‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 202 sur 265 · DE LA CONTRACTURE DES EXTRÉMITÉS · texte numérisé non relu

DE LA CONTRACTURE DES EXTRÉMITÉS

noté deux ibis la contracture des muscles abdominaux ; dans un cas il y eut même opistbotonos, avec tressaillements et secousses douloureuses.

Durée ^ terminaisons. — Cette maladie a une durée très variable; elle est rarement moindre de quelques jours, et elle se prolonge souvent plusieurs semaines et même plusieurs mois, en offrant alors des intermissions plus on moins longues.

Sa terminaison est presque toujours heureuse : sur prks de cinquante à soixante offi que j'ai vus, la mort n'a eu lieu que deux fois. La terminaison fatale peut arriver brusquement, comme dans le tétanos, au milieu d'accidents asphyxiques : c'est ce que j'ai vu chez une de mes malades, que je trouvai à ma visite, gaie, sans con* fracture, éprouvant à peine un peu de raideur des doigts, et qui prise brusquement, moins d'un quart d'heure après, d'un accès, succombait suffoquéedans l'espace de quelques minutes.

Diagnostic. — La contracture essentielle ne sera pas confondue avec celle qui est symptomatique d'une altération matérielle des centres nerveux ; car la pre« mière offre des inteimissions et des rémissions, tandis que la seconde est permanente ; en outre, celle-ci coexiste presque toujours avec plusieurs autres troubles du côté des centres nerveux.

On a pu voir combien la maladie que nous décrivons a de l'analogie avec le tétanos : die en diffère pourtant en ce que la contraaure n'occupe guère que les membres; que dans tous les cas elle commence par eux, au lieu que le tétanos débute par la raideur des muscles du cou et des mâchoires. xMais il est un caractère distinctif beaucoup plus important entre les deux affections : on a vu, en effet, que dans le tétanos il n'y a point d'intermittence, tandis qu'il en existe dans la contracture. En outre, le tétanos tue le plus souvent, tandis que celle-ci a généralement une heureuse issue. Avouons, cependant, que si le tétanos et la contracture ne sont pas deux affections identiques, elles ont néanmoins entre elles beaucoup d'analogie.

Pronostic. — D'après ce qui précède, on voit que la contracture est une affection qui a rarement de la gravité. Cependant, tout en espérant une heureuse issue dans la presque totalité des cas, on ne saurait être absolument rassuré, car nous avons vu que les malades pouvaient être dans un péril soudain, lorsque la contraction envahissait les muscles respiratoires. La fièvre, la violence des douleurs sont des circonstances aggravantes. Le délire est toujours d'un fâcheux augure.

Étiologie. — Cette maladie n'affecte guère que les enfants et les jeuqes gens. Chez les premiers, elle a son maximum de fréquence d'un à trais ans; chez les seconds, c'est entre dix-sept et vingt ans. Spontanée chez ces derniers, elle survient presque toujours chez eux au milieu de la santé, tandis que chez les enfants die se développe le plus souvent dans le cours d'une autre maladie. Il n'est pas certain qu'un sexe y soit plus prédisposé que l'autre; et, nonobstant l'opinion de M. Delpech, nous ne croyons pas que l'état puerpéral constitue une prédisposition à cette singulière maladie. D'ailleurs, il n'existe encore rien de précis sur les causes soit prédisposantes, soit efficientes de la contracture idiopathique. Ainsi que nous l'avons dit, elle règne parfois sous forme de petite épidémie : c'est ce que nous avons vu plusieurs fois à Paris ; c'est aussi ce qui a été observé, en 18^6, dans plusieurs prisons de la Belgique.

Traitement, — On n'est |)as encore bien fixé sur le traitement le plus convenable â opposer à la contracture. 11 faut d'ailleurs varier les médications suivant la prédominance de tel ou tel symptôme et suivant l'étal owttJàluXàotwiA* bÀMft.^Vswn5?fc est fort, figourem, lorsque le ponb cal Va^BÊ, Va wQoifc^ «x^>ààfc\ ^ew.

6&6 DES iNÊVROSES.

tes individus débiles et aaéiniqucs, il faut, au couirairc, donner len ioniques d les ferrugineux; mais dans la plupart de«» cas, la maladie l'st simple. Ou conseille alors de recourir à la médication calmante, teHe que bains tièdes, antispasmodiques, ipiacésà rintérieur et à rcxtérieur. Cependant, avouons ici que les bains dous ont paru rarement utiles et que souvent les malades n*ont pu les supporter, parce qu'ils provoquaient les crises. Ajoutons encore que jusqu'à ju-ésent les antispasoiodiques Administrés par les voies ordinaires n*ont guère été avantageux. Nous en diroos autant de Topium; mais peut-être ne Ta-ton pas employé à assez hauts dose. 11 eM rare> en effet, qu*on en ait donné plus de 15 centigrammes dans les vingtquatre heures. J'avais, dans ma quatrième édition, soupçonné que réchérisme poarriit ^tre avantageusement employé contre la contracture; c'est une opinion dont j^ai plus tard vérifié Texactitude. J'ai guéri, en eiïet, promptement parles inspira- ItoMs de chloroforme trois malades atteints de l'affection dont je |)arle : leur histoire a été relatée dans la Gazette des hàpitaux des mois d'avril et mai 1852, par M. le dttcteur Gér}\ Pour réussir, il faut, comme |X)ur le tétanos, pousser l'éthénsiiie jMqu*à résolution et le renouveler suivant les besoins deui ou trois fois par jour. On a aussi préconisé contre la contracture la méthode perturbatrice : c'est dt cette manière qu'agissent les vomiiiÊi, surtout l'ipécacuanha : ce luédicameut ^ràtl avoir réussi souvent à l'hôpital des Enfants, et l'un des médecins les phtt rtcommandables et les plus justement vénérés, M. Guenean de Minsy, l'a daai 4*autrés temps plusieurs fois employé avec succès dans son service à l'Hôtel-Dica.

DE L'CBSOPHAGISME.

