‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 171 sur 265 · DU CANCER DES REINS · texte numérisé non relu

DU CANCER DES REINS

Les reins sont beaucoup moins souvent affectés du cancer que le foie et que le tube digestif. La dégénérescence encépbaloîde est la forme qu'on y rencontre le plus fréquemment; le squirrhe y est fort rare. Presque toujours l'altération débute par un seul rein ; elle peut plus tard envahir celui du côté opposé ; la substance corticale est affectée la première, mais plus tard l'altération peut gagner la substance tubuleuse. On rencontre le plus ordinairement dans les reins cancéreux des masses encéphaloïdes disséminées, entre lesquelles le tissu rénal est tantôt sain, tantôt plus ou moins injecté. Le rein peut conserver ses dimensions ou en acquérir d'énormes ; dans ce dernier cas sa surface est inégale et hérissée d'un grand nombre de bosselures, dont le volume varie depuis celui d'un grain de cassis jusqu'à celui d'un œuf de poule; eUes sont eu général très irrégulièrement disséminées. Quand les reins sont entièrement envahis, ils ne présentent plus de vestiges de le4ir organisation première ; informes , bosselés , ils sont en partie ramollis et creusés de cavernes remplies de détritus rougeàlre. La tunique fibreuse est ordinairement épaissie ; les ganglions de la scissure sont généralement pénétrés de matière encépbaloîde ; les veines rénales et la veine cave elle-même peuvent contenir des caillots fibrineux mêlés à du détritus cancéreux. Le péritoine contient plus ou moins de sérosité.

Symptômes, diagnostic. — Dans le cancer des reins, les malades accusent généralement des douleurs vives dans la région lombaire; ils ont de temps en temps des hématuries abondantes ou légères; le sang peut être roup;c, ou bien il a la couleur de la lavure de chair, et exhale une odeur fétide. Au bout d'un certain temps, l'organe augmente de \olume, se dessine et forme une tumeur dure, bosselée, qu'on peut sentir par la papation, au-dessous du rel)ord costal et dans le flanc, quelquefois même elle s'étend de l'hypochondre jusqu'à la crête de l'os iliaque. On en apprécie l'épaisseur facilement lorsqu'on porte profondément une main en a\ant, l'autre en arrière daus le iK)int corres{)ondant ; par la |>ercussion on parvient à limiter le rein malade des organes voisins. La nutrition est toujours profondément altérée, l'appétit finit par se perdre, les digestions sont difficiles; il y a de la diarrhée et souvent des vomissements; enfin, fréquemment, les extrémités s'infiltrent, ce qui s'explique par la cachexie cancéreuse, et souvent par l'obstruction de la veine cave par des caillots.

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