‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 160 sur 265 · DU CANCER EN GÉNÉRAL. 5S · texte numérisé non relu

DU CANCER EN GÉNÉRAL. 5S

icddents qu'dle produit ; mais, comme à M. Croveilhier, elle nous semble distincte tù tissu encéphaloTde : 4* par l'absence d'une période de crudité; 2"* par l'absence des vaisseaux, ou plutôt par une vascularisation beaucoup moindre ; 3' parce qu'elle s'ulcère rarement

D'après les détails qui précèdent, il est évident que, vus extérieurement, un grand nombre de différences séparent le squirrhe de l'encéphatolde; aussi est il extrômemmt facile de les distinguer, soit sur le vivant, soit sur le cadavre, excepté poifrtmt quand l'encéphalolde est encore à Tétat de crudité. Beaucoup de personnes s'autorisent de cela pour admettre que les deux altérations sont identiques et ne eoostituent qu'un degré l'une de l'autre; tandis que beaucoup, se fondant sur les dissemblances, en font des affections très distinctes. Cette dernière opinion ne sauilit être vraie; car, d'une part, quelle que soit la forme du cancer, la constitution hlstolc^que nie; varie point, et d'ailleurs, ciiniquement, on ne peut s'empêcher de eonsidérer le squirrhe et Tencéphaloîde comme étant deux altérations qui, survenant sous rinfluence d*une même diathèse, entraînent les mêmes accidents, et exigent remploi des mêmes moyens thérapeutiques.

Faut41 ranger dans le cancer ces boutons, ces ulcères cutanés décrits sous les noms de cancroîdes^ de tumeurs épithéliales ? Les micrographes n'y ayant point reconnu de cellules à noyau mais une innombrable quantité de cellules d'épithé- Hum, en ont fait une maladie distincte du cancer, non-seulement par sa constitution histologique, mais aussi par sa marche. On a dit, en effet, que ces tumeurs extirpées ne répullulaient que sur place, qu'elles n'envahissaient pas les ganglions, et qu'elles ne se généralisaient pas dans les autres tissus comme le fait le cancer. Ces propositions sont généralement vraies, mais eUcs ne auraient être exclusives; il existe, en effet, des faits irrécusables de cancroïdes qui ont gagné les ganglions et se sont généralisés. D'ailleurs à voir leur marche envahissante, leur récidive après Textirpation, il est impossible de ne pas les ranger dans les affections cancéreuses.

On a cherché aussi ti éJimincr du cancer a^rtaines tumeurs nommées fibroplastiques, et qui n'auraient d'autre élément histologiquc que celui-là même qui fait la base des tissus normaux, des indurations phlegmasiqucs, du chancre induré, des ganglions hypertrophiés. Nul doute qu'on n'ait souvent pris pour un squirrhe des tumeurs homœoniorphes, mais lorsqu'une tumeur pareille répullule après son extirpation, soit sur place, soit ailleurs, lorsqu'elle envahit les ganglions, lorsqu'elle se généralise dans les tissus, et que les individus meurent épuisés, ne faut-il pas Toir là une manifestation de la diathèse cancéreuse, bien que le microscope révèle d'autres éléments que ceux qu'on découvre presque toujours dans les tutneurs malignes? C'est ce que je n'hésite pas à croire.

Le cancer naît dans nos organes. Ce n'est pas une transformation des tissus, mais im produit nouveau qui se développe, qui s'étend, qui se ramollit souvent et s'ulcère. Ces changements surviennent comme poiu* le tubercule en dehors de tout travail inflammatoire ; en se propageant il détruit les tissus, nul ne lui résiste. Cependant les plans fibreux, les artères et les cartilages sont ceux qui s'opposent le plus à sa marche, tandis que le tissu cellulaire, les lymphatiques et les veines semblent au contraire le propager.

