‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 187 sur 265 · DE LA NÉVRALGIE DU TESTICULE OU ILÊO-SCROTALE · texte numérisé non relu

DE LA NÉVRALGIE DU TESTICULE OU ILÊO-SCROTALE

Sous les uoin» de névralgie du testiciUc, de névralgie iléo-scrotale (Cbaussier), ff irritable testis (Ast. Gooper), on a décrit une affection caractérisée par une douleur plus ou moins vive, souvent excessive, dans le testicule, le plus souvent sans aucun changement appréciable dans la texture et le volume de cet organe.

Symptômes, marche, — La maladie peut débuter brusquement; mais le plus aoavent elle a des prodromes, tels que pesanteur dans le testicule, malaise le long do cordon et à Thypogastre. Après un tc^mps plus ou moins long, l'affection se caractérise ; les malades ressentent alors dans le testicule une douleur vive, lancinante, exacerbante, ((ui s'irradie dans le cordon, vers l'bypogastre, le périnée, et quelquefois jusque dans les lombes. La pression, les mouvements, la marche, exaspèrent les souffrances; les malades, incapables de se livrer à aucune occupation, gardent le décubitus dorsal, inclinés sur le côté opposé h l'oi^ane affecté. Le testicule consene à peu près son volume normal ; la moindre pression exercée sur Ipî est intolérable. On reconnaît cependant qu'il n'est pas également douloureux dans toutes ses parties, mais qu'il y a un point où la sensibilité anormale a plus qiécialement son siège.

I^es principales fonctions ne présentent, dans cette maladie, aucun trouble notable, à l'exception des organes digestifs. En effet, il existe généralement de lacon^ stipation, de l'inappétence, et souvent les malades éprouvent, pendant la violence des crises, des nausées et des vomissements.

La névralgie dont nous i)arlons est une de celles qui énerveut le plus les forces ; die produit un abattement moral extrême, et l'on a vu plusieurs malades réclamer ayec instancx; l'ablation du testicule pour mettre un terme à des souffrances devenues intolérables.

On ne sait encore rien de précis sur la durée de celte affection, qui assez sou- Tent parait être des plus opiniâtres. M. le professeur Roux dit avoir vu des malades qui en étaient atteints depuis huit ou dix ans.

Diagnostic, — La colique néphrétique est à peu près la seule maladie qu'on pourrait confondre avec V irritable testiy : cependant, dans la première, on observe divers troubles dans l'excrétion et la sécrétion de l'urine. Ce liquide est, en effet, aécrété en moins grande abondance, sa sécrétion peut même être tout à fait suspendue; il est rouge, sanguinolent, et entraîne plus ou moins de poussière, de sable, de graviers, tandis que dans la névralgie l'urine ne présente d'autres changements que d'être quelquefois plus ]>àle. Ajoutons que, dans la colique néphrétique, le testicule est rélraclé vers l'anneau ; s'il est douloureux à la pression, il ne l'est pas cependant à un haut degré ; d'ailleurs il est sensible à peu près également partout. Le contraire a lieu dans la névralgie. Knfm, dans la première, on ne modifie point les souffrances par la position horizontale ou par l'usage d'>yx mapensoir.

608 DfeS NÉVROàKS.

Pronostic. — Virritnble testis est une afîectîon grave, en raison de la persistance des douleurs, de leur opiniâtreté.

Causes, — On ne sait encore rien des causes prédisposantes et déterminantes de cette afTection.

Traitement. — Les émissions sanguines locales ont peu d'efficacité. I^es moyens ({ui semblent avoir le mieux réussi eu Angleterre sont l'administration à Tînténear des narcotiques, spécialement de Topium, de la belladone et de la jnsqniame, médicaments qu'on emploie aussi sous forme topique ; joignons-y les pommades au chloroforme et à Téthcr chlorhydriquc chloré. Si la maladie résiste, on peut conseiller d'irriter forleraent la peau de l'aine et du scrotum avec l'acide pyroligneui, la teinture d'iode, ou mieux encore en appliquant un vésicatoire, qu*on panse ensuite avec un sel de morphine. Ast. Coopcr commençait en général le traitement de cette afTection par donner le calomel et l'opium jusqu'à ce que les glandes salivaires fussent légèrement affectées et toutes les sécrétions excitées. Il ajoutait à ces médicaments la tisane de salsepareille ; il appliquait un vésicatoire dans l'aine, et il en entretenait la suppuration au moyen de l'onguent inercuriel et du cérat de Sabine mêlés par portions égales; cnfm-, il faisait pratiquer sur le testicule des lotions évaporantes avec l'alcool étendu, avec l'éther, ou avec le nitrate de potasse et l'hydrochlorate d'anunoniaque. Ix)rsque la douleur résiste à tous les moyens indiqués plus haut, il ne faut pas hésitera appliquer un moxa sur le trajet du cordon spermatique. Quelques malades réclament mOme avec instance l'ablation du testicule ; mais il faut savoir, et des exemples cités en Angleterre, dans l'ouvrage de M. Curling sur les maladies du testicule, le prouvent, que la castration n'a pas empêché les douleurs de reparaître, soit dans l'autre côté du scrotum, soit du même côté, sur le trajet du coi*don spermatique. Quant à l'excision du nerf, qu'on a également recommandée, nous dirons que, pour la faire, il faudrait pouvoir connaître exactement le nerf affecté : or, c'est ce qu'il n'est guère possible de préciser dans la plupart des cas.

DE LA SCIATIQUE, OU NÉVRALGIE FÉMORO-POPLITÉE. Synonymie. — Guullc srlalique; ischius neifosa Je Coliigiio.

J^i sciatiquo est la névralgie des nerfs de ce nom.

Historique. — Si l'on en cixiit quelques érudits, ïlippocrate aurait eu quelques notions sur la sciatique; mais les idées des médecins grecs, latins et arabes étaient extrêmement vagues; leurs descriptions d'ailleurs paraissent aussi bien se rapporter à la névralgie fémoro-poplitéo qu'à une affection de la hanche. Si, vers le milieu du xviir* siècle, Cotugno n'a pas découvert la maladie, il eut du moins le mérite d'en déterminer le siège, de la décrire avec précision, de fixer sa thérapeutique et de la distinguer des affections avec lesquelles on la confondait si souvent. Sous tous ces rapports, (k)tugno n'a guère laissé à faire à ses successeurs. Nous citerons néanmoins, comme méritant une mention spéciale, un travail de M. Arloing {Journnl (jénêral de 1827), le mémoire de M. Martinet, et surtout le livre de Valleix, où l'histoire de la névralgie sciatique est tracée d'une manière assez complète.

Anatomie pathologique. — î^ sciatique, quelque ancienne qu'elle soit, ne s'accompagne d'aucune altération appréciable dans la texture du nerf. (Cotugno dit pourtant avoir trouvé dans un cas que la partie supérieure du sciatique avait une cori/eur jaaiiâtre, et que sa gaîae tuvlmttxt^dft ^v«svié. Mais celte altération n'a

Page 1