DES EXTRÉMITÉS
En 1831, 0aiice décrivit, sous le nom de tétanos intermittent^ une affectioii ayant la plus grande ressemblance avec le tétanos ordinaire, et caractérisée par la contracture des extrémités. Bientôt cette singulière affection, que Dance avait sigiialée chez l'adulte, fut retrouvée chez Tenfant, et fiia Tatteution de plusienii observateurs habiles, iiotanunent de MM, Tounelé, Delaberge et Murdoch,.quipi^ bUèrent sur ce sujet des recherches intéressantes insérées dans la Gazette médicale de 1833 et dans le Journal hebdomadaire de 1835. Cette maladie, que peudç personnes connaissaient, dont je n'avais pu recueillir que quelques observations, eift devenue, depuis quelques années, beaucoup plus commune ; et je l'ai vue se repro^ duire si souvent en 18^2 et 18/!i3, qu'elle a constitué presque une petite épidémûiv du moins dans les salles de rilôtcl-Dicu. C'est d'après quelques faits observés pouf la piujiart à cette époque, que MM. Tessier, Hennel, Imbert Gourbeyre et Delpecb TcNit décrite, les deux premiers dans le Journal de médecine, les autres dansleuif thèmes inaugurales soutenues en 18^^ et 18^6. MM. Barthez et Rilliet, ayant «i occasion de robser\ or à l'hôpital des Enfants, lui ont aussi consacré un chapitrt dans leur ouvrage, et plus réceunuent entin M. Lucien Corvisart eu a fait le sujet de sa thèse, et l'a décrite sous le nom de t t'inie (aiinéo 185'i, n" 223).
Aitafomie pathultàffif/Uf^, — De môme que le tétanos proprement dit, h contracture des extrémités ne se lie nécessairement k aucune iésijn matérielle des nerfs ob des centres ner\cux; c'est ce que prouvent surtout les observations de MU. Ton?nelé, Delaberge, Uilliet et Barthez : cependant, dans quelques cav» rares dont u^ nous appartient, la moelle èpinièrc était ramollie, diiUuente dans une partie d^sM étendue. Mais, à raison même de sa rareté, il est impo>sible de faire de cette letton le caractère anatomiquc de la maladie ; il est bien plus rationnel de la considérer oonune une complication ou comme une lésion consécutive.
Symfjtôtnes, inavchp, — Tne seule fois nous avons vu la contracture survenir brusquement, à tel |)oint que le malade laissa tomber l'objet qu'il tenait dans les naains, et que dès ce moment il lui fut impossible de se livrer ù aucun travail Mais un pareil début est rare ; prc*sque touj<mrs, au contraire, la contracture se manifeste lentement, précédée parfi>is de quelques prodromes, tels que malaise* brisemeul, courbature, céphalalgie, vertige. Bientôt le malade se plaint d'éprouver de la gêne |>our mou\oir lis doigts; il > a (!<» élancements, des tiraillements dans les .i\ant-bras, (los craiiqtes dans les mollets Ces accidents peuvent cesser et revenir alternativement a\ant que la contraction s'établisse déiînitivemeuL Celle-ci commence peut-être tonjoui*s |>ai* un dos membj'es supérieurs ou par les deux à b fois; C4!s parties sont (piehiuefois les seules qui soient atteintes, et quand elles k sont sijmiltaném(*nt a\er les membres inférieurs, c'est toujours avec plus d'intensité que ces derniers.
La amtracture une fois établie, l(*s doi{;ts sont fléchis dans la paume de la main; ils le sont parfois complètement, cl alors le pouce est presque toujours recoux^vi par les antres doigts, ou bien les doigts, incomplélemeul ^^c\ùs^ vyox (&cuv^<» tx imBent à JsumiJêfonue ei l'aspect de certaines g^Res àft i^v \ «oSta^i^'^^^*^^
6a& DES NÉVROSES.
ment, les doigts sont étendus et rapprochés comme ils le sont dans l'action d'écrire. Les poignets sont en même temps entraînés par la flexion sur Tavant-bras : Tarticulation de Tépaale est le plus ordinairement libre : il en est de même de celle do coude; mais quelquefois cependant ces jointures sontroides, embarrassées.
