveui.

Les acéphalocystes sont assez communes dans Tencéphale, surtout pendant la période moyenne de la vie. Elles existent probablement pendant un temps plus oh moins long dans le cerveau sans produire de symptômes appréciables; mais ' lorsqu'elles ont acquis un certain volume, elles déterminent alors des troubles plus on moins graves, et qui sont très variables. Dans la plupart des cas, les malades accusent une céphalalgie violente ; ils ont une paralysie incomplète, des contractures, du coma, des mouvements convulsifs, épileptiformes, des troubles des sens ; beaucoup sont aveugles. Tous ces accidents peuvent cesser et se reproduire à des intervalles plus ou moins rapprochés, jusqu'à ce. que la mort, qui est la terrainaÎM» constante de la maladie, survienpe. La vie finit presque toujours dans le coma.

Il est impossible de diagnostiquer la présence des acéphalocystes dans le cerveau ; car les kystes séreux et même les tubercules peuvent produire les mêmes accklents.

DES ENTOZOAIRES DOUTEUX.

Quand on lit les ouvrages des auteurs, et même ceux de beaucoup de médecins modernes qui ont écrit sur les entozoaires, on est surpris du vague et de l'obscarité qui régnent dans leurs descriptions.

Plusieurs vers n'ont été observés qu'une fois; leur signalement n'est souvent accompagné que d'une figure très grossière ; quelquefois même l'animal n*a pas été dessiné.

Parmi les entozoaires douteux, nous nous bornerons à citer les cinq espèces suivantes :

1" Vophiosiome de Pontier {Qphiostoma Pontiert) de H. Cloquet, vomi par un cultivateur d'Uzercbes, sujet depuis quelques années à des attaques hystériformes.

Cet animal pourrait bien être un Gordius aquaticus avalé accidentellement

2* Le nématoîde viscéral {Nematoides visceralis)^ trouvé par Pruner en Orient, dans le foie et les intestins grêles des nègres.

Cet animal pourrait bien être un insecte ou une larve d'insecte.

3« Le nétrorhynque deBlaimilie {Netrorhynchus Blainviilei), rendu par les selles avec une grande quantité de sang. On doit sa connaissance à J. Paisley, chirurgien à Glasgow.

U"" La dactylie aiguillonnée {Dactylius aculeatus) , observée par Draske dans un hôpital de Londres, dans les urines d'une femme.

Cet animal pourrait bien être une espèce d'annélide sétigère.

ou SARCOPTE DE LA GALE. 655

5* Vhttxathyridie des veines (Polystonia venarum), découverte par ïreutUer dans les urines d*un jeune homme.

Cet animal ressemUe beaucoup à une ptanariée.

n. — l>ef épîsoaircfl, oo paraiites estérîeiirf .

Nous appelons épizoaires tous les animaux parasites qui vivent dans la peatf, tels que le sarcopte ^ ou à sa surface, tels que les poux et les puces,

i* Dn sarcopte de la gale {Sareopta icabiei),

SVoiis. Jemnu scmbiei ; ▼aJgairemeni, ciron de In guie, mite de la gsle,

La gale est une maladie contagieuse, caractérisée par Téruption, sur une partie plus ou moins étendue des téguments, de petites vésiéules transparentes et prurigineases qui se développent par suite de la présence d'un arachnide particulier nommé acare de la gale ou sarcopte de Thomme (1).

Hisinrique, — C'est à tort que quelques auteurs n*ont fait remonter qu*au XIV' siècle la première apparition de la gale ; il résulte, en effet, de savantes recherches du docteur Dezeimeris, insérées dans le nouveau Dictionnaire de médecine^ que les médecins grecs, romains et arabes, ont connu cette affection ; plusieurs hn ont attribué un caractère contagieux, et ont môme indiqué le soufre comme un moyen puissant pour la combattre. Mais c'est aux observateurs modernes, à Willan et Batcman, et surtout à Alibert, à Biett, à M. Bourguignon, qu'on doit les connaissances les plus précises sur cette maladie. Ces auteurs ont, en effet, définitivement séparé la gale de toutes les affections cutanées avec lesquelles on la confondait le plus souvent Cependant les modernes semblent en avoir méconnu la véritable nature, lorsque nous les voyons tous classer encore la gale à côté des inflammations simplement vésiculeuses. Pourtant, depuis que des observations précises ont "démontré que ces vésicules sont subordonnées à la présence du sarcopte, et depuis qu'il est prouvé que c^t arachnide est la cause unique de la gale et de son caractère contagieux, il est impossible de laisser la maladie à la place qu'on lui avait assignée jusqu'à ce jour : aussi avons-nous dû la séparer des phlegiiiasies et l'étudier avec les affections produites comme elle par la présence des animaux parasites.

