DES TUBERCULES DU CERVEAU
Les tubercules du cerveau, vaguement indiqués par les observateurs de la Gndu dernier siècle, n'ont été convenablement décrits que par nos contemporains. Nous mentionnerons surtout les recherches de M. Mérat dans le Journal de Corvisart; celles plus récentes de MM. Léveillé (thèse 182^), Toonelé {Journal hebdomadaire, 1829), Larcher (thèse 1832), ConsUnt {Gazette médicale de 1835), Becquerel (thèse 18^0); Riliiet et Barthez, ainsi que plusieurs observations pleines d'intérêt publiées par M. Behier dans les Bulletins de la Société anatomique. Enfin M. Andrd, dans le tome cinquième de sa Clinique, et M. CalniJeW, àasv&X^^mv^m^ volume do Diciionnaire de médecine, ont présenté des cotkaiàJbtaâ.ous Voo^t-
illi DES PAÔMITS MOMIDES AGClDEflTELS.
tantes Mir le6 ttibercol^ du cerVeiKi, d'aptfs Fanalyse d'un certain nombrei d^oiner- Tatiodu.
Anatomie pâtholôgi^e. -^ Le ttibeitule Jatitie cm eat la forine qu*on rencontre të plus sothrelit daits le cehréatl; Il y existe tanM à Tétat miliaire, ou bien il acquiert te déveioppeiii^t d'une noisette. Quelquefois aussi on troute des masses qui ont le ?oltinie d*uu rjeiif, et mêine de Is thoitié du poiitg d*un sujet adulte, ce qui résulte conumunéinent alors de la réunion de plusieurs tubercules ; dans ce dernier cas, Cêè produits sont irrégiiliers et bOMelés à leur Surface, tandis que ceux qui ont un ^iit Tolûnie Sont arrondis ou bVoMes. ]>es premiers seraient en outre reknarquablés, d*âpr^ MM. Rilllet et BârtHet, par leur disposition en couches concentriques et par Une teinte Terdâtre toute particulière. Cette coloration est, en effet, presque spéciale aUx tubercules des centres nerveux ; tnais on ne la rencontre guère que dans ceux de ces produits qui, datant déjà d*une époque éloignée^ ont acquis un certain volume. Du reste, le mdUie tubercule peut offrir plusieurs colorations; ainsi il peut être jaune, ^is ou vert, suivant qu'on Tekaminc à son centre on à sa périphérie.
Les tubercules cérébraux péuVent préscntci* tous les degrés de consistance qtie nous avons signalés en traitant des tubercules en géiiéral ; mais plus rarement qu'ailleurs ils offrent la dégénérescence crétacée. Leur hombre est tri*s variable ; quelquefois il n*y en aqu*nn ou deux, ailleurs on en trouve une douzaine : mais il est rare d'en cottipter plus de Vingt Ils sont en général moins nombreux dans le cerveau que dans les méninges.
i3n a émië (quelques opinions contradictoires sur lé Siège le plus commun des tubercules ehcéphaliques ; mais, ne tenant aucun compte des asseHions, Toici i tjùelles coUclusions est arrivé M. Andral, après avoiV analysé un grand nombre d'obsenatioUs particulières. I^s tubercules, dit ce professeur, sont beaucoup plus fréquents dai)s les héniisphéres cérébraux que dans auctine autre partie des centres nerveux; ils occupent indifféremment la substance médullaire ou la siibstance corti* cale; quelquefois ils Semblent interposés entre elles, et il est difficile de dire il laquelle des deux ils appartiennent Les points où, après les liémisphères, on a le plus souvent rencontré des tubercules sont : le cervHet, la couche optique, le corps strié, le corps pituitaire, la commissure des couches optiques. MM. Baithez et Rilliet disent même )[)ue le cervelet est à peu près aussi fréquemment en\ahi que le cchreaU et que si l'on tenait compte de la différence considérable de volume entre les deux organes, il serait facile de voir que, comparativement, le cervelet est plus fréquemment le siège de tubercules que le cerveaii.
il est constant que beaucoup de tubercules ciérébràux srtnt Immédiatement en contact avec la substance cérébrale ; d'autres sont isolés par un kyslo cxtroiiiement mince, très adhérent au tubercule, et dans lequel on particnt quelquefois à distinguer deux feuillets. On ignore dans quelle proportion les tubercules enkystés existent |)ar tâpport aux autres.
