‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 145 sur 265 · DU SARCOPTE DE LÀ GALE · texte numérisé non relu

DU SARCOPTE DE LÀ GALE

ce qu'on a dit autrefois des gales rentrées n*est point démontré ; on a probablement attribué à la gale ce qui ne dépendait que des traitements incendiaires qu'on avait employés, ou de quelque lésion viscérale développée fortuitement.

Traitement. — La gale est une affection locale qui guérit communément par. remploi seul des topiques ou par la destruction des acares, de quelque manière qu*on Topère.

Parmi les nombreuses substances qui ont été préconisées, le soufre est celle qui est le plus généralement employée; on le donne surtout en pommade (axonge. Il parties; soufre, 1 ; ou bien axonge, 32 grammes; soufre, 8 grammes ; carbonate de potasse ou de soude, U grammes); ou bien on la compose avec 8 parties d*axonge, 2 de souh%, 1 de potasse purifiée : c*est la pommade dite d'Helmerich, La pommade soufrée, avec laquelle on fait deux frictions par jour, est le traitement le plus commode, le plus efficace et le moins dispendieux. Elle est de beaucoup préférable aux fumigations, aux bains sulfureux et même aux^ lotions tant recommandées par Dupuytren, et qui étaient faites avec une solution de 12i!» grammes de sulfure de potasse dans 750 grammes d*eau, avec addition de 16 grammes d'acide sulfurique. Le soufre entre aussi pour une bonne part dans la pommade de Yezin, fort vantée en Allemagne (soufre en poudre, 31 grammes; ellébore blanc, 7 grammes; nitre, 5 décigrammes; savon noir, 31 grammes; axonge, 93 grammes). Les diiïérentes préparations mercuriclles, les solutions narcotico-âcres, les caustiques, sont des moyens dangereux et moins efficaces. L'essence de térébenthine pure ou mêlée à parties égales d'huile d'amandes douces , est un moyen efficace préféré à tout autre par le professeur Requin, mais qui peut-être a l'inconvénient d'irriter un peu la peau. On l'étend sur les surfaces malades avec un pinceau ou un linge. Les btions avec l'huile de lavande, beaucoup moins efficaces, ont pourtant été parfois avantageuses. 51. Cazenave dit guérir en huit jours la gale à l'aide de lotions faites avec la préparation suivante : essence de menthe , de romarin , de lavande et de citron {ana 20 centigrammes), alcool à 32 degrés (50 grammes), infusion légère de thym (5 litres). Un frère de l'hospice de l'Antiquaille, à Lyon, a signalé comme très efficace de badigeonner les surfaces malade avec une solution de 500 grammes de chaux dans 2 kilogrammes d'eau. Dans ces derniers temps, M. le docteur Bourguignon a trouvé dans la staphisaigre un remède d'une efficacité souveraine pour tuer promptement, en quelques heures, l'acare, et pour calmer les éruptions qu'il excite. M. Bourguignon se sert d'une pommade (poudre de staphisaigre, 300 grammes; axonge, 500 grammes), dont il oint les parties de quatre à six fois par jour. Il a vu la guérison suneuir après quatre jours. Enfin récemment, mon ami, le docteur Lecœur, professeur à l'école de Gaen , a guéri en moins de cinq jours des galeux, en faisant trois fois par jour, sur les parties malades, des frictions un peu rudes à l'aide d'épongés imbibées de vinaigre.

