DE LA PARALYSIE DU NERF DE LA SEPTIÈME PAIRE
Ijsés. Cet acddenu toujours grave, n'a pas encore suffisamment fixé l'attention (tes observateurs.
Diagnostic. — Le diagnostic de la paralysie fociale.ne présente aucune difficulté; il est presque incroyable qu^on ait jamais pu la confondre avec le tic douloureux. Quand elle est incomplète, elle pourrait passer inaperçue si l'on ne faisait pas rire, grimacer et siflOer les malades. C'est ce qui a lieu sans donte fréquemment chez les nouveau- nés, qui, atteints d'hémiplégie faciale à la suite de l'application du forceps, ne présentent souvent, à l'état de repos, aucune déviation des trait8,tandis que la difformité devient très évidente aussitôt qu'ils crient ou qu'ils pleurent : les enfants alors oiïrent la même physionomie singulière que nous avons notée chez l'adulte.
La seule partie du diagnostic qui peut offrir quelque embarras, c'est de déterminer si l'hémiplégie faciale tient à une lésion du nerf ou à quelque affection cérébrale, surtout à une hémorrhagic ou à un ramoUissemenL Cependant il est à remarquer que dans celle-ci la paralysie n'est presque jamais limitée à la face, mais qu'elle envahit simultanément quelque autre partie du corps : ainsi, il y a embarras de la langue, affaiblissement des membres d'une moitié du corps, et parfois aussi un peu d'altération dos facultés intellectuelles. On pourrait, dans le doute, interroger la contractilité électro-musculaire qui est diiriinuée dans les muscles paralysés dans les cas de paralysie de la septième pairr, tandis que cette propriété est intacte dans l'hémiplégie de cause cérébrale.
. Il faudra encore rechercher dans le diagnostic si la paralysie est essentielle ou si elle est symptomatique de quelque altération du nerf. La nature des causes, les circonstances qui ont préa^dé, et surtout la marche et le mode d'invasion de la maladie, permettront de résoudre le problème : ainsi, lorsque la paralysie faciale sunient après un refroidissement, lorsqu'elle se déclare subitement, on devra supposer que le nerf n'est point altéré dans sa structure ; mais lorsque la paralysie est progreswsive et qu'elle résiste à toi)s les moyens rationnels, il faudra soupçonner qodqne altération j)rofonde. La pralysic faciale qui est précédée d'otorrhée se lie presque toujours à une maladie du rocher ou à la présence d'un tubercule dans Toreille, ainsi que j*en ai rapporté un exemple, il y a vingt ans, dans la Presse médicale.
Pronostic. — L'hémiplégie faciale simple n'est pas grave; je crois bien l'avoir toujours vue guérir. M. fiérard a fait la même remarque. On a prétendu que la maladie était plus longue à dis))araître du côté gauche que du côté droit ; mais cette opinion ne repose pas sur des faits suiïisanunent nojnbreux. Il parait, au con-' traire, certain qu'elle cède plus difficilement chez les sujets âgés, et qu'elle persiste parfois alors d'une manière indénnie. Mais il est probable que dans ces cas la paralysie se rattache à une lésion matérielle des centres nerveux. De petits foyers apoplectiques peuvent ne produire, en effet, qu'une hémiplégie faciale; c'est ce qu'a étabh encore réc^mm(»nt, dans V Union nu'dicale (année 185/1), M. le docteur Duplay. Inutile d'insister pour prouver que la paralysie double est plus fâcheuse que celle qui ne frappe qu'un seul des deux nerfs.
M. Duchenne a cru avoir dans l'électricité localisée un moyen assez fidèle de 8*a8surer si la paralysie cédera plus ou moins vite. H a établi que lorsque les muscles n'ont perdu qu'une faible prtii' de leur contractiUcé électrique, la maladie cède, en général, facilement, quel i\m* soit le traitement employé, tandis qu'elle se montre rebelle lorsque la contractilité électrique est abolie.
Mtiologie. — Ia panlysie bdsle peut tenir à la am\çre«a\»ik^ VYiKx«ss^»ft^V\a.
destractioQ du nerf par une tumeur osseuse, etc. ; ou bien elle peut dépendre de ce que le nerf facial a été déchiré dans une blessure, ou coupé dans reictirpatioo de quelque tumeur de la région parotidieiine. Une contusion à ta face ou une pression forte a eu parfois le même effet :>c*est ainsi qu'on s'explique Kfaémiplégie faciale observée plusieurs fois par M. le professeur Paul Dubois à la suite de Tapplication du forceps. Mais les cas qui précèdent sont de beaucoup les moins nombreux.
Le plus souvent, en effet, Thémiplégie faciale est essentiefle ; elle ne se rattache à aucune lésion appréciable du nerf de la septième paire. Cette parah-sie, nre avant la puberté, se rencontre suftout daus la période de vingt à quarante ans ; eOe atteint plus fréquemment Fhomme que la femme, et se montre à peu près également adroite et à gauche (Montault). Quelquefois, ainsi que nous l'avons vu dans deux circonstances, elle envahit successivement les deux côtés ; mais très rarement elle les occupe simultanément Une émotion morale, la frayeur, la colère, peuvent, dit-on, la déterminer ; mais, dans la grande majorité des cas, la maladie est produite par l'impression d'un air humide et froid sur la joue exposée à un courant d'air venant d'une porte entr'ouverte ou par la fenêtre d'une voiture Quelques personnes ont supposé qu'il existait dans ce dernier cas une compression du nerf par les parties molles aux environs du trou stylo-mastoîdien, ou par le périoste dans le conduit osseux qu'il parcourt ; mais rien, jusqu'à présent, ne peut justifier cette manière do voir.
Traitement. — Supposant qu'un mouvement fluxionnaire a pu s'établir dans la continuité du nerf, on a généralement conseillé de commencer le traitement delà paralysie faciale, survenue à la suite de l'impression du froid ou après une frayeur, par une saignée du bras ou l'application de quekfues sangsues à l'anus, moyens auxquels on joint des révulsifs sur les extrémités et le tube digestif. Je n'ai jamab constaté aucun effet avantageux d'une pareille pratique, qui, comme on le voit, ne s'appuie sur aucune donnée précise, mais seulement sur l'idée d'un état morbide que personne n'a vu, et qui très probablement n'existe pas : aussi croyonsnous qu'on doit, daus les cas dont nous parlons, s'abstenir de toute émission sanguine, à moins d'une indication ]K)sitive.
Les seuls moyens qui méiiteut confiance sont d'abord les révulsifs cutanés, tels que les frictions avec un liniment ammoniacal, avec l'huile de croton, de cajepnt, avec le baume opodeldoch. Si tout cela échoue, on appliquera un vésicatoire fit avant du conduit auditif, et l'on pourra le panser avec de la strychnine, (^est dans ce cas que M. Jobert préconise la cautérisation transcurrente, moyen violent, XiH effrayant pour les malades, et qu'il ne faut par conséquent employer qu'à la dernière extrémité.
Un des modes de traitement qui comptent le plus de succès est l'électro-pnnC' tnre. C'est une méthode qui a été fréquemment mise en usage par !\lagendie, qui opérait de la mtMne manière que dans les cas de névralgie. Mieux vaut cependant employer la faradisation on électrisation localisée.
L'hémiplégie faciale des nouveau-nés ccMc , avons-nous dit, presque toujours spontanément et par des soins purement hygiéniques.
Si l'hémiplégie faciale est symptomatique, il faudra avant tout combattre la lésion qui Ta produite et qui rentretienl.
DE LA PARALYSIE DU IIi;Srj.E DENTKïX.
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