DE LA NÉVRALGIE TRIFACIALE
certain point la dénomination de tic douloureux qu*on donne à la maladie. Quelques malades ont de la pbotopliobie ; TœU correspondant est rouge, larmoyant; la narine du même côté est le siège d*nne chaleur et d'une sécheresse incommodes, oo l»en elle exhale des mucosités en abondance ; il peut y avoir des bourdonnements d'oreilles; les dents deviennent cpiclquefois extrêmement douloureuses et peuvent même être vacillantes. Quelquefois les bulbes des cheveux sont le siège d'un vive sensibilité, à tel point qu'il suffit de toucher h un cheveu pour réveiller les douleurs. J'ai vu un cas de névralgie temporale où, pendant les accès, lés cbeveux du côté malade étaient même hérissés «t beaucoup plus secs ; ils avaient inssi blanchi en plus grand nombre que ceux du côté opposé. Dans un fait analogue, fiellingeri nota que les cheveux, devenus plus épais, plus hérissés, s'étaient Kcms d'une manière plus rapide ; la névralgie une fois guérie, ils reprirent leur iccroissement nonnal.
Les douleurs peuvent être limitées à une des branches du nerf trifacial, et même i une de leurs ramifications : cependant ce cas est rare. Yalleix a, en effet, iéniontré que le nombre des névralgies bornées à une seule branche était au nombre des névralgies plus étendues,, comme 2 est à 7. Quand là névralgie est circonscrite, elle paraît affecter plus souvent 'le dentaire inférieur qu'aucun autre rameau.
On a vu quelquefois la névralgie d'mi côté se propager par les anastomoses au ■erf du côté opposé, ou à ceux de la partie postérieure de la tête et du cou ; mais il !it rare que l'affection présente des irradiations sympathiques vers le cerveau ; ^ sqpendant il y a quelques années,' M. Marchai (de Calvi)^ dans le volume L\* des Mémoires de médecine militaire, a cité plusieucs faits de névralgie intéressant {odques filets de la cinquième paire, et qui avait été suivie des accidents les plus ^ves du côté du système nerveux, tels que convulsions, délire, paralysie. La section du nerf avait suffi pour mettre de suite un terme h ces troubles qui évidemment étaient purement sympathiques,
. Les principales fonctions ne présentent dans la névralgie faciale aucun trouble le quelque importance : cependant dans quelques cas fort rares, on a constaté ni léger mouveùient fébrile ; beaucoup de malades ont de l'inappétence et un grand tait de malaise, ce qui s'explique par la violence et la longueur des souffrances ; eaGn, chez la plui)art des femmes, les règles sont moins abondantes et moins révolières que de coutume.
Marche, durée, terminaisons. — ta névralgie trifaciale a, comme la plupart les autres névralgies, un début qui rarement est brusque. Le plus souvent , en îffet, elle se développe avec lenteur. Parvenue à son état, elle offre, comme nous *ivons vu, des paroxysmes réguliers ou irréguliers. Ces derniers ont lieu la nuit mssi bien que le jour, mais ils sont assez généralement excités par l'exposition à me température froide. La maladie s'amende le plus souvent peu à peu ; les accès l'élolgiient de plus en plus, et finissent par disparaître après une durée qui varie lqi>uis quelques minutes jusqu'à un grand nombre d'années ; communément la Diladie se prolonge au moins un mois. Il est sans exemple, je crois, que la nérralgie trifacialetait jamais occasionné la mort. Comme toutes les névralgies, celled est très sujette à récidive.
Diagnostic. — La névralgie trifaciale a des caractères tellement bien dessinés, pi'il nous jîaraît à peu près inipossihledela confondre avec aucune autre affection, ^ous verrons plus tard en quoi elle diffère de la migraine. Les autres maladies <iQ.>i- Dorcuses de la face et du crâne avec Icsf]uelles ollo pourrait avoir CYVkÀ^wr \^iss«xsi-
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blance soiU l'iHl(mialy;ic, l*ei){<orgeiiieiit du sinus inaxillairo, ie rhumatiuiie de U face et le clou hystérique.
