‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 179 sur 265 · DE LA NÉVRALGIE TRIFACIALE · texte numérisé non relu

DE LA NÉVRALGIE TRIFACIALE

qui se sont montrés rebelles à des moyens plus doux. Nous en dirons autant des cautères et des moxas qu'on applique à Torigine ou sur le trajet du nerf. La cau^ térisation transcnrrente convient uéaniiioins dans la névralgie générale, car il serait difficile en effet d*attaqner simultanément par des vésicatoires tous les points douloureux; les procédés hydrothérapiques devraient peut-être ici être plus spécialement recommandés.

On n*a pas encore bien prouvé Tutilité du galvanisme dans le traitement des névralgies ; cependant c*est le moyen que Magendie employait préférabiement d tont autre. Ainsi ce célèbre pliysiologiste dit avoir guéri la plupart des névralgies violentes en moins de dix séances, et avoir souvent soulagé dès la première. Il em* ployait constamment deux aiguilles, qu'il faisait pénétrer jusque sur le nerf ou près de hii. I/aiguille correspondant au pAle |)0sitif est enfoncée dans le tronc du nerf; celle du pôle négatif est implantée dans le point le plus douloureux de ceux où vont se rendre les filets nerveux. On agit d'abord avec peu d'éléments : cinq ou six suffisent. Il ne faut pas prolonger le contact des aiguilles et des conducteurs au delà de quelques secondes. La douleur n'est pas la même vers les deux aiguilles ; elle est en général plus aiguë au pôle négatif qu'au pôle positif. Les faits observés par Mageildie méritent de fixer l'attention ; plusieurs d'entre eux ont été rapi)ortés par M. Depuisayc (Thèse de 1844). (îe médecin, observateur distingué, croit qu'il faut résener l'électro-puncturc aux névralgies ([ui ne dépendent d'aucune lésion oi^anique, qui ne sont point |)ériodiques, et qui ne se lient pas à un état général, comme l'état chlorotique. La violence des douleurs ne serait pas une contre-indication, car M. le docteur Hermel, qui a publié en 184/1 un travail sur l'emploi de l*électro-puncturc dans les névralgies {Ann. médico-psifchùlotjiques), aflirme que les douleurs n'ont jamais été exaspérées par ce moyen. L'électro-puncture ayantde graves inconvénients, on lui préfère aujourd'hui la faradisation. Le courant est en gé« néral dirigé sur le nerf souffrant, maison peut aussi produireune excitation électro-* cutanée sur un point éloigné, et provoquer ainsi à volonté une douleur Vive et rabitc qui agit comme un puissant révulsif. C'est ce que nous verrons en traitant de la sciatique, mais on |)ourrait le généraliser à toutes les névralgies. Disons cependant qu'on ne |M)Sscdc pas encore de faits suflîsants |X)ur juger quelle est la valeur exacte dans le traitement des névralgies, de l'électricité et de quelques autres méthodes non moins préconisées , telles que Y aimant artificiel^ conseillé par Andr\' et par Thourel, et Vacunpuncture, vantée par M. Jid(»s Cloquet. Tous ces moyens sont pourtant utiles à connaître dans le traitement d<! maladies capricieuses, comme le sont toutes les né> roses, c*t qui souvent sont fort rebelles. Disons encore qu'on a jiarfois calmé la douleur névralgique |)ar la compression de l'artère qui dimente les ])arties endolories.

Enfm, c'est lorsqu'on a é|)uisésaus résultat tous V^ moyens rationnels et empiriques, et que la maladie, par sa persistance et sa \ioleiic^N épuise la constitution et les forces, qu'il faut détruire le nerf par la cautérisation , et mieux encore en opérer l'excision dans l'étendue de quelques millimètres.

I)K LA NfiVRALGtK TRIFACIALE.

SmOflYMIE. -> Ticiiouloumix, ucvinlgin fiiciulc, pro^opulgir.

