‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 158 sur 265 · DE LA MALADIE SCROPULEUSE · texte numérisé non relu

DE LA MALADIE SCROPULEUSE

PII CDDstammeiil, et qu*cUe peut éire contre-balancéè pir d'autres iaOuences. Il eit avéré, d'alDeure, que Ja scrofule est une maladie qui règne surtout dans les climats tempérés, froids et humides ; tout le monde sait aussi combien il est cornman de voir les scrofules sévir chez les individus des pa)*» intertropicaux qui séjoament quelque temps chez nous. EnOn, nous avons dit plus haut que c'était Hirtout dans les saisons humides et froides que la scrofule débutait, et qu'elle s'ag- Sravait toujours alors, tandis qu'elle s'amendait dans les temps secs et chauds. Baudelocque, après avoir nié Tinfluencc de la plupart des conditions hygiéniques, regarde la scrofule comme étant surtout produite par l'altération de l'air qui résulte de son défaut de renouvcllemenL C'est par là qu'il explique la fréquence le la maladie dans les rues étroites, tortueuses, dans les chambres peu spacieuses. Hais il faut convenir que les individus qui vivent dans ces conditions sont soumis limultanémeut pour la plupart à l'action de causes non moins puissantes, comme l'humidité, la privation du soleil, une nourriture grossière : circonstances dont il ânt bien tenir compte, car il n'est pcrsopne qui puisse contester que, seules ou léunies , elles exercent une influence délétère sur la constitution. Les causes précélentes expliquent pourquoi la scrofule est endémique dans certaines localités.

De toutes les causes invoquées pour expliquer le développement de la scrofule, ine des plus puissantes est, sans contredit, 1 hérédité. Personne ne conteste,, en iifet, qu'un scrofuleux n'engendre un scrofuleux ; mais il existe heureusement à »b de nombreuses exceptions ; et 51. Lebert n'a guère rencontré Thcrédité dans es antécédents que chez un tiers de ses malades. Lugol i, dans son dernier oùrage, traité longuement la question de l'hérédité ; il regarde celle-ci comme la mue générale et presque unique des maladies scrofuleuscs, contestant tout à fait 'iniluence des causes extérieures, des conditions hygiéniques que nous avons fait Aonaitrc précédemment. Lugol voit une relation intime et constante entre la santé, a constitution des pareiits et celle des enfants ;pour lui non-seulement uuscrofu- 8UX engendrera un scrofuleux, mais le mt}me effet pourra être produit par des inlividus ayant eu la syphilis, par ceux qui usent avec excès des plaisirs vénériens, jpii se marient à un âge trop tendre, ou qui procréent des enfants quand ils sont jnop âgés. Lugol va même jusqu'à accuser la disproportion d'âge des parents, le )eo de sympathie des époux Tun pour l'autre. Certainement il est possible que ilotes ces circonstances influent sur la constitution des enfants, sur la beauté de 'espèce ; mais produisent-elles réellement la scrofule ? C'est là une question qui leste encore tout entière à résoudre. J^gol a apporté des matériaux nombreux ; nais i's sont insuffisants. D'ailleurs pour arriver à des résultats incontestables, il >8t indispensable, au lieu de citer quelques faits plus ou nàoius concluants, d'ap- XHter des relevés numériques établissant si les individus placés dans les condilous qui précèdent engendrent sensiblement plus d'enfants scrofuleux que les aules : c'est alors seulement qu'on |)ourra avoir sur ce sujet important une opinion bndée. Je ne dirai rien de la contagion des scrofules ; car rcxpérience de tous les ours et des essais d'inoculation, que nous regardons comme coupables, ont prouvé {ue la maladie n avait dans aucun cas un caractère contagieux.

En résuiué, nous considérons les scrofules comme pouvant être produites par jne foule de causes; mais aucune d'elles n'agit d'une manière sure, constante, î'estce qui explique jiourquoi Ton en a souvent contesté l'influence. Convemms Msl que la maladie peut survenir spoiitanémentsans Tintervention d'aucune d'elles : ;'est ainsi que des enfants ibsus de parents sains, et vivant dans les n\e\Ufi\x\^ t«^- HlioQS hygiéiiiques, sont quelquefois rongés de scroCuWs.

