DU CANCER DE L*ESTOMAC
m l'incise, on trouve successivement, ainsi que !M. Louis Ta indiqué, une couleur Vêfk blanc grisâtre, puis d'un bkmc laiteux, puis bleuâtre, avec un reflet brillant t demi-transparent, enfm une teinte d'^in blanc laiteux. Ces diiïérentes colorations i^ndent à autant de tissus, savoir : à la membrane muqueuse , au tissu celludre sous-^muqueux , à la tunique musculeuse , et cnûu au tissu cellulaire Qterposé entre eUe et le péritoine ; c'est ce dont il est facile de se convaincre par me dissection attentive. La tunique musculeuse, qui est si remarquable ici par sa oaleur et par son épaisseur, est traversée par des cloisons celluleu$;es qui se coninuent avec le tissu sous-péritonéal. La membrane muqueuse, le plus souvent Itérée au niveau du cancer, peut cependant ne présenter aucune solution de ontinuité, mais elle est considérablement épaissie ; elle est grisâtre, adhérente au issu sous-muqueux, parfois rouge, violacée, ramollie, ou plus ou moins marnemnée ; enfm dans quelques cas elle est tout à fait intacte.
De toutes les tuniques de Testomac, la séreuse est celle qui est le plus rarement flTectée ; cependant, ainsi que M. Louis l'a encore constaté, il semble parfois qu'au iveau de Faltération le péritoine soit devenu plus cassant, plus friable, sans |)ourudt qu'il ait augmenté d'épaisseur. Dans tous les cas, la tunique séreuse n'est imais affectée primitivement ; peut-être en est-il de même de là tunique mustileuse.
On recherche rarement dans quel état se trouvent les autres éléments anatomiœs de l'estomac ; nous dirons pourtant que, dans quelques cas fort rares, on a oové une hypertrophie d'un ou de plusieurs des cordons neneux du pncûmoistrique et une phlébite de quelques ramifications veineuses. I.es ganglions lymbatiques, situés le long des courbures de l'estomac, sont généralement sains ; saz du mésentère et de Tépiploon gastro-hépatique sont quelquefois engorgés et artîcipent à la dégénérescence. La matière cancéreuse existe parfais aussi dans hisieurs des veines abdominales ; ou en a rencontré jusque dans la veine porte. InGn il n'est pas rare de trouver eu même temps des masses encéphaloîdes ans le foie.
Nous avons déjà dit que toutes les formes du cancer pouvaient se rencontrer ans l'estomac : ainsi le squirrhe et rencéphaloîde y sont très communs ; quelque- MS la tumeur est constituée par de la matière colloïde, ou bien ce sont des végétlions fongueuses, nées sur la membrane muqueuse à peine altérée ; enfm fréquemlenton trouve des ulcères carcinomat eux : ceux-ci se forment tantôt primitivement, iDtôt ils succèdent au ramollissement des tissus squirrheux et encéphaloîde ; c'est s qui a presque constamment lieu. Enfm, dans quelques cas rares, l'ulcère a eu dur point de départ une gangrène partielle des parois de l'estomac, ainsi que j'ai a occasion de le constater une fois. Dans tous ces cas l'ulcère cancéreux, plus ou loins large, a des bords durs, inégaux, renversés, fongueux ; sa surface est dure, légale ou couverte de chairs fongueuses que la gangrène peut atteindre, ainsi ne cela a lieu, mais plus s(m>ent ])ourtant i>our les ulcères carcinomateux des allies extérieures. Il arri\e plus fréquennnent encore que l'ulcère, par ses prorés incessants, finit pardélniire entièrement la pami corr(»spondante de l'estomac, ependant, conune dans ces cas le travail ulcératif a marché lentement, des adhémccs solides oiït presque toujoui^s eu h temps de s'établir entre les deux feuillets pposés du péritoine : aussi l'estomac adhère-t-il alors à quelques-uns des visses voisins; ceux-ci forment le fond de l'ulcération et remplacent la paroi ^truite. C'est ainsi (lue la perforation peut être bouchée par le fove, v^\ \^\^\r^.> ir le pancréas» par Je cùloa (ransvcrse, ou bien par \à çatoY aXAwwxvAfco^'^
le diaphragme, et même par le corps des vertèbres. Souvent le cancer, continiiaiit ses ravages, fmit par envahir la paroi suppli inentaire elle m<'*me ; dans ces cas, on trouve la rate et le foie prorondémenl excavés; cliez d*autres, Testomac commonique avec le gros intestin, avec le péricarde, avec la plèvre et le poumon gauche, ou avec l'extérieur à travers la paroi abdominale.