Un des médecins les plus distingués des départements, dont la science déplora la fin prématurée, le docteur Mondière, qui a tracé de l'opsophagisme une boiiM description dans les Archives de 1853, définit cette maladie : Une consurietHm pifrt ou moins complète et dunéle du canal pkartfn(fO'Wm>f»lt»gien , ponamt prndftire vne dyttphogie ûhsfUne oh emffécher seulement la dêi^lutitioti des corps $êildes ou des liquides. Ce spasme peut cHre borné au phannx ou à l'œsophage, on bien occuper ces deux conduits simultanément : mais cette distinclioN a'a gvère fimportmce que sous le rapport de la 8ym)Mo«Datologie.

Il e^t inutile d'avertir le lecteur que ce (|ue nous allons dire se rapportera eichh fliveineiK à rcFST>j)hagtsme idiopailûque, excluant tout à fait de notre desciiptioo les AysplMigies syroptomatiques d'une inflammation du phannx et de l'cKsophuge, d'«M Maion organique de ces conduits, ou de quelque maladie des organes voisias» CMnme Cépiglotte, le larynx : beaucoup d auteurs oui fait cette confuston.

Sffmptô^nes^ mardie, — L'onophagisine se déclare ordinairement tout d'un êiop : c'est dans tonte la plénitude de la santé, et le plus souvent au miiiea d'un repas, ^pe le sp»nie de Tcesophage survient et arrête aussitôt le bol alimentaire dttis sa marche. I^londiére remarque à ce sujet que cette cârconstance de l'invasion de la maladie pendant le repas en a souvent imposé aux malades, et leur a lait fxvire qn*»! corps étranger s'était arrêté dans l'oesophage.

Les symptAmm que l'on observe varient d'ailleurs suivant le point de Tcesophait qui est affecté. Ia: spasme occupe:t-il le pharynx et la partie supérieure de Vomih phage, tel nlimenis sont rejdés presque aussitôt La déglutition, par contre, s'opère Itrtqae l'obstade occupe im point de l'œsophage \oisin de l'estomac. I>ans ce oti, toi aliments poutront séjourner <(iielque temps au-dessus de la coostriction, ou bien êm iMiMiéi plmtie anssilièi àa»» k VMsuâsft v» ^u wMM«eùfcvx^ "s^jicQilMiMi

DE L'CBSOPHAaiSME. 6/^7

qui peut s*opérar laiib «Miiïrance, oiaû qui quelquefois eol luivi d*uae douleur Ti?e coninieffiçaut au |>Iiarynx et se prolongeant de là jusqu*à restomac IlomUère, k qui D0U8 euipnintous ces détails, cite un fait que lui a coinoiuniqiié M. JUtour rtcip, daos lequel le bol alimentaire était rameué sans douleur dans la bouobe, ei parvenait daos l'estomac après une seconde déglutition. Le cas cité par Couraoft en encore plus curieux, puisqu'on voit que le bol alimentaire» restant QomijBe en» fierioé pendant quelque temps dans Teesopliage» était nmené succesdiveineui d# h partie supérieure k la partie inférieure de ce conduit, poi^i enfin était tout à eoup 011 lY^jeté avec violence audnbors, ou précipité dans restomac

L'introduction des aliments et des boissons entraîne quelquefois das acudenlp bien |)lus graves : c'esC ainsi qu'on a «u des individus ne pouvoir avaler la plus légère quantité d'aliments solides ou liquides sans tomber dans une angoisi4» in^-i prinnabii^; les uns perdaient connaissance, k^ autres présentaient une sorte d*aspbytie, ce qui dépendait probablement ou de la pénétration des alimente dans les voies aériennes, ou de la aimpression qu'ils exerçaient sur la traebée.

ludépeudammcHt des symptômes précédents, qui ne se déclarent que loraq^ le» malades essaient d'aialer, il en est d'autres qui ivont permanents, et qui s'ag*grnvent seulement après la déjslutition des solides et des liquidi^ Ainsi il eyist^ «onvuunément sur le trajet de l'aunpbage une sorte de gOne, de coostriction, dn douleur continue, donnant la sensation d'un corps étranger qui serait arrâlé, et proioquerait des efforts d'expectoration ou de vomissement On a encore signalé le hoquet conune étant, dans ces cas, un symptôme assez commun, îMoudière a dît que le spasme se propageam souvent aux or^^es respii9toire6,on voyait #ejoifidiv aux accidents déjà énumérés tous les phénomènes d*«ne suffocation imumpeute^ Enfui, c'est dans le cas où l'érétbisme nerveux est devenu génénl (st porté > uji haut degré, surtout lorsque l'imagination des niala^ ns^ frappét^ qu'apparaisstWt dns symptômes d'hydropliobii'.

IjO spasme de l'œsopiiage, ainsi que la plii{)art des autres névi-oses» pi^ésente m. grand nombre d'anomalies; Mondièfe a cilé les priiM:ipales. iinsi tantôt» dift-il»ie9 MsBOBs cbaudes patisent plus facilement que k» froide tantôt le contraire a Ucu^ le phis ordinairement h» liquides seuls peuvent être avalés ; d'autres lois œ sont «Nilement hs substances solides^ Hoffmann cite encore l'exemple d'nm fammn ^ int inunnentée longtemps d'un msopbagisme reiprquabie «y ce qundAnsiecom^ meneement il n'y avait que le demier bol alimentains qui était arrêté dins l'ms^ •ophages ponr le lairc pénétrer dans l'estomac, eHe était nblifée de boina beanosup^ ûouraat a en outre noté qnc les malades parviennent quelquefois à avalor les aH*- •enls après qu'ils les ont Miches kutemeut et longtcm;K$, H Uompé ponr aiw dire le v^mm du pharynx vn saisissant l'instant favorable pour qpi^ la déglnijlinn.

Dur^e , iermiinihom. — U* spasme de Tmeophage et du pharynx n'a ancmm dmiée lise ; ainsi il peut se dissiper après quelques Jieures, comme ^UmI^ ^ sit$ ma mwmpile, ou persister plusieurs jours enlii^rs sans fémiswon; m V^ méfue vu ilnr^ sans relâche pendant donxe jours. l>ans les cas #à la maladie #e piwlongn dnvanlage, les accidente ne se reproduisent qu'à certains intervalles ; on4H i^ ivoii* vus se manifester quelquefois d*utie manière régulière.

