‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 181 sur 265 · DE LA MIGRAINE · texte numérisé non relu

DE LA MIGRAINE

ait provoqué uu abondaiit larmoiement. Oq a prétendu que cela suffisait pour faire cesser à Tinstant la douleur névralgique , quelque intense et quelque ancienne qu'elle fût C'est une bonne fortune que je n*ai jamais eue ; j*ai en effet toujours échoué.

Il est deux médicaments puissants qui, inefficaces dans la plupart des névralgîes, agissent néanmoins dans quelques cas spéciaux. Ce sont le sulfate de quinine et le sous-carbonate de fer. Le premier sera administré toutes les fois que la nér vralgie aura des retours ou même des simples exacerbations périodiques. On devra donner le remède à la dose de 30 centigrammes à 1 gramme douze heures au moins avant le début des accès. S'il échoue donné par la bouche, on Tadministrera eu laTement Quant au sous-carbonate de fer qu'on a beaucoup vanté, on peut dire qo*îl ne réussit que lorsque la névralgie se lie à un état chlorotique ou anémique; le fer agit alors non pas comme antinévralgique mais comme corroborant, en donnant au sang la quantité de globules qu'il a perdue. Inutile de dire que toute autre préparation de fer convient également. Nous ne parlerons pas des préparations arsenicales proposées, par Fowler, çt vantées récemment par M. Boudin , attendu qu'il n'y a pas encore de faits suffisants en faveur de cette médication.

Cependant, pour peu que la maladie résiste, et lorsqu'on s'est assuré d'ailleurs qu'elle ne tient à aucune des causes organiques que nous avons énumérées, on doit recourir à l'application d'un ou de plusieurs vésicatoircs qu'on établit, soit avec les cantharides, soit avec l'ammoniaque. On devra, autant que faire se pourra, mettre les vésicatoires sur les points les plus douloureux. Suivant le plus ou le moins d'opiniâtreté de la douleur, le vésicatoire sera volant , ou bien on en entretiendra la suppuration pendant plusieurs jours; on pourra aussi, si la névralgie résiste, saupoudrer la surface du vésicatoire avec un sel de morpliine.

Nous rappellerons ici que divers procédés hydrothérapiques, que les douches froides, que la sudation à l'étuve sèche suivie d'une douche froide en pluie sur la surface du corps, peuvent triompher au$si de quelques cas rebelles aux autres moyens.

On a encore conseillé contre les névralgies faciales les cautérisations profondes aivec la potasse caustique (André), ou la cautérisation transcurrente, moyen fréquemment mis en usage par M. Jobert. La première période est barbare et tout à Ûi inusitée ai^ourd'hui; la seconde peut être justifiée dans les cas de névralgies intenses et rebelles à tous les autres moyens. Dans ces cas de névralgies, qui résij»tent k tous les agents thérapeutiques, on a aussi conseillé de faire l'incision ou plutôt la résection du nerf; ce moyen a été, dans ces derniers temps, plusieurs fois tenté avec succès par Auguste Bérard. Mais, avant de recourir h une telle extrémité, on devrait essayer d'un traitement antisypliilitique, surtout si l'individu avait été autrefois infecté de vérole ; car on a vu quelquefois des névralgies très rebelles ne céder qu'à l'usage du mercure.

Il est inutile de dire qu'il faut garantir les malades contre le froid humide. On ne devra pres(iue jamais les soumettre à la diète, à moins de certaines complications. La nourriture sera seulement douce et moins abondante.

DE LA MKiRALNE, OU HÊMICRANIE.

La migrahic est une affection doiiIour(»use des nerfs de la tète, caractérisée spédaletnenl par une douleur plus ou moins vive, ordinairemciU lu\\\V\iVi '^jl \^ \\\w\v5. frontale du crâne, occupant 3urioat la région sourcilièrc , Vai cax'vVÂi wWwaÀtvi viw \^

fosse temporale, et s'accoinpagnant d'inappétence, de nausées, de ^-omissements el d*un état de malaise extrême.

