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hémorrhagies ; d^aotres, cq plus petit nombre, succombent épuisées par les douleurs, lesquelles peuvent d'ailleurs, ainsi que Baylc Ta vu plusieurs fois, déterminer des convulsions ou des accès de délire, au milieu desquels les malades sont emportées. Enfin quelques femmes meurent de péritonite aiguë, laquelle survient par l'extension du cancer jusqu'au péritoine ou à son voisinage, ou bien encore lorsque par suite d*nne ulcération du vagin h son insertion au col, il s'établit une perforation qui fait communiquer ce canal avec le péritoine.
Tels sont les symptômes les plus communs du cancer utérin. Il arrive pourtant quelquefois que la maladie, que nous avons dit se caractériser par des troubles si manifestes, existe pendant des mois entiers à l'état presque latent. Gela arrive surtout dans les cas rares où TafTection débute par le corps et n'envahit que lui seul. La même chose arrive pourtant àms le cancer du coK Ainsi, plusieurs fois déjà j'ai vu cette partie ulcérée profondément et réduite en putrilage chez des femmes jeunes et fraîches, bien réglées, n'éprouvant aucune douleur, ayant tontes les apparences de la santé, et qui venaient me consulter pour une hémorrhagie ahûidânte qu'elles avaient, ou poiir une leucorrhée qui les incommodait, et qui était le seul symptôme appréciable. Cependant, en pareil cas, la constitution ne tarde pas à s'altérer.
Les cancers qui ont été indolents à leur début réveillent quelquefois plus tard les douleurs les plus atroces.
Terminaisons. — Eu général, la maladie a une marche progressive : tantôt elle ctt si rapide, qu'il ^Oit de deux ou trois mois pour que la mort survienne; c'est ce qu'on observe notamment dans la forme fongueuse et ulcéreuse. D'autres fois, an contraire, surtout dans la forme squirrheuse, la maladie a une marche lente ; die parcourt ses périodes eu plusieurs années ; il arrive même, dans quelques cas malheureusement trop rares, que les malades parviennent à une vieillesse avan> cée» soit que l'affection reste stationnaire, soit que le tissu de l'utérus ait subi alors nne véritable atrophie.
C'est là, je crois, la seule chance favorable qui reste aux malades; car nous ne croyons pas que le cancer utérin, quelle que soit sa forme, puisse jamais se rétoadre : du moins il n'en existe encore dans la science aucun fait authentique^ on n'a jamais vu non plus la partie cancéreuse frappée de mortification se séparer à Faide d'une inflammation éiiminatrice, et laisser une ulcération simple, susceptible de se cicatriser. On sait que ce mode de terminaison, sans être fréquent, a néanmoins été observé quelquefois dans les cancers externes.
Durée, — I^ durée du cancer utérin a été en movenne de seize à dix-huit mois dans les cas que j'ai analysés; ce résultat diffère peu de celui indiqué par le docteur Lebert, qui, sur cent sept cas, a donné comme durée moyenne de la maladie vingt mois , comme minimum trois mois, et soixante- six mois comme maximum. H. Lebert indique le chiffre de seize mois comme pouvant exprimer la durée moyenne de la maladie datis les cas qu'il a analysés.
La fécondation est -elle possible, — ï^ cancer du col utérin rend la fécondation difficile, en s'opposant à la pénétration de la li(|ueur séminale : cependant la conception est possible encore, même lorsque la dégénérescence cancéreuse envahit le col et une partie du corps, et lorsque la femme présente déjà des signes de cachexie ; M""* Lachapelle cite aussi plusieurs cas de grossesses arrivées à terme, nonobstant l'existence d'un cancer du col utérin; mais celui-ci, à raison de la dureté, peut rendre l'accouchement difficile, et souvent on est obligé de le diviser avec l'instrument tranchant pour hâter la délivrance. W esX t^x^ ci^^tv^«dX
}i1h DES PRODUITS AlOftBIDES ACCIDENTELS.
que les enfants nés dans ces conditions vivent ; en eilbt, la plupart soûl mort-nés, et les autres péri!»sent peu après leur naissance : c'est ce qui s'explique non-seolement par Tétat de Tutéms, mais aussi par les bémorrbagies graves qui se sont faites pendant la durée de la grossesse. Dans la plupart des cas pourtant, le cancer, gênant le développement de Tutérus, a pour résultat ordinaire d'empêcher la grossesse d'arriver à terme. Presque toutes les femmes dont nous parlons avortent; la maladie de l'utérus marche ensuite avec plus de rapidité vers une terminaison funeste. L'homme ne court aucun danger sérieux en coliabitant avec une femme cancérée : il pourra tout au plus contracter quelque écoulement bénin, ou un herpès prœpiUialis ; mais il n'y a nullement k craindre qu'il gagne un cancer à la verge.