Le spasuie de l'œstiphage ne parait s'être lermiué par la mort que dans des cas ton rares; c'est co qui explique pourquoi nous n'avons aucun renseigneinanlSMr ks lésions concotuitantes qui pourraient exister.

dMêftWÊtHi, '^Le di»goo$tk du spasme de rteiii>i)\ui^ UMt ^vëiai)^

6à8 DES NÉVROSES.

aucune difficulté. Sou début brusque, survenant coininunémeut pendant le repas, établit une difTérence très tranchée entre la dysphagic neneuse et celle qui est symptomatiquc d'une inflammation ou d'une lésion organique. Ajoutons que, dans ce dernier cas, Tobstacle étant permanent, la dysphagie reste à peu près la même, tandis que dans le spasme elle varie, comme nous l'avons vu, d'un moment i Tautre et oiïredans sa marche une foule d'anomalies. Dans l'cesophagisme, il peut y avcûr rétention des aliments, comme s'il existait une paralysie du pharynx ou de l'oesophage : cependant on ne confondra pas deux étals morbides aussi opposés; car dans le dernier il n'y a point de régurgitation des aliments, et le cathétérisme ne fiùt nulle part sentir d'obstacle.

Pronostic. — Le pronostic de l'oBSopbagisme n'est pas grave ; il ne devient un symptôme fâcheux que lorsqu'il s'accompagne d'hydrophobie.

Étiologie, — L'oesophagisme se remarque spécialement chez les individus nerveux, irritables, atteints déjà de quelque névrose, comme l'hypochondrie ; maison le rencontre surtout chez les hystériques. Les émotions morales vives, subites, comme la colère, sont à peu près les seules causes occasionnelles dont l'action soit bien démontrée. On trouve dans les annales de la science plusieurs observations qui prouvent Tinfluence de l'imagination : ainsi on parle d'individus qui, mordus par des chiens qu'ils croyaient enragés, ont été affectés d'oesophagisme avec quelques symptômes d'hydrophobie.

L'oesophagisme survient quelquefois comme effet sympathique dans le cours de plusieurs maladies, spécialement dans les cas de cancer de l'estomac, dans des affections du cerveau, de l'utérus; enfin il y a un oesophagisme ipii se déclare quelquefois dans le cours du rhumatisme, et qui dépend bien moins d'une névrose que de ce que les fibres musculaires du pharynx ou de l'œsophage participent ellesmêmes à l'affection rhumatismale.

Traitement, — Les auteurs insistent surtout, et avec raison, sur l'emploi des antispasmodiques et des narcotiques. On a spécialement préconisé le camphre et l'asa fœtida en lavements. Les narcotiques seront administrés de la même manière; Ou bien appliqués extérieurement en cataplasmes (jusquiame, ciguë), en frictîoos (avec laudanum), ou en pommades contenant opium ou belladone; ou bien encore on dénude la peau de la partie inférieure du cou, et l'on y fait absorber une petite quantité de sel de morphine. Les auteurs ont encore recommandé les boissons glacées, ou de faire fondre des morceaux de glace dans la bouclie : ce moyen a, en effet, réussi plusieurs fois. Mais la méthode de traitement qui a semblé à Mondière réunir le plus de succès en sa faveur, c'est l'introduction des sondes. Oo sait que le cathétérisme est très usité dans les rétrécissements spasmodiques de Turèthre, et l'utilité qu'on en retire dans ce cas a sans doute donné l'idée de suivre la même méthode pour l'œsophage. Les cas de succès sont aujourd'hui assez nombreux^ ils ont été rapportés spécialement par Ev. Home, Autenrieth, Monro, Abercrombie, Howship, Stevenson ; un honorable médecin de Paris, M. Boudard, m'en a récemment cité un autre qui lui était personnel. Une seule introduction de h sonde a suffi quelquefois pour obtenir une guérison complète et innnédiate ; c'est ce qui eut lieu, par exemple, chez la malade dont M. Boudard m'a parlé ; nais le plus ordinairement il est nécessaire de répéter l'opération plusieurs foû.

Si la sensibilité et Tirritabilité de l'œsophage étaient telles que l'introductioa de

. la sonde fût très douloureuse ou rendue impossible, on devrait, d'après le conseil

de Moodière, dans le premier cas, enduire rinstrunient avec l'extrait de belladone ;

dêOÊle aeoiNid, on w servVnU tfxm^ tmàft'«fdRNRC\tA^

DE LA r.HOREE. 649

temps en contact avec la partie coarctéc, ainsi que Dupuytreu le pratiquait pour les rétrécissements spasmodiques de Turèthre qu'il ne pouvait franchir tout d*abord. Si l'imagination était la cause première de la maladie, c'est à la médecine morale qu'il faudrait s'adresser.

DE LA GHOEÊE.

Sthohymie. — Dansonanie, cbortfmaiiie, danse de Saint-Guy, de Saint-Weit ou de Saint -Wit, du nom 4*nn saint rénéré près d*UIin «a Souabe, i la c^peUe duquel let' naïades se rendaient en pèlerinage.

La chorée (de xoptix, dansé) est une maladie apyrétique, caractérisée par des mofuvements irréguliers et invdontaires, partiels ou généraux, du système musén-* fadre, et plus spécialement des muscles des membres et de la face.

Historique. — Il est certain que la chorée a été tout à fait inconnue des'anciens médecins ; nous croyons que c'est par une interprétation forcée que Sauvages a revendiqué en faveur de Galien l'honneur de l'avoir décrite le premier, sous le nom de scélotyrbe. Ce n'est guère que vers la fin du xv* siècle ou au commencement du ivi*, que la chorée commence à être connue. F. Plater, Horstius, Sennert, fbrent les premiers à s'en occuper; Bairo, médecin de Charles U, duc de Savoie, parait l'avoir un peu mieux connue. Mais Sydenham la décrivit le premier avec soin, puis on vit GuHen, Cheyne, Dower, Meàd, etc. , ajouter de nouveaux faits à ceux de leurs devanciers. Cependant, malgré ces travaux, la maladie était encore à peine connue en France du temps de Louis XY, puisque Lieutaud alla même jusqu'à en contester l'existence. La lacune qui existait dans notre littérature sur ce sujet n'a réellement été comblée qu'en 1810, époque à laquelle un médecin alors presque octogénaire. Bouteille, puUia une monographie estimée, et qui est encore aujourd'hui le ti^vail le plus complet que nous ayons. Depuis cet auteur, divers médecins ont produit en France quelques travaux recommandables. Nous citerons en première ligne un mémoire de M. Rufz, dans les Archives de 183/1 ; la thèse de M. Dufossé (1836); l'article de M. Blache dans le Dictionnaire de médecine: celui de MM. Rilliet et Barthez dans leur Traité clinique des ma-ladies de l'enfance; enfin, le remarquable travail de M. le docteur Sée, couronné par l'Académie de médecine et publié dans le XY* volume des mémoires de cette compagnie.