La substaheé cérébrale qui entoure les tubercules petrt être pariaitemetlt iutacte, ou bien elle est injectée ; d'autres Ibis die eët rilmollie, et plus rarement on la trouve indurée. Si le tubercule Arrive h ta Surface, il |)eut se faire qU'il sUscite une innâtntiiatioh sdhésive entre les deux feuillets de rârachticilde. Les membranes peu- ^tnt aussi être énvfthiés, et 11 n'est pas jtisqh*àu tissu osséut lui-fUéme qUi ne sert! quelquefois détruit. Quaiid les tubercule S(Mt situés un |)èU profortdéménl, c4 lôrs^uHs ont ttqàh «m cértaih f Muitae, ils âVigti^eiitèiit tes ttUieùslous de t'tlémisptdft cortc^MatÛU àùA kkttfMlN^M^îMS utKi\.a!sgUMfi!& ^ ÇtteMIp'é cllltML ÔR
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â ?a auttî de ces maises tuberculeuses déreloppées au centre d'un héniisphèrc, comprimer les têntricules, et, dépassant la ligné médiane, agir sur rhémisphére opplMé de minière à produire l'atrophie d'une de ses parties, ainsi qu'un laborienx et regrettable observateur, le docteur Constant ëti a rapporté nn exemple; Noos rlppeUerobs encore ici que leS tubercules pedTent être tine cause d'inGltration et d'épttlclteilients séreux, parfois (Considérables, quand ils sont placés de manière à comprimer des reines, oii nn sinus principal, ou bien le quatrième ventricule, oli Taquedttc de SylTîns. (Voy. t. P', l'article Hydrocéphalt chronique,) Ces épanthements séreux sont iiirtout déterminés par les titbercules du cervelet, qui, en raison dé leur siège, compriment âssei souvent le sirtns droit et les veines de Galien. Ainsi, Sur treite exemples d'hydrocéphalies recueillis par MM. Bartbez et Rilllet, ou rapportés datis divers recueils, onze fois les tubercules siégeaient dans le cervelet.
SymplômêSi marche. — Conlme toutes les tumeurs intra-crâniennes, les tul)er^ cnles cérébraùt peuvent exister à l'état tout à fait latent, et tié se révéler pendant lotlgtertips par aucun trouble fonctioimel appréciable. Cependant jlresque toujours on noté divers accidents qui ont été parfaitement tracés par M. Calmeil.
Suivant cet habile observateur, dont nous aimons todjours â invoquer le téthoignage, pres(pie tous los malades commencent par éprouver nne céphalalgie dont le liège n est point en rapport ordinaiix^ avec celui de raltérafion. Cette douleur, qui pst communément vive et continue, est suj(ftte à des redoublements irK*guliers dont la violence arrache souvent des cris, et force les individus â rester immobiles dans leur lit ; elle s'accompagne chez quelques-uns de battements incommodes, de Tertiges, d'éblouissements, de défaillance et d'une multitude de sensations plus ou moins pénibles. Ces individus présentent presque en uiêine tem|)s divers changements dans leur caractère et leur humeur ; ils deviennent tristes, inquiets. Chez |e quart des sujets, d'après M. Calmeil, on obsene des mouvements convulsifs, tantôt partiels, bornés, par exemple, à une moitié du corps ou à un membre, plus souvent généraux, et ayant la fonne des accès épileptiques. Ces convulsions, qui se répètent I des intenâlles plus ou moins éloignés, sont quelquefois le seul accident que prodnîsent, du moins pendant quelque temps, les tubercules cérébraux. Il n'y a aucun rapport certain entre le côté du corfis vers lequel se manifestent les phénomènes oonvnisifs et la paille du cerveau qui contient le produit morbide ; mais il n'en est pas de même de la paralysie qui se développe par suite de la compression directe qne le tubercule exerce sur la pulpe cérébrale, ni des lésions consécutires comme le ramollissement qu'il détermine. D'ailleurs la paralysie est un accident qui niaU'* que fréquemment et qui se montre rarement comme symptôme primitif. M. Calmeil olisene en outre qu'elle est rarement complète ; que, dans la plupart des cas, les mouvements sont moins parfaits, moins étendus, mais non complètement abolis. La paralysie complète qu'on remarque dans les derniers jours de la maladie est occasionnée d'ordinain^ par une encéphalite locale ou par un ramollissement. Plus souvent peut-être qu<» les autres lésions organiques de l'encéphale, on voit les tubercules cérébraux produire la para|)légie.
M. Calmeil a noté des troubles de la sensibilité sur plus du tiers des malades ; ces tronbles existaient du cMv de la peau ou de quelques-uns des sens. Ainsi la sensibilité cutanée était exagérée, émousséc ou éteinte chez un dixième des sujets; l'ouW pcrdde ml moins Tmcr dans la même proportion ; la vue était abolie, obscure nu doublé cites du cinquième des malades, qui étaient en oulre ÀVlmM^ \e. ^x^^soclb tflb fubritt dfiig: A Me époque avancée de la mah^, ViDM\l«Qa^>t|j&^siXt«sc^*
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ment altérée au début, sauf les chaugem^ts d'humeur que nous avons aotés tantôt, se pervertit plus ou moins : ainsi le sixième des siyets présentent des accès dç stupeur pendant lesquels les facultés inteltectuelles et morales éprouvent une violente atteinte momentanée ; un cinquième ont du délire, un tiers du coma quelques jours avant k mort (Calmeil). Les symptômes généraux sont très variables : il est souvent difficile de déterminer ceux qui appartiennent à la lésion de rencépliale, i Ojuse de la coexistence de celle-ci avec quelque autre affection, et notamment avec les tubercules pulmonaires et intestinaux ; ainsi tous les malades sont pâles, débiles et dépérissent; la plupart pourtant continuent à manger et digèrent assez bien : seulement on observe de temps en temps chez le quart de ces individus des vomissements coïncidant presque toujours avec les crises de douleurs de tête.