I^ traitement de la gale a été singulièrement simplifié, dans ces dernières années, par deux médecins de l'hôpital Saint-Louis, MM. Bazin et Hardy. Le premier a démontré, par des faits nombreux, l'utilité des frictions générales, recommandées par Helmerich et plus récemment par M. Aube, pratiquées d'ailleurs par Requin et par d'autres. Après avoir donné un bain au malade pour ramollir l'épiderme, M. Bazin fait, sur toute la surface du corps, avec la pommade d'Helmerich, une friction qui dure vingt ou vingt-cinq minutes; on la renouvelle le lendemain, et le suriendemain le malade prend un bain et est renvoyé guéri. M. Hardy a un traitement plus expéditif encore, puisque quelques heures suflisent pour détruire l'acare ; voici comment il procède. Dès l'entrée du malade à l'hôpital, on lui fro^fi

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tout le corps pendant une demi-heure avec du savon noir : ce nèttoys^e a d'atiora pour eiïet de rompre quelques sillons ; puis on donne un bain simple pour ramollir l*épiderme; pendant, toute sa durée, le galeux continue à se frotter. Au sortir Au bain, une friction générale d*une demi-heure est faite avec la pommade d*Hel« merich. L*individu est renvové , on a soin seulement de ne hii rendre ses vêléments qu'après les avoir passés à Tétuve, afm de détruire les acares qu'ils peuvent contenir.

Le traitement expéditif dont je viens de parler constitue un véritable progrès : les essais qu'on a tentés dans les liopitaux militaires français et belges ont démontré la supériorité de cette méthode. Les acares étant tués, la gale, à proprement parler, est guérie ; mais les éruptions secondaires de vésicules, de pustules où lichénoîdes. persistent et ne se dissipent qu'après un ou deux septénaires, â t'aide de quelques bains.

n est presque inutile de dire que, dans le traitement de la gale, il faut souvent obéir à diverses indications. Ainsi , suivant les effets locaux qu'en obtient , on augmentera ou bien on diminuera la quantité de soufre; quelquefois même on en suspendra l'emploi. Si, en effet, la gale devenait trop douloureuse,^ il fauorait recourir momentanément aux bains émollienls et aux cataplasmes de fécule, et n'emploj^r le traitement spécifique qu'après avoir fait cesser la complication.

Pour prévenir la récidive de la gale, ou devra exposer les vêtements des malades aux fumigations de soufre.

2» Des poux {Pedictdi).

On connaît trois espèces de poux. Ce sont le pou de la tête {Pediculus capitis)^ le pou du corps [Pediculus corporis)^ et le pou morpion {Pediculus pitbis).

Les deux premiers ont le corps oblong, distinct du thorax ; le pou de la tête est cendré et présente des lobules abdominaux très distincts; le pou du corps est blanchâtre ou blond et offre des lobules abdominaux très peu marqués ; le pou morpion a le œrps confondu avec le thorax.

Ixîis poux de la tète se montrent fréquemment chez les enfants pauvres, fet généralemertl chez tous les individus malpropres et chez les sujets atteints d'éruptions chroniques du cuir chevelu. On les voit encore se développer souvent en grartd nombre chez les convalescents. Nous ne croyons pas que ces animaux puissent naître sjwnlanémenl et sous l'influence seule de la malpropreté; nous pensons que le plus souvent ils se transmettent d'individu \ individu. I^s poux constituent toujours quelque chose de dégoûtant; on doit donc chercher à les détruire sans cmire, avec le vulgaire, qu'ils soient jamais pour le cuir chevelu une sotié d'exutoire qu'il faut respecter ou ne supprimer qu'avec piiidence.

Pour détruire les poux, (m [>eigne fréquemment les individus, on coupe les cheveux très court; s'il existe beaucoup de lentes, on fait des lotions savonneuses, alcalines, avec l'huile de lavande, et une décoction de petite centaurée, ou bien on y saupoudre de la graine de jiersil pulvérisée ; ces moyens sont préférables i la pommade niercurieile en friction, qui est très efficace, mais qui peut quelquefois produire la salivation.