Fréquemment on a pris pour une simple odontalgie la névralgie des n^s dentaires; par suite de cette méprise, on a vu des individus se faire arracher successivement toutes les dents du côté malade sans en éprouver le moindre soulagement La douleur odontalgiquc ressemble, en effet, à la douleur névralgique en ce que SGfUvent elle est, comme celle-ci, déchirante, qu'elle s'irradie au loin, et qu'elle présente parfois des rémissions marquées. Cependant elle en diffère par l'absence de ces contractions musculaires, presque convulsives, si remarquables dans beaucoup de névralgies ; on ne constate pas non plus par la pression les points douloureux dont nous avons {>arlé ; enQn* en explorant les dents et surtout en les percutant avec un stylet, on en découvre une cpii, presque toujours cariée, est le siège d'nno douleur plus ou moins vive.
|/inf1ammation du sinus maxillaire, parla douleur qu'elle détermine au sonupet de la fosse canine, douleur sujette à des exacerbations, pourrait Otre prise pour uae névralgie de la branche sous-orbitaire, si l'absence des poinfs douloureux à la pression et l'existence d'une douleur profonde augmentant pendant que les malades se mouchent, ne venaient éclairer le diagnostic.
I^ clou hystérique, par sa fixité, sa circonscription exacte dans un |)oint très limité, par sa coïncidence ayec d'autres accidents hystériques auxquels il succède presque toujours, sera aisément distingué d'une névralgie faciale.
On a généralement voulu diiïérencier les névralgies trifaciales du rhumatisme des muscles de la face, maladie qui est tellement rare que MM. Chômai et Requin n'en ont jamais obsené d'exemple : aussi son diagnostic différentiel n'a guère èH établi qu'à priori. Ainsi on a prétendu que la douleur rhumatismale n'est jamais périodique; qu'elle ne présente pas des intermissions aussi longues que celle qui appartient à la névralgie ; on ajoute encore que la pression l'exaspère, qu'elle s'accompagne de fièvre, et ne s'irradie point suivant le |.r<Û^^ conuu d*un uexf ; pitH positions qui, toutes, sont encore à vérifier.
Nous ne rechercherons pas ici à quels caractères on pourrait distinguer U o^ v^algiede la .V paire d'avec celle de la 7*"; car jusqu'à présent il n'exi|H<^ aucoR fait authentique ([ui démontre c^ue le nerf facial puisse être jamais le siège de ){i nuiladie. La seule preuve qu'on allègue en faveur de l'existence des névralgies de la T"" paire, c'est la direction transversale (h; la douleur. Mais comme la «V paire douce derrière la mâchoire des filets nombreux qui accompagnent les branches du facial sur la tempe et la face, il n'y a, comme le dit M. V. Bérard, aucune raison anatomique de supposer que c'est l'un de ces nerfs plutôt que l'autre qui, dam ce cas, est le siège de la douleur. L'analogie pourtant doit nous fain^ penclier alors pour localiser plutôt la maladie dans la 5*^ paire, puiscpie les expériena^ physiologiques, les vivisections de Ch. Bell, de Kschricht, Backer, Magendie, Lund.Longet, démontrent (|ue le nerf facial, insensible par lui-même, emprunte la faible sensibiUté dont il jouit au nerf trifacial. Dans quelques observations publiées, ou a cru pourtant k rexisteiice d'une né\ralgie du nerf facial, en se fondant surtout sur le point de départ des élancements. On a ()ensé, en effet, que lorsque les maladee rapportaient l'origine des douleurs au-dessous de l'oroîlle ou vers la région mastoïdienne, et que celles-ci s'irradiaient de là dans toute la face, on devait localiser la maIa(Ue dans le nerf facial; mais M. Bérard fait obsencr que non loin du point d'émei-gence du nerf facial, un peu en dedans de la région mastoïdienne, sort le nerf sous-occipital, qui s'anastomose avec des rameaux considérables du thfacial.