Lorsque les doigts sont complètement fléchis, il est impossible, quelque effort qu'on fasse, de les étendre : on y panient lorsque la contracture est moins forte ; mais, dans tous les cas, ces tentatives sont fort douloureuses. Les muscles contractures sont résistants, et ont quelquefois presque la dureté du bois : souvent ib forment un relief assez considérable au-dessous de la peau ; ils sont le siège de douleurs plus ou moins vives, qui s'exaspèrent de temps en temps an point d'arracher des cris aux malades. Ces douleurs s'irradient souvent dans toute l'étendue du membre. Une fois calmées (ce qui coïncide presque toujours avec une diminution dans la contracture), les malades n'accusent que de la roideur et de la gêne dans l'avant-bras. Pendant les crises et dans leurs intervalles, les doigts sont quelquefois le siège de fourmillements incommodes ; la sensibilité y est souvent obtuse, et quand la flexion est complète et qu'elle persiste à ce degré pendant longtemps, on voit quelquefois un peu de rougeur, et plus rai*ement un peu d'oedème, se montrer au niveau des articulations.
Lorsque la contracture occupe les membres inférieurs, ou plutôt les jambes et les pieds, les orteils sont tantôt fléchis, tantôt étendus, mais immobiles dans cette position. Le pied est dans l'extension forcée sur la jambe; les muscles du mollet sont durs et saillants ; la marche est difficile ou impossible; il y a les mêmes douleurs, les mêmes sensations, la même difficulté au redressement que pour les mem* bres supérieurs.
La contracture envahit quelquefois les muscles du cou et ceux du tronc; lorsque les muscles des parois thoraciques sont pris, lorsque le diaphragme lui-même est affecté, les malades ont de la dyspnée, ils accusent de l'oppression, ils ont un sentiment de constriction stemale et chez quelques-uns on note des accidents de suffocation et d'asphyxie imminente.
En général cette maladie ne s'accompagne pas de flèvre : cependant le contraire i lieu quelquefois, surtout lorsque les douleurs sont très vives. Dans tous les cas, et s'il n'existe aucune complication, le mouvement fébrile est très modéré. Aucun trouble notable n'existe du côté des autres fonctions : cependant il y a le plus souvent de l'inappétence. Quelques malades accusent un peu de céphalalgie et des vertiges ; mais on n'observe pas de délire. Pourtant, d'après !\1M. Rilliet et Bartbez, les convulsions ne seraient pas très rares chez les enfants; ils les ont vues survenir trois ou quatre jours après l'apparition de la contracture, ou bien elles sont terminales. Générales ou partielles, elles ne paraissent pas. disent ces auteurs, avoir une influence évidente sur la contracture, qui a persisté pendant et aqpès l'attaque. Je ne sache pas que de pareils accidents aient jamais été vus chez l'adulte.
La contracture, après avoir persisté plusieurs heures ou plusieurs jours, cesse qudquefois complètement, de manière à permettre aux individus de reprendre leurs occupations ; le plus souvent pourtant il n'y a qu'une rémission. !\lats que la contracture disparaisse tout à fait ou qu'elle s'amende seulement, on ne tarde p» à voir les accidents reparaître ou s'aggraver, de manière à constituer de véritables accès qui n'offrent rien de régulier, dans leur intensité, dans leur durée ni leurs retours. C'est dans ces aca^s qu'on voit quelquefois la contracture envahir d'antres muscles que ceux des membres ; sàiv^V yio^ ^nous dé\à dit qu'elle pouvait frapper ksmmdeê rapirafeoTs; d'autres Ycv«i ^\i^ cyrrM^t ^^\\iL^«&\Uks^i»!c«K\\^foiOA t