DE LA NÉVRALGIE CRURALE
aussi grand brait d'ane autre méthode usitée depuis longtemps par les maréchaux ferrants de Ja Corse, et qui, signalée par le docteur Li)cciana, a été surtout expérimentée avec succès à Paris parle professeur Malgaigne. Je veux parier de la cautérisation de l' hélix du côté correspondant à la sciatique, et près de son entrée dans la conque. I>a partie est rapidement touchée dans une étendue de 6 à 8 millimètres avec un fer rougi ayant 1 millimètre d*épaisseur. Le résultat de ce traitement serait la cessation instantanée et déûnitive de la sciatique dans un bon tiers des cas. Quelque bizarre que soit cette méthode, elle n*en doit pas moins fixer l'attention, et Ton ne devrait pas hésiter à y recourir dans les sciatiques anciennes, qui ont résisté à des moyens plus rationnels et plus usités. La cautérisation de Thélix agit probablement par la vive révulsion que la douleur produit; on est arrivé au même résultat par Télectricité. On sait qu'en dirigeant un courant rapidement on peut produire des douleurs atroces ; M. Duchennc a pu de la sorte enlever des sciatiques, mais on réussit surtout quand on agit sur la peau au niveau du nerf malade.
Enfin, rappelons encore ici comme agent puissant de révulsion, les procédés bydrothérapiques appliqués à cette névralgie comme à celles dont nous avons déjà parlé plus haut
Quelques médicaments peuvent être prescrits avec avantage h Tintérieur dans le cours de la sciatique; tel est d'abord Topium, qui pourtant est plutôt un moyen palliatif que curatif. Il n'eu est pas de même du quinquina, et surtout du sulfate de quinine, qui pourrait à lui seul triompher de la maladie, comme cela s'est présenté à l'observation de Cotugno, si la douleur avait des retours périodiques. Les boissons sudorifiques qu'on prescrit sont de^ moyens adjuvants, mais qui n'ont pas par eux-mêmes une grande efficacité.
Cheyneet F. Home, en Angleterre, iMM. Récamier et Martinet, en France, ont vanté contre la sciatique l'usage à l'intérieur de l'huile de térébenthine qu'on emploie aussi en Uniment Ce médicament paraît avoir réussi quelquefois ; cependant, comme il a l'inconvénient de troubler les fonctions digestives, comme on l'a vu déterminer des accidents assez graves, ainsi que M. Réveilfé-Parise l'a démontré il convient de n'y avoir recours qu'avec prudence et lorsque les autres médications ont échoué (12 grammes dans un looch; en prendre trois ou quatre cuillerées par jour ; ou le donner dans un électuaire).
Quel que soit le traitement qu'on suive, il importe de placer les malades dans de bonnes conditions hygiéniques ; on les préservera surtout du froid humide et des variations aUnosphériques ; on leur fera porter un cafèçon de flanelle, et l'on entretiendra la liberté du ventre par des lavements ou par des laxatifs pris de temps en temps.
Les seuls moyens prophylactiques consistent à fuir le froid et l'humidité. I..es malades éviteront d'avoir les pieds mouillés ; ils s'abstiendront de s'asseoir par terr(* oasur des bancs de pierre, et feront en sorte que leur lit ne soit point voisin d'une porte ou appuyé contre un mur humide.