DE LA NÉVRALGIE INTERCOSTALE
Si, en eiîet, on palpe avec la pulpe d*un ou de plusieurs doigts Vépine dorsale d'Un individu alîeclô de névralgie intercostale, on réveille une douleur plus ou moins vive au moment où Ton a|)pnie sur certains points de cette région. Cette douleur peut être excitée, soit qu'on presse au niveau des trous de cônjugatï;on, soit qu*oil comprime les apophyses épineuses. On peut même la réveiller lorsqu'on soulevé en forme de pli la peau qui recouvre ces dernières; ce qui prouve bien évidemment que celte sensibilité ne provient pas d'tme maladie de la moelle, mais qu'elle réside uniquement dans la branche postérieure du nerf intercostal. La douleur dont nous parlons peut être peu intense, mais souvent elle est atroce et arrache des crift aux malades. Prévue toujours très circonscrite, puisqu'elle n'a le plus souvent que 2 ceutimètres d'étendue, elle caractérise le point postérieur ou vertébral. En explorant avec soin l'espace intercostal, on découvre souvent à sa partie moyenne un autre point non moins douloureux que le précédent, et qu'on nomme point moi/en ou latéral; il est aussi circonscrit que le premier, mais il offre communément moins d'intensité que lui. £nfm, tout à fait antérieurement, il existe, soit entre les cartilages et un peu en dehors du sternum, soit dans une moitié de l'épigastre et un peu en déliors de la ligne médiane, un autre point douloureux appelé point antérieur, stemal ou épitjastrique, plus fréqtient (jue le précédent, mais beaucoup moins constant que le point postérieur.
Ces trois points douloureux sont, ainsi que M. Bassereau et Valleix l'oût remarqué, eu rapport avec la distribution des nerfs dorsaux. C*est, en effet, dans les trois points où ces nerfs envoient directement aux téguments un rameau plus ou moins considérable, et devenu par là plussupet^ficicl, que la pression développe une douleur vive (1).
Dans cliacun des )M)ints que nous venons de désigner, la douleur est tellement limitée, (|u'à quelques, millimètres de distance, la pression la plus forte ne réveille plus aucune souffrance. La douleur provoquée par la pression peut être circonscrite dans un seul point ou retentir daps les deux autres. P^ii général, les malades ressentent aussi de la douleur pendant la toux, pendant les inspirations, et quelquefois même dans les mouvements du bras et du tronc. Cette douleur, qui , comihe k dit Valleix, siège tantôt dans un point, tantôt dans un autre, sans aucune règle fixe, est plus ou moins vive. La plupart des malades la comparent à un engout^ dissement, à un fourniillement quand ils sont en repos; mais de temps en temps les douleurs prennent le caractère d'une chaleur brûlante , d'élancements vifs oii de tiraillements pénibles.
Lorsque la nialadie est ancienne , les douleurs s'irradient quelquefois dans le cou, vers l'épaule et le bras; fréquemment aussi on voit chez la femme la glande mammaire devenir le siège d'une vive sensibilité ; mais cela n'a guère lieu que lorsque lc»s espaces intercostaux sur lesquels cet organe repose sont envahis par la névralgie (Bassereau).
(i) Pour comprendre ce qui précède, il faut se rappeler que les nerfs dorsaux ont trois points principaux de division, dans rli:)ciin desquels un rameau plus ou moins considérable devient superficiel pour se distribuer plus ou moins complètement dans les téfçum&nts. C'est ce rameau Une M. Cruveilhicr nomme ff^rfonmi. 11 m ndmet deux : Tun aniéritur, \o\%\x\ du sternutDi correspond au point douloureux iintôrieur; Tau tn\ mot/rn, existe au milieu de Pespace qui iépore le sternum du rachis; il correspond nu point douloureux moyen ou latéral. Enfln la branche dorsale, en sortant du trou de conjup: tison, fournit des filets qui traversent le& Vx^^^b- ▼ersaires épineux et autres muscles pour se porter dans la peau ; \\& CQrrc&^xi^^viV^>x v^xxsN. ^^>^loureux iwstérieur.