Irnitement. — Le traitement de la maladie scrofuletise est hygiénique et pharmaceutique. Le premier est le plus important, car seul il peut enrayer la maladie ; sans liii tous les autres moyens resteraient sans effet.

' On conseillera aux scrofuleux un air pur et sec, une habitation bien aérée, exposée au soleil ; un régime analeptique, composé surtout de viandes rôties et gril-

lées, de légumes frais, herbacés, de bon vin. On blâme généralement l'usage dizz^ fait, des légumes farineux, des .pâtisseries. Les malades feront de l'exercice, et or~^^ le proportionnera à leurs forces. Ils porteront des vôtements de laine, et l'on exci- ^tera la peau par des frictions, par quelques bains sulfureux, aromatiques, par dc:^ ^3 bains d'eau de mer ou par de simples bains froids de courte durée; ou mieux en^^^core, ou dirigera les malades vers un établissement thermal sulfureux comme ^- à Barèges, Luchon ou Aix en Savoie. Lesbains de mer pris surtout à la Méditcrranéi ou bien les eaux bromo-iodurées comme Challes, Heilbrunn, Kreutznach, Nauhein, etc. , prises aux sources, sont non moins utiles. A l'intérieur, on administrei les toniques, tels que gentiane, iioublon, quinquina et les ferrugineux. Un d<

proSesseurs les plus distmgués de l'école d'Angers, M.' Négrier, a préconisé les feuiHcs de noyer en infusion (une pincée pour 250 grammes d'eau), ou en extraie à b dose de ^0 à 80 centigramnies. Ce médicament, qui a réussi assez souvent Ik Guersant, est aussi employé par M. Borson (de Chambéry). M. Négrier affirme qu'on peut espérer guérir par ce moyen les trois quarts des malades. Il faut savoir que ce remède agit assez lentement, car il faut de vingt à cinquante jours pour que ses effets soient sensibles.

Un des médicaments qui ont joui de la plus grande faveur est sans contredit l'iode; Lugol a été un de ses plus zélés partisans. Il le donnait à l'intérieur sous forme de teinture alcoolique (de ^ à ^0 gouttes, une ou plusieursfoisparjour),et àrcxtérieor en pommades et en bains. Mais Tiodc métallique, quoique utUe dans beaucoup de cas, avait entre autres graves inconvénients celui de troubler profondément les fonctions digcstives, aussi est-il abandonné et lui préfère-t-on avec raison l'iodure de fer à la dose de 20 centigranmies à 2 grammes, Ou bien l'iodure de potassium. On donne ce dernier chez les enfants depuis quelques centigrammes jusqu'à 1 ou 2 grammes, dans une tisane de houblon ou de [)ensée sauvage. Cliez les adultes, on peut i)orter la dose de 1 à ^ grammes par jour. On a encore préconisé contre les scrofules les préparations mercurielles : Ilufeland en faisait un grand usage; nMÛs on 1(*8 a aujourd'hui presque généralement abandonnées. Il n'y a aussi qae peu de praticiens qui suivant la conduite de Chrestien et de M. Legrand, emploient les préparations d or, médicaments dont on ne doit user qu'avec la plus grande réserve ; d'ailleurs l'efficacité de ces remèdes n'est pas encore mise hors de toute contestation. Nous en dirons autant du sous-carbonate de soude, du chlorure d'argent vanté par M. Sicard (de Marseille), du chlorure de chaux et du chlorure do baryum, que Baudelocque a voulu remettre en honneur et qu'on donne dans de Tcau, progressivement à la dose de 5 à 25 centigrammes. Quant à l'huile de foie de morue, nombre de faits recueillis, surtout dans ces derniers temps, par un nombre de médecins considérable prouvent que ce médicament est fréciuemment utile contre la plupart des manifestations de la scrofule, mais plus s|>écialemeQt dans celles qui affectent le système osseux.

