‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne. v. 2Chapitre 21 sur 265 · TROISIÈME GENRE D'EMPOISONNEMENTS · texte numérisé non relu

TROISIÈME GENRE D'EMPOISONNEMENTS

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Qans l'empoisonnement par les narcotico^&cres, on observe \ la fois le narcotisme et des S) mptôines phlegmasiques du côté des surfaces sur lesquelles le poison a été appliqué. Les lésions cadavériques sont en rapport avec ces deux ordres de phéoomèues, qui n'existent pas toujours au môme degré ; presque constamment, en effet, l'un d'eux prédomine. Les narcotico-Âcres agissent donc localement, puis étant absorbés, ils modifient le sang et le système nerveux. Ce dernier mode d'action est le plus grave ; c'est lui, en effet, qui est la cause principale de la mort. Les substances qui déterminent le plus souvent ce genre d'empoisonnement sont : le leéoc, la f/rycAntVie et surtout cerUins ckampiguoni, tels que la fausse oronge^ tneneiomanites, plusieurs espèces d'o^furtcs, etc. Les règlesgénérales à observer, dans ce genre d'empoisonnement, consistent : 1* à expulser le poison par l'émétique d les boissons abondantes, s'il est dans l'estomac; par des lavements purgatiis s'il est contenu dans l'intestin; 2"" le poison expulsé, on combattra le narcotisme par les boîsMNis acidulés, par les potions éthérées ou ammoiiiacaiei, par l'infusion de café, ainsi (|uc par des lotions et aspersions froides ; 3* on reoiédiera aux congéscéréiNales à l'aide de la saignée; &* enfin on modérera hi sympUkiiet inltemr par les aatiphkgistigvfik

(iU DES LMPOlSUNKbMEMS.

LesacckieuUtpixNlQiu» par les narcotico-âcret; sont moins uniformes que ceux que les uaropUques déterminent On observe, en eiïet, dans les premiers, des variations nombreuses: ainsi des symptômes qui prédominent dans certains cas manquent ou sont peu marqués dans d'autres. Voilà pourquoi nous allons, à Texemple d'Orfila, établir quelques groupes dans cette classe de poisons.

1** La scilie, Vœnanthe, Vaconit^ Vellébore, la vérairine, le colchique^ le datura siramonium, le iabac, la digitale^ le varaire, les divei'ses espèces de cigttè, le/aurier^rose^ le mouroti des champs, Vansioioche^ la rue^ le tanguin de Madagascar, le cyanure d'iode^ sont les poisons narcotico-âcres qui enflamment les surfaces avec lesquelles on les met en contact, comme le font les irritants, et qui produisent sur le sang, sur le système nerveux et sur les poumons, des altérations analogues Si celles que les narcotiques développent. Les symptômes qu'ils déterminent ont été résumés ainsi qu'il suit par Orfila : agitations, cris aigus, délire plus ou moins gai, mouvements convulsifs des muscles de la face, des mâchoires et des membres; pupilles contractées ou dilatées, ou à létat naturel ; pouls fort, fréquent, régulier, ou bien petit, lent, irrégulier ; douleurs plus ou moins aiguës à Fépigastre et dans diverses parties de l'abdomen ; nausées, vomissementsopiniàtres, déjections alvines ; quelquefois, au milieu d'une grande agitation, on observe une sorte d'ivresse^ un grand abattement, de l'insensibilité, un tremblement général ; les malades n'ont aucune envie de vomir. Les symptômes précédents ne se présentent pas tons chez le même individu ; mais ceux qui se sont déclarés ne cessent jamais complètement pour reparaître quelque temps après, comme cela a lieu pour quelques autres poi* sons oarcotico-âcres dont nons allons parler plus bas.

Pour le traitement, voir ce que nous avons dit plus haut.

2® L'empoisonnement par la strychnine et la noix vomique n'est pas rare. Cependant la quantité de strychnine prise est rarement assez considérable pour déterminer des symptômes d'inflammation gastro-intestinale ; tout se borne alors à des troubles nerveux très remarquables, consistant eu une roideor convulsive du tronc, qui se porte en arrière ; il y a du trismus, du tremblement et des secousses convulsivesdans les membres ; puis survient un véritable accès d'opisthotonos, pendant lequel le tronc est immobile, le pouls est petit et la face injectée ; le malade est alors dans un état d'asphyxie imminente. Ces accidents peuvent se calmer et même cesser; mais bientôt un nouvel accès survient qui amène la mort; souvent il y en a cinq ou six consécutifs. Le plus ordinairement la vie s'éteint au bout de sept à huit minutes; quelquefois elle se termine plus tôt, ailleurs c'est plus tard.