Diagnostic, — Les bémorrbagies, la leucorrhée, les douleurs lombaires et sa- 1 bréés, les tiraillements inguinaux, sont des signes purement rationnels qui, étant commuiis à beaucoup d'alTections utérines, ne sauraient jamais à eux seuls caractériser la dégénérescence cancéreuse. Il est donc indispensable d'explorer l'utérus i l'aide du spéculum, et surtout par le toucher, qui fournit des renseignements plus complets. D'ailleurs, ce dernier mode d'exploration est toujours possible, tandis qu'on doit s'abstenir du [)remier toutes les fois que. le vagin participe à l'altération; car on a vu Tintroductiôn du spéculum, faite en pareH cas, détermÎDer la déchirure du vagin.
Les signes rationnels lès t)]us im|)ortants dans le cancer utérin sont, sans cootredit, les hémorrhagies et la leucorrhée ; en effet, la méirorrhagie qui persiste et se reproduit, comme nous l'avons dit précédemment, est toujours symptomatique, et ne peut guère dé[)endre alors que d'un polype, et plus souvent encore d'un cancer; de même l'écoulement blanc, qui est séreux, souvent teint de sang, et qui exhale une odeur fétide, devra faire redouter un cancer, et très probablement un cancer lilcéré. L'écoulement a d'ailleurs d'autant plus de valeur que, lorsqu'il offre ces caractères, il s'accompagne déjà d'amaigrisFement, de dépérissement et â*un teint jaunâtre, qu'on ne retrouve ])asoudu moins qui n'existe pas au même degré dans aucune autre affection utérine. Dans tous les cas, nous le répétons, il faut explorer les femmes [)ar le spéculum et surtout par le toucher ; car si c*est un polype qui produit les accidents qu'on observe», le doigt fera reconnaître sur le col, ou & travers l'orifice dilaté, une tumeur indolente, pédiculée, évidemment isolée et distincte de t'orilice utérin. Si la tumeur est encore contenue dans l'utérus, on en soupçonnera l'existence en raison des hémorrhagies graves qui ont lieu, et parce ^uê le toucher par le vagin et par le rectum ne fait distinguer aucune altération appréciable de texture ni vers le col, ni vers le corps de l'utérus. Le loucher, et surtout le spéculum, feront aisément distinguer les unes des autres les ulcérations simples et les exulcéralions de la ihélrite granulée d'avec les ulcères cancéreux; car tes premières sont superficielles, ont des bords peu saillants, une siu'face finement granulée et rouge, tandis que l'ulcère cancéreux a des bords relevés, taillés à pic, indurés, et sa surface, d'un rouge obscur ou vineux, est hériî«ée de bourgeons durs ou couverte de fongosités. Un cas vraiment embarrassant dans le diagnostic du cancer utérin est de distinguer le sqiiirrhe de l'induration chronique simple; mais nous nous sommes déjà expliqué sur ce point, ton). I" à Tarticle Métrite chronique. Ajoutons encore ici que dans les cas rares où le cancer n'atteint que le corps et respecte le col, on peut hésiter longtemps, (lependant les hémorrhagies, qui sont rares dans la métrite, sont, par contre, fréquentes dans le CMcer; le volume de la tumeur , ses lu(^aJitiès> les douleurs plus vives que les malades
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rçweatent, et le dépérisseuient, (jui survient rapidemeut sont tout autant de circoufiances qui permettront de distinguer une métrile parenchymateuse d*avec un cancer du corps.
n est important de rappeler ici que le volume du museau de tanche varie beaucoup à l*état norms^l suivant les sujets, et que des accouchements répétés y produisent des fissures et des bosselures quelquefois assez dures , qu'il faut bien se garder de considérer comme morbides.