Indépendamment du traitement général, on opposera encore aux scrofules ao traitement local : ainsi les tumeurs glanduleuses et les gonflements osseux seront frictionnés avec l'onguent mercuriel, que nous rendons plus résolutif en y ajou- Uai un vingtihne de son poids d'h^drocUsr^u^ d'amiuoniaque ; ou bien on a recour»

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i ane pommade d'hydriodate de potasse simple ou iodurée. On lave les ulcères avec du Tîn, avec une décoction de kina, de feuilles de cb<^ne; on peut aussi employer ces liquides en fomentation autour des engorgements chroniques. Mais les ulcères, les caries, les abcès, les décollements, exigent le plus souvent Tinterv^tion 4cs moyens chiniipcaux: aussi renvoyons-nous aux traités spéciaux de chirurgie pour les soins à donner aux malades en pareille circonstance.

Nature, — Les opinions les plus bizarres ont été émises sur la nature dos scro fuies. Dans Tantiquité on n*y voyait qu*un effet de Taocumulatibn de la pituite; des écrivains éminenls dn siècle dernier, comme Hunter et Bordeu, invoquèrent la présaice d*un acide, et Baumes osa même avancer que c'était Tacide phosphorique. Pour les solidistes, les scrofules étaient constituées par une faiblesse radicale, ou, au contraire, par une action exagérée des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, tandis que Broussais et ses adhérents n'y virent, comme Girtanner, qu'un effet de l'irritation. Quelques auteurs, notamment Astruc, Rosen, Hufeland et Richerand, regardèrent la maladie scrofuleuse comme une sorte de dégénérescence du virus vénérien : mais personne aujourd'hui ne soutient cette opinion ; personne non plus ne voit dans la scrofule l'effet d'un virus spécial. Mais on regarde plutôt les lésions locales comme liées à une cause géuérale encore mal définie, à un vice de là constitution entière, à une diathèse, enfin, qui fait que là nutrition s'altère et se pervertit.

Comment, en effet, contester une origine constitutionnelle à une affection si souvent héréditaire, et qui se révèle par les manifestations les plus diverses et les plus graves : engorgements ganglionnaires, ulcères, abcès, gonflement et carie des os, périostites, phlegmasies chroniques des yeux, du nez, des conduits auditifs, etc. , akératious pouvant isolément céder à des médications locales, mais récidivant alors le plus souvent ou étant remplacées presque aussitôt par d'autres tant qu'on n'a pas modifié le vice constitutionnel ? Je dis le vice constitutionnel pour ne rien préjuger, pour ne pas m'engager dans des débats stériles, de nature, de siège, d'altérations primitives, questions insolubles jusqu'à ce jour, qui, agitées pendant vingtdeux siècles, ont abouti à la négation de la maladie scrofuleuse, et l'ont fait considérer, à une certaine époque, comme un groupe artificiel de symptômes, comme une série d'affections locales dues h l'irritation des tissus blancs.

Pas n'est besoin de soupçonner avec les anciens un virus ou un germe qui, lentement formé ou introduit du dehors, viendrait à éclore. 11 est également impossible, comme le remarque M. Bousquet, de faire dériver la diathèse scrofuleuse d'une autre diathèse. KUe a, en effet, quelque chose de spécial dans sa marche, dans ses expressions symptomatiques, dans ses terminaisons et dans ses suites ; elle doit donc avoir une existence propre, et trouver sa raison d'être dans une disposition inconnue de la constitution des individus.

Pour nous donc, la maladie scrofuleuse est une affection spéciale, constitutionnelle ; ce n'est pas seulement une maladie tuberculeuse, attendu que cette production morbide ne se rencontre pas dans tous les cas, et qu^elle n'est pas le point de départ des lésions nombreuses qui surviennent. iMM. les professeurs Yelpcau et Pîorry semblent croire que la maladie scrofuleuse n'a rien de spécifique; d'après leurs calculs, les engorgemenss ganglionnaires, qui sont un des principaux caractères de la maladie, seraient le plus souvent consécutifs à une cause d'irritation placée dans le voisinage. Cette opinion ne nous semble pas fondée ; le fût-elle, d'ailleurs, comment se rendre compte des lésions survenant vers les autres tissus, et qui tiennent manifestement à la même cause que l'engorgement ^^\\^\^tixv^\T^> c*est-à-dire à une altération profonde de la nutrition^

S$k DES PRODUITS MORBIDES ACCIDEirrELS.

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