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et qu*il peul, coiiiuic ceiui-ci, cLrc alteiut de uévralgic. On voil doue qu'il a'eiisle encore jusqu*à présent aucune preuve irrécusable eu faveur de l'existence de la ilévralgie du nerf (pcial.
ProHosiic. -r- La névralgie faciale, quoique ne compromettant pas la vie des maladoji, constitue cependant une maladie fâcheuse en raison des douleurs qu'elle uccasiounc, de sa persistance et de ses récidives. Plus la maladie se prolonge et {dus le sujet est âgé, plus aussi la maladie est grave. £n générsil, la névralgie faciale qui se montre d'une manière périodique est moins fâcheuse, car elle cède phis ou moins promptemept aux préparations de quinquina.
Etiologie, — Toutes les questions relatives à l'étiologie de la maladie ont été étudiées avec grand soin par M. Chaponnièrc, dans la thèse remarquable que J'ai 4éjc| citée.
La névralgie faciale, rare aux deux extrêmes de la vie, est plus spéciale à l'âge a^olte. D'après les relevés de M. Chaponnière, la maladie aurait son maximum de ifi^euce de vingt à trente ans chez les femmes, et de trente à quarante chex les bommes.
Les auteurs ne sont pas d'accord quand il s'agit d'apprécier TinQuence du sexe, Ainsi, d'après Thourct, J. Frank et Bellingeri, les hommes seraient plus souvent aQéctés du tic douloureux que les femmes, tandis que Folhergill, Siebold, Hartipann et Méglin prétendent le contraire. Al. Chaponnière établit que les deux ipxes sont à peu près également prédisposés.
Relativement à rinfluencc des tempéraments, on ne sait rien autre, si ce n'est que tous sont exposés à lu maladie. Quelques faits paraissent prouver que le tic douloureux est une affection hérédit^iire ; toutefois cette question exige de nouvelles nchercbes pour être déliuitivement jugée.
Le^ névralgies faciales paraissent être plus commmies dans les saisons humides el froides : cependant on ne |)08sède encore aucune donnée sur la fréquence relative de la maladi(> dans les divers climats. La science attend aussi les faite pour apitfécier rinfluence du régime ; car les uns ont accusé la mollesse et l'oisiveté, t9ildis que d'autres regardent la maladie comme étant surtout commune chez les individus de la classe pauvre.
j>c toutes les causes occasionnelles, la plus efficace pour produire la névralgie ait sans contiedit l'inipressiou du froid humide, soit que celui-ci agisse lentement €i.d*unc manière continue, ou bien brusquement lorsi|ue le corps est en sueur. Oq a vu assez fréquenmient aussi la maladie succéder à une frayeur ou à toute antre impression morale vive ; Bellingeri, Méglin et Weinhold en rapportent des exemples. On a encore accusé la suppression d'hémorrhagies constitutionnelles et la ré()ercussion des exanthèmes ; mais il n'y a encore rien de démontré à cet égard.
Diverses lésions organiques peuvent produire et entretenir une névralgie trifadale ; nous citerons surtout la carie des dents, comme le prouve une observation de M. Stille, de Philadelphie {Archives de 18/(3) ; la présence d'un corps étranger, onmme un fragment de porcelaine, comprimant on tiraillant un filet neneux ; Tedstence de névromes ; la dégénérescence cancéreuse du nerf ou d'une de ses hfanches, etc. Enfin certaines névralgies irifaciales sont survenues |)ar l'évulsiou 4'vne dent, la coatusicm ou la déchirure d'un filet de la cinquième paire, ou pai* mie cause vuliiérante (luclconquc.