Dans l'alTection dont uous traitons, les malades ressentent souvent dans diverses parties du corps des douleurs de même nature; on ne remarque aucun trouble notable du côté des fonctions respiratoire et circulatoire ; les organes digestif sont généralement dans un état d'intégrité parfaite. Mais, chez la femme, où constate divers troubles dans la menstruation ; ces derniers accidents ne sont pas constants, ils ne sont mcmc guère plus comnmns dans cette névralgie que dans celles que nous avons étudiées et dans celles dont il nous reste encore à parler.
£st-il vrai que la névralgie intercostale à gauche, existant à la hauteur de la rate, serait fré(^|uemmeut accompagnée d'accès fébriles Intermittents à type quotidien? C'est là une assertion émise par M. Piorry, et qui n'a absolument rien de fondé.
La névralgie occupe presque toujours plusieurs nerfs intercostaux , mais rarement c^ux-ci sont affectés au même degré. En général , l'intensité de la maladie est en rapport avec le nombre des nerfs qui sont atteints.
Marche^ durée ^terminaisons. — La maladie se développe ordinairement d'une manière graduelle, et finit de même, après avoir présenté dans son cours desexacerbationset des rémissions très irrégulières. Sa durée est presque toujours longue et très variable. La maladie peut persister des années entières ; elle ne se termine jamais d'une manière funeste , mais elle est sujette à des récidives fréquentes.
Diagnostic, — M. Bassereau a parfaitement établi que, sans la palpation, il était impossible de porter un diagnostic certain sur la névralgie intercostale, et de se rendre compte des phénomènes qui l'accompagnent. On devra, dans cette exploration, suivre les règles que Valleix a tracées. Ainsi, un malade se plaint-il d'éprouver une douleur dans une partie de la poitrine, il faut, comme le dit ce médecin, promener le doigt en pressant légèrement sur les côtés de la colonne vertébrale, et dans la direction de la rangée des trous de conjugaison. S'il existe une névralgie intercostale, au moment où l'on arrive sur le point douloureux, le malade fait un mouvement, comme s'il voulait échapper à la pression; il se plaint quelquefois très vivement On continue ensuite à presser sur l'extrémité postérieure des espaces sous-jacents, et l'on atteint un point où la douleur cesse tout ï coup de se faire sentir. On a ainsi les lûnitcs de haut en bas de l'afTection, et Ton connaît le nombre des points postérieurs. 11 faut ensuite constater avec soin Téteiidae de ces points douloureux en pressant autour d'eux dans tous les sens; on voit alors que partout la sensibilité naturelle se reproduit brusquement, en sorte qu'une ligne de démarcation très tranchée existe entre cette dernière et la sensibilité morbide. Enfin, il ne faut jamais négliger d'explorer de la même manière le côté opposé de la colonne vertébrale, dont l'insensibilité à la pression est un point de comparaison excelleuL On compte ensuite de haut en bas les espaces vertébraux de la région dorsale, afin de déterminer quels sont, dans leur ordre numérique, les nerfs où siège la douleur. On fait en avant la même opération, en commençant toujours |)ar le premier espace intercostal, afin que, par la transition brusque des espaces sains aux espaces malades, on puisse obtenir un résultat précis, et d'autant plus précieux que le malade, ignorant nécessairement dans quoi point de la partie antérieure doit correspondre la douleur de la partie postérieure , ne saurait nous induire en erreur par un motif quelconque. Enfin, en comptant les espaces intercostaux de haut en bas, on voit s'il y a coïncidence entre le nombre et le siège des points douloureux.
Pour connaître le point latéral, on suit toute la longueur de l'espace intercostal
en pressant partout de la même manière. Il faut encore moins négliger pour ce
point d explorer le côté sain el Ae\e corwjîLtev aivi côté malade. Il est, en effet,