Description. — Le sarcopte de l'homme est un articulé arachnide, se présentant à l'œil nu comme un corps blanchâtre, n'ayant guère que le volume d'une très petite tête d'épingle. Vu à travers un verre grossissant, on lui trouve une forme globuleuse, et il ressemble à une petite tortue ayant huit pattes et garnie en cotre, à sa surface, d'appendices filiformes. Ce n'est pas dansla vésicule qu'on le trouve, mais au fond d'un sillon qu'il creuse sous l'épiderme, et qui ressemble à one fine égratignure que la pointe d'une épingle aurait superficiellement tracée (Hébra). Ce sillon peut n'avoir que quelques millimètres de longueur, ailleurs il a phisieurs centimètres. Par une de ses extrémités, il correspond à la vésicule; par l'autre, il se termine en une petite bosselure d'une couleur plus foncée que le âlion, et qui marque la place occupée par le ciron. Les recherches de M. Hébra, médecin de Thôpital général de Vienne, qu'on trouvera consignées dans le tome II

(1) On a proposé, pour le mol gule^ deiu étymologie^ : !• cailu»^ durelé ; T galla, production aecidenteltc .»e déietoppont sur l'écorcc de certains arbre», cl duc au Iravall de ecrtains

USk DES PRODUITS MORBIDES ACCIDEifTELS.

des Annales des maladies de la peau, ont prouvé que le^ciron marche toujours en prolongeant son canal sans jamais rebrousser chemin. M. Bourguignoa é?aluê i un millimètre l'espace que Taiiimal parcourt dans Îps vingt-quatre heures.

S'il est incontestable qu'Avenzoar, au xii*" siècle (1179), ait connu Tarachnidede la gale, il est au moins certain que Moufct le signala, en 163/^, dans son ouvrage publié à Londres (1) , et depuis lui , il a été vu et décrit par les observateurs les ptiis emineuts, parmi les(|uets il stillit de citer suitout lïedi, Liiiné, Mbrgégni, Latreille, etc. Ce|)endant, malgré ces témoignages, el qûoiqtie ëh 1796 Kicknianii eût décrit en Allemagne, de la manière la plus exacte, la nature et le mode de propagation de la gale, on vît presque tous les patholdgistcs de ce siècle, trompés |)ar des expériences mal faites, révoquer en doute Texistence du sarcopte, qu'ils s'obstinaient à chercher dans la vésicule, quoique Moufet et Adams, plus récemment {On morbid poisons, 1807), eussent démôutré déjà qu'il existait seulement à cdté d'elle. Ce fut en vaiii que Gales, en 1813, prétendit avoir découvert de nouvieaa Tacare; les expériences négatives faites presque en même tem)>s par Alibett (1813) et par Biett (1815) tendaient encore & démontrer que l'insecte de la gale n'existait pas: Opendant,à l'époque où la plupart des savants ne croyaient pas au sarcopte, la connaissance de cet animalcule s'était conservée chez certains peuples. Ainsi je tleiis de source certaine que, de temps immémorial, les nègres de la Guadeloupe savaient extraire l'acare du sillon qu'il occupe. La môme tradition s'était conservée eu Corse, et l'on sait que ce fut un étudiant en médecine (M. Renucci) qtii, après avoir vu extraire l'acare aux femmes corses, vint en 183ii, en démontrelr l'etistence à la clhiique d'Alibert. Il fit voir que ce il'était pas dans la vésicule Itii'il fallait chercher l'animal, mais bien dans le foûd du sillon. Cette paiiicularité, qu'on avait oubliée, expliqua pourqiioi tant d'homibes expérimentés, aidés des iileiUettrs instruments d'optique, avaient vainement cherché pendant si longtemjis l'insecte dont nous parlons.

L'acare décrit jusqu'h ce jour n'était que l'insecte femelle existant le plus souvent avec ses œufs dans le fond du silloh; niais, en 1851, Un élève de l'hôpital Saint-Louis, M. Lanquetin, a trouvé l'acare inâle; M. Bourguignon n'a \as tardé h confirmer cette découverte. L'acare niûle a, d'après ce dernier, l'agilité et M taille d'une petite lane; son volume ne dépasse pas 1/5* de millimètre.