En terminant, j'appellerai l'attention des praticiens sur un signe avant-coureur des cancers utérins indiqué en 18^3 par M. Montgomery, dans un travail publié |nr ce médecin dans Dublin médical l'ress : ce signe est fourni par l'état des glandoles ou vésicules vulgairement nommées œufs de îSaboth. En se déposant dans ces Tésicules et à leur pourtour, la matière cancéreuse donnerait lieu à une foule de Hetites ipdurations coinparables dans leur ensemble à de la cendrée de plomb ou à des grains de sable; plus tard, lorsque lemr tuméfaction a augmenté, le col preiidrait un aspect raboteux, bosselé.
Pronostic. — Le pronostic est toujours fâcheux, vu l'incurabilité de l'affection ; Oiais il est certaines circonstances qui, en accélérant le terme fatal, ajoutent encore |l la gravité du mal : telles sont surtout les hémorrhagies répétées et l'extension du cfncer aux organes voisins. Les formes encéphaloîde et ulcéreuse sont beaucoup plus lâcheuses que le sciuirrhe.
Éiioiogie. — D'après les relovés que l'on doit à Dugès et à M™* Boivin, le Çftkcer utérin aurait son maxinmm de fréquence de quarante à cinquante ans, puis viendrait la période de vingt à trente,. et en troisième lieu celle de trente à quarante. Cependant, dans les faits que j'ai vus, la maladie serait manifestement plus commune de trente à quarante ans que de vingt à trente, et ces résultats seraient conformes à ceux indiqués par le professeur Kiwieser, de Prague, et par ceux du docteur l-.ever dans les lymisnctiom médico-chirunji cales de Londres de 1839. Quoi qu'il en soit, tout le monde est d'accord sur ce point, que c'est vers l'âge critique, à l'époque où les menstrues cessent, que le cancer utérin a son maxUniuu de fréquence. Passé cinquante-huit et suttout soixante ans, cette affection est très rare ; elle le serait même beaucoup plus, suivant Dugès et madame Boivin, qu'avant Tadolescence, ce qui ne rue semble pas prouvé, bien que ces deux derniers auteurs aient, sur 609 cancérées, trouvé 12 femmes ayant moins de vingt ans. C'est à tort qu*on a regardé le célibat comme une prédis|)osition au cancer; if est, au contraire, prouvé par l(»s faits analysés par le docteur L'»ver que la maladie est beaupoup plus commune chez l(>s femmes qui ont été mères; mais il ne paraît pas que celles-ci y soient d'autant plus exposées (pi'elles ont eu un plus grand nombre d'enfants. On croit généralement, Dugès et M""" Boi\in admettent aussi, que les avortements et les fréquents dérangements de la menstruation prédisposent l^ncoup les femmes au cancer utéiin ; celte opinion est confirmée par les relevés de Lever. Ainsi ce médecin a noté 122 fausses C4)uches sur les 113 femmes cancéreuses qui avaient ou des enfants, et il a trouM'* des troubles de la menstruation (aménorrhée ou dysménorrhée) Gî) fois sur 100. C'(»st ^jans preuve qu'on regarde k cancer utérin comme étant plus fré(iucnt chez les filles publiques que chez les autres femmes. \jà maladie se dé^eloppe sou\ent sous l'influence d'une prédisposition héréditaire et de peines morales prolongées. Dans son traité du cancer de f Utérus, ou\rage estimable, M. 'fealher regarde; connue étant plus spécialement prédisposées à ces maladies les fenunes douées d'un excès de sei\s\b\Vvv.^ wv^vAvî. \^. d'une grande WiXahiïné. Inutile do dire qu'il n'y a pas p\us ^uvYviVfev\x^Q^\«^
l*cstofnac, que pour Je foie et les reins, de rapport entre rinflammatioii aiguë ci chronique de ces organes et le développement du cancer; le ten>ps à fait justice de cette erreur, consistant à regarder celui-ci comme la conséquence, comme le reliquat d'un travail phlegmasique antérieur.
JraUement — Les personnes qui ont prétendu avoir guéri les cancers utérins par les antiphlogistiques, les dépuratifs, les fondants, les narcotiques, et cette foak de remèdes, les uns inertes, les autres vénéneux, qu'on a préconisés et que le charlatanisme a exploités et exploite encore , celles-là ont cru à des succès imaginaires.
