‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 176 sur 265 · NEUVIÈME CLASSE DE MALADIES · texte numérisé non relu

NEUVIÈME CLASSE DE MALADIES

BBS NÉVROSKS.

Le mot névroie, créé par Cullcii, sert à désigner des maladies apyTétiques, caractérisées par des troubles divers du système nerveux, spécialement par des troubles de rintelligence, de la sensibilité et de la motilité, sans aucune lésion matérielle appréciable.

Sous le nom de maladies nerveuses, les anciens ne comprenaient guère que rbystérie et rhypochondrie; les autres troubles nerveux, précisément en raison de leur mobilité, de leur variété et de leur dissemblance, étaient séparés, disséminés dans plusieurs autres classes, ainsi qu'on peut s*eu convaincre en lisant les nosologies de Sauvages, de Linné et de Yogel. Cullcn fut le premier auteur qui créa pour ainsi dire la classe des névroses; il leur assigna des caractères particuliers, distinctifs, et leur imposa le nom qu'elles poitent aujourd'hui, . Caractères des névroses, — Les névroses sont, avons-nous dit plus haut, des affections apyrétiques. Ce n'est pas, en effet, la circonstance la moins remarquable de leur histoire que de voir au milieu des désordres les plus graves de la sensibilité et de l'intelligence, la température rester intacte, et le pouls consener sa fréquence. Cependant, dans les névroses qui précipitent les mouvements musculaires et qui enchaînent les fonctions respiratoires comme Tépilepsie, on constate communément un trouble <dans la circulation ; mais celui-ci est momentané et trouve son explication dans les troubles mêmes de l'hématose.

Les névroses sont remarquables, en outre, par leur marche intermittente, irrégnlière, par leur durée très longue, par leurs fréquentes récidives et par la santé en apparence parfaite, dont les malades jouissent dans Tintervalle des crises. Dans cette classe de maladies on remarque un désaccord très grand entre les fonctions de la vie de relation et celles de la vie organique. Les premières, en effet, présentent des troubles profonds, ayant une apparence de gravité, tandis que les secondes n'offrent le plus souvent aucune modification. Ainsi au milieu de douleurs atroces, arrachant des cris aux plus courageux, après des convulsions violentes qui mettent la vie en pérjl, ou bien au milieu des désordres les plus graves et les plus variés de rintelligence, on voit la respiration, la circulation, la digestion, la nutrition se faire avec la même régularité que chez un individu dont la santé serait irréprochable. Parmi les sécrétions une seule offre souvent quelques unnUfications, c'est la sécrétion de l'urine ; ce liquide, après certaines attaques nerveuses, est rendu en plus grande abondance, et il est en même temps plus aqueux, plus pâle, moins chargé de sels.

Un des caractères enfin les plus importants des névroses est d'être, comme le disaient les anciens, des maladies sans matière^ c'est-à-dire que quelque graves qu'elles soient et lorsqu'elles sont portées au point d'entraîner la mort, ou bien lorsque celle-ci a lieu par une maladie étrangère aux centres nerveux, on ne trouve dans ces organes aucune altération appréciable de coloration, de volume et de coosisUace. Ce n'est pas à dire pourunx <\\]l\\ u'^m\.<& \^vcAi& de lésion, on en ren-

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contre, vn effet, assez. sou> eiil ; mais elles sont sfcoiulaires et coiistit lient un des accidents de la maladie. (Vest ainsi que, lorsque riiématose a ùté profondément troublée, on observe des stases veineuses ou des congestions passives qui sont la consé((uence du trouble de la respiration, mais auxquelles la névrose proprement dite est complètement étrangère. C^est ce que nous verrons notamment dans Tépi* lepsie. Quelques malades pourtant, emiwrtés dans le cours d'une névrose, présentent, à l'ouverture de leurs corps, des lésions graves, anciennes, comme ramollissements ou tumeurs diverses. Mais ce sont là dc*s complications accidentelles qui a^ravent toujours le pronostic de la névrose et lui donnent même un cachet d*incarabilité : telles sont, par exemple, les affections organiques du cœur et de Faorte qui accompagnent quelquefois Tangine de poitrine. Je ne veux parler ici que des lésions des solides, mais il n'en est pqs de même de celles du sang, et surtout de la diminution de l'élément globulaire de ce liquide, qui existe souvent comme cause première et comme cause imique de certaines névroses, parn)i lesquelles nous citerons surtout les névralgies.

D*après ce qui précède, on voit combien fut grave Terreur que Broussais conimit lorsqu'il regarda les névroses comme liées à une phlegmasie du cerveau, on comine étant des sympathies morbides provoquées par Tinflanimation. L'anatomie pathologique dément, en effet, une pareille doctrine : aussi a- t-elle été abandonnée même par les adeptes de l'école physiologique. iM. R6che notamment admet l'existence des névroses avec les caractères assignés par CuUen ; mais voulant suppléer anx résultats négatifs des autopsies par une idée tout hypothétique, il suppose que ces maladies sont des irritations nerveuses produites par une accumulation insolite du fluide nerveux, ce qui est une opinion toute théorique non susceptible de déipopstration, et capable peut-être de faire dévier la thérapeutique des névroses dans une voie mauvaise.

?fous croyons devoir nous borner ici à indiquer les caractères généraux des névroses ; il nous paraît inutile de présenter des généralités sur les causes, les symplôroes, la marche, les terminaisons et le traiten^mt de ces maladies. Elles constituent en effet des espèces nombreuses et irop distinctes ; elles ont des phylionomies trop différentes, les causes qui les produisent sont trop variées, trop dis- ^eniblables pour s<* prêter à une description générale pouvant offrir quelque Intérêt.

Divisions. — Pour l'étude des névroses, nous adopterons à peu près Tordre ouè fil. Andral suivait autrefois dans ses cours. Ainsi nous diviserons ces maladies en cinq genres. Dans le premier sont les névroses caractérisées surtout par une douleur vive comme dans les névralgies. On pourrait y joindre celles dont le symptôme principal consiste ou dans la diminution, ou dans la perversion de la sensi- Mité. Dans un deuxième genre seront les névroses caractérisées par une lésion des mouvements qui tantôt sont exagérés, comme dans les convulsions, tantôt désordonnés, conmie dans la chorée, et tantôt tout à fait anéantis, comme dans la paralysie. Dans le troisième, nous rangerons les névroses produisant un trouble de Tintelligence : telle sont les différentes espèces de délire. Dans une quatrième section, nous parlerons des névroses qui produisent un trouble simultané dans toutes les fonctions : telle est, par exemple, Tépilepsie ; enfin, dans un cinquième et dernier genre, nous traiterons des névroses spéciales à quelques organes.

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