Le cancer imprime ordinairement à l'estomac des changements de capacité, de direction et de forme qui varient suivant le siège de Tallération. Ainsi, quand k cancer occupe le cardia et le corps de lorgaue, le volume de Testomac est beaucoup moindre; car, dans le premier cas, les aliments et les boissons ne peuvent arriver qu'en i)etite quantité, et, dans le second, les parois ne se prêtent plusi l'extension. Si l'altération siège au pylore et si cet orifice est très rétréci, les aliments et les boissons, ne pou\ant le franchir et s'accumulant i>endani quelque temps dans l'estomac avant d'être rejetés par le vomissement, finissent par développer le viscère à un |)oint tel, qu'on a vu celui-ci envahir tout l'abdomen et descendre jusque dans l'excavation pelvienne. Le rétrécissement des deux orifices de l'estomac, qui devient la cause de changements si remarquables dans l'ampleur do viscère, peut être porté au point de permettre à peine l'introduction d'une plume de corbeau. Cependant il arrive quelquefois que le rétrécissement, après avoir été excessif, diminue; rorifice peut reprendre, en eiïet, ses dimensions premières, et en acquérir même de plus considérables par suite du ramollissement et de la destruction du tissu accidentel. Cet eiïet i)ourtant a très rarement Heu, parce que les malades succombent avant qu'il ait eu le temps de se produire.
Symptômes, marche. — Chez la plupart des individus, le début du cancer est niartiué par la difficulté des digestions; celles-ci s'accompagnent de pesanteur et parfois de douleurs épigastiiques vives ; les malades ont des aigreurs et des vomituritions formées d'aliments, ou seulement de matières gliireuses, c|ui quelquefois sont rejetées après le repas, et plus souvent dans leur intervalle, surtout le luatin \ jeun. Ces troubles ont-ib à peine (jnelques semaines de durée que déjà les malades remarquent qu'ils ont maigri, (^est dans ces conditions (|u'on voit quelquefois une hématémèse se produire; on cite même des cas où celle hémorrhagîe serait survenue sans malaise, au milieu de toutes les apparences de la santé; mais ce fait est assez rare. Cependant les troubles digestifs augmentent, les digestions se pervertissent : ainsi très sou\enl les aliments d'une assimilation facile sont rejetés, tandis que des substances indigestes sont di^^érées sans la moindre incommodité. Ces troubleis peuvent rester assez longtemps stationnaires : quelquefois on les voit diminuer et presque cesser ; les malades reprennent alore une |>artie de leur eniboopoint et de leurs forces : ce|><»ndant les mêmes accidents ne tardent pas à reparaître. Ainsi les digestions redeviennent difliciles; elk\^ s'accompagnent de beaucoup de renvois gazeux et d'aigreurs qui déterminent un sentiment de chaleur et de brûlure à la gorge. Quelques malades accusent alors des douleurs plus vires) Pépigastre; ces doiileurs sont très variables; elles ne consistent qu'en une pesanteur chez les uns ; chez d'aiUres c'est une sensation de brûlure, d'érosion, ou bien ce sont des élancements qui surviennent de temps en temps et (pii redoublent lorsque l'estomai* est eniii»iTmenl vide, ou bien peuffant le travail de la digestion. Ia douleur est loin d'être un phénomèiie constant du cancer de l'estomac : ce symptôme manque, en effet, entiiTement dans quelqm»s ras, et ce n'est qu'exceptkmnellement qu'on obsenc les douleurs lancinantes qu'on regarde à tort comme ftant prestpie constantes dans les affections cancéreuses. \\\ lieu d'occujwr Tépi-
If/Mre, j'êi vu maintes fois la ûoutexwr «\^t ^\i%V ^w. ^>\ \C\\^^ d»s demièrei