Les poux de cori^s , lorsqu'ils sont très nombreux et qu'ils infestent l'individu depuis longtemps, s'accorapagneni de diverses altérations de la peau , telles que papules rougeûtres, taches tuberculeuses et pustulos, indépendamment des excoriations et des égratignures produites parle gralteniont. Portée à ce degré, la pn^ncc ^ps poux constitue une afl'ection véritable nommée maladie pédiçulaire ou phthi^

DE LA PUCE. kàé

riase, sur laqueUe on a débité plusieurs opinions erronées ou contestables. Ainsi il n*est pas vrai que les poux puissent jamais perforer les téguments pour se loger dans les tissus. Cependant il n'est pas impossible que les poux, s'introduisant et pullulant dans les follicules, puissent produire de petites tumeurs. Il n'est pas pnn baUe que la maladie pédiculaire ait jamais entraîné la mort, quoiqu'on ait prétehon le contraire.

On détruit facilement les poux du corps par des bains sulifureux, par les fumigations et les lotions sulfureuses, par les bains alcaliiis, mercuriels, et par les fumi* gâtions cinabrées, qui sont pour M. Cazenavc le moyen le plus efficace qu'on puisse emplqjer; les vêtemenls seront expo^sés à la vapeur du soufre ; enfîn les individiis seront placés dans de bonnes conditions hygiéni(|ues. Celles-ci sont seules capables de prévenir la génération des poux, à sup))oser pourtant que leur dévcloppeineni soit quelquefois spontané.

Les pouê morpions peuvent exister dans les aisselles, dans les favoris, dans les sourcils, mais on les trouve spécialement au pénil; ils excitent partout une démaiigeaison insupportable, et produisent sur la peau de petites taches rouges. On s*ëîl débarrasse avec quelques frictions mercurielles.

3" De la puce {Putex hominis).

Tout le monde connaît ce petit animal ainsi que les démangeaisons et les piqûrà qu'il produit Nous ne dirons rien de cet insecte. La puce vulgaire de l'homme à été désignée pendant longtemps sous le nom de Pulex irritons, il est reconnu aujourd'hui que sous cette dénomination on avait confondu plusieurs espèces différentes. Ainsi la puce de l'homme, celle du chien, celle du renard, celle de là souris, celle de la taupe, sont des animaux distincts. La forme et les spinules du chaperon, la situation de ces dernières, le volume des yeux, fournissent d's^z bons caractères spécifiques.

Une autre espèce de puce, qui doit peut-être constituer un genre séparé, est la pucethique {Pulex pénétrons). Celle-ci s'introduit souvent sous la peau. La chique est un véritable fléau dans les Antilles et dans rAmcrique méridionale. La femelle de cet animal pénètre communément sous l'ongle ou dans la peau du talon ; elle a*excite d'abord qu'un léger prurit; l'endroit piqué est marque par un point noirâtre ; bientôt une petite tumeur s'y développe, elle contient un pus sanîeux et des globules blancs qui sont les œufs de Tinsccte. On dit avoir vu survenir, à la suite de l'ouverture de ces tumeurs, la carie des os du pied, la gangrène, etc.; mais de pareils effets sont inHniment rares.

J^ traiteuK'nt consiste à déloger l'ins^xte : on ouvre la peau avec une épingle , on met le sac à nu, et on l'énuclée sans l'ouvrir ; la plaie est pansée avec du tabac, avec du calomel, etc. I^ chicfue n'affecte guère que les nègres malpropres.

Il y a encore dans les mêmes contrées un insecte voisin des œstres, le cutérèhre nuisible (Cuterebra noxialis), qui, dit -on, dépose do force ses œufs dans la peau de l'homme ; il y reste caché pendant .six mois environ; puis, au bout de ce temps, sa métamorphose étant complète, il s'envole sous forme d'un œstrus plus gras que la mouche domestique. V Œstrus hominis de Gmelin parait être une autre espèce du même genre.

Nous ajouterons que, dans certaines circonstances, les lar\es de certaines mouches peuvent s'introduire dans le tissu de nos organes et donner naissance à des désordres plus ou moins graves, 3L J. Cloquet a publié à ce sujet une observatioq e&trémeiueat curicusct

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