L'acare existe chei tous les galeux, et on ne le trouve que chez eût; il est len nohibre variable et toujours inférieur à celui des vésicules; il est surtout facile de le découvrir aut pieds et aux mains, régions du cor|)s où l'épaisseur de i*épidennê lui pemiet de se mettre h l'abri dans une sorte de galerie sonterrahie ; Use cachée adsd sous l'épidermc dans les i)Oints où la peaii présente des rides et n'est pas b^tix>âlée au frottement, comme le pli des articulations, le scrotum, le mamelon, etc. (Gras). Des recherches ingénieuses, faites par M, Aube, tendraient à faire regarder lé sarcopte comme un animal nocturne, qui, pendant ta nuit, attaquerait la peau sur une multitude de»iM)ints, et se réfugierait ensuite pendant le jour dans le fond de son sillon : c'est ce qui cxph'que pourquoi la contagion paraît être phis fréquente cl plus facile la iiuit que le jour; mais c'est uneoi)inion qui a été contestée. Quoi qu'il en soit, la contagion s'bi>ère uniquement par l'insecte; des expériences directes l'ont prouvé, tandis que l'inoculation de la sérosité des vésicules n'a jamais pn communiquer la gale.

L'acare e}>i l'élément essentiel et primitif de la gale, M. Devergie seul, parmi

iil Jntectçrum minimorum animnHum lA^dCmm, cap. xwi| p* 39i

biJ SARCOPTE DE LA GALE. !|55

les ihoaèi^es, a restreint l'importance de l'acaré ; il en a fait un produit morbide; pâtir loi, la gâte consisterait essentiellement dans une éruption cutanée; ce serait une affection générale et non purement locale. Mais nous ne saurions partager cette opinion tort habilement présentée, d'ailleurs, par M. Dcvergic dans l'important ouvrage qu'il vient de publier. Ëii effet, la manière dont la gale se développe, et le genre ie traitement qu'on lui oppose av(»c le plus d'eftîcacité, prouvent sans répliqué que la gale est constituée par la présence de l'acare, et qu'elle n'est qu'une affec* tlon locale.

Là gale n*est peut-être jamais spontanée; elle se communique par le contact iinihédiâl des individus infectés ou par celui des objets qui leur ont appartenu ou qu'ils ont touchés. Ces objets peuvent conserver assez longtemps la propriété infectante, puisque le docteur Hébra a prouvé après d'antres que le ciron pouvait vivre trois semaines hors du corps humain, et Yezin a établi en outre que l'animal à moitié inort de faim, s'il est placé dans de bonnes conditions, reprend bientôt toute sa vigueur. Il est prouvé qu'un galeux mort peut transmettre la gale, pourvu que le sarcopte soit encore vivant Une peau fine et perméable, le tempérament iymptiatique, la jeunesse et une température élevée, semblent favoriser la contagion. La gale affecte plus fréquemment les hommes ; on l'observe surtout chez les sujets malpropres et chez les d'ébauchés, parce que ces individus s'evposent plus fréquemment à la contagion. Quelques animaux, et le chien surtout, sont affectés d*unegalequi est transmissible à l'homme; la chose pourtant a été contestée. Il semble résulter, en effet, d'expériences que M. Bourguignon a faites à Alfort, que l'acarus est de forme difTérente chez chaque animal, et qu'il est impossible d'inoculer la gale avec les insectes d'un animal à un autre animal d'espèce différente.

Il y a pour la gale une période d'incubation d'une durée variable : c'est l'époque pendant laquelle l'acare , mis sur la peau, se creuse un sillon et se reproduit On dit que le terme moyen de Tapparition des sillons est de 16 à 20 jours après le contact

L'éruption se dévelop|)c presque toujours sur le point où l'acare a été déposé; ainsi, le plus fréquemment, cVst à la main qu'on lobserve; chez les enfants h la mamelle, elle siège quelquefois sur les fesses, lorsque ces parties ont été mises en contact avec les mains et les avant-bras d'une nourrice infectée, etc.

Symptômes, — Les malades commencent par ressentir sur les points Cfui ont été contaminés, un prurit incommode qui augmente par toutes les causes d'excitation, comme la chaleur, Tusage des alcooliques, etc. Rientôt apparaissent de petites saillies pointues, rouges, chez les sujets sant^uins, c(>ns(M'>ant la couleur delà iieau chez ceux qui sont débiles; elles ne tardent pas à j>résenter manifestement le caractère vèsiruleu\. (les vésicules se reinar(|U(Mit presque» toujours d'abord dans l'înienalle des doigts et aux poignets, parties (jui sont le plus e\i)Oî>èes à la conlagion; puis elles peuvent se propager aux a\anl-l)ras et dans d'autres parties du corps. M. Bourj^uîfrnon a lrou\é(;n elTei (pie, dans un cinquième des cas, l'ac^ire existait dans d'autres régions (pic les mains. La peau (pii sépare les >ésicules a sa couleur naturelle; on reniaKpie, îiicMè d'un grand noud)re d'entre elles, et y aboutissant dircTtement, une jK'lile traînée blanchâtre, longue d'un ù cpielques millimètres : c'est le sillon dont nous avons parlé, et au fond du(piel l'acai'e se trouve b otti.