Symptômes, marche, — La migraine débuté presque constamment en plein jour, tantôt subitement, le plus souvent après quelques prodromes, tels que courbature, malaise, tristesse, bâillements, frissons, inappétence, nausées; d'autres accusent de la surdité, des éblouissements, diverses illusions de la vue qui folit qw les malades voient les objets doubles du avec un mouvement de rotation, et [rtm souvent sous des formes bizarres, avec des teintes, des couleurs qui ne leur appartiennent pas; c'est un point curieux, mais fort rare, de Thistoire de la migraine sur lequel M. Piorry a longuement insisté. Enfin, dans quelques cas non moins rares, et dont Tissot cite un exemple, les malades accusent des fourmillements, un peu de paralysie dans les membres et de Tembarras dans la parole. Cependant, déjà li cette époque, le malade souffre dans les points de la tête que nous avons Indiqués : c'est d'abord une sorte d'embarras; mais bientôt les douleurs sont vives, tcnsivcs, lancinantes, s'accoinpagnant parfois d'un peu d'injection de l'œil et ^u front ; il y a dés élancements <lans l'orbite; le globe oculaii*e semble distendu; il est doulou-^ reux, et la pression qu'on exerce sur lui est des plus pénibles. La figure, rouge, plus souvent pâle et jaunâtre, exprime l'anxiété, l'abattement. Les individus. Incapables de se livret* à aucun travail, s'isolent dans un silence complet. Leur susceptibilité est telle que le moindre bruit les fatigue et les agace ; ils sont tristes et de mauvaise humeur; leurs idées sont confuses, et leur mémoire est infidèle; sou* vent ils ne peuvent supporter les odeurs le^ plus suaves ; beaucoup ont de la tendance au sommeil; ils sont coui4)a[turés. Le pouls est parfois \ibrant, le plut souvent il est tout à fait normal. Presque toujours l'appétit est nul, et il existe des éructations, des nausées et souvent des vomissements verdàtres ordinairement suivis de soulagement^ Quelques malades pourtant mangent avec appétit, ne souffrent plus pendîint toute la durée du repas et digèrent bien.

Tels sont les symptômes les plus communs de la migraine. La maladie n'a pas pourtant toujours la même iulensité ; ainsi elle est parfois tellement légère qu'elle permet encore aux individus de vaquer h toutes leurs affaires, seulement avec un peu moins d'entrain que de coutiune; chez d'autres, au contraire, la migraine se présente avec le cortège d'une affection assez sérieuse. Ainsi, d'après .^L Calmeil, on a cité des c<is, heureusement fort rares, où la douleur, partant du fond de l'orbite, était presque atroce, où les muscles de TumI, la paupière inférieure, les musc1f»s de la face étaient agités de mouvements convnlsifs; où la douleur s*lrradialt >Ors les gencives, vers les côtés du cou et les arcades dentaires; ofi l'IniH'rémle dn front communiquait aux téguments une teinte violacée; où les conjonctives se couvraient d'ecchymoses; où des picol<»ments , des fourmillements inquiétants occujKiient le côté du corps correspondant ou bien opjwsé h l'hémicranie; où enfin le mal allait en s'irradiani jus(iu'à la nuque, sans permettre au sujet de poser sa tète sur un coussin.

La migraine a comnuméinenl une durée de huit \\ douze heures : ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'on l'a vue persister trente- six, quarante- huit, soixanteseize heures et même ciii(| jours, ainsi que M. Laharracpie en a cité un exemple dans sa thèse (IH.'iT). Klle se juge (juelquefois par des Aomissemenls, par une transpiration ou une abondante excrétion d'urine: mais le plus communément on n'obsene aucune crise, et c'(»st après avoir donni quelques heures que les Individus se réveillent, les uns ton- à fait bien portants, les autres éprouvant encore on pini rfe iniihise, d'almttemenl, uu sewVvwwxvV ^vï \)sjswx\ft\« ^v ^'^xvvVwirras dans la

Page 1