Symptômes, — Il est difficile de tracer d'une manière générale l'histoire symptomatique du cancer, que nous ne devons envisager ici que sous le rapport purement médical. Les symptômes locaux des maladies cancéreuses varient suivant une foule de circonstances, et surtout d'après leur sié^^e. Qu^Tià. \ÀVfei^>AQitL ^mxfient ycnua organe profond, on remarque d'abord di\en \io\£b\^ V3jdKâfSD^â&

qui n*ont rien de caractéristique, et qui souvent même dépendent bien moins de la nature de la maladie que de la gêne et de la compression qu'une tumeur inso-^ lite exerce sur Torgane malade ou sur un organe voisin : c*est ce qu*on observa notamment pour le cancer du cerveau, de la moelle et des poumons. Dans quel — ques cas, le cancer, soit à son début, soit après avoir déjà acquis un certain volume ^ niais n'ayant encore produit aucun trouble fonctionnel, se révèle tout à coup pa^ un accident insolite qui fixe aussitôt Tattention du médecin. Telles sont les liémoi — rhagies abondantes , que nous verrons apparaître comme premier symptôme- « comme symptôme indicateur, dans les cancers des organes profonds, qui cômmu — niquent plus ou moins directement avec Textérieur ; c'est, en effet, ce qui arriv <» dans les caùcers de l'estomac, des intestins, de l'utérus, des reins et même des poumons. Ces hémorrhagies, survenant ainsi à une période peu avancée dî/ cancer et avant son ulcération, sont difficiles à expliquer; on ne peut, en effet, les rattacher, comme celles d'une période plus avancée, à l'érosion d'un vaisseau, car il n'existe encore nulle part dé solution de continuité : il est évident qu'elles se font alors par exhalation, moins sur le point altéré que sur la poilion saine du viscère. On ne ^aurait expliquer ces écoulements par une gêne dans la circulation ; car la production morbide a souvent un volume très minime, et siège dans uo point où toute compression est impossible. Il faut admettre alors que le cancer exerce sur l'organe une action occulte, qu'il modiFic, pen crtit sa vitalité de manière à lui faire exhaler du sang. Cependant les hémorrhagies sont un symptôme qui appartient généralement à une période plus avancée du cancer, c'est-à-dire lorsque le produit morbide se ramollit, et surtout lorsquMl s'est ulcéré. On peut les observer dans les squirrhes; inais elles sont beaucoup plus conmiunes, et surtout plus abondantes, plus opiniâtres, et sujettes à de plus fréquentes récidives, dans les pncéplialoîdes : c'est ce qui s'explique d'ailleurs par la grande quantité des vaisseaux artériels que ces productions morbides contiennent

I-è cancer excite le plus souvent des douleurs vives; celles-ci ont fréquemment le caractère lancinant, térébrant ; elles sont le plus souvent continues, mais sujettes à des exacerbations irrégulières ; elles peuvent, par leur violence et leur continuité, ébranler fortement le système nerveux, et exciter le délire et les convulsions, ou bien épuiser les forces et accélérer ainsi beaucoup la terminaison funeste de la maladie. Cependant les douleurs n'ont cette violence qu'à une i)ériode avancée, lorsque le cancer se ramollitet s'ulcère. Au début de l'afTection, au contraire, les douleurs sont communém^ent peu vives et même tout à fait nulles. Cependant il ne faut pas considérer la douleur, et surtout la douleur lancinante, comme un symptôme constant du cancer, mais seulement comme un accident fréquent, ordinaire; il est, en effet, des individus qui meurent avec tous les syuiptômes de la cachexie cancéreuse sans avoir jamais éprouvé aucune douleur notable. Cette* absence de ilouleur, ou du moins de douleur vive, se remarque surtout dans le cancer des poumons, du foie, des reins et de l'estomac ; elle est beaucoup plus rare dans le cancer utérin. Il est impossible d'expliquer par aucun caractère d'organisation les douleurs du cancer, ni lès anomalies et les différences que ce symptôme présente chez les divers individns. Cependant il importe de dire ici que toutes les douleurs qu'on observe chez les cancéreux n'ont pas le même siège : ainsi les unes, et ce sont les plus communes, tiennent directement au cancer ; elles siègent bien manifestement dans l'organe affecté : ce sont celles dont on ne peut donner une explication satisfaisante. Mais il en est d'autres qui résultent de la compression ou du tiraiUcinent que la tumeur caûcèrevi«e produit sur les filets nen eux environ-

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