Anatomie pathologique. — A l'ouverture du corps des cfaoréiques, il n'y a, dans rimmense majorité des cas, aucune lésion appréciable dans' le cerveau, dans la moelle, ni dans leurs enveloppes. J'ai trouvé toutes ces parties dans leur état normal chez trois sujets morts en 183/i, 1837 et 18/i8. Il en a été de même sur dix cadavres examinés par Dugès, par Ollivier (d'Angers), par MM. Rostan, Rufz et Blache. L'anatomie pathologique comparée vient confirmer ces premiers résultats : ainsi M. Delafond ayant ouvert à l'éc^e d'Alfort un grand nombre d'animaux, et surtout des chiens sacrifiés à différentes époques d'une chorée confirmée, n'a trouvé ancune lésion appréciable dans les centres neneux, dans leurs enveloppes, ni dans les nerfs et leurs divisions, ni dans aucun autre organe, parties qui toutes ont été examinées avec le plus grand soin.

Cependant, ainsi qu'on l'obsene pour le tétanos et pour plusieurs autres névroses, la chorée peut s*accompagner parfois de quelques lésions du côté des centres nerveux. Ainsi un de mes anciens condisciples dont le souvenir m'est le plus cher, le docteur Gendron, médecin distingué à Chinon, a trouvfe diei. àj^xn. \^^vvtf!&^^ tbor^qaef, mortes en i85à à Vbàpiiaï des Enfants, U mocSlLe feçVwtet^ xworiîÈ» w^

niveau de ia tYgioii cervicale (voy. sa Thèse, 1836). GuereatU i rencoolri k même lésion chez deux enfantH. M. S^Tres aurait, dit -on, coûtitaté des aliératioo« divei'ses dans les tubercules quadrijuiuea^ix (tumeur laixlaa>e, iujdciiuii, ioflaminatiou). M. Mouod a vu uiio iivpertrophie delà moelle, et diveriuiédeciiittoiil trouvé dans le cerveau et dans la moelle des tumeurs et des concrétions diverses. Mais ces faits, d'ailleui*s en petit nombre, prouvent que la chorée, comme la plupart des autres névroses, peut, dans quelques cas rares, être syuiptomalique.

Dans la liste des lésions, nous n^avuns pas encore parlé de la sérosité que y[, Piichard, en Angleterre, aurait rencontrée en plus grande abondance dans les centres nerveux diez trois enfants morts de cliorée ; i)ei sonne, eu effet, eo France, n*a noté, que je sache, une pareille altération, M. Delafmid surtout Ta vaioem^nt cherchée clicz les animaux. 11 est à craindre que le médecin anglais ne s en aoil laissé im|)oser par la quantité de liquide céphalo-racliidien qui existe naturellement en plus grande abondance cbcz Tenfant que citez Tadulte ; peut-<»Ure aiHii cette suiTusiou séreuse dépendait elle de la longueur de l'agonie.

M. ^>ée, ayant analysé dans son travail 8/i obheri allons de cliorées terminées par la mort, est arrivé à des coucluKions un peu différentes. Diaprés ce médecin distingué, il aurait existé en effet 32 fois, ou un ramollissement de U pulpe n^nreusa» ou i)n é|)ancliement aracbooïdico, lésions d*ailleurs qu'il se Itâie de considérer couune f(M'tuites et cnnKne n*ayaiit aucune r4 lation direcje de cause à efléi avec les troubles fonctionnels. Sur une autre catégorie de 34 sujets, 31. Sée dit qu*on a trouvé diversesphleginasies isolées ou réunies du tissu séreux ; mais ce sont là pour nous des complications ou des lésions ultimes qui se déclarent ici. romuw dans le cours d*un grand nombre d'autres affections, sans qu'on puisse être autorisé à voir dans cespldegniasies, ainsi que M. i>ce Ta fait, une expre^ou de la dia* tbl'se rhumatismale.

Symptômes. — Dans quelques cas très rares, on a vu la cliorée débuter tout d*un coup ; mais a'ia n*a guère lieu que lorsque la maladie survient à la suite d'uut vive émotion, comme la frayeur. Presque toujours la diorée se déclare lentement, progressivement Quelques enfants, avant de présenter des tivubies delà motiliié, sont devenus plus irritables, plus irascibles, ou bien ib sont tristes; d'autres sont plus \ifs, plus impétueux que de coutume. CependaJit quelques mouvements déaordonnés sur\iennont bientôt dans diVii>>es parties du cor|)s.

Sydenliam et Bouteille regardaient la claudication comme le premier de tonales phénomènes; mais elle est fort rare au contraire au début (5 fois sur 158). D'aprÀ les relevés que l'on doit k M, Sée, le plus ordinairement c'est le bras, et preM|ue toujours legauclie qui se prend le premier; cliez d'autres, ce sout.lcs muscles de la face ; cependant ceux-ci sont ordinairement affectés consécutivement Quoi qu'il en soit, les malades fout alors des grimaces, ils ont un tic dans la figure. Plw bibles ou moins maitios de leurs mouvements, la plupart sont plus maladroit! ; ils font plus facilement des chutes; ils traînent la jaml)e eu marchant, ou ne peuvent saisir un objet sans le laisser choir ou le briser. Toul cela leiu- attire ordinureincnt des réprimandes et des châtiments de la part de leurs parents, qui ne reconnaissent point ces actes comme des indic>es d'une inaladiç, mais couune Teflcl de la volonté ou de mauvaises Iiabitudes.