Les sujets atteints de tubercules cérébraux peuvent périr lentement dans un état comateux ; d'autres sont emportés violemment au milieu d*un accès convulsif.
Il est impossible de dire quelle est exactement la durée de la maladie, puisqu'on n'a aucun moyen pour connaître l'instant où un tubercule se forme dans l'encéphale ; mais, en comptant à dater de l'invasion des accidents cérébraux, on trouve que la durée moyenne de l'existence est.de six mois ; plusieurs malades ont vécu quatre, cinq e^x ans; mais il en est qui succombent en quelques mois et même en peu de jodi[n(Galmeil) .
JJiognostic, — Le diagnostic des tubercules cérébraux est très difficile ; il n'existe même aucun signe certain |x>ur les reconnaître ; mais on peut, en comparant le» accidents qu'on observe et en les rapprochant des antécédents des sujets, arriver i quelques probabilités; c'est ce que M. Calmeil a parfaitement établi. Daus un sujet où n'avons presque aucune expérience personnelle, nous ne saurions mieux faire que d'emprunter les paroles mêmes de ce médecin distingué. Si le malade est scrofuleux, dit-il, et âgé de moins de vingt ans ; s'il porte des engorgements au cou, des abcès aux membres ; s'il offre des symptômes d'une affection- tuberculeuse des poumons; s'il est pâle, comme étiolé, et si, après avoir souffert ces maux de ,tête violents, il présente pendant leurs paroxysmes soit des convulsions, soit des défaUlai^ccs, soit des vomissements, quelquefois tous ces accidents ensemble; s'il a du strabisme, s'il éprouve de la gêne dans les mouvements d'un bras, un commencement de paralysie dans un côté du corps, qui se dissipe pour revenir ou faire des progrès lents, il est à craindre qu'il n'existe un ou plusieurs tubercules dans l'encéphale. Nous croyons devoir insbter surtout sur l'absence des lésions de l'intelligence. Nous avons sans doute mentionné le délire sur im certain nombre d'individus, mais ce symptôme n'offre pour ainsi dire qu'une durée de circonstance pendant presque tout le cours de la maladie. I^ mémoire, le jugement, la faculté d'associer les idées comme par le passé, ne reçoivent aucune atteinte, tandis que, dans les autres lésions organiques du ceneau, les tumeurs acquièrent, en général, un volume considérable, et les facultés intellectuelles courent le risque de subir un dérangement inftuiment plus inquiétant Une autre remarque, qui ne peut échapper à un obsenateur attentif, c'est la rareté comparative dos accc^s convulsifis, qui ne se prolongent pas, comme dans l'encéphalite locale, pendant plusieurs heures, qui ne reviennent pas avec la même violence, qui prennent moins souvent la forme du coma et de l'épilepsie, de sorte que l'accablement, le mal de tête, la tendance à l'isolement, la crainte instinctive d'une terminaison immédiate et fâcheuse, impriment à l'accès occasionné par la présence d'un tubercule du cerveau son principal caractère Combien de fois un mai de tête atroce, qui absorbe nuit et jour J'aUetitkm et k courage, qui ne permei pas à celui qui l'endure de songer à ses
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aOisolkMis les plus cbères, qui finît par user eotiérement ses forces, ne conatUnet-il pas à lui seul le trait prédominant dans Texpression fonctionnelle de la maladie ipie nous étudions I Mais gardons-nous d'oublier que le diagnostic est entoui^ d'incertitude ; que lai moindre complication maladive vers le ceneau peut donner un autre upecl aux symptômes; qu*en général la prudence exige que Ton n'éta-*blisse qu*un diagnostic approximatif.
PnmoUic. — Il est inutile de dire que TafTection est toujours incuraUe.
Eiiologie. — Les tubercules cérébraux parraissent être, un peu plus communs cbei \sA individus du sexe masculin ; on n*en a guère rencontré d'exemples avant deux ans, ni. après la quarante-cinquièine année ; plus communs dans Tenfanoe que dans un autre âge, c*est de trois à dix ans que les enfants y sont le plus sujets. Les. tubercules cérébraux se développent communément soùs Tinfluence des mêmes causes qui président à la formation de ces produits morbides dans les autres organes.
Traitemeni. — On ne peut, dans Tétat actuel de nos connaissances, proposer aucun traitement rationnel. Il faudra s*opposer aux accidents prédominants : ainsi, existe-t-il dès signes d*une congestion cépbalique, on devTa recourir aux antiphlogistiques; onét«Mra un ou plusieurs exutoires au cou, dans Tinlention de relarder, s*il se peut, les progrès des tubercules ; mais malheureusement Tart est toujours impuissant Contre les douleurs atroces qui ôteut tout repos aux malades, il faut employer des vésicatoires morphines sur la tête ou à la base du crâne, et mieux encore on donnera les préparations opiacées à rintérieur.