La névralgie trifaciale est celle qui occupe le nerf de la cincpiième paire ou seulement une de ses branches. Elle peut, en effet, atteindre \BoV(^mfiuv\^\s^^!^R>i^

frontales ou 80US-orbitaircs, ou bien celles du maxillaire inférieur, dans lenr totalité ou dans un ou plusieurs de leurs rameaux.

Historique. — S'il est vrai, comme on l'a prétendu , qu*Hippocratc ait connu la névralgie trifaciaje, on peut néanmoins affirmer que les connaissances du père de la médecine sur ce sujet étaient très bornées. Arétée fut, dans les temps anciens, le seul médecin qui eût quelques notions assez exactes sur les névralgies faciales; néanmoins elles furent à peu près oubliées par ses successeurs, et le caractère de ces maladies resta méconnu jusqu'à l'année 1756, époque à laquelle André, chirurgien de Versailles, donna, à la fin de son Traité des maladies de Vuretlire^ une description satisfaisante de Faiïection, et la fit suivre de l'histoire de plusieurs cas particuliers. A quelques amiées delà (1782), nous eûmes en France le mémoire de Thouret Pujol en 1787, et Fortsmann en 1790, publièrent aussi des recherches justement estimées. Nous avons déjà signalé précédeuunent le tableau synoptique de Cliaussier, remarquable à plus d'un titre. Pour terminer l'indication des principaux travaux entrepris sur la névralgie faciale, il nous reste à citer les recherches de Méglin (1816), ceUes de HaUiday (1832), la thèse de M. Chaponnière (1832), le mémoire de Bellingeri, reproduit dans le 6*" volume (deuxième série) des Archives générales de médecine y l'article si remarquable de M. fiérard dans le Dictionnaire de médecine, et celui que Yalleix a consacré à la maladie dans son Traité des névralgies,

Anatomie pathologique. — Ainsi que nous l'avons dit, on ne trouve aucune lésion dans les nerfs de la face chez les individus qui succombent avec un tic douloureux ; c'est ce que prouvent les obsenations recueillies par Desault, par Bichat et par Abernethy. Néanmoins on a cité quelques cas où le tronc du nerf ou bien nnede ses branches étaient envahis ou comprimés par une tumeur cancéreuse, ou bien étaient affectés d'hypertrophie ou d'atropliie ; mais ces faits sont exceptiooneb , ils indiquent seulement qu'il peut exister des névralgies symptomatiques.

Symptômes. — Dans la névralgie trifaciale, ainsi que dans la plupart des autres névralgies, les malades accusent deux sortes de douleurs à la face : l'une ii\e, contusive, gravative; l'autre vive et lancinante. La première, ainsi que Valleix l'a parfaitement démontré, n'occupe pas tout le trajet du nerf malade, mais elle est disséminée sur plusieurs points qu'on découvre en pressant avec le doigt sur U direction du nerf : ce sont les foyers de douleur dont nous avons parlé plus haut, et ({ui existent spécialement là où le nerf devient plus superficiel.

Les élancements, qui constituent la seconde espèce de douleurs qu'on observe dans les névralgies, sont violents, atroces : aussi les malades les comparent-ils à des traits de feu, à un décliirement, à un tiraillement, à un pincement, etc. ; ils suivent le trajet du nerf, soit qu'ils s'irradient du tronc vers les branches de terminaison, soit, ce qui est plus rare, qu'ils suivent une marche inverse. Les douleurs lancinantes reviennent à des intervalles plus ou moins rapprochés ; quelquefois leurs retours sont tout à fait périodiques; ils affectent [)resque toujours alors les type (luotidien ou double quotidien. Le plus souvent ce|)oudant les i)aro\ysiiies sont irréguliers; ils redeviennent ordinairement sans cause excitante ; quelquefois c'est à la suite des mouvements de mastication, des efforts de déglutition, d'éternument, etc.

Quelque vives que soient les souffrances, la peau ({ui recouvre les prties nulades n'offre aucun diaugement dans sa coloration et sa lcmpératui*e : cependant lorscfue les crises sont violentes, les muscles de la face sont agités de spasmes, de mouvements convulsifs ou d'une sorte de tremblement, ce qui justifie juscprà un

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