‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 186 sur 265 · I)E LA NÉVRALGIE INTERCOSTALE · texte numérisé non relu

I)E LA NÉVRALGIE INTERCOSTALE

eerUins sujets chez lesquels une pression médiocrement forte exercée entre les côtes, soit à la partie antérieure, soit sur les parties latérales de la poitrine, détermine de la douleur; mais alors les deux côtés sotat également douloureux, et ils le sont dans une étendue très grande. Si, par contre, il existe une névralgie intercostale, un des côtés est très douloureux dans des points très limités, tandis que Tautre n*est le siège que d*une douleur très supportable. Il ne faut d'ailleurs, dans les cas de névralgie intercostale, qn*une pression fort légère pour produire une vive souffrance; en ayant soin d'explorer le thorax avec beaucoup de ménagement, on évitera toute cause d'erreur.

La névralgie intercostale se distingue aisément de toutes les affections aiguès et chroniques des voies respiratoires, h l'aide de la percussion et de l'auscultation. En constatant avec soin le siège, la direction et les limites de la douleur, il sera, ainsi que nous le verrons plus tard, également facile de distinguer la névralgie intercostale de la pleurodynie et de l'angine de poitrine.

Pronostic, — Le pronostic n'iest grave qu'en raison de la persistance de la maladie, qui est d'autant plus opiniâtre qu'elle remonte à une époque plus éloignée, et qu'elle coïncide avec une lésion organique de la poitrine ou du ventre.

Etiologie, — I^ névralgie intercostale est une maladie très commune; elle est ai effet beaucoup plus fréquente que la névralgie trifaciale. EHe peut se montrer \ tous les âges de la vie ; néanmoins elle est plus commune entre dix-sept et quarante ans (Yalleix) ; elle est incomparablement plus fréquente chez la femme que chez l'homme ; elle atteint surtout les individus nencux ayant une constitution peu forte. La maladie a une prédilection marquée pour les nerfs du côté gauche ; eOc envahit presque toujours à la fois plusieurs espaces intercostaux , comme deux OQ trois. Elle se montre de préférence dans les sixième, septième et huitième.

La névralgie intercostale, souvent spontanée et primitive, se développe fréquemment dans le cours ou au déclin de certaines maladies. • Ainsi , c'est à une névralgie intercostale qu'il faut rapporter ces douleurs vives et opiniâtres des parois thoraciques succédant au zona qui a occu[)é ces parties. I^ névralgie inter^- 006tale est aussi un accident commun dans le cours de la phthisic pulmonaire et des pleurésies chroniques. £nGn, M. Bassereau établit que, plus souvent encore, la maladie est symptomatique d'une affection de l'utérus ou de ses aimexes; cependant les faits invoqués par ce médecin distingué en faveur de sa théorie sont en très petit nombre. De plus, Valleix me semble avoir prouvé que les troubles observés dans las fonctions utérines sont, non la cause, mais un effet de h névralgie, et qu'ils appartiennent moins à la névralgie intercostale qu'à une névralgie lomboabdominale.

Iraitement, — Valleix n'a obtenu de bons effets que des vésicatoires. Ceux-ci seront seulement volants ; mais si la douleur persiste, on les pansera avec un sel de morphine, en commençant par 1 cenliRranune. Le vésicatoire sera mis sur le point le plus douloureux. Quelquefois il suffit de cette seule application ])our enlever ou modérer la souffrance à la fois dans les deux autres i)oints douloureux : cependant, lorscjue ceux-ci résistent, ce qui est même le cas le plus fréquent, on devra combattre directement chacun d'eux par un vésicatoire. Mais, c[uelque efficace que soit le vésicatoire, nous ne croyons pas qu'on doive recourir à lui tout d*abord, surtout si la maladie est bénigne ; dans ce cas, il faudra, en effet, se borner à faire des applications de chloroforme ou des frictions avec des flanelles imprégnées de vapeur de sucre on de benjoin, ou avec un linimcul ^vkvwvnyvv^^A (4 grammes d'ammoniaque pour 30 d'huile) : ces moyona «»w\s wov» vvcvV^sww^vX

réussi. Oi) opiiosera en outre ù l*élal coDstitutiouuel les médicauieuts appropriés : aiusi la plupart des malades étant d'uue coustitution peu forte, les ferrugineux, les toniques, les bains de mer seront souvent indiqués. Enfm, chez les femmes, on surveillera les fonctions de Tutérus, et Ton combattra les troubles de cet organe, qu'ils soient cause ou elTet de la névralg;ic intercostale.

