‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 182 sur 265 · DE LA MIGRAINE · texte numérisé non relu

DE LA MIGRAINE

Me avec de Tinappéteticé et une bouche empâtée ; mais ces reliquats de la maladie ne tardent pas eux-m6mes à se dissiper.

La migraine est sujetlq à dc^ récidives plus ou moins fréquentes, dont le nombre VlHc depuis cinq ou six par an jusqu'à quarante ou cinquante. Les accès, intekises et ra|H>rochés dans la période moyenne de la vie, s^afTaiblissent et s*éloigncnt à mesure que Tindividu vieillit, puis ils cessent tout à fait II n*y a rien de régulier daiis le retour de ces accès ; cependant on volt quelquefois chez les fenunes Thé- Atcranie se déclarer à chaque- époque menstruelle, et chez l'homme on l'obserVe Émvent à périodes fixes, comme tous les mois ou tous les trois mois, et mOme k des intervalles |)lus rapprochés : tel est le fait rapporté par Schenck d'un moine qui, pédant plus de trois ans et demi, éprouvait tous les lundis, à la même heure, une migraine des plus violentes..

Diagnostic. — ; La migraine, par sa durée et sa physionomie toute spéciale, se distingué aisément de toutes les maladies douloureuses dç la tête. Si dans quelques cas elle se rapproche, par la nature et le siège des douleurs, d'une névralgie trîfadale, elle s'en éloigne pourtant par l'absence des points douloureux, par lés trbii-* blés du côté de l'estomac, et par cet état de malaise et d'éréthisme qu'on ne rencontré pas dans les tics douloureux ordinaires.

Pronostic. — I^ migraine est une afTection incommode, mais qui n'a jamais de gravité. On a prétendu qu'elle pouvait, h la longue, entraîner la cécité, la perte de raille, de l'odorat, etc.; mais il n'y a ici rien de démontré.

Etiologie. «— La migraine est une afTection fréquemment héréditaire. Presque inconnue de sept à huit ans, très rare de huit à quinze, elle ne débute guère qu'à i^époqne de la puberté, et souvent plus tard encore. On la dit plus fréquente chez b femme que chez l'homme. On suppose que les individus ayant les attributs dii tempérament'ner\cux et bilieux y sont davantage prédisposés, mais on ne sait encore rien de précis à cet égard ; on ignore même le plus souvent les causés qui provoquent les accùs ; ces causes, d'ailleurs, varient beaucoup suivant les individus. Ainsi, chez les uns, une émotion ou une contention d'esprit, surtout pendant le travail de la digestion ; chez les autres, tme fatigue, un écart de régime ; chez <tnelques-uns l'impression d*un froid violent ou d'une chaleur élevée, la constipation ou le séjour trop prolongé au lit, etc. , sont autant de circonstances qui peuvent provoquer le développement de la maladie. La migraine paraît être fréquemment sOin la dépendance d'une souffrance de l'esiomac.

Traitement. — Quelques personnes calment momentanément leurs souffrances en mangeant ; les mouvements de mastication les soulagent ; mais pres(|ue toujours on voit l'accès redoubler aussitôt après le» repas, et se prolonger plus longtemps. îl convient donc que les malades se condamnent à la diète si la migraine (>st forte ; et qu'ils mangent modérément si elle est bénigne. Le meilleur remède est le repos, loin de tout bniit et à l'abri de la lumière. Les malades devront se mettre au lit et chercher à dormir; on jMiUiTa même provoquer le sonnneil en leur donnant une petite quantité d'opium (3 à .*) cenligranunes). (}uehpies-uns sont soubgés en buvant une infusion ammatique, surtout du thé ou du café, ou en respirant seulement leur va[)eur; d'autres préfèrent des lotions vinaign'es, éthéré(»s, etc. Dans le» cas rares ofi la migraine s'accompagne des signes de congestion cérébrale, on doH recourir à queUpies révulsifs sur les memj)res, et même ouvrir la veine du hn» : ce|)«»ndant cette indication se présente tn's rarement. Il est tout aussi rare qu'on soit fon*é, par la ^i^acité et la persistance des douleurs, îvîi\>Y\\^vw\ vvcvnv^v catoire ammoniacal dont on saupoudrerait la surtace avec \ i>w ^ ç.vi\\\V8f^vww»

de sulfiatc de morphine. M. le docteur Magistel a pourtant conseillé d*adopter ce traitement comme méthode générale ; et il affirme qu*en l'employant pendant cinq ou six accès consécutifs, on finit par prévenir la maladie sans retour. C*est une opinion dont l'exactitude est loin d'être démontrée. Nous exprimerons les mêmes doutes sur l'utilité des applications d'ammoniaque sur la voûte palatine, fiaites ici conune nous l'avons vu pour les cas de névralgie trîfaciale.

Quand la migraine ne fait que débuter, on peut quelquefois faire avorter l'accès par l'exercice, par une vive excitation de la peau des pieds avec l'eau chaude, ou en ingérant quelques aliments stimulants si l'individu est à jeun. C'est dans ces cas, mais c'est surtout dans Ceux où la migraine commence par des illusions de la vue, que M. Piorry conseille, comme moyen abortif, les oncticms faites sur les paupières avec l'extrait de belladone. Mais je ne sache pas que ce moyen ail jamais été de quelque efficacité 11 est par contre un médicament qui en pareil cas nous a fourni souvent, mais non pas toujours, des résultats très avantageux, et que nul autre ne nous avait donnés s^u même degré : nous voulons parler de la poudre de paullinia, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, que l'on prend dès qu'on soupçonne le début de la crise. «^

Pour prévenir les accès, ou du moins pour les éloigner, il faut s'astreindre à des habitudes régulières, éviter de séjourner trop au lit, avoir une alimentation convenable, ne faire aucun excès, et combattre la constipation par les lavements; on a conseillé eu outre d'administrer quelques infusions amères : mais ce moyen n'est guère utile que lorsque la migraine coexiste avec la chlorose ou bien avec un état de débilité de l'estomac. Dans ces cas où la migraine est liée à un état dyspeptique, on pourra conseiller avec avantage l'usage de la pepsine au commencement des repas ; M. Corvisart m'a dit avoir obtenu on pareil cas de remarquables succès et éloigné ou empêché complètement des accès de migraine qui avaient lieu fré^ quemment.

Siège. — On ne saurait contester la nature névralgique de la migraine ; mais son siège n'est pas toujours le même. Les nerfs de l'iris, dans quelques cas, les fdets nerveux des tempes, ceux des paupières, ceux des sourcils ou du front, dans d'autres, paraissent être s|)écialement affectés ; ils jieuvent l'être simuilancuient on successivement par irradiation de la maladie. Ainsi que M. Piorry Ta noté, la migraine semble appartenir aux névralgies ascendantes : c'est par l'extension de la névrose des épanouissements neneux au centre sensitif qu'il explique ces phénomènes sympatiques vers l'estomac, ces troubles cérébraux divers, qui forment un des traits saillants de la maladie. £n somme, il nous semble rationnel de conclure, avec iM. Calmeil, que la migraine se rattache à une lésion double du système nerveux, central et ixTiphérique, et qu'elle prédomine tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre. Il est inutile de dire que la migraine n'a aucun caractère anatomique.

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