Les vésicules de la gale sont le siège d'un prurit plus oii uïoins intense. Les nialades, en se grattant, excorient ces tumeurs; le liquide (qu'elles contiennent f *échappe alors au dehors, çt se concrète en petites croûtes légères et |)eu adbé«

Ii56 DES PRODUITS MORBIDES ACCIDENTELS.

rentes. Chez les individus irritables ou sanguins, certaines vésicules, surtout lorsqu*eUes ont été irritées, prennent le caractère pustuleux. Souvent d*autres phlegmasiés accidentelles se développent dans leur intervalle et viennent quelquefois obscurcir le diagnostic : tels sont rérythème, les eczéma rubrumetimpetiginodes, Tecthyma, le lichen, les clous. Mais ce n*est pas seulement au pourtour des sillons que des vésicules et des papules se développent, il s*en forme aussi au loin sur les membres et le tronc, quoique Tacare soit conOné aux mains : cette sorte d'irradiation sympathique de la maladie est inexplicable; son existence a surtout été parfaitement établie par M. Hébra et par M. Bourguignon dans la Revue médicale de 18^6 et 18^7. C'est dans les cas où une éruption envahit ainsi presque toute la surface du corps, qu'on peut voir la fièvre s'allumer, et diverses phlegmasies viscérales survenir. Cependant il est presque sans exemple que la gale déve* loppe des symptômes fâcheux. Il faut donc n'accepter qu'avec réserve ce que quelques médecins ont raconté sur des accidents graves que la gale pourrait entraîner après elle.

Mflrche, terminaisons. — Toutes choses égales d'ailleurs, la gale suit une marche plus rapide chez les jeunes gens, chez les sujets robustes et dans la saison chaude. Il ne paraît pas qu'elle se termine jamais spontanément. L'affection ne fait plus de progrès pendant le cours des. maladies graves ; l'acare, en effet, cesse de se reproduire, et reste comme engourdi; mais, l'affection intercurrente terminée, il reprend une nouvelle énergie. . La gale peut durer plusieurs années sans altérer notablement la santé; elle ne produit jamais la mort par elle seule.

A l'exempte de Frank, de Biett et de M. Cazenave , nous n'admettrons qu'une seule espèce de gale. Son caractère extérieur est une vésicule ; les pustules , les croûtes, les papules, qu'on rencontre quelquefois, sont des symptômes accidentels, dé véritables complications, siir lesquelles on ne doit pas, par conséquent, se fonder pour établir des espèces morbides.

Diagnostic. — La gaie est quelquefois d'un diagnostic difficile. Il faut, dans les cas incertains, suspendre son jugement plutôt que d'en porter un qui ne serait pas suffisamment motivé, et qui deviendrait souvent une cause de dissension dans les familles. Les affections que Ton confond souvent avec la gale sont le lichen, le prurigo, l'eczéma et l'ecthyma. Cependant le lichen et le prurigo ne sont point des affections vésicuUuses^ mais seulement paptdeuses, c'est-à-dire cx)nstituécs par de petits boutons pleins et secs; en outre, le lichen occupe presque toujours la face externe des membres, la gale le côté interne et les plis articulaires ; le prurit du lichen est peu intense, celui de la gale est des plus incommodes. Le pnirigo diffère de la gale par ses papules, qui se développent surtout sur le dos, sur les épaules, aux faces dorsale et externe des membres, qui sont le siège d'un prurit que le grattement des ongles augmente; les malades se déchirent, et alors chaque petit bouton offre à son sommet une petite concrétion sanguine noirâtre. Les affections vésiculeuses, et surtout l'eczéma rubrum et impetiginodes, pourraient plus facilement être confondus avec la gale; mais, dans le premier, il y a des vésicules groupées, plus enflammées, et qui deviennent purulentes; on ne découvre point le sillon, et, par conséquent, on ne trouve point d'acarus : aussi aucune de ces maladies n'est contagieuse. Il eu est de même de l'ecthyma, qui est en outre caractérisé par des pustules. Si l'ecthyma complique la gale, ou si celle-ci devient pustuleuse, on trouvera toujours dans les intervalles plusieurs vésicules avec un sillon, ce qui sera caractéristique.

PronoRtic, — La gale paraît Otre par clIe-rnOmç exemple de fout c^nger. TouJ

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