DE LA NÉVRALGIE LOMBO-ABDOUINALE.

Cette névralgie, sur laquelle nous ne possédons encore que des renseignements for( incomplets, occupe les branches antérieure et postérieure des nerfs lombaires, spécialement celles de la première paire.

Symptômes, — Yalleix a décrit divers |)oints douloureux : ainsi , lorsque la maladie n*attaque que les branches |)ostérieurcs, spécialement celle de la première paire, il n*existe que deux points douloureux, Fun situé un peu en dehors des premières vertèbres lombaires {c'est le point lombaire) ; l'autre un peu au-dessus du milieu de la crête deTos des îles (cest le point iliaque). Si les branches antérieures sont envahies, la pression pourra en outre provoquer une douleur vive en dehors delà ligne blanche, au-dessus de Tanneau inguinal {point hypogastrigué)^ ainsi qu e vers le milieu du ligament de Fallope {fjoint inguinal). Valleix signale encore une douleur à la partie inférieure du ti.'sticule {poitit scrolal) ou dans l'épaisseur de la grande lèvre ; ce qui porte cet auteur à rattacher à la névralgie loiidx>-abdominale la maladie décrite sous les noms de névralgie iléo-scrotule, de testicule douloureux, d'itritable testis, opinion qui ne nomi parait ])as encore suflBsammcQt démontrée.

Chez la femme il existe quelquefois divers troubles utérins, tels que dérange* meut des règles, leucorrhée plus ou moins al)oudante ; mais le symptôme le plus remarquable est une douleur vive du col, bornée presque toujours à une de ses moitiés, et située du même côté que la névralgie, excepté dans les cas où celle-ci est double; car alors la douleur peut occuper également les deux oîtés du col. La souffrance utérine ne s'accompagne d'aucun changement dans la coloration, U chaleur, la consistance et le volume des parties malades. Cette douleur dont nous parlons a été signalée par >|. Bassereau ; mais ce médecin distingué n'a pas, suivant nous, bien interprété les faits lorsqu'il l'a rattachée à une métrite, affection qui, à son tour, provoquerait la manifestation d'une névralgie intercostale par l'intermédiaire des filets du grand synqiathique. Nous croyons ([u'il est plus conforme à l'ohsenation de dire, avec Valleix, que dans ces cas il existe une névralgie lombo-alxlominale ayant envahi une partie du plexus lombo-sacré, et que la douleur vive, circonscrite à une moitié du col, n'est autre qu'un point douloureux comme on en observe dans les autres névralgies.

Il est imi)ossible, dans l'état actuel de la science, de déterminer quelles sont la marche, la durée et la tenninaison de la névralgie lonil)o-abdominale. Nous ne savons non plus absolument rien sur les causes spéciales qui i)euveut la déterminer.

Diagnostic. — Le lumbago est, de toutes les affections douloureuses, celle qu'on pourrait le plus aisément confondre avec la névralgie lombo-alxlominale. Cependant nous croyons qu'il n'existe aucune difliculté réelle k distinguer les deux maladies; car, ainsi que nous le verrous par la suite, dans le lnnil)ago, la douleur, modérée ou nulle dans le re|)os, est vive dans les mouvements du tronc, et elle occupe manifestement les nuisses ttuisculairesde la ré(i;iou lombaire. Si la pressioD

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qu'on exerce sur celles-ci est quelquefois douloureuse, elle ne Test pas au môme degré que dans la névralgie et surtout elle n'est pas disséminée par points. C'est par une exploration attentive des organes génitaux qu'on parviendra à reconnaître d les douleurs hypogastriques qu'une femme accuse tienneqt à une névralgie des branches antérieures des nerfs lombaires ou k une aiTeclion de Tutérus.

Traitement, *— Les vésicatoires, employés connue nous Tavons dit précédemment en traînant delà névralgie intercostale, paraissent être encore le moyen qu'il iant préférer dans le traitement de la névralgie lombo-abdominale.

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