La cliorée se caractérisant bientôt tm peu mieux* on voit les parties aflectéei devenir le siège de soubresauts, de secousses, de mouvements irréguliers, désordomiés, tout à fait involontaires, et qui offrent ceitaines particulaiités, suivant ka /loioli dii CQif^ où ib §e moDlr^iil. KUbi^^ci^wa^^^E^csâasu^etdesc^^

DE LA CHORfie. 651

très bizarrei; la uialadie affcc(c-t-eile les ineuibrcs supérieurs, ceux^^ci se portent ea tous sens ; la volonté la plus énergique ne jyeiit loaitriser ces mou?^- BMBCs. Les individus veulent-ils boire, dit M. Blache, leiH' verre ne peut parvenir à ia bouche qu'après une succession de mouvements angulaires, o})posé$ dans leur firiucipe, dont les uns, volontaires^ tendent à rapprocher le vase de la bouchc% et les autres, involontaires, Ten éloignent. Lne fois sur les lèvres, ils le saisissent avee in dents et le vident avec précipitation, presque d*un seul trait, dans la crainte qu*un nouveau mouvement convuisif ne Fen éloigne. Lorsque les membres infé* ritiars sont affecté^ les malades oot une démarche irréguliôre; ils suivent diificidlement une ligne droite; ils marchent en fauchant ; leurs jambes s*cinbarrassent •(présentent souvent une sorte de sautilUnneut, qui a fait donner à la maladie le Mm qu*eUe pprte. Si les muscles du cou participent au même désordix', la tète se (lilance d*un côté et de Tautre, en avant, cnarrière; ou bien on observe un mouve-; laentde rotation presque continuel, comme celui qu'on voit chez certains oiseaux^

Quand la maladie est portée à un plus haut degré, la face est dans un état d^agitalion perpétuelle; h s yeuK sont en rotation continuelle ; la préliensiou des objets aK devenue tout k fait impossible ; les malades ne peuvent plus marclier ni se tenir debout ; ib tombent en se roulant souvent en tous sens sans pouvoir se relever; on ctl obligé de les mettre au lit et de les y maintenir avec la ciiinisole de force. Cepeodaot les mouvements continuel? qu*i!s exécutent fuiissent |)ar produire des excoriations sur les membres et à la partie postérieure du tronc ; les bras, portés de laôcé et d autre, et heurtant contre les corps voisins, deviennent aussi le siège' de coDUisionSb

Souvent alors les muscles de la langue, ceux du larynx et du pharynx, |)articipeut au désordre : dans ces cas, on voit les malades projeter de temps en toipps leur langue liors de la bouche et la rentrer par un mouvement brusque, saccadé ; die est quelquefois alors saisie entre les dents et déchirée^ Cet organe enfin, dans art uKNiveineutodéso. donnés, heurtant souvent avec force contre le palais ou les lèvres, il en résulte un bruit analogue à celui que font les cochers pour exciter hors dievaux. Lear parole est difficile, embarrassée, iUéprouvent une sorte de bégueinent ; d autres ne j euvent articuler un seul mot : il en est, dit M. Blacbe, qui (but enteiuire une sorte d aboiement ; eniin le spasme envahissant parfois les muscles du pharynx, la déglutition devient plus ou moins difTicik* et irri'gulière.

£b général, les mouvements convulsifs augmentent par les émotions et par les alûnulants ; mais la température ne les nuxlilie point Quelque intenses qu'ils s tient on les voit diminuer beaucoup, et le plus souvent mOme ce^iser tout à fait, pendant la iOdimeiL Celui-ci n*est pas toujours très réguUer. Il n'est pas rare, en effet, que les nvilades soient tourmentés par de longues insonmies ; nonobstant cela , et malgré retendue et la continuité des mouvements, la plupart de ces individus n*a£- CBseiit aucnue iatigue.

I Dans la chorée, on observe presque toujours, c'est-à-dire dix-huit fois sur vingt, il*après AL Du£[)ssé, c|uek|ue trouble du côté de la sensibilité morale : ainsi les BMJadfg sont irritables; ils pleurent et rient sans motifs. Suivant Georget et Bouteille, les facultés intellectuelles seraient toujours plus ou moins affaiblies; mais oaia, comme Tobservenl MU, Blacbe et Bouillaud, ne parait pas avoir lieu dune iBanière aussi générale qu on Ta prétendu. On a noté aussi, comme un phénomène constant, une diminution dans la sensibilité de la peau. M. Moynier a insisté sur ce phénomène, dans sa thèse ; il est souvent dlDicile de le couslaiVer 4kan&V& ât«x^«^ finérales» perce qu'on mampÈe d*un terme de comparaîioii) ni^ d«n&\fi&VitaÀ.-

652 l>ES NÊVIlOStS.

chorées, en piquant d*unc façon aussi égale que possible les deux côtés du corps, on trouverait toujours, d*après ce médecin, une diminution de sensibiUté dans le côté qui est agité. Les palpitations, la dysurie, la cardialgie, les douleurs à la nuque, que divers auteurs signalent comme des phénomènes constants on communs daoi le cours de lachorée, sont au contraire fort rares ; et quand ils existent, ils sont probablement indépendants de TafTection.

Dans la chorée, la respiration est libre; il n*y a pas de fièvre, et les fonctions digestives ne présentent aucun trouble.

Marche, — La chorée est rarement générale d*emblée ; le plus souvent, en effet, les troubles sont bornés pendant quelque temps à une seule partie, comme la face, ou bien à un ou plusieurs membres. Dan^ la plupart des cas, le trouble de la motilité commence par la moitié gauche du corps, et envahit consécutivement le côlé opposé. La chorée double est la plus fréquente, d*après MM. Barthez et Rilliet, ce qui est conforme ai ce que nous avons vu nous-méme. J^orsque la chorée est partielle, elle occupe presque toujours simultanément le bras et la jambe gauches, ou bien seulement le membre supérieur. Nous Tavons vue une fois limitée aux membres inférieurs, mais plus marquée du côté gauche. Bouteille a rapporté mi cas de chorée croisée, dans laquelle le bras d*un côté et la jambe du côté opposé étaient simultanément affectés. Chez quelc[ues malades, la chorée est bornée aux muscles du cou ou de la face ; elle peut être* plus limitée encore, n*affecter, pv exemple, que les muscles de Toeil.

La chorée suit presque toujours une marche continue; elle s*aggrave pendait quelque temps, puis reste stationnaire ; elle décroit enfin, ou bien elle présente des alternatives très irrégulières; Bouteille et M. Rufz ont cité chacun un cas de chorée périodique, débutant tous les jours à midi pour finir à six heures du soir.

D*après M. Rufz, les maladies intercurrentes ne modifieraient guère la mabdie tous le rapport de son intensité ou de sa durée. M. Sée, ayant à son tour étudié cette intéressante question, a reconnu que les maladies fébriles commençaient par produire une excitation générale accompagnée d*une exaspération des mouvements choréiqucs, qui se continuait pendant les prodromes et la période d'ascension. Mais lorsque Téréthisme fébrile a atteint son apogée, la jactitation choréique diminuerait, et elle disparaîtrait souvent avec la fièvre, tantôt définitivement, tantôt pour reparaître encore, mais momentanément, et pour céder alors avec facilité au traitement. Stoll a cité rhistoirc de deux jeunes filles qui, prises d*une fièvre pétéchiak dans le cours d'une chorée, virent celle-ci diminuer et cesser en même temps qae la pyrexie.

La chorée, une fois guérie, est très sujette à récidiver. On a vu des individus éprouver jusc[u'à six ou sept récidives, lesquelles ont lieu annuellement oo à plusieurs années de distance.

Durée, — La chorée a une durée très variable : elle cède rarement avant oo ou deux septénaires, le plus souvent elle persiste un ou deux mois. Quelquefois elle a une marche chronique; elle dure alors indéfiniment. Tel est le fait, rapporté par M. Rostan, d'une femme qui mourut à cinquante ans d'une chorée dont elle étaK affectée depuis l'âge de sept ans. En général, lis chorées chroniques sont partielles, et beaucoup se lient à quelque lésion matérielle des centres nerveux ; elles s'accompagnent fréquemment d'une diminution plus ou moins grande de la mémoire et de l'intelligence; il arrive même parfois que les muscles affectés s'atrophient pins ou moins^ cependant la saulè ^«^u^rate e&l çresic\ue toujours intacte. TerminaiêOHB, — \a chcirtie «fe \«rsiànft. ^xa\ mtDsaafc x&a^rftfc ^s& cat^ par

DE LA CHORÊE. 65S

le retonr à la santé. Quelquefois pourtant, lorsqu'elle est très intense, lorsque le désordre des mouvements est extrOme, on voit les malades s'affaisser et périr. MM. Bartbez et Rilliet pensent que les malades succombent alors par asphyxie. Noos croyons plutôt que la mort a lieu par épuisement La terminaison fatale arrive dms ces cas assez rapidement ; elle est annoncée par un amaigrissement et par une ahération remarquable des traits qui surviennent presque subitement : c'est une droonstance que notre ami le docteur Gendron (de Chinon) a mentionnée avec soin. Cependant presque tous les choréiques qui succombent sont emportés par une maladie intercurrente.

Chorées anomales. — On a voulu regarder comme des variétés ou comme des formes anomales de h chorée, des affections nerveuses mal définies, et qui ont été très vaguement décrites par les Allemands et par quelques Italiens : je veux parler des maladies indiquées sous les noms de grande danse de Saint-Guy, de chorées rkylhmique et électrique, La première apparaîtrait sous forme d'accès dans l'intervalle desquels la santé serait parfaite ; il y aurait des mouvements involontaires, toniques ou cloniques, avec ou sans catalepsie, des désordres intellectuels, de Tanesthésie ou une exaltation des sens ; elle constituerait donc uneibnne de Thyslérie. La chorée rhythmique serait caractérisée par des contractions régulières, sonrent uniformes, les malades auraient une tendance irrésistible à aller en avant, d'autres tourneraient sur eux-mêmes ; mais ces accidents, presque toujours symplomatiques de lésions cérébrales, n'ont rien de conunun avec la chorée que nous venons de décrire. Quant à la chorée électrique des médecins italiens, on ne saurait dire encore ce qui la constitue. Les secousses tétaniques ou éclamptiques ^ la caractérisent, la paralysie qui survient fréquemment dès les premiers accès, te terminaison ordinairement funeste de l'affection, portent à penser que ces acci* dents sont les symptômes de quelque lésion grave des centres nerveux, et que la chorée électrique n'a, avec la chorée véritable, d'autre rapport qu'une commu- Binté de nom qui n'est nullement justifiée.

Diagnostic. — La chorée a des phénomènes tellement tranchés, qu'on ne san* rait guère la confondre avec aucune autre maladie connue. Nous croyons qu'il serait hors de propos d'établir un diagnostic différentiel entre la chorée et l'hystérie on l'épilepsie. Les ^ules affections avec lesquelles la chorée a quelques points de ressemblance sont la paralysie, les convulsions, certains tics et le tremblement

Lorsque la chorée débute, lorsque surtout elle n'occupe qu'une moitié du corps on qu'elle est même limitée à un membre, les malades par leur attitude, traînant te jambe en marchant, ayant un bras comme pendant le long du tronc, pourraient faire croire aisément à une paralysia Cependant avec la plus légèreattention, il est facile d'éviter l'erreur ; car, en examinant les malades pendant quelques instants, on ne tarde pas à constater de petits mouvements irréguliers et tout à fait caractéristiques. D'ailleurs, dans la chorée les mouvements sont bien pepertis> mais ils ne sont pas affaiblis. Dites à un paralytique et à un choréique de vous presser la main : le premier ne pourra le faire ou le fera à peine; le second, au contraire, pressera avec force, mais ce sera d'une manière brusque et comme saccadée.

La chorée n'a aucune ressemblance avec toutes les variétés des convulsions. €dles-ci surviendbnt par crises, et consistent dans une contraction violente et invotentairedes muscles, prédominant surtout dans les muscles fléchisseurs, tandis que dans la chorée les mouvements désordonnés sont continus^ ne cew^uX ^Y^^^eck^asdX te soromefi, affectent à peu près indifféremment tons \es «raaiàeft^ ^ ^^ «k*^^ \^

A5& DBS tItVBOSBS.

aussi complètement soustraits h Tempiro de la volonté ipie le sont les inomemeiits oonvnlsifs.

Il y a certaines contractions mosculaires involonti^res chroniques, limiiéei i quelques muscles, surtout à ceux de la face, qui suniennent rapidement, instantanément : on ieurdonne généralement le nfim de iics. Miles diffèrent pir conaéqnioi d« la chorée, qui rarement est aussi bornée, et qui est constituée par de» mooiements inégaux, irréguliers, et qui ne sont pas alQ»olumeat irrésistibles.

Lorsque la chorée débute par les miisples de la langue, on pourrait encore étn induit vu erreur, et rap|X)rter Tembarras de la parole à quelque lésion grave di eer\eau. Mais Textension rapide de la maladie li d^autres muscles el Tabsence des autres désordres symptomatiques désaffections cérébrales viendront encore édaiter le diagnostic:

On distinguera enfui facilement la chorée du tremblement sénile et de celui qnedèterminent les excès alc4)oliques et vénériens, ainsi que les émanations mercurielles et saturnines, parce que dans cette dernière affection les coiiti-actions rousc^ilaira sont involontaires, courtes, uniformes, consistant en un mouvement deva-et^iant s*cxécutant |)ar les extenseurs et k« fléchisseurs qui sont simultanément attcinia.

Pf(mft»iic. — La chorée n*est pas gi'^néralcuient une affection grave. Celle qui est récente, celle qui sunient dans l'enfance, est plus facilcinent curable; en guérit aussi plus ai^'Uicnt celle qui est générale, ou qui envahit une moitié dn corps, que celle qui est localisée à ime partie de la face ou à un membre. La dm* réc est-elle moins rebelle chex les filles que chez les garçons? C*est ce qui semUc résulter du nievé |>ublié par M. Moynier fils dans les Arckuwê de 1854. Le prenosiic est gravo lorsque Tagitation est extrême, continuelle, lorscjoe la lualadit passe II l'état chronique, surtout m elle se complique d épilepsie ou si elle eat sym* plomatiquc de quelque lésion des centres nerveux : dans Tun et l'atitre cas, b mala<lie est incurable.

F/K/I(ffjie — Tout le monde est d'acc<ml pour regarder la chorée comme nne maladie qui est beaucoup |)tus commune dans l'enfance qu'aux autres âges. Sa fréquence n'est pourtant |)as la même i toutes les périodes de l'enfance; en ellat, presque inconnue avant l'âge de six ans, elle astm maximum de fréquence de aix à quinte. Les petites lllles y stmt beau.xMip plus prédisposées que les garçont; aa regarde aussi une constitution nerveuse et irritable connue favorisant le déieio^ peinent de hi maladie. Iji chorée .^e développe peut-être plus Miuveiit Tété que l'hiver; on ne sait encore rien sur l'iuiluencc des climats. Bouteille a regarde b chorée moins coinine un état contre nature que cuuiine une puberté difficile à établir) mûis cette opinion toute théorique a été victorieusement réfutée par Al. Auii, qui, ayant démontré que la maladie était aussi commune de six à dix ans que et dix h quinze, a prouvé par lli qu'il était peu logique de rapporter à uiie causa II roaniftylation d'un mal sunenant trois ou quatre ans avant son existence.

Parmi lescauses déterminantes qui peu\ent provoquer le dévelo|)]M*inettt dcb ehoréc, on a surtout signalé la frayeur et ronaiiisine ; la grossesse a parfois le nàm eflet Comme beaucoup d'autres névroses, elle |)eut, surtour chez les en(iHits,sr dé\elopper par imitation. La maladie a pani régner q(icl(|uefois épidéaiiqueoient : c*est ce qui a été obsené il y a peu d'années dans un village du TyroL liais il est douteux qu'on puisse rapporter à la chorée certaines épidémies Hont Pline, Néa^ ray, CuUeu, ont parlé, ni ces maladies neneuses (|ui ont si souvent régné dantk moyen fige, et que M. Hecker a vouki rapporter à notre chorée. QvelqiieiBéitedM anil^atnMXa^Uf^^

DE LA cnoiiÊe. 4SS

le rhumatbme,' surtout entre le rhumalisnie avec rndf^péricardhc, et II chorée. M. Sée, dans son inémdre, et M. Bothrel dans hs thèse (1850), ont insist4 pour proufer cpie la chorée était fr^aemnient un efiét de la diathèse rhuroatismalt. Pour M. 8ée, en effet, cette étiologie aurait été constatée par lui 3 fois sur ii. Le ptitt souvent^ ou 5 fois sur 7, le rhumatiame précéderait la chorée ; quelquefois au enitraire, ceUe<î serait primitive. Cependant cette étiologie ne nous semUe pas •OBsi parfaitement établie qu'k M. 8ée. Ce médecin n Vt^il pas souvent coofonda at ec les douleurs rhumatisinales des douleurs dépendant de la fatigue, de la crois» saace, ^c 7 C*est ce qtio nous sommes porté li croire. D'ailleurs, lorsqu'on réflé^ cbit combien le rhumatisme est rare à Vàge pendant lequel ia chorée a sem ■saxinram de fréquence, lorsque l'on considère que celle-ci ne détermine pas les complications qui sont communes dans le cours des rhumatismes, lorsque le traite» ittent, enfin, qu'on oppose lUx rhumatismes et }k la chorée offre si peu d'analogie, il est difficile d'adopter la dootrine que M. Sée a d'ailieiirs fort habilement présentée. C'en une question qui, pour nous, n'a encore été que poeéc, et, pour être résolue dans le sens afflrmatif do l^|. 8ée, il faudrait des faits plus nombreux et plus précis que ceui qui ont été produits jusqu'l ce jour.

Traitement, ^^ C'est par suite d'idées théoriques et en généralisant ce qui n^9^* prtonait qu'à quelques cas exceptionnels, que divers «uteurs ont été conduits I proposer les émissions sanguines dans le traitement de la chorée. Ainsi Sydenham Saignait et purgeait pour évacuer, disait-il, une humeur qui irritait les nerfs. Bou^ tflille saignait moins que Sydenham; il faisait une, deux, et jamais plus de trois •signées de 420 à 8B0 grammes environ ; il employait ce moyen moins à titre d'éva*- •uanl que comme calmant et antispasmodique. Enfin ceux qui, comme M» Serres, ont vu dans la chorée une congestion ou une affection matérielle des centres ner* vMit ont prescrit des sangsues li la nuque, aux tempes, des ventouses, des cautères le hwg du raohia. ftlais ces moyens débilitants sont plutôt capables d'aggraver le val on augmentant la susceptibilité du système nerveux. On ne devra donc recoU'» rir anx évaouaMons sanguines que si le sujet est fort, pléthorique, ou si quelque eeroplicatioo les réclame.

Les pnrgatifii ont trouvé dans Hamihon un ardent défenseur, par suite de cette idée erronée que la chorée était l'effet de la constipation. Hamilton, après avoir employé les pnrgatîb doux, huileux ou salins, arrivait aux drastiques les plus éuer» giqucs, et persévérait pendant quiaie jours et plus; mais cette méthode est loin de donner les résuitats qu'en promettait se» auteur : c'est ce qu'ont prouvé M. Hugues et surtout le docteur Bardsiey (1). Ce que nous disons des |>urgati£i s'appiiqve également aux vomitifs.

Laenocc et firoschet» imitant la pratique de quelques médecins italiens, paraîtraient pourtant avoir obtenu quelques bons résultats de l'administration de Témé* tique à haute dose; cependant cette médication, qu'on est obligé de continuer pendant assea longtemps, est peut-être un peu violente pour les jeunes enfont»; MMsi voudricms-nous qu'on n'y eût recours que lorsque des moyens plus doux ont échoué. D'ailleurs, ayant été témoin de quelques-uns des essais tentés par Breschet^ BOUS n'avons reconnu à la médicatitm dont nous parlons aucun avantage.

Parmi les moyens internes, nous ne saurions oublier les anthelminthiques, re* oaasmandés notamment par Gaubius» par StoU, par T. Frank, et qui cependant ue jtuisepnt d'aucune utilité.

LtB médicaments qui comptent le plus de succès sont les anVvM(iiifiiencA\v\^

fi) BatMf méWifoie, BBoée iBSî.

narcotiques et ies toniques. Parmi les premiers, on trouve au premier rang la ? alèriane, préconisée par Bouteille et Murray ; on la donne en poudre, depuis un demigramme jusqu'à plusieurs grammes, qu'on fait prendre dans du miel ou dans des confitures. Bayle et Jadelot se louent de l'emploi de Tasa fœtida, qu'on donne à la dose de 1 & 3 ou (i décigrammes; Foiiquier, d'après le témoignage de M. filacbe, dépassait cette quantité, car souvent il en donnait jusqu'à k grammes et plus par jour. Enfin, à ces moyens, nous joindrons l'oxyde de zinc, qu'on a donné en pilules depuis 30 centigrammes jusqu'à 1 gramme et plus dans les vingt-quatre beuresi Tous ces médicaments paraissent devoir être utiles quelquefois, sans avoir pourtant une efficacité bien grande.

L'opium a été beaucoup préconisé, mais il a fréquemment échoué. Nous l'avons pourtant administré chez cinq malades âgés de quinze à vingt ans, et nous avons n^odifié la maladie d*une manière tellement rapide, qu'il nous a été impossible de méconnaître l'action favorable du remède : nous le donnions d'abord à la dose de i décigramme en k pilules, puis nous augmentions, sans dépasser 3 décigrammes dans les vingt-quatre heures. Nous croyons pourtant qu'on pourrait aller un pen au delà. Mais nous n'oserions imiter la hardiesse de M. Trousseau, qui a donné, dans un seul jour, i gramme d'opium et jusqu'à UO centigrammes de morphine. Ce savant professeur est dans l'habitude d'administrer 25 milligranmies d'opium d'heure en heure, jusqu'à ce que les mouvements convulsiis soient notablement calmés et qu'il y ait commencement d'ivresse; il entretient le malade dans cet état d'intoxication pendant cinq et huit jours, puis, après l'avoir laissé reposer un peu, il reprend la même médication. Il affirme qu'il est rare qu'an bout de quinze jours de ce traitement la chorée ne soit pas tellement modifiée, que la nature n'achève eUe-même la guérison en peu de temps.

Plusieurs médecins ont essayé de modifier ou de guérir la chorée par des inspirations d'éther ou de chloroforme. Le plus souvent, les mouvements, complètement suspendus pendant le sommeil anestbésique, ont reparu aussi intenses après; cependant M. Géry a recueilli récemment, à l'hôpital des Enfants, quelques faits qui semblent établir que le chloroforme, inhalé plusieurs fois par jour jusqu'à effet résolutif, guérit promptement certaines chorées. C'est une méthode dont il iaodrait user dans ces chorées caractérisées par une agitation extrême des membres, et qui mettent la vie des malades dans un véritable péril Les inhalations, faites en pareil cas, ont parfois produit un calme plus ou moins prolongé.

La médication tonique se compose surtout des préparations de quinquina et do ferrugineux. On y a recours chez les sujets anémiques, et il arrive souvent qn'et reconstituant l'individu, la chorée cède comme d'elle-même.

Nous ne dirons rien des moyens violents, dangereux, tels que l'azotate d'aiigent, le sulfate de cuivre, l'iode, les cantharides, l'acide cyanhydrique, médicaments qui n'ont aucune utilité démontrée. On a encore vanté, en Angleterre surtout, ks préparations arsenicales, en commençant par une dose très minime, comme un centième de grain d'arséniate de potasse ; mais l'emploi de cette méthode dange* reuse ne pourrait être justifié que dans les cas qui se sont montrés rebelles à tooi les autres agents. Il en est peut-être de même de la noix vomique et de la strychnine, récemment préconisée par M. Trousseau, après avoir été déjà employée par MM. Lejeone, Niemanu, Cazenave, et surtout par MM. Fouilhoux et Rougier. M. Trousseau donne la préférence au sulfate de strychnine, qu'il dissout dans dn iirop dans la proportion de 5 centigrammes pour 100 grammes de siixip ; il donne d'abord 10 grammes et augpienu \o\i& \«& V^^x% ^^ ^ ^s»sKffiMi&^ Y^^o^'à ce

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