Beaucoup de pei^onnes, traitant les cancers utérins comme les cancers externes, ont proposé de les détruire, comme ces derniers, par le caustique ou de les enlever par l'instrument trandiant I^ cautérisation n'est indiquée que lorsque le cancer est limité au museau de tanche et lorsqu'on peut détruire le mal en une ou deux applications ; elle convient surtout dans la forme ulcéreuse ou lorsque la maladie est caractérisée par des végétations fongueuses; mais nous croyons imprudent de porter le caustique sur les cols squirrheux. D'ailleurs il ne faut pas oublier que la cautérisation, surtout quand on y revient souvent, expose à ce que le caiicer s'étende au reste de l'organe avec une effrayante rapidité. Dans les cas rares où le caustique sera indiqué, on emploiera de préférence la pâte de Vienne solidifiée et réduite en cylindre d'après le procédé du docteur Filhos. On a aussi souvent porté l'instrument tranchant sur l'utérus cancéreux. La plupart se sont boiTiés à amputer le col lorsque l'affection n'envahissait que lui ; mais quelques médecins ont poussé la témérité jusqu'à extirper Totgane tout entier dans les cas où le corps participait à l'altération du col. Quoiqu'il ne nous appartienne peut-être pas de juger ici de pareilles opérations, disons pourtant que toutes sont irrationnelles en principe et meurtrières dads leur application, plus meurtrières encore qu'on ne dit, puisqu'il est malheureusement vrai qu'on a dissimulé beaucoup d'insuccès et poussé l'impudeur jusqu'à transformer des revers en succès.
M. Montgomery pense qu'on peut combattre efficacement l'altération que nous avons indiquée d'apri's lui comme formant la période du cancer. Ce médecin veut qu'on ait recours à l'application de sangsues sur le col, aux fomentations émollientes, aux bains locaux ; puis, si la partie conserve une sensibilité exagérée, on y remédie en la touchant avec une solution d'azotate d'argent
I^ traitement du cancer utérin, sauf des cas excessivement rares, sera donc entièrement palliatif. Il faut, avant tout, calmer le moral des femmes, toujours promptes à s'effrayer pour les accidents qui surviennent du côté des organes sexuels. On les placera dans les meilleures conditions hygiéniques possibles, puis on combattra les accidents prédominants. Les douleurs, l'odeur fétide de Técoalement et les hémorrhagies sont les trois symptômes qui incommodent le plus les femmes.
Les douleurs seront modérées par les narcotiques, et surtout par l'opium, qu'on administre par l'estomac, en lavements, ou bien en suppositoires; on donne aussi en injections dans le vagin des décoctions de plantes stupéfiantes, telles que h jusquiame, la belladone, le datura stramonium. On proportionnera la quantité des remèdes à la rivàcité des douleurs, on les cessera lorsque les malades seront calmées; car il arrive souvent que les douleurs, devenues atroces, s'amendent et cessent même spontanément , à la suite d'une forte hémorrhagie. Ces douleurs, qui semblent se lier à un état congestif de l'uténis , qui redoublent aux approches des hémorrhagies, résistent quelquefois à de fortes doses d'opium, tandis qu'on
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les modère par Tapplication de ventouses ou de sangsues aux régions inguinales et sacrée. Les émissions sanguines locales conviennent encore dans les douleurs qui ont une origine inflammatoire et qui dépendent d'une péritonite partielle ou du développement des ganglions inguinaux. Enfin, il est des douleurs rebelles qui cèdent momentanément à Tapplication d*un vésicatoire autour du bassin.
Aux hémorrbagies on oppose le repos, le décubitus horizontal, en ayant soin de placer le bassin à la partie supérieure d'un plan incliné et le tronc dans une position décliva Les boirons acidulés, la limonade sulfurique, les astringents, et pamii eux le ratanhia, le tannin, l'alup ; Tergot de seigle, les ligatures des membres, le^ injections et les lavements froids, les applications de glace sur le ventre, des tampons imprégnés de perchlorure de fer sur le col utérin^ eta, sont tout autant d6 moyens à Taide desquels on combattra -les hémorrbagies symptomatiques du can-^ cer utérin. Dans les cas extrêmes on pourrait avoir recours au tamponnement ou à la cautérisation avec le fer rouge.
Contre Todeur fétide de Técoulement on oppose surtout des injections légère-, ment chlorurées ; d'autres emploient aussi l'eau de charbon, l'eau de suie, la solution de créosote et l'acide pyroligneux.