A l'autopsie on ne trouve, comme caractères anatomiques constants, qu'une congestion des poumons et du tissu cérébral. Les rougeurs et les ramollissements de la moelle qu'on a quelquefois rencontrés sont des lésions purement accidentelles, et qui probablement ont été presque toujours produites artificiellement

Dans l'empoisonnement parla strychnine ou parla noix vomique, il faut, indépendamment des indications précédentes, recourir à l'insufflation pulmonaire pour empêcher l'asphyxie. Orfila veut qu'on emploie aussi l'eau chlorée, comme il a été dit en parlant de l'acide cyanhydrique ; les potions éthérées fmraissent également avantageuses, mais il convient avant tout de débuter par un vomitif. Les inspirations de chloroforme ne pourraient-elles pas être utiles ici comme elles le sont dans le tétanos spcpiliDé on tranmatique ? Quelques faits sembleraient autoriser )i le croire.

La brucine^ bu fkfé de SainUignace, Vupas-tieutéy la fausse angusiure et la cogm du Levant sont des poisons qui agissent k peu près comme la strychnine;

EUPOlSOISNEyEKT PAR LES MATIÈBES PUTRIDES. 61

Doos ue |KirIcroDS donc point on détail de l^cmpoisouncment par ces substances. Il eo est de luôme du camphre, qui, pris à forte dose, peut enflamq^er^ orroder, ukércr les tissus de IVstomac, et dont l'absorption est suivie de convulsions tétani-' ({oes horribles, de refroidissement du corps; enfin, ainsi que cela résulte surtout des apérîeoces de M. Orfila, la mort arrive, coiume dans rempoisonnement par les tfrychiios, c'est-à-dire par cessation de la respiration, ou du moins par suite delà géoe extrême que cette fonction éprouve.

3^ Champignons vénéneux. — On cite quelques cas où les champignons ont agi seelemeiH, tantôt comme irritants des organes digestifs, tantôt comme narcotiques | cependant presque toujours ces deux effets se combinent Ainsi, deux ou trois heures après Tiogestion du poison, quelquefois plus tard (six, douze, vingt^quatre, trente- six heures, chose rare d'ailleurs), les malades éprouvent du malaise, des douleors épigastriqties, des défaillances ; ils ont des nausées, des renvois fétides avec sentiment de constrictiou à la gorge ; il y a des selles liquides et les évacuations peuvent être aussi copieuses que dans le choléra. Le pouls est petit, irréguliâr; les traits sont altérés, il y a des sueurs froides; quelques malades délirent ; d*autreé tombent dans le comaou ont des convulsions, et succombent en douze, vingt-quatre on trente-six heures. Ceux qui survivent conservent assez souvent pendant plusieurs semaines des signes d'une vive inflammation vers les organes digestifis.

Noos avons dit que, dans quelques cas, les symptômes nerveux apparaissaient sans être précédés de ceux qui appartiennent à une affection gastro-intestinale '^ les malades succombent alors promptement à des accidents cérébraux. Ainsi ils ont des convulsions atroces et un délire violent remplacé bientôt par un état apoplectique.

Le traitement à opposer est celui qui convient aux autres narcotico*âcres. Ainsi ; 1* expulsion du poison; 2* administration des acidulés et de Tétber, lorsque le poi* son a été rejeté. M. Ghansarel a préconisé la décoction de noix de galle et le tannin comme étant les véritables antidotes des champignons vénéneux ; mais ce point de pratique n'est pas encore suffisamment établi. Quoi qu'il en soit, dans l'espèce d'empoisonnement dont nous parlons, le traitement devra varier suivant que ce sont les accidents abdominaux ou les symptômes cérébraux qui prédominent Dans le preaiier cas, il faut insister sur les mucilagineux et les calmants; dans le second, un aflu^ sartont recours aux excitants diffusibles.

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