Traitement, — Le traitenieni de la névralgie faciale est généralement incertaiiL On devra d'ailleurs, ix)ur rappliquer, observer h's règles que j'ai |)récédemmcut tnoées en parlant des névralgies en générai
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Je ne dirai rien ici des antiphlogistiques, des purgatifs ni des révulsifs applîqaés loin du siège du mal, car tous ces moyens si vantés par plusieurs personnes sont sans utilité réelle. L'électro-puncture, préconisée par Magendie, et qui, d*après ce célèbre physiologiste, enlèverait des névralgies très violentes en moins de dix séances, et soulagerait souvent dès la première, n'a pas donné des résultats aussi satisfaisants à tout le monde. Valleîx, par exemple, opérant comme Magendie, n'en a jamais retiré aucun avantage. Cependant les faits rapportés par M. Depuisaye dans sa thèse doivent encourager à expérimenter encore ce nrwyen. Réussirait-on mieux par l'électricité localisée, soit eu dirigeant le courant sur le trajet du nerf, soit en produisant une révtdsion douloureuse et subite sur un point éloigné? c'est ce qu'on ignore. L'opium et la morphine donnés à l'intérieur sont incontestaUement avantageux, mais il faut fréquemment en porter la dose jusqu'à effet un peu narcotique. Une expérience récente me fait regarder ces précieux médicaments comme étant bien supérieurs à la pltipart des autres narcotiques, même à la belladone; bien supérieurs aussi aux antispasmodiques ainsi qu'aux pilules de Méglin, beaucoup trop vantées et dont la jusquiame constitue la partie la plus active. Si l'on emploie cette dernière préparation, il importe d'en augmenter rapidement les doses : ainsi les malades, commençant à prendre deux pilules matin et soir, devront aller tous les jours en doublant, jusqu'à ce que la maladie s'amende ou que des accidents du côté du cerveau ou de l'estomac forcent le médecin à s'arrêter : Méglin a parfois donné sans inconvénient jusqu'à trente-six et quarantehuit pilules par jour. On a aussi beaucoup préconisé le datura stramonium, l'asa fœtida, l'acide cyanhydrique, la ciguë, la térébenthine, le valérianate de zinc, médicaments qui, en effet, paraissent avoir guéri quelques malades. Ijcs sédatife agissent quelquefois avantageusement quand on les applique sur la peau : c'est ainsi qu'on a proposé des lotions camphrées et des applications de cyanure de potassiom, en pommades ou en fomentations (de 5 à 20 centigrammes pour 32 grammes d'eaa distillée ou d'axonge), médicament dont l'usage doit être surveillé. Mieux vaut employer des emplâtres, des pommades dans lesquelles on incorporé 5 ou 10 centigrammes de morphine. Les inspirations éthérées ou de chloroforme ont souvent, dans le tic douloureux, une efficacité incomparable, puisqu'elles font parfois disparaître II douleur instantanément C'est ainsi qu'après cinq ou six inspirations de vapeurs éthérées, j'ai fait cesser des accès de névralgie ^ciale qui duraient sans relâche depuis plus de trois semaines. Le chloroforme peut être également utile en applications; j'ai plusieurs fois enlevé ou soulagé par lui des névralgies très rebelles; dans un cas, la maladie, de continue qu'elle était, est devenue intermittente, et a pu être coupée promptement par l'administration de la quinine.
Je ne puis rien affirmer sur l'utilité d'un moyen que Dezeimeris a fait connaître en 1837 dans le journal V Expérience^ et qui arrêterait brusquement les douleurs névralgiques : je veux parler de la compression de la carotide du côté malade, qui a été expérimentée avec succès par Parry en Angleterre, et en France par MM. Rayer et Sestier ; mais il importe de noter ici que plusieurs fois cette coinpression a réveillé chez les malades une sensation des plus pénibles et une idée de mort imminente qui a jeté l'effroi dans les familles et une terreur profonde cbei le patient. Cet accident, ordinairement suivi de syncope, n'a eu pourtant aucune suite fâcheuse.
Je n'ai rien à dire d'une médication bizarre vantée dans ces derniers temps, et qui consiste à toucher la voûte palatine près des dents incisives avec un pinceaa trempé dans Tammoniaque au 25* de^, et qu'on laisse